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Full text of "Jeanne d'Arc, : ou Coup-d'oeil sur les révolutions de France au tems de Charles VI et de Charles VII, et sur-tout de la Pucelle d'Orléans."

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JOAN OF ARC COLLECTION 



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JEANNE D'ARC. 



Les formalités prescrites ayant été remplies , je 
poursuivrai les contrefacteurs suivant toute la rigueur 
des lois. 




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Cet ouvrage se iroiwe aussi à Paris : 
Chez NÈVE, libraire, au Palais de Justice , 

Et à Londres : 
Chez Bossange et Masson , Dulau , Berthoud et Whealley. 



DE L IMPRIMERIE DE PILLET. 



JEANNE D'ARC, 

ou 

COUP-D'ŒIL 

SUR LES RÉVOLUTIONS DE FRANCE 

AU TEMS DE CHARLES Yl ET DE CHARLES YH, 

ET SUR-TOUT DE 

LA PUCELLE D'ORLÉANS. 

PAR M. BERRIAT SAINT-PRIX. 



AVEC UN ITINERAIRE EXACT DES EXPEDITIONS DE JEANNE D ARC , 
SON PORTRAIT, 

DEUX CARTES, l'oNK DO SIÈGE Tl'oRllANS, 
KT l'aDTRE du THtATRE DE LA GUERRE AU TEMS DE CHARLES Vil , 

PLUSIEURS PIECES JUSTIFICATIVES INEDITES, ET DES TABLES 
CHRONOLOGIQUES ET ALPHABÉTIQUES. 




A PARIS, 



CHEZ PILLET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, 

ÉDITEUR DE LA COLLECTION DES MŒURS FRANÇAISES, 
RUE CHRISTINE, îs° 5. 

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JEANNE D'ARC, 

ou 

COUP-DOEIL SUR LES RÉVOLUTIONS 
DE FRANCE, 

AU TEMS DE CHARLES VI ET DE CHARLES VII, 

ET SUR-TOUT 

DE LA PUCELLE D'ORLÉANS. '> 



Vers la fm du i4® siècle, le successeur des 
deux premiers Valois =) avait fait disparaître 
les maux accumulés sur la France par leur 
imprudence ou leur opiniâtreté, et rendu ce 
royaume plus florissant que jamais. 

Au dehors , on comptait plusieurs cliens ou 
alliés , et l'on n'avait presque point d'ennemis. 
Naguère maîtres de la moitié de notre terri- 
toire, les Anglais se voyaient non-seulement 
confinés 3) dans les ports de Rordeaux, 
Rayonne et Calais , mais réduits à veiller à la 

^'- A l'égard des dates mises en marge , çoyez ci-après les notes. 
Observons seulement que l'année commençait alors à Pâques ; 
de sorte que les derniers mois étaient janvier , février et mars , 
et quelquefois une partie d'avril. Voyez la note i , n" iv. 

I 



2 JEATSfTSfE D ARC. 

défense de leurs propres Etats , que nos 
flottes 4) menaçaient à chaque instant. Le 
prince Noir n'était plus ; ^) un enfant^) occu- 
pait le trône d'Edouard III ; les rênes du 
gouvernement flottaient entre les mains d'au- 
tres princes divisés '^) , et plus occupés de 

leurs intérêts que du bien de leur pays 

Tout nous rassurait contre des invasions 
d'outre-mer. 

Au midi , la maison de Castille nous devait 
sa couronne ; et quoique la reconnaissance ne 
soit pas la vertu des gouvxrnemens , cette 
espèce de pudeur qui arrête quelque tems 
les démarches trop souvent immorales de la 
politique , nous promettait que les héritiers 
de lionriTranstamare n'oublieraient point de 
sitôt les services de Duguesclin. 

L'Italie, à l'Orient, n'était pas en état de 
faire même une menace. Le grand schisme de 
la papauté amortissait les foudres spirituelles ; 
Gênes voulait se donner à nous ; ^) la reine de 
Naples nous demandait un successeur ; le duc 
de Milan craignait d'en manquer ; les progrès 
des Turcs et le soin de son commerce ab- 
sorbaient l'attention de Venise ; 9) la Savoie 
était trop faible pour penser à une agression : 
occupée à repousser celles de l'Autriche et à 
étendre sa confédération , la Suisse nous ser- 



JEANNE d'arc. 3 

vait de boulevart contre PAllemagne ; la Bour- 
gogne appartenait à Pun de nos princes du 
sang à qui plusieurs provinces des Pays-Bas 
étaient déjà dévolues ; le souverain de la Lor- 
raine cherchait un gendre et un héritier dans 
la maison d'un autre ; toutes les forces de 
TEcosse étaient à notre disposition : enfin , si , 
par une aberration passagère, notre monarque 
avait voulu réunir la Bretagne^») à son em- 
pire , le duc , satisfait de recouvrer ses Etats, 
devait offrir au roi les moyens de réparer sa 
faute sans déshonneur. > 

Dans rintérieur, plus de séditieux ni de re- 
belles ; une armée nombreuse et bien disci- 
plinée , des généraux habiles , une noblesse 
pleine de valeur , une marine déjà égale à celle 
deCastille, supérieure à celle d'Angleterre ; ^^) 
des revenus considérables , quoique les taxes 
fussent modérées ; des finances bien adminis- 
trées , un trésor immense ; des magistrats et 
des fonctionnaires de tout genre formés par 
l'expérience à une bonne gestion de leurs em- 
plois; l'agriculture ranimée par l'expulsion 
des bandes d'aventuriers qui l'opprimaient 
jadis ; le commerce et l'industrie encouragés ; 
les sciences , les arts et les études tirés du 
long sommeil des siècles féodaux ; les citoyens, 
enfin, tous réunis, ^2) et ne. formant, pour 



i38c 



^ JEANNE D ARC. 

ainsi dire , qu'an faisceau autour d'un gou- 
vernement dont ils appréciaient d'autant mieux, 
les bienfaits et les services , qu'ils en jouis- 
saient après vingt années de troubles ou de 

dévastations Yoilà ce qu'était la France 

vers i38o. 

Cet état si prospère pouvait le devenir da- 
vantage ; Charles V, à qui on le devait , était 

jeune encore Hélas! la félicité de plusieurs 

millions d'hommes est souvent attachée à 
l'existence d'un seul. Le roi meurt ; ^4) l'admi- 
nistration est transmise à un régent ; ^^) et 
presqu'aussitôt un déluge de maux vient inon- 
der la France pendant plus long-tems que 
celui que Charles avait eu l'art de tarir. 

Les dernières épreuves qu'on en a fait ont 
inspiré contre les régences une prévention 
qui s'est étendue jusqu'à nos jours : elle eût 
été plus fondée et sur-tout plus utile au siècle 
de Charles. Aujourd'hui , un régent n'est que 
le premier sujet du monarque ; alors , c'était 
quelquefois vm souverain : aujourd'hui , il 
peut être tenté de grossir sa fortune aux dé- 
pens des revenus de son prince ; alors , il de- 
vait être induit à augmenter sa domination , à 
l'aide et des capitaux et des forces de l'Etat. 
Charles Y avait craint le premier inconvé- 
nient ; il ne fut pas assez frappé du second , 



JEAN^E d'arc. 5 

ou peut-être son cœur généreux lui en avait-il 
atténué le danger : qui sait , d'ailleurs , si les 
lois et l'opinion eussent admis ou toléré les 
mesures propres à le prévenir ? Quoi qu'il 
en soit, Charles n'usa que de précautions ti- 
mides, et par conséquent inefficaces.^^) Le 
premier soin du régent , le duc d'Anjou , son i38i. 
frère puîné, fut de s'emparer des trésors»?) 
de la monarchie. C'est sur ces trésors qu'on 
en avait sur-tout fondé la prospérité , et avec 
d'autant plus de raison que les finances des 
pays voisins étaient entièrement délabrées. 
Mais avait-on pu compter qu'un tel motif les 
ferait respecter d'un homme dans le cœur 
duquel un orgueil inouï semblait n'admettre 
que la cupidité propre à le satisfaire ? La qua- 
lité de premier prince du sang , la dignité 
éminente de régent , offraient de trop légers 
alimens à sa vanité : il lui fallait une cou- 
ronne ; »^) et l'espérance de conquérir Naples 
légitima à ses yeux son attentat , le pillage »9) 
des peuples dont il le fit suivre, faute de moyens 
pour combler le déficit qu'il avait produit : 
enfin , l'établissement de nouveaux impôts 
pour suppléer à la ressource insuffisante des 
exactions ; ^o) impôts qui causèrent des révoltes 
et forcèrent le gouvernement à des mesures 
de rigueur, par lesquelles il commença à s'a- 



6 JEANNE d'arc. 

liéner le respect et Taffection des citoyens. 
Le lëgent n'avait pas achcA^é les préparatifs 
de l'expédition où, en juste punition de ses 
fautes, il perdit bientôt la vie,=^0 qu'un de 
ses frères , Philippe-le-Hardi , duc de Bour- 
gogne , entraîna , pour son propre intérêt , =^2) 
le jeune fils de Charles Y à une autre guerre. 
La Flandre , qui devait écheoir un jour à son 
épouse, ne donnait qu'une puissance précaire, 
parce que les Flamands , enrichis par le com- 
merce , luttaient sans cesse contre leurs sou- 
verains : on fit marcher le roi avec une armée 
formidable pour les réduire. La victoire de 
i382. Rosbecq, 2^) en leur portant un coup dont ils 
ne se relevèrent plus , affermit l'autorité des 
comtes , et, par la suite, celle de la maison de 
Bourgogne. Ainsi , les revenus de la monar- 
chie et le sang dé nos aïeux servirent à cimen- 
ter un Empire qui, vingt ou trente ans après, 
faillit à renverser le nôtre. Ce n'est pas que 
Philippe manquât de vertus ou d'attachement 
pour la France ; mais l'ambition étouffait en 
lui tous les bons sentimens : il ne se permet- 
tait guère d'être honnête homme qu'autant 
qu'il gouvernait l'Etat , et que par-là il pou- 
vait faire le bien de sa famille. ^4) 

Quoique le second frère de Charles V, 
Jean, duc de Berry, ne cherchât point de 



JEANNE B ARC. ^ 

couronne, ^^) il n'en contribua pas moins aux 
malheurs publics. Sa vie fut une continuité 
de dissipations si extravagantes , qu'il ne resta 
absolument rien -6) des rapines de toute espèce 
qu'il commit pendant trente-six années , et 
sur presque tout le royaume , pour assouvir 
sa prodigalité, si ce n'est quelques palais ou 
églises, et beaucoup de reliques. ^7) A celte 
passion , il joignait une basse et pernicieuse 
jalousie. Des préparatifs avaient été faits pour 
une expédition contre l'Angleterre, qui, selon 
toute apparence , eût prévenu pour long-tems 
une guerre entre les deux pays. ^8) On était 
sur le point de mettre à la voile ; on n'atten- 
dait plus que lui, et, devenu premier prince 
du sang , on était forcé de l'attendre : il fit 
manquer l'entreprise, de crainte que CharlesYI iSSG. 
n'en eût seul tout l'honneur. ^g) 

Avoir peint ces princes , c'est avoir donné 
une idée de ce que fut et de ce qu'éprouva la 
France pendant les huit premières années du 
règne de Charles YI , époque de leur admi- 
nistration , et de ce qu'elle dut éprouver dans 
la suite et jusqu'à leur mort, lorsque la dé- 
mence de ce monarque leur permit de ressai- 
sir le pouvoir, ou de combattre ou intriguer 
pour l'obtenir. 

Cependant, qui l'eût cru? nos aïeux au- 



8 JEANNE d'arc. 

raient été cent fois moins à plaindre si Philippe 
et Jean eussent yécu autant que Charles, ^o) 
et si celui-ci eût été toujours en clémence ^0 
et sous leur tutelle. 
i388 à 1392. Et d'abord , l'administration qu'exerça 
Charles directementpendant quatre années, ^^) 
depuis qu'il les eut éloignés , ne fit que livrer 
l'Etat à de nouveaux déprédateurs , les mi- 
nistres et les courtisans, plus hardis 3^) que 
les deux princes, parce qu'il leur fallait ac- 
quérir là où ceux-ci n'avaient besoin que d'ac- 
cumuler; et que Charles, bouillant, emporté, 
sans caractère , sans application , plein de ca- 
prices et de fantaisies , se livrait entièrement 
à leurs conseils , ^4) pourvu qu'ils le débarras- 
sassent du fardeau du gouvernement, qu'ils 
fournissent des alimens à son esprit inquiet, ^^) 
avide de plaisirs , ^^) de distractions et de pro- 
jets chimériques. L'un d'eux, du reste recom- 
mandable par ses exploits , ^7) Olivier de 
Clisson, successeur de Duguesclin , poussa 
l'abus de son crédit jusqu'à faire déclarer la 
guerre au duc de Bretagne , sur le simple 
soupçon que ce prince donnait un asile à un 
ennemi , non du roi , mais du connétable. ^8) 
Les ducs de Berry et de Bourgogne , irrités 
de ce que d'autres s'étaient saisis des dé- 
pouilles de la France , d'une proie qu'ils s'é- 



JEANÎsE d'arc. g 

taient accoutumés^ à regarder comme leur pa- 
trimoine , attendaient avec impatience , et en 
frémissant , une occasion de se venger. 

Le mauvais génie de la France la leur four- 
nit bientôt , si toutefois ils ne la firent pas 
naître. L'apparition du prétendu spectre ^9) 5 août iSgi. 
qui causa le premier accès de folie de Charles; 
cette apparition au commencement de l'ex- 
pédition de Bretagne , à laquelle ils s'étaient 
opposés, parce que le duc était leur allié; 
leur soin de ne faire aucune recherche sur 
cette manœuvre , leur empressement à aban- 
donner l'expédition en reprenant l'autorité , 
leurs poursuites instantanées et actives contre 
les ministres qui 4©) auraient pu saisir le fil de 

la trame que cachait l'apparition , tout 

donne le droit de les en accuser. 40 

Quoi qu'il en soit, on pressent , d'api'ès le i.itjaàK^oH. 
caractère de ces tuteurs, que la France ne 
devint guère plus heureuse , parce qu'ayant à 
réparer le tems perdu sous le règne des mi- 
nistres , il était naturel qu'ils s'attachassent 
avec plus d'ardeur aux moyens propres à fa- 
ciliter leurs déprédations et augmenter leur 
pouvoir; et, en effet, ce seul trait suffit à 
l'histoire des six années pendant lesquelles ils 
disposèrent du royaume sans contradiction. 
Hélas î il faut le répéter : cet état déplorable 



10 JEAÎ^NE D ARC. 

devait faire place à un plus déplorable encore î 
Pendant cet intervalle, le frère du roi, Louis, 
duc d'Orléans, et la reine, avançaient dans rage 
de la maturité. Louis avait un extérieur très- 
avantageux : affable , gracieux , maniant la pa- 
role avec facilité et éloquence, obligeant , gé- 
néreux, il gagnait l'esprit, subjuguait l'affec- 
tion avant qu'on eût pu l'approfondir ; mais 
sa conduite dévoila bientôt les secrets de son 
caractère et de son cœur. 4^) Fastueux par 
goût , dissipateur sans mesure , déprédateur 
non moins audacieux que ses oncles , dé- 
pourvu des talens militaires et administratifs 
de l'un, 43) il portait à l'excès un vice qu'on 
n'imputait à aucun des deux. Immolant tout 
à son penchant pour la débauche , il osa 
souiller jusqu'au lit de son frère , de son sou- 
verain ; et cela , dans le tems où il observait 
avec scrupule les pratiques de la plus vile su- 
perstition! 44) 

On juge aussi par -là du caractère de sa 
complice , Isabelle de Bavière Arrêtons- 
nous ; son nom seul apprend tout : quatre 
siècles n'ont pu effacer l'horreur qui y est 
attachée dans la mémoire des Français. 

Ce couple criminel devait désirer le pou- 
voir ; il n'eut pas de peine à l'obtenir dans un 
instant où Charles jouissait d'une lueur de 



JEAÎÎÎ^E d'arc. II 

raison ; 4^) et , il faut Tavouer, la régence sem- 
blait appartenir à Louis, 4^) être dévolue à 
son rang de premier prince du sang. Il n'eut 
l'art ni de Pexercer ni de la conserver : taxes 
sur taxes , concussions sur concussions , 4:) 
étaient toute sa science politique ; encore ne 
savait-il en voiler l'odieux que par des pré- 
textes ridicules, qu'il abandonnait même aussi- 
tôt qu'il en avait recueilli le fruit. Ce sys- 
tème , dont on ne pouvait entrevoir le terme , 
puisque Louis, noyé de dettes, 4^) faisait 
chaque jour des emprunts, et avait à conten- 
ter l'avarice insatiable d'Isabelle, acheva de 
ruiner sa réputation , déjà ébranlée par sa 
liaison avec cette femme perfide. 49) 

Le duc de Bourgogne , profitant des fautes 
de son rival, s'attacha à le décrier. ^o) Userait 
tout au plus digne de blâme , peut-être même 
aurait-il droit à des éloges , s'il se fût borné 
à préparer la disgrâce de Louis ; mais il établit 
le crédit de sa famille sur les ruines de l'au- 
torité légitime , et il ne fallut pas moins de 
trente années pour dessiller à cet égard les 
yeux des Parisiens , dont l'aveuglement n'avait 
pu être guéri , ni par les maux où il les avait 
précipités, ni par les crimes du successeur 
de Philippe. Un second éclair de raison 5» de 
Charles donna à Philippe le gouvernement, 



12 JEANNE d'arc. 

que Louis chercha à ressaisir dans d'autres 
momens lucides. Charles servait de jouet ^2) 
ou de mannequin aux deux factions qui de'so- 
laient la monarchie ; il ne recouvrait quelques- 
unes de ses facultés que pour apercevoir Thor- 
reur de sa situation , et fournir des armes 
propres à Taggraver : retombé en démence , 
il était abandonné à un dénuement dont on 
frémit, ^^) lorsqu'on en lit les détails. Plus 
malheureux que ce prince dont le premier 
des poètes a dit avec tant d'énergie : 

L'imbëcille Ibraïm, sans craindre sa naissance, 
Trame, exempt de pe'rils , une éternelle enfance; 
Indigne e'galement de vivre et de mourir , 
On l'abandonne aux mains qui le daignent nourrir. 

Plus malheureux qu'Ibraïm, Charles savait 
que ceux qui disposaient de ses revenus , que 
son frère , que son épouse , quoique plongés 
dans le faste, ne daignaient pas même lui 
faire fournir, que dis- je ? faire aussi donner à 
ses enfans des habits , et jusques à du pain ! ^4) 
Cinq années s'étaient écoulées dans cet état 
de troubles. Philippe meurt au commence- 
ment de i4o4 :^^^ aussitôt Isabelle et Louis ^ 
croyant n'avoir désormais personne à ménager 
ou à craindre , se livrent à tous les emporte- 
mens dé leurs passions ; ils ne gardent aucune 



JEANNE d'arc. i3 

mesure 5^) dans leurs déprédations et leurs dé- 
bauches. 

On est fatigué de n'avoir à peindre que des 
êtres courbés sous le poids de l'immoralité , 
et cependant il reste à remplir une tâche bien 
autrement pénible ; il faut parler d'un des 
plus grands scélérats qui aient souillé les fastes 
de l'histoire , du fils de Philippe , de Jean- 
sans-Peur, qu'on nommerait plus justement 
Jean-sans-Yertus , s'il n'avait pas montré des 
talens pour la guerre , et de l'éloignement 
pour une vie licencieuse. Il serait plus facile 
de citer les vices qu'il n'avait pas , que d'énu- 
mérer ceux dont il était gangrené : orgueil , 
ambition, audace, haine, vengeance, cruauté, 
perfidie Coupons court à cette liste révol- 
tante , en indiquant le trait que nous aurions 
réservé pour le dernier coup de pinceau , si 
nous avions eu le courage de la terminer. 
Jean avait l'art de se déguiser complètement 
à l'aide d'une hypocrisie ^7) cent fois plus dan- 
gereuse que tous ces mêmes vices. ^^) 

Fort de semblables armes , à peine les 
cendres de Philippe sont froides , que Jean se 
lance dans l'arène. Charles avait nommé Louis avril 140a. 
lieutenant-général du royaume ; mais il avait 
aussi créé un conseiP9) composé des princi- 
paux personnages de l'Etat , dont les décisions 



l4 JKANNE d'arc. 

i4o4- devaient faire loi. Jean y demande et obtient 
une place ; outre qu'elle était due à son rang, 
on ne connaissait point son caractère. La 
première fois que Louis veut user de sa mesure 
favorite d'administration (on devine qu'il s'agit 
d'une nouvelle taxe), Jean s'y oppose ;^o) il 
peint avec chaleur la misère des peuples, les 
concussions des maltôtiers : son avis n'est 
point suivi , ainsi qu'il s'y attendait et le dé- 
sirait. Il a soin de faire circuler le résultat de 
l'assemblée , et de rappeler la conduite et les 
dilapidations des Orléanais. Les Français , et 
sur-tout les Parisiens, étaient déjà trop bien 
disposés pour sa famille : dans un instant , il 
en devient l'idole , autant que Louis et Isa- 
belle en sont le mépris et l'horreur. ^0 II a 
ensuite l'art d'accroître leur affection et d'ai- 
grir leur haine , en feignant d'être forcé de 
chercher un asile dans ses Etats ; ^^) mais , 
afm de ne pas leur donner le tems de se re- 
froidir, il revient bientôt avec un corps de 

i4oj, troupes. Isabelle et Louis s'enfuient ^^) et 
arment. Les gens sages préviennent une guerre 
civile; on parvient à réconcilier ^4) ou plutôt 
à apaiser les deux factions , en partageant le 
gouvernement entre ceux qui les dirigeaient. 
Il semble que cet échec et les années au- 
raient dû inspirer quelque retenue au duum- 



JEKLANE d'arc. i5 

virât : Isabelle n'en fut que plus empressée à 
thésauriser, et Louis à dissiper et redoubler 
d'impudeur dans ses débauches. Enhardi de 
ce que son commerce avec la reine était im- 
puni , il séduisit ou se flatta d'avoir séduit 
l'épouse de son rival ; il eut même l'audace 
d'offrir aux regards de celui-ci les gages et les 
preuves de son triomphe. ^^) Un tel outrage 
méritait une punition , et , d'après les opi- 
nions et usages du siècle , exigeait une ven- 
geance. Un véritable chevalier eût appelé le 
diffamateur en champ clos; Jean dissimula , 
et , peut-être joyeux de ce que sa honte lui 
fournissait une excuse auprès des Parisiens , 
il fit assassiner Louis. 6^) 

Il ne se trompa point. Un peuple frivole ^7) 
comparait la réserve de ses mœurs aux débor- 
demens de sa victime ; et l'assassin fut non- 
seulement excusé , mais il trouva des apolo- 8 mars 4o: 
gistes jusque dans les niinistres de l'Eternel. ^^) 

Maître de l'esprit des habitans de la capi- 
tale ; soutenu par l'Université , ^9) dont les 
lumières exerçaient beaucoup d'influence; 
disposant des forces de plusieurs provinces , 
il ne lui manquîiit , pour régner sur la France, 
que de couvrir ses entreprises du nom sacré 
du monarque. 70) Il réussit sans peine à se 
saisir de ce fantôme , que l'héritier de la cou- 



23 nov. 1 jo; 



ï6 JEANNE d'arc. 

ronne , le dauphin Louis, à peine adolescent 
et déjà méprisé pour ses désordres, 70 ne 
pouvait lui disputer. 
>4i«>. Les princes et la plupart des grands se 
liguent 72) contre lui; les uns , pour opposer 
quelques obstacles à son ambition ; d'autres , 
tels que les enfans du duc d'Orléans , pour 
satisfaire leur vengeance ; d'autres , pour se- 
couer le fardeau de son administration tyran- 
nique ; presque tous , pour augmenter leur 
pouvoir à la faveur du bouleversement qu'ils 
occasionnaient. 

On arme de tous côtés, 7^) et, de tous côtés, 
l'autorité légitime est méconnue 74). L'Etat 
est plongé dans l'anarchie ; chaque maison de 
plaisance , donjon bu château , devient une 
forteresse où tout officier qui peut réunir 
quelques soldats s'établit le tyran des villages 
voisins , dont il leur livre le pillage pour 
solde , toutes les fois que les chefs des prin- 
cipales factions n'ont pas besoin d'acheter 
leur secours. 

Le duc de Bourgogne était à la tête du plus 
puissant des deux partis; le .comte d'Arma- 
gnac, beau-père du jeune duc d'Orléans, 
dirigeait l'autre , et lui donna même son nom. 
Il n'était point , il est vrai , de la famille 
royale, mais, souverain d'une contrée assez 



JEANNE d'arc. ly 

vaste , issu de la maison la plus ancienne de la 
France , allié à toutes celles qui avaient quel- 
qu'illustration , ne le cédant en bravoure à 
aucun de ses contemporains, et supérieur à 
tous par ses talens et son génie , l'opinion pu- 
blique lui déféra cet honneur, dont il se mon- 
tra digne par son caractère égoïste, ambitieux, 
haineux, hautain, vindicatif et cruel. 7^) 

Dès-lors , et pendant plusieurs années , les 
deux factions s'agitent et se combattent pour 
se saisir de la capitale , du roi et du dauphin, 
ou pour se les enlever. Les citoyens honnêtes, 
victimes des fureurs 7^) et des Bourguignons 
et des Armagnacs , s'efforcent de ramener la 
concorde : plusieurs trêves , plusieurs paix 
sont signées et jurées , et presqu'aussitôt vio- 
lées; la France n'est, de toutes parts, qu'un 
théâtre de dévastations et de carnage. 77) Dans 
un de ces instans où le duc de Bourgogne dis- 
pose de Paris , il arme, afin de s'en assurer 
pour long-tems la domination, tout ce qu'il 
y a de plus de vil et de plus féroce : les bou- 
chers 78) et les écorcheurs deviennent les sa- 
tellites d'un prince du sang , d'un des pre- 
miers potentats de l'Europe. Les partisan^ des 
Armagnacs sont abandonnés 799 à cette tourbe 
de brigands ; les proscriptions de Marius 
et Sylla sont renouvelées et presqu'effacées. 



l8 JEANINE d'arc. 

L'excès des désordres donne quelqu'ënergie 
aux hommes modérés ; ils sont secondés par 
le dauphin Louis , qui était impatient du joug 
Août i4i3, du duc de Bourgogne , et qui essayait de for- 
mer un parti. 80) On se consulte , on se ras- 
semble ; enfin , on s'empare de la capitale , 
mais c'est pour la livrer aux Armagnacs. ^O 
Ceux-ci n'arment point la multitude ; S-) leur 
administration n'en est guère plus douce. Les 
Bourguignons sont poursuivis et opprimés ; ^^) 
le moindre mouvement , le moindre projet en 
leur faveur est un crime, et un crime puni de 
mort aussitôt que soupçonné , et presque tou- 
jours sans jugement. 

Déjà vingt années se sont écoulées depuis 
la démence de Charles YL Pendant les troubles 
qui remplirent ce long espace de tems , l'en- 
nemi ordinaire de la France n'avait presque 
pu lui nuire. D'abord , le successeur d'Edouard, 
Richard II , détesté de ses sujets, avait eu be- 
soin de l'appui de Charles ; ^4) ensuite , le duc 
iSgg. de Lancastre , qui le détrôna , ^^) occupé d'af- 
fermir son usurpation et de se défendre contre 
les Ecossais et les Gallois, fut long-tems hors 
d'état de nous attaquer. 8^) Plus tranquille sur 
la fm de ses jours, la politique de Henri IV 
consista à entretenir nos divisions, afin d'en 



J EANNE D ARC. ig 

tirer parti lorsque l'occasion s'en présente- 
rait : il y parvint en fournissant tour-à-tour, 
à chacune des deux factions, des secours suf- 
fisans pour maintenir entr'elles une espèce 
d'équilibre. ^7) 

Nous voici arrivés à une époque où nous 
sommes tentés d'abandonner notre tâche, pour 
être dispensés de rappeler l'ignominie dont 
se couvrirent nos aïeux. L'historien est , il est 
vrai , compatissant pour les erreurs , mais 
aussi sans pitié et même sans indulgence pour 
les vices et les crimes. Plus à plaindre qu'un 
juge , il n'est pas libre , comme lui , de se ré- 
cuser lorsqu'il a à prononcer sur la cause de 
sesparens et des personnes auxquelles il prend 
quelqu'intérêt : loin de là, il est obligé de 
fermer son cœur à tous les sentimens tendres , 
pour flétrir sans ménagement ceux qui man- 
quèrent aux lois de la vertu. Il ne doit pas 
se borner à dire , avec le plus illustre de ses 
modèles : Mihi Galba , Oiho , T^itellius , nec 
beneficio^ nec injuria cogniii; il faut, ou qu'il 
jette la plume , ou qu'il adopte et suive pour 
maxime : Amiens Plaio , magis arnica veiitas. 
Toutefois , dans ces fonctions si pénibles , une 
considération est bien propre à le soutenir : 
il se dit que son tribunal est presque le seul 
frein du pouvoir et du crédit, de quelque 



20 JEAKISE d'arc. 

source qu'ils résultent. Riches, guerriers, 
e'crivains, savans, magistrats, administrateurs, 

pontifes, ministres, potentats , tous sont 

jaloux de laisser une mémoire honorée , et 
tous savent que , tôt ou tard , elle sera tra- 
duite et jugée sans appel à ce tribunal inflexi- 
ble ; et sans doute la crainte du pinceau 

vengeur de quelque Tacite a étoufle les pro- 
jets de plus d'un jeune Néron. 
i4"' On pressent que c'est le duc de Bourgogne 
qui osa, le premier, réclamer et recevoir les 
secours ^^) des Anglais ; mais s'il fut coupable 
de trop de diligence , les Armagnacs le furent 
cent fois plus dans les conditions qu'ils sous- 
i4", crivirent^9) pour lui enlever cette protection 
infamante. Qui pourrait contenir son indigna- 
tion en voyant les premiers princes du sang , 
les ducs de Berry, d'Orléans et de Bourbon , 
et le comte d'Alençon , se reconnaître les 
vassaux , et se qualifier les sujets du roi d'An- 
gleterre ; lui promettre un hommage de leurs 
apanages et forteresses; s'engager, enfin, à 
lui faire rendre tout ce que Charles Y avait 
reconquis de la Guienne sur Edouard III ? 

Cette fois , ils ne tirèrent aucun fruit de 

tant de déshonneur ; la France seule en fut la 

victime : l'adroit Henri n'envoya des troupes 

ruiliet i4ia. auxiliaires qu'après un traité conclu à Bour- 



JEANNE D ARC. 2t 

ges9o) entre les deux factions. Ne trouvant 
point d'ennemis à combattre , les Anglais ra- 
vagèrent 91) plusieurs de nos provinces : on ne 
put arrêter le cours de leurs brigandages 
qu'en leur payant une espèce de rançon, et 
les laissant reprendre quelques édiles de la 
Guienne, avecTaide du comte d'Armagnac, 9^) 
qui, pour le moment, aima mieux persister 
dans sa honteuse alliance que se réconcilier 
avec le duc de Bourgogne. 

Ce n'était là qu'un léger prélude des maux 
qu'ils devaient nous faire souffrir. Henri IV 
meurt vers le mêmetems,93) et est remplacé i4i3. 
par un héros. Non moins valeureux que nos 
militaires les plus distingués, Henri V les 
surpassait dans presque tout le reste : fermeté, 

prudence , activité , sagacité , tout faisait de 

lui le premier homme de son siècle. Dégagé 
du titre d'usurpateur, qui nuisait à son père, 
il profitait des travaux de celui-ci : adoré de 
ses sujets , il disposait de leur fortune et de 
leur sang; à l'abri de toute inquiétude au- 
dedans, il pouvait satisfaire impunément sa 
soif pour les conquêtes. 94) 

Cependant, malgré tant d'avantages , Henri 
eût vraisemblablement échoué dans ses pro- 
jets , sans nos divisions ; on ne saurait guère 
en douter, lorsqu'on examine combien peu il 



22 JEANNE DARC. 

tira de profit de l'exploit glorieux qui signala 
son début, et auquel il s'était pourtant pré- 
paré pendant deux ans avec tout l'art d'un 
guerrier et d'un négociateur consommé. 9^) On 
nomme déjà la bataille, ou plutôt la boucherie 
iS ocf. i4i5. d'Azincourt , où périt ou bien fut prise l'élite 
de la noblesse française. 9^) Elle ne valut à 
Hemi qu'une retraite paisible en Angleterre; 
et ce n'est qu'au bout de deux autres années 
qu'il put reprendre l'exécution de ses des- 
seins. 97) 

On s'attend que les Français profitèrent de 
ce répit ; qu'effrayés de leurs revers , ils se 

réunirent contre l'ennemi commun Hélas! 

il n'y avait plus de patrie ; on ne voyait que 
des factions. Outre les deux partis principaux 
déjà connus , on en distinguait un troisième 
que le dauphin Louis avait réussi à former ; 
enfin, Isabelle.... Isabelle elle-même avait le 
sien! C'est ce qui a fourni à un écrivain cé- 
lèbre 9^) l'occasion d'une réflexion qu'on a ci- 
tée , quoique plus ingénieuse que solide : Le 
roi seul, dit-il , n'aidait point de parti. Eh ! il 
aurait été à désirer qu'en effet Charles VI 
n'eût été secondé de personne ; les séditieux 
qui s'emparaient de lui ne se fussent point 
servi de son nom et de son autorité pour se 
procurer l^ppui ou au moins obtenir la neu- 



JEANNE d'arc. 23 

tralité de tous les fonctionnaires et citoyens 
fidèles aux lois du devoir et de Thonneur. Au 
surplus , nous n'indiquons le parti du dau- 
phin , qui disparut bientôt à la mort de ce i8 déc. i4i5. 
prince , 99) que parce qu'avec un chef plus es- 
timé, et doué de plus de capacité ,^oo) il a^. 
rait anéanti les trois autres , sur-tout vers le 
tems de la bataille d'Azincourt , où l'héritier 
de la monarchie en avait été fait le lieutenant- 
général , et où il était maître de la capitale et 
du roi. Loin de là , on mit l'une et l'autre sous 
la domination du comte d'Armagnac /°0 que i4i^- 
Ton nomma connétable , et qui , pour fortifier 
son crédit, voulut seul entreprendre de 
chasser les Anglais , en assiégeant le port 
d'Harfleur, i»^) fruit unique , mais précieux , 
de l'expédition de Henri V. 

Deux victoires navales , ïo3) dont l'une rem- i4i6- 
portée par le duc de Bedfort , firent évanouir 
les plans et les espérances du connétable , et 
enhardirent le duc de Bourgogne à consom- 
mer son déshonneur et la ruine de la France, 
en signant un traité tellement ignominieux, »^4) 
qu'il en rougit lui-même , et que , soit par po- 
litique , soit à cause de ce reste importun de 
honte, l'on en cacha les détails avec tant de 
soin , qu'il a fallu trois siècles pour les dévoi- 
ler. Il y reconnut le roi d'Angleterre pour roi 



s4 

de France et pour son propre souverain ; il 
s'y engagea à combattre Charles et ses enfans 
par toutes les voies possibles, jusqu'à ce qu'ils 
fussent détrônés ; et cela , sur la foi de son 

corps et par parole de prince! La plume 

tombe des mains. 

Les échecs qu'il venait d'éprouver, et sur- 
tout cette confédération, auraient éclairé le 
comte d'Armagnac sur ses véritables intérêts, 
si le bandeau que l'esprit de faction jette sur 
5 avril i4i6.* Ics ycux était moins épais ; la mort rapide »o5) 
des fils aînés du roi acheva de l'aveugler. As- 
suré de l'appui ^o*^) du troisième (Charles VII), 
1417. il ne s'occupe que d'un objet , la conservation 
de sa propre autorité ; et tous les moyens 
pour y parvenir lui paraissent légitimes. Pour- 
vu qu'il se maintienne dans Paris , et qu'il y 
dispose du monarque, peu lui importe que 
les Anglais envahissent ^07) une seconde fois 
notre territoire , et emportent successivement 
toutes les places de la Normandie ; que le 
duc de Bourgogne soumette ^^'^) tout le nord 
du royaume ; que la France , en proie à tous 
les partis, soit saccagée d'un bout à l'autre: 
il ne cherche presque qu'à faire des ennemis et 

* Six jours avant Pâques, ou avant il^ij ^ mort de 
Jean, second Dauphin. Voy, ci-après, note io5. 



JEANNE d'arc. 25 

à lui-même et au dauphin. Comme si le roi 
n'eût pas été assez à plaindre , il choisit ce 
moment pour lui donner la preuve , pour le 
rendre témoin des débauches d'Isabelle ; ^09) 
et , ce qui était encore.plus criminel aux yeux 
, de cette Frédégonde, il enlève, de concert 
avec le dauphin , les trésors qu'elle n'avait 
cessé d'entasser, malgré la misère publique. "<>) 
De là cette haine furieuse qu'Isabelle voua à 
Charles VII, et, qu'indigne du titre de mère , 
elle conserva jusques au tombeau. 

Loin de réparer ses fautes (et, dans le lan- 
gage de la politique , une faute est pire qu'un 
crime ) , le connétable les aggrava"') par 
son administration : taxes de plus en plus ac- 
cablantes , exactions de tout genre , destitu- 
tions, bannissemens, supplices , on eût dit 

qu'il voulait , à tout prix , et se perdre et en- 
traîner dans sa chute l'héritier du trône , qui 
s'abandonnait à sa direction. 

Tel fut, en effet, le triste résultat de ses 
sombres et fausses mesures. Quelque fortes 
que soient les chaînes tendues par le despo- 
tisme , il est difficile qu'elles ne soient pas 
rompues, lorsque le poids en est trop lourd. 
Des Parisiens parviennent "^) à introduire les 29 mai 1418. 
Bourguignons dans leur ville, et, dans un 
clin-d'œil, la puissance du connétable dispa- 



26 JEAIVNE d'arc. 

raît. Que n'est-il possible d'arracher de nos 
annales le récit des horreurs dont le parti 
victorieux souilla son triomphe ! La journée 
du 12 juin r4i8, ^'3) où l'on massacra dans les 
prisons tous les Armagnacs, y est écrite en 
caractères si sanglans , que ni la main du tems 
ni la plume des historiens chargés d'y vsubsti- 
tuer l'exposé de journées modernes du même 
genre , n'ont pu en effacer la trace. Hâtons- 
nous de tirer le rideau sur ces atrocités ; ob- 
servons seulement que le duc de Bourgogne 
vint, par sa présence, en consacrer d'au- 
tres "4) auxquelles présidait un brigand, qu'il 
ne dédaigna pas de traiter avec amitié et pres- 
que comme un égal, Capeluche, ^^^) bourreau 
de la capitale : elles ne cessèrent que lorsque 
le duc n'en eut plus besoin , lorsque, sûr dé- 
sormais de Paris et de la reine , qui , •tourmen- 
tée par la soif de la vengeance , s'était jetée 
entre ses bras , "^) et disposant de l'autorité 
du monarque , il fut libre de se livrer à toutes 
les inspirations de l'ambition dont il était 
dévoré. 

Il se trouva alors dans une grande per- 
plexité. Maître en quelque sorte de la France, 
il n'avait plus intérêt à favoriser les Anglais, 
parce que , devenus maîtres à leur tour, i' 7) ils 
auraient pu l'opprimer: d'un autre côté, son 



JEANNE D ARC. 27 

appui semblait réclamé par le dauphin , qui , 
grâce au dévouement d'un ser\ileur coura- 
geux,"^) avait été tiré de la capitale au mo- 
ment de la révolution, et qui était beaucoup 
moins à craindre pour le duc. Agissant de 
concert , ils auraient facilement abattu Fen- 
Tiemi commun. Les vrais amis de la patrie se 
montrèrent derechef, et essayèrent de les 
rapprocher : on s'accorda , ou l'on parut s'ac- 
corder. Les Anglais commençaient à trem- 
bler *»^>) et la France à respirer, lorsqu'à une 
entrevue projetée pour resserrer les nœuds 
de l'alliance , le duc fut massacré , en la pré- losept. 1419. 
sence du dauphin, sur le pont de Monte- 
reau. ^^^) 

On se dispute encore aujourd'hui sur les 
circonstances et les auteurs de ce forfait (car 
le meurtre d'un scélérat n'est pas moins un 
crime que celui d'un homme de bien). Fut-il 
prémédité ou l'effet du hasard? on ne le sait 
guère mieux. Toutefois , au travers des con- 
tradictions, des réticences et de l'obscurité 
des divers récits , soit des témoins , soit des 
historiens du tems , ^2*) on découvre avec sa- 
tisfaction que Charles YIl n'y eut aucune 
part ; ^^^) et la répugnance qu'il manifesta pen- 
dant le reste de sa vie pour toute espèce 
d'acte de violence , en est aussi une preuve ; 



20 JEANNE D ARC. 

mais on a de la peine à croire qu'il n'ait pas 
ensuite approuvé, au moins tacitement, l'at- 
tentat qui le délivrait de son plus dangereux 
ennemi , puisqu'il continua sa faveur à ceux 
qui le commirent ou qui saisirent l'occasion 
de le commettre. 

Quoi qu'il en soit (effrayante, mais pro- 
fonde leçon de la justice éternelle ! ) , si la 
mort du duc d'Orléans n'avait été vengée que 
par des remords et des alarmes , ^^^) celle de 
son assassin fut expiée par la ruine presque 
totale du parti de Charles YIÏ. Philippe-le- 
Bon , successeur de Jean, était un adversaire 
bien autrement redoutable : Jean se présen- 
tait entouré de crimes ; on ne connaissait dans 
Philippe que des vertus. Les Français, étran- 
gers aux factions , s'éloignaient de l'un , parce 
qu'il combattait son prince et son pays; ils 
excusaient la conduite de l'autre sur le de- 
voir de venger la mort d'un père. Du reste, 
Philippe , avec les talens militaires de Jean , 
eut bientôt une puissance plus formidable , 
par l'acquisition de l'héritage des souverains 
de Brabant et de Hainaut. * 

Ptéuni à Henri V et à Isabelle, ayant entre 
leurs mains les signes de la royauté en la per- 

-p roy, ci-après noies 171 et 17:! 



JEANNE D ARC. 2Q 

sonne de Charles VI , le dauphin était pour 
eux un bien faible ennemi. ^4) Huit mois après 
le meurtre de Jean , le dauphin en est déclaré 
coupable ; on le déshérite , on le bannit , on ^^ ^^^ *^^*^* 
donne la main de sa sœur et la couronne de 
France au roi d'Angleterre. ^^^) 

Heureusement pour le dauphin , Henri fut 
obligé de passer à Londres, i^^) Il avait besoin 
d'argent et de renforts , ^=^7) et il cherchait à 
nous priver de l'alliance des Ecossais , qui 
venaient de nous envoyer des troupes. ^^^^^ 129) 
Pendant son absence , qui dura quatre ou cinq 
mois , *2°) le parti du dauphin se ranima , sur- 
tout après la petite bataille de Baugé^^^i) qu'on '- ""^^^ ^^^^• 
gagna , moins par de sages dispositions que 
parce qu'on eut affaire à un général impru- 
dent , le duc de Clarence , et qui fut suivie 
de la réduction de quelques forteresses. 

Le retour de Henri avec des subsides , des 
munitions et une armée de plus de quarante 
mille hommes, ^^^) mit un terme à ces légers 
succès. Il régla en peu de jours les affaires de 
l'intérieur, et ouvrit bientôt la campagne. 
Il s'empara d'abord de plusieurs places , et 
entr'autres de Meaux , l'une des plus impor- 
tantes du royaume , »33) soit par ses fortifica- 
tions , soit par sa situation sur la Marne , à 
quelques lieues de Paris , dont elle pouvait 



3o JEAî^NE d'arc. 

intercepter les subsistances et inquiéter les 
possesseurs. Il occupa ensuite une multitude 
de petites villes ^^4) qui , pour la plupart , cé- 
dant à la terreur de ses armes et à l'influence 
de son génie, venaient lui apporter leurs clefs. 
De son côté le duc de Bourgogne , voulant se 
montrer digne de le seconder, remportait une 
victoire auprès de Saint-Riquier, ^^^) en Pi- 
cardie , et nous enlevait ce qui nous était resté 
dans les environs de cette province. ^^^) Déjà 
les efforts des alliés commençaient à se diri- 
ger ^^7) vers la France méridionale , seul asile 
du dauphin , et où il avait entrepris le siège 
3i août 1422. de Cosne , lorsque le roi d'Angleterre mourut 
presqu'inopinément. S'il est vrai, comme di- 
vers auteurs le pensent, qu'il fut attaqué de 
la fistule , ^^^) mal dont on ne connut le moyen 
curatif que sous Louis XIV, il sera également 
vrai que Charles et ses sujets durent leur salut 
à l'ignorance de leur siècle ; et c'est un argu- 
ment qu'on livre aux personnes avisées qui 
voudraient nous faire rétrograder à ces tems 
bienheureux. Il suffit de comparer un ins- 
tant les deux rivaux et leurs forces , leurs ap- 
puis de tout genre , pour être convaincu que, 
sans la mort de Henri , la France n'aurait été 
qu'une province de son Empire. ^-^9) 

La conviction d'un tel résultat augmente ^ 



JEANT^E d'arc. 3l 

lorsqu'on voit que , quoique cet événement 
affaiblît beaucoup les ennemis, soit en les 
privant du plus habile de leurs chefs , soit en 
les obligeant de confier l'administration de la 
France et celle de l'Angleterre à deux gou- 
verneurs différens, ^4o) ce qui occasionna des 
divisions ; que quoiqu'il eût été bientôt suivi 
de la mort de Charles VI, ï40 qui leur enlevait 21 oct. 1422. 
le simulacre dont ils couvraient leurs usur- 
pations , les affaires de Charles YII n'en pri- 
rent pas une meilleure tournure ; qu'au con- 
traire , il éprouva encore des défections et 
des revers ; et qu'il ne fut sauvé , enfin, que 
par une espèce de miracle. ^4^) 

Nous ne serions pas néanmoins surpris que, 
réfléchissant aujourd'hui aux ressources pro- 
digieuses de la France , on ne demandât com- 
ment la situation de Charles YII pouvait 
empirer, sur-tout n'ayant pour compétiteur 
qu'un enfant au berceau (Henri YI) : un 
exposé rapide de l'état des deux partis sera 
notre réponse , et servira en même tems à ré- 
pandre quelque lumière sur les événemens 
postérieurs, auxquels nous avons consacré 
plus spécialement notre travail. 

Charles possédait, il est vrai,, *43) une partie 
de l'Orléanais et de la Touraine , et les pro- 
vinces situées au midi de la Loire , ainsi que 



32 JEANNE d'aKC. 

le Dauphiné ; mais la Provence, le Roussillon, 
le comté de Foix et la Navarre , avaient leurs 
souverains particuliers ; la Guienne et la 
Gascogne appartenaient aux Anglais ; dans 
les provinces soumises à Charles , il y avait 
beaucoup de forteresses "43 ^/j) qui étaient de- 
venues le patrimoine des aventuriers dont nous 
avons déjà parlé, et dont la protection était 
dévolue à celui qui les payait le mieux ; enfin , 
divers cliens des Bourguignons, »44) tels que 
le prince d'Orange , avaient dans ces mêmes 
contrées des enclaves de quelqu'importance : 
tout ce qu'on avait pu obtenir de la Bretagne, 
c'est qu'elle garderait une sorte de neutralité. 

Les Anglais, outre la Guienne et la Gas- 
cogne , avaient conquis toutes les provinces 
septentrionales; ^45) à l'orient, leur allié ré- 
gnait sur la Bourgogne et la Franche-Comté , 

et, au nord, il disposait des Pays-Bas 

Ainsi les ennemis l'emportaient , quant à l'é- 
tendue du territoire. 

Il en était de même quant à la richesse de 
leurs pays. Le commerce de la Belgique était 
depuis long-tems le plus opulent de l'Europe 
occidentale ; le commerce des cités de Charles, 
si l'on excepte celle de Lyon , était à-peu-près 
nul. Si l'on excepte aussi la même ville , il 
n'en avait conservé aucune qui fût très-peu- 



JEATS^ÎÎE D ARC. 3!) 

plée , et sur-tout comparable à Lille , Rouen , 
Bordeaux , Paris , etc. ^4^) Presque toutes les 
côtes étaient au pouvoir des alliés; Charles 
n'avait qu'un ou deux ports par oîi il pût re- 
cevoir des secours , et il manquait de flotte 
pour intercepter les renforts qui arrivaient de 
TAngleterre. 

Les ennemis n'étaient pas moins supérieurs 
quant à l'état militaire. Charles n'avait point 
d'armée , proprement dite , mais seulement 
diverses bandes et quelques milices , qu'on 
rassemblait avec peine , dont on ne parvenait 
presque jamais à former un corps considé- 
rable , qui étaient sans ordre et sans disci- 
pline ; enfin , qui au moindre échec , et sur- 
tout lorsque la solde et le pillage leur man- 
quaient, retournaient sans obstacles dans leurs 
foyers ou leurs repaires : on ne pouvait guère 
entrer en campagne que lorsque l'Ecosse en- 
voyait des troupes auxiliaires. *47) Les Anglais, 
avaient, au contraire, une armée nombreuse 
et bien disciplinée : la désertion leur était peu 
nuisible , parce que la mer empêchait les 
fuyards de regagner leur patrie. Si Charles 
avait à ses ordres des capitaines d'une valeur 
éprouvée , les Anglais n'en étaient pas dé- 
pourvus ; et ce qui achevait de leur donner 
l'avantage, c'est qu'ils comptaient plusieurs 

3 



34 JEANNE d'arc. 

généraux distingués et expérimentés , tels que 
Salisbury, Suffolck, Sommerset, Talbot et 
Warwick , »48) tandis que Charles n'en a^ait 
point à leur opposei\ 

On pressent , par le tableau que nous avons 
fait de la situation de la France , et sur-tout 
des provinces méridionales , que ce qu'on 
appelle le nerf des gouvernemens ne devait 
pas rétablir l'équilibre en faveur de Charles. 
Quelques impôts mal perçus , et dont les 
exacteurs retenaient une portion ; ^49) les bé- 
néfices précaires qu'on obtenait à l'aide de la 
méthode rumeuse de hausser et abaisser les 

monnaies , »5«) voilà les seuls alimens de 

son trésor, ^^i) H était sans doute difficile que 
les alliés tirassent un meilleur parti de la 
France septentrionale , également ravagée et 
épuisée ; mais la Grande - Bretagne et les 
Pays-Bas , à l'abri du fléau de la guerre , et 
les deux Bourgognes , à peine entamées sur 
leurs frontières, leur offraient en tout genre 
d'abondans secours. 

Les ressources que leur fournissaient leur 
territoire , leurs troupes et leurs finances , 
étaient en outre mises en œuvre par des mains 
habiles. Le duc de Bourgogne passait pour un 
des premiers, et le duc de Bedfort pour le 
plus grand capitaine de son siècle , et celui-ci 



JEANNE d'arc. 3,^ 

n'était pas moins bon administrateur. Actif, 
entreprenant , infatigable , il se trouvait par- 
tout , et au conseil, et àTarmée, dans toutes 
les occasions où la présence d'un chef peut 
être utile. 

On voit , par cet aperçu , combien les en- 
nemis de Charles étaient redoutables pour 
lui , et néanmoins nous n'en avons pas indi- 
qué le plus dangereux. 

Cet ennemi dangereux qui l'eût soup- 
çonné ? c'était Charles lui-même. Au com- 
mencement de son adolescence, il avait an- 
noncé quelqu'énergie et manifesté quelqu'in- 
térêt pour ses affaires ; il assistait quelquefois 
à des conférences politiques et à des expédi- 
tions : ï^* ^'^^ parvenu à l'âge de vingt ans , et 
revêtu du titre de roi, il devient à-peu-près 
étranger à tout autre chose qu'à ses plaisirs, 
à ses maîtresses et à ses favoris. Tandis que 
ses guerriers prodiguent leur sang et leur for- 
tune pour lui , *^=^) il ne s'occupe que de fêtes; 
il abandonne les revenus de ses provinces au 
pillage de ses ministres et de ses confidens ; 
il souffre qu'ils abreuvent de persécutions 
ses sujets les plus fidèles , qu'ils se servent de 
ses troupes contre ses propres généraux , ^^'^) 
et il approuve souvent jusqu'à leurs crimes, 
car il les choisit presque toujours parmi des 



36 JEANNE d'à RC = 

hommes aussi remarquables par leurs vices ^^4) 
que par leur défaut de talens : il manque tel- 
lement de cette fermeté , première vertu d'un 
roi dans un tems de troubles , qu'il laisse mas- 
sacrer ses amis dans son palais , et en sa pré- 
sence , sans entreprendre de les défendre ni 
de les venger. 

Voilà pourtant le prince auquel des histo- 
riens ont donné le surnom de T^iciorieux! 
S'il triompha, ce fut grâce au dévouement de 
ses guerriers et de ses peuples, et à des événe- 
mens fortuits , et jamais à ses travaux ou à ses 
exploits ; il ne recouvra ses Etats que malgré 
lui-même et en dépit de sa conduite insensée. 
Nous conviendrons que , vingt ans après , on 
vit en lui un tout autre homme ; ^^^) qu'il se 
plaça enfin au niveau de son trône , et nous 
nous plaisons à lui rendre la justice qu'il mé- 
rita dès-lors un titre même plus honorable 
que celui qu'il doit à la flatterie : mais ce qu'il 
fit à cette dernière époque ne justifie pas son 
étrange manière de gouverner dans le tems où 
il aurait fallu qu'il se surpassât , qu'il agît en 
homme en état de lutter et contre ses ennemis 
et contre la fortune , qu'il fût , en un mot , 
un héros. 

C'est sur-tout au commencement de son 
règne que le monarque doit faire preuve de 



JEANNE d'arc. Sy 

courage , d'activité , de bonne administra- 
tion , de toutes les qualités propres à un roi ; 

voici le début de Charles Vers la fin 

de 1422 , ï5^) à peine trois mois après la mort i4aa. 
de son père , un de ses partisans, qui avait 
surpris par escalade la petite ville de Meulan, 
y est assiégé par Bedfort et Salisbury ; il de- 
mande des secours : le poste était important ; 
on lui envoie six mille hommes. Au lieu de 
marcher avec cette troupe , dont il fallait se 
réserver au moins la surveillance, Charles 
reste à soixante lieues de là. Même méthode, 
et encore pire , relativement aux fonds des- 
tinés à en assurer l'entretien : le favori chargé 
par le roi de les distribuer, ^^7) les consomme 
en achats de vaisselle , de joyaux , de pierre- 
ries. Arrivée à six lieues de Meulan , l'armée 
se débande, faute de paie. Les assiégés, fu- 
rieux d'être sacrifiés à de tels hommes et pour 
de tels objets , mettent en pièces les drapeaux 
de Charles; la ville se hâte de capituler, et la 
garnison de passer au service de l'ennemi. *^^) 

Bientôt le duc de Bretagne, jusque-là 1423. 
neutre , se joint aux Anglais, qui, après cette 
alliance , s'emparent de quelques places. 
Charles reçoit au printems des renforts de 
l'Ecosse ; ^^9) on forme une armée de dix 
mille hommes qu'on emploie à assiéger Cré- 



38 JEANNE d'arc. 

vant. »^o) Les alliés, commandés par Suffolck, 
s'approchent. Etablie dans une position à- 
peu-près inexpugnable, l'armée française pou- 
vait sans risque les braver et continuer le 
siège ; mais elle manquait de chefs propres à 
la guider et la contenir ; et Charles , dont la 
présence eût au moins servi à inspirer de la 
circonspection , et sur-tout à étouffer les di- 
visions qui régnaient entre les corps princi- 
paux , n'avait pas été corrigé par l'échec de 
Meulan. On abandonne la position , et l'on 
marche à l'ennemi sans s'assujétir à aucun des 
soins prescrits par les règles de l'art. Les 
alliés remportent une victoire complète ; trois 
mille Français sont tués ou pris , avec beau- 
coup d'officiers ou généraux ; le siège de Cre- 
vant est levé ; plusieurs autres villes se ren- 
dent au vainqueur. ^^^ ^'^ ) 

Cependant, quelqu'heureuse que fût cette 
bataille pour les Anglais , elle n'eut pas des 
résultats décisifs : c'est que le duc de Bedfort, 
occupé d'aplanir les difficultés attachées à 
l'étabHssement d'une régence; de gagner le 
duc de Bretagne ; de resserrer les nœuds qui 
l'unissaient au duc de Bourgogne , *^^) en 
épousant sa sœur ; d'apaiser un différend qui 
s'élevait entre son frère , le duc de Glocestre , 
i't Je même duc de Bourgogne, ne put, pen- 



JEANNE D'aHC. 39 

dant les deux premières années , donner assez 
de soins à la direction de la guerre. Deux pe- 
tites victoires remportées les mois suivans , à 
la Gravelle ^^a) j^tns le Maine, et à la Bus- 
sière en Maçonnais , ^^^) procurèrent aussi aux 
Français quelque répit , et leur permirent de 
recevoir, à Touverture de la seconde cam- 
pagne , une armée toujours fournie par nos 
généreux alliés, les Ecossais , ^^4) et un petit 
corps de troupes envoyé par le duc de Milan. ï^'^) 
Les Français, encouragés, firent alors un 
effort considérable : on parvient à rassembler 
environ dix-huit mille hommes, ^ 66) et on les 
destine à secourir la ville d'Ivry, assiégée par 
le duc de Bedfort. Les deux armées se trou- 
vent en présence au milieu du mois d'août 
1424,^^7) auprès de Yerneuil. La supériorité 
des généraux ennemis »6^) décida , comme à 
Crécy, à Poitiers , à Azincourt et à Crevant , 
du succès de la journée. Les Français, malgré 
des prodiges de valeur, furent entièrement 
défaits; ils perdirent cinq mille hommes »69) et 
la plus grande partie de la noblesse, indépen- 
damment d'une multitude de prisonniers : 
tout le reste se dispersa. La prise des équi- 
pages et du trésor de l'armée , de la ville de 
Verneuil et de toute la province du Maine ; 
le ravage de l'Anjou et des contrées voisines , 



40 JE AISNE d'arc. 

furent les suites immédiates de la victoire. ^70) 
On en craignait de bien plus funestes, lors- 
que la fortune de Charles le sauvor encore , du 
moins pour quelque tems. Jacqueline de Hai- 
naut, 171) héritière de la Belgique occidentale, 
avait quitté son époux , le duc de Brabant , 
en 1421 , pour se réfugier auprès de Henri Y 
et faire casser son mariage , à l'aide de la 
protection de ce monarque. Le duc de Glo- 
cestre , régent d'Angleterre , séduit par Tes- 
poir de porter une couronne , lui donna la 
main : de là une rupture avec le duc de Bour- 
gogne, qui était proche parent du duc de 
Brabant, et qui comptait sur l'héritage des 
époux divisés. Les soins et l'adresse du duc de 
Bedfort n'aboutirent qu'à assoupir un instant 
la querelle. Enfin Glocestre, jetant tout-à- 
fait le masque , s'appropria les subsides des- 
tinés à Bedfort, leva une armée et envahit 
le Hainaut , moins de deux mois après la ba- 
taille de Yerneuil , au moment où les alliés se 
préparaient à achever la ruine de la France. ' 7^) 
Aussitôt, Philippe-le-Bon retire ses troupes 
de l'armée de Bedfort , et vole à la défense du 
Hainaut. Cette guerre particulière , qui ne 
fut entièrement terminée qu'au bout de quatre 
lin 1428. ans, »73) enleva aux Anglais l'appui de Phi- 
lippe , et les mit hors détat de profiter de 



JEANNE d'aRD. 4^ 

leurs victoires. Un autre incident les retint 
pendant fort long-tems dans l'inaction. Privé 
de subsides, le duc de Bedfort eut encore à 
pacifier un démêlé qui s'éleva, après l'inva- 
sion du Hainaut , entre Glocestre et Tévêque 
de \Yinchester,ï74) leur oncle, membre du 
conseil d'Angleterre : il fut obligé de passer 
dans cette île , et d'y rester jusqu'en 1427.^75) 

La cour de Charles parut d'abord vouloir 144611425. 
profiter de ces conjonctures favorables. On 
avait besoin d'un général ;^7^) on en acquit un 
dans le comte de Richemout. Il est vrai qu'à 
l'épée de connétable , il fallut joindre d'autres 
dons non moins précieux ; mais , en gagnant 
le comte , on détachait le duc de Bretagne , -, oct. i.iao 
son frère , du parti des Anglais , et Ton en 
obtenait des troupes auxiliaires, dont on avait 
un pressant besoin. 

Aussitôt , quoiqu'on se fût procuré de tels 
secours par la seule voie des négociations , on 
fut , pour ainsi dire, lassé par la peine qu'on 
venait de prendre. Une des conditions du 
traité était le renvoi de plusieurs des mi- 
nistres ou favoris de Charles , coupables d'a- 
voir participé à une conjuration contre le duc 
de Bretagne , ou d'avoir concouru au meurtre 
du duc de Bourgogne. 177) Les ministres re- 
fusent de l'accomplir; ils sont soutenus par 



42 JEANNE d'arc. 

les maîtresses et la plupart des courtisans de 
Charles : l'un d'eux pousse l'audace jusqu'à 
poignarder un de ses adversaires ^7^) en plein 
conseil , et sous les yeux de son souverain. 

On eut alors un spectacle sans exemple dans 
les fastes de l'histoire. Le connétable s'avance 
vers la cour, à la tête d'une petite armée, 
levée par ses soins et grâces à sa réputation et 
à son crédit. Le roi fuit de ville en ville pour 
garder les ministres qui le perdaient , et éviter 
le guerrier qui lui fournissait les moyens de 
conserveries débris de sa couronne. Il ne fal- 
lut pas moins que la retraite des princes du 
sang, et les menaces de quelques villes de se 
rendre à l'ennemi, pour faire écouter à Charles 
la voix de la raison ; et peut-être y eût-il été 
sourd tout-à-fait , si l'un des ministres , Tan- 
neguy-Duchâtel , n'eût donné l'exemple à ses 
collègues, en s'éloignant de lui-même. ^ 79) 

Enfin , ayant surmonté tous les obstacles , 
Richemont rassemble en Bretagne une armée 
de vingt mille hommes, »^o) et se voit, au 
commencement de 1426, '^0 en état d'envahir 
426. la Normandie , d'attaquer les Anglais dans le 
foyer de leur puissance. Après avoir pris Pon- 
torson , il assiège Saint-James-de-Beuvron ^ 
qui couvrait cette province. L'entreprise de- 
vait réussir, et était fort avantageuse : un fa- 



JEANÎy^E DARC, 4^ 

vori de Charles , Giac , aidé d'un jiiinistre 
breton, iS=^) la fit échouer en retenant les 
sommes re'servées à la solde des troupes. L'ar- 
mée se débande : Richemont, désespéré, tente 
un assaut avec ce qui lui reste , et il est com- 
plètement battu. ^^^) 

Quelle leçon pour Charles ! Tout autre que 
lui eût disgracié et puni sévèrement le cou- 
pable auteur de ce désastre ; mais un flatteur 
est plus nécessaire à un prince médiocre qu'un 
royaume , et la fortune d'un courtisan plus 
chère que le salut de ses peuples. Giac re- 
doubla d'audace dans ses concussions ; il fallut 
un crime pour en arrêter le cours : ^^4) le 
connétable le fit arrêter, juger par une com- 
mission , et exécuter malgré le roi. Il ne s'a- 
baissa pas même à cette apparence de forme 
à l'égard de Beaulieu , qui avait succédé à la 
faveur, à l'insolence et aux déprédations de 
Giac ; il se servit du bras d'un assassin. ^^S) 

Ces actes de violence , si répréhensibles en 
eux-mêmes, et si injurieux au monarque, ont 
inspiré de la compassion pour Charles MI; 
des historiens ï^^) ont cherché à justifier sa 
conduite sur ce que ses malheurs lui faisaient 
un besoin d'un confident. Les hommes se- 
raient-ils donc réduits à cet excès de misère , 
qu'il n'y eût point trop de leurs biens et de 



44 JEANNE d'arc. 

leur sang pour procurer quelques illusions à 
celui que la Providence chargea de veiller à 
leur bonheur? La dissipation de la fortune 
publique, et, par une conséquence nécessaire, 
Tinvasion et la perte des provinces , faute de 
moyens de défense, n'étaient- elles pas les 
services ordinaires des prétendus amis de 
Charles ? Encore , si Terreur Teût entraîné 
aux mauvais choix qu'il faisait î mais il n'a- 
vait pas même pour lui l'excuse grossière du 
défaut de connaissance des hommes. Riche- 
mont, s'apercevant qu'un favori est nécessaire 
à son prince , propose la Trémouille pour 
remplacer Beaulieu. « Vous vous en repenti- 
» rez!»^/) s'écrie Charles; je le connais mieux 
» que vous. » Après une telle réponse , il faut 
supprimer toute réflexion ; on rougirait d'en 
entreprendre le commentaire. Bornons-nous à 
observer que les manœuvres de Giac et de 
Beaulieu , et l'espèce de diversion que pro- 
duisit le dessein de les perdre , paralysèrent 
pendant une année ( après l'échec de Beu- 
vron) les ressources qui restaient à Charles, 
el empêchèrent de secourir plusieurs places 
dont les Anglais firent le siège et la con- 
quête. »88) 

Le crédit de la Trémouille nous devait être 
encore plus fatal. On avait laissé échapper 



JEAÎÎNE d'arc. 45 

roccasion que Tabsence du régent offrait à 
Charles pour agir. Bedfort revient en 14^7 ; 
il revient après avoir pacifié l'Angleterre ; il *^2'7- 
revient avec des subsides considérables et une 
armée de vingt mille hommes : on ne daigne 
pas s'en occuper ; on le laisse marcher en 
Bretagne et forcer le duc h renoncer à notre 
alliance , à signer enfin le traité qui déshéri- 
tait Charles. ^^9) La Trémouille , peu inquiet 
de perdre la monarchie , pourvu qu'il assure 
et augmente son pouvoir^ ne s'attache qu'à 
mettre la discorde dans la cour. Il abuse tel- 
lement de sa faveur, que des zélés royalistes, 
et jusqu'à des princes du sang , se soulèvent 
contre Charles et s'emparent de Bourges , sa 
capitale. Cette guerre civile s'éteint *9o) heu- 
reusement, grâce aux efforts des véritables 
amis du roi , ou plutôt à ce que la Trémouille 
s'aperçoit qu'elle pourrait lui être nuisible ; 
mais , pendant ce tems , on ne prend aucune 
mesure contre les Anglais , tandis qu'ils n'en 
négligent aucune pour rendre la campagne 
suivante, celle de 1428, tout-à-fait déci- 
sive. ^90 

Nous touchons enfin à une époque où la 
France semblait devoir succomber. Elle avait, 
en effet , en tête un ennemi formidable , et 
elle était presqu'entièrement dépourvue de 



46 JEANNE d'arc. 

moyens de défense. Un tel dénuement paraîtra 
peut-être invraisemblable. Lorsqu'on jette un 
coup-d'œil sur la carte , ^9^) on voit que les 
pays restés soumis à Charles forment à pré- 
sent vingt-cinq à trente provinces /9^) qui 
chaque année fourniraient sans peine aux ar- 
mées autant de milliers d'hommes , et au tré- 
sor public trois fois autant de millions de 
francs ; et il est naturel de demander s'il est 
probable que le parti du roi fût réduit à la 
dernière détresse ; s'il est probable qu'après 
plusieurs mois de démarches et de soins on 
ne fût parvenu, à la fm de 1428 , qu'à réunir 
sept mille guerriers , ^94) et qu'à cause de l'in- 
suffisance des revenus, on eût été obligé 
d'emprunter pour leur solde ; si cela est pro- 
bable , sur-tout lorsqu'on se rappelle l'état 
florissant du royaume à la mort de Charles V ? 
Nous avions prévu ces questions : les laisser 
sans réponse , c'eût été autoriser à penser 
que la délivrance de la patrie, dont le récit 
était sur-tout l'objet de notre ouvrage , fut un 
événement trop peu extraordinaire pour mé- 
riter quelqu'attention. Afin de les résoudre 
d'une manière satisfaisante , nous avons re- 
monté jusqu'à la même époque , et présenté 
le tableau des principaux événemens du règne 
de Charles YI ; tableau où , en effet , a com- 



JEAISÎ^E d'arc. 4? 

mencéla solution du problême. Ce qu'on vient 
de raconter de celui de Charles VII a dû faire 
évanouir tous les doutes. Quarante années de 
déprédations ou divisions intestines, et dix- 
sept de guerres civiles ou étrangères , voilà 
ce que nous a offert l'histoire du père ; et 
pendant les six premières années '9^) de l'ad- 
ministration du fils, la France a été affligée 
des mêmes maux , sans le moindre adoucisse- 
ment , parce que la faiblesse et la dissipation 
d'un roi sont aussi dangereuses qu'une dé- 
mence. 

Ajoutons ce que la crainte de fatiguer le 
lecteur nous a empêchés de répéter, et qu'il 
aurait fallu redire à chaque page. D'abord , la 
guerre était bien plus désastreuse alors qu'à 
présent : indépendamment des batailles ran- 
gées, des simples combats et des sièges des 
villes , il y avait des attaques continuelles 
entre les garnisons ou entre les compagnies 
d'aventuriers qui occupaient de tous côtés 
des places ou des châteaux ; en un mot , 
la France était embrasée d'un bout à l'autre : 
ensuite , la paix , ainsi que nous le verrons 
ailleurs , ^9^) n'était guère moins funeste , à 
cause des ravages des mêmes compagnies. 

Un historien ^97) demande ce qu'étaient de- 
venues les richesses de la France ; et il répond 



48 JEANNE d'arc. 

qu'elles avaient été, ou absorbées par les 
provinces limitrophes, ou enfouies par les 
hommes qui se les appropriaient. Yoilà une 
explication bien imparfaite, ^o^) La richesse 
publique se compose des valeurs tirées du sol 
ou créées par l'industrie ; elle se conserve par 
l'économie ; elle s^augmente par le commerce 
ou par un bon emploi des fonds. Pendant la 
longue subversion de la France, peu-à-peu 
l'agriculture avait dépéri , et l'industrie et le 
commerce s'étaient éclipsés ; d'un autre côté , 
la guerre , dont l'essence est de détruire une 
multitude de choses sans rien remplacer, oc- 
casionnait une grande dissipation de valeurs ; 
ainsi , il y avait une consommation plus forte 
qu'en tems ordinaire , et une production infi- 
niment moindre. On suppléa d'abord au dé- 
ficit annuel , à l'aide des capitaux et des va- 
leurs accumulés ; mais ce secours avait néces- 
sairement un terme. Lorsque tout fut dépensé, 
il ne resta qu'une misère générale, si l'on 
excepte quelques fortunes privées , fruits des 
concussions que favorisent les troubles. Obser- 
vons, d'ailleurs, que les Anglais exportaient *99) 
tout ce qu'ils pouvaient de leurs pillages ; que 
l'or des concussionnaires passait aux Flamands 
ou Italiens , qui les fournissaient d^objets de 
luxe,~°°) et que les expéditions du royaume 



JEANNE D ARC. ^Q 

de Naples, du Milanez , de la Rivière de 
Gênes, ^°0 y avaient versé une portion de la 

fortune publique D'après tout cela, est-il 

surprenant que la France fût entièrement 
épuisée ? 

Dans un tel état de choses , comment ne 
pas trembler pour les provinces préservées 
des invasions de Pennemi , non par les ex- 
ploits ou les soins de Charles, mais grâce à 
des incidens imprévus dont le renouvellement 
ne devait point être espéré?- Les Anglais, au 
commencement de 1428, étaient plus redou- 
tables que jamais. La pacification de la Flan- 
dres^o^) leur garantissait Talliance du duc de 
Bourgogne , et leur dernière expédition celle 
du duc de Bretagne. Comme on n'avait rien 
fait pour éclairer et gagner les citoyens hon- 
nêtes de l'ancien parti des Bourguignons, 
toujours aigris contre Charles , à cause du 
meurtre de Jean-sans-Peur, ils continuaient 
à seconder une entreprise dont , au reste , le 
succès leur paraissait assuré. Les Anglais ren- 
traient dans la lice avec vingt- quatre mille 
guerriers bien payés , bien disciplinés, très- 
valeureux, animés par le souvenir de leurs 
victoires , et guidés par d'excellens généraux. 
Enfin, le régent Bedford, qui était Tame de 
cette entreprise, n'avait pas diminué de talens. 



5o JEAî^NE d'arc. 

Charles , on Ta vu , n'avait de trésors que 
pour ses favoris et ses maîtresses ; ^02 bis ) g^^ 
troupes, trois fois moins nombreuses, n'é- 
taient ni entretenues ni disciplinées Mais 

peut-être s'efforçait-on de suppléer au défaut 
du nombre par Tactivité et la sagesse des 
mesures ? Non , non : de plus en plus au-des- 
sôùs de son rang et des circonstances, Charles 
se livrait presque sans relâche aux occupa- 
tions dont il s'était déshonoré jusque-là. Au 
lieu de ranger uùe armée en bataille , de tra- 
vailler aux préparatifs d'une excursion ou 
d'un siège , il combinait péniblement l'or- 
donnance d'une féte.2o3) La présence d'un roi 
double la force de ses troupes ; tout ce qu'on 
obtint de Charles au commencement du siège 
d'Orléans , qui pouvait entraîner sa ruine , ce 

fut de s'en approcher à trente lieues. Des 

généraux habiles leur sont encore plus néces- 
saires, et , à cette même époque , Charles s'é- 
tait privé de Richemont; il l'avait sacrifié à 
son favori la Trémouille ; il refusait ses ser- 
vices , et lui faisait fermer les portes des 
villes , 2o4) comme à un ennemi. Toujours 
même désordre dans l'administration, même 
insolence , même rapacité , ^oS) même igno- 
rance des triinistres et des courtisans, même 
discorde entre les fonctionnaires : enfin , les 



JEANNE d'arc. 5i 

Français , las du joug de ces misérables , 
avaient perdu toute affection et toute estime 
pour leur prince , et ne lui conservaient pres- 
que de la fidélité que par haine pour l'Angle- 
terre. 

Cette disproportion entre les deux puis- Juillet 142S. 
sances , et presque sous tous les points de 
vue, si ce n'est celui de la valeur, parut sur- 
tout à Touvertuie de la campagne de 1428, 
qui , heureusement , n'eut lieu qu'au mois de 
juillet. 206) Tandis que les Bourguignons en- 
lèvent quelques places restées à Charles sur 
les limites de la Champagne et de la Lorraine, 
les Anglais , dans le court espace de deux 
mois, en prennent plus de quinze, et s'em- 
parent de toute la partie de l'Orléanais située 
aii nord de la Loire , et des petites villes si- 
tuées au midi , ^07) qui leur étaient nécessaires 
pour cerner et isoler en quelque sorte la ca- 
pitale de cette province, Orléans, alors le 
boulevart presqu'unique de l'Empire de 
Charles YIL ^^8) 

La moitié de l'armée ^^9) et presque tous les 
capitaines français les plus courageux ^'o) s'en- 
ferment dans la ville (on sent que ce n'était 
point le poste des la Trémouille et autres 
complaisans du roi) ; ils y sont vaillamment 



52 JEANNE d'arc. 

secondes par les habitans, plus aigris que 
leurs concitoyens contre les Anglais , à cause 
de l'assassinat de leur ancien duc, encore im- 
puni, et dont nos ennemis avaient protégé 
Tauteur. 

La ville d'Orléans est située sur la rive 
droite et septentrionale de la Loire ; elle 
communiquait avec la rive gauche , où étaient 
quelques faubourgs ou églises, par un pont 
dont la tête était défendue par le fort , et suc- 
cessivement par le boulevart* des Tour- 
nelles.2iO 
Octobrei428. L'armée ennemie s'avança un des premiers 
jours d'octobre ; 212) Salisbury la comman- 
dait , =*^^) et avait sous ses ordres les plus re- 
nommés des officiers anglais ou bourguignons, 
les Suffolk , les Talbot , les Fastol , les Lance- 
lot Le 7, un gros détachement 214) vient 

reconnaître la place sur la rive gauche ; on 
fait une sortie , et on le repousse. Bientôt 
l'armée entière traverse la Loire et, le 12, 
s'approche de la ville. ^ï^) Les faubourgs pou- 
vaient lui servir pour se loger ; on n'hésite 
pas , on les embrase. ^^^) L'incendie à peine 
apaisé, les Anglais construisent une forte- 

* En lisant la description suivante du siège d'Orléans, 
consultez la carte visuelle (ou i"^*^ carte), qui est à la 
fin de l'ouvrage. 



53 

resse^*7) et battent en brèche, et en même 
tems attaquent , par une mine , le bouleyart 
et le fort des Tournelles. 

Le 2 1 , ils donnent Passant et sont égale- 
ment repoussés. Hommes, femmes, vieillards, 
enfans , ^^^) tous se joignent à la garnison. 
Généreux citoyens! où était votre prince? 
Les assiégeans s'attachent alors à leur mine , 
et , le 23 , les Orléanais sont obligés de brûler 
le boulevart^iQ) et de se retirer dans le fort. 
On l'emporte le lendemain ; ^^o) mais ils y 
avaient suppléé en rompant deux arches de 
leur pont , et construisant sur la suivante un 
autre boulevart. ^^0 

Surpris de tant de résistance, les ennemis 
changent le siège en blocus. Ils reparent d'a- 
bord les Tournelles , et, à l'exemple des assié- 
gés , les couvrent d'un côté par un boulevart, 
et de l'autre en rompant un arche du pont, ^^a) 
Ils forment ensuite une ligne de circonvalla- 
tion, avec douze grosses bastilles ou espèces 
de citadelles, ^2^) qu'ils tâchent de lier en- 
tr'elles, du moins sur chaque rive de la Loire, 
par un double rang de fossés ; ^^4) une trei- 
zième bastille élevée dans une île , et un pont 
volant , ^^5) établissent une communication 
entre celles de l'une et de l'autre rive , et in- 
terceptent la navigation du fleuve. 



S4 JEANKE D^ARC. 

Ces travaux, interrompus par des sorties 
multipliées et sanglantes , ^^^G) ^^ pouvaient 
être l'ouvrage d'un moment : cependant , à la 
fin de janvier 227) ils étaient assez avancés. La 
difficulté d'introduire des renforts et des mu- 
nitions augmentait chaque jour, ^^8) et déjà 
l'on craignait une famine : on résolut de se 
tirer de cette situation fâcheuse en privant les 
ennemis eux-mêmes de subsistances. On sa- 
vait que leurs magasins s'épuisaient , et que 
les environs d'Orléans ne pouvaient leur en 
Février ï^aS. foumir. ^=^9) On apprend qu'ils attendent de 
Paris un convoi considérable , ^^^) envoyé par 
Bedfort , et amené par Fastol ; ^^0 on forme 
le dessein de l'enlever. On rassemble à-peu- 
près ce qui reste de troupes à Charles ; et , 
quelque péril qu'il y eût à affaiblir là ville , la 
perte en paraît si certaine, en cas de revers, 
qu'on détache la moitié au moins de la gar- 
nison , 232) afin Je donner à l'armée française 
une grande supériorité sur l'escorte anglaise , 
où l'on ne comptait pas deux mille hommes. ^^^^ 

Mais , bien loin de répondre à ce que l'on 
s'en était promis , cette supériorité de forces 
n'eut d'autres résultats que d'inspirer de la 
témérité à l'un des partis , et de la prudence 
à Tautre. Les deux troupes se rencontrèrent 
le 12 février, vers l'entrée de la nuit , =^^4) au- 



JEANNE d'arc. 55 

près de Rouvrai -Saint- Denis , à quelques 
lieues d'Orléans. Fastol agit en militaire digne 
de la confiance de Bedfort : il rallia son es- 
corte, la forma avec soin, réunit les çhar- 
riots du convoi pour lui en faire un retran- 
chement , aux issues duquel il plaça ses rncil- 
leurs archers ; couvrit enfin ceux-ci par une 
ligne de pieux ferrés plantés en terre, et pro- 
pres à arrêter les premiers efforts de la cava- 
lerie. Les Français, au contraire, sans attendre 
le jour, ni s'assujétir à aucun plan, ^^^) ni user 
de la moindre précaution, attaquèrent avec 
leur fureur et leur indiscipline accoutumées, 
et éprouvèrent aussi le même sort qu'aux ba- 
tailles précédentes : la plupart des chefs =^^^) et 
une partie des soldats furent tués;^^^?) les 
autres se dispersèrent, à l'exception d'un petit 
corps que le célèbre comte de Duiiois^^H) et 
quelques officiers parvinrent à ramener dans 
la ville assiégée. 

On sourirait aujourd'hui d'une semblable 
défaite ; et néanmoins la bataille de Piouvrai , 
qu'on nomme aussi la journée des harenga, -"'î-') 
faillit à perdre la monarchie. Elle enlevait à 
Charles presque toutes ses troupes ; elle dé- 
courageait ses partisans ; eHe entraînait la ré- 
duction d'Orléans, que ses habitans offrirent, 
.^ans succès, de remettre en dépôt an duc de 



56 JEANNE d'arc. 

Bourgogne. 240) Dès -lors, la conquête des 
provinces méridionales était d'autant plus fa- 
cile , que leurs villes étaient mal fortifiées et 
dépourvues de munitions , et qu'on n'avait 
plus d'armée pour en empêcher l'attaque. 
Enfin , on désespéra tellement du salut de la 
France , que quelques ministres de Charles lui 
conseillaient de se réfugier en Dauphiné. ^40 

Mais c'est assez parler de fautes , de mal- 
heurs et de crimes ; transportons-nous sur un 

théâtre dont l'aspect soit plus satisfaisant 

Au moment où tout paraît perdu , où le con- 
seil du roi n'aperçoit presqu 'aucune ressource, 
il s'en offre une à l'improviste , et une res- 
source assez efficace pour produire cent fois 
plus qu'on n'aurait osé espérer dans des con- 
jonctures plus heureuses. Une hergère , à 
peine au milieu de l'adolescence , ^42) arrive de 
l'extrémité des frontières , et , après avoir 
franchi sans accident plus de cent lieues de 
pays occupé par les alliés , se présente à la 
cour comme envoyée de Dieu pour délivrer 
Orléans , cette ville qui demandait d'être con- 
fiée au duc de Bourgogne ; pour conduire 
Charles, ce roi sans soldats, à Reims, à quatre- 
vingts lieues de sa résidence, au travers de 
cent forteresses et d'une armée ennemie ; 



JEANNE d'arc. 5" 

pour Vf faire sacrer sans obstacles ; pour 
chasser les Anglais, sauver enfin sa patrie.... 
Elle promet donc plusieurs prodiges. Rien 
d'étonnant jusqu'ici: une foule d'imposteurs, 
et dans son siècle et dans tous les siècles , 
n'ont pas été moins fertiles en promesses ; mais 
elle les accomplit ou en procure l'accomplis- 
sement , et voilà le véritable prodige. Avant 
d'en exposer les détails, jetons un coup-d'œii 
sur les causes auxquelles on l'a attribué. ^1^) 

Selon les alliés et leurs satellites, au nombre 
desquels on rougit de compter des évéques et 
l'Université de Paris , ^44) Jeanne d'Arc était 
sorcière et magicienne : nos aïeux la croyaient 
réellement inspirée et chargée d'une mission 
divine ; ^45) plusieurs modernes ne voient en 
elle qu'une fourbe que les Français eurent 
l'art de mettre en jeu. Aucune de ces opinions 
ne nous semble fondée. Indiquer la première, 
c'est l'avoir déjà réfutée : quant à la seconde , 
quoiqu'il ne nous appartienne pas de détermi- 
ner les moyens que peut employer la Divi- 
nité , disons que sans doute tout ce qui se 
passe est réglé par les décrets de sa provi- 
dence , mais qu'il ne faut point lui attribuer le 
projet d'agir par des merA^illes , lorsque les 
événemens qu'on prétend miraculeux sont 



58 JEANÎÎE d'arc. 

susceptibles d'une explication naturelle, telle 
que celle nous proposerons tout-à-Pheure. ^46) 

Nec Deus intersit ni'si dignus vindice nodus. 

Il ne reste que Topinion des modernes ; 
mais elle est , et trop injurieuse pour Jeanne, 
et trop honorable ( en politique du moins ) 
pour les conseils de Charles: M?) en un mot, elle 
est entièrement démentie par le caractère et 
la conduite de notre héroïne et des ministres. 
Jeanne ne montra aucun de ces sentimens 
ignobles qui semblent le partage des fourbes j 
elle ne dévia pas une minute du sentier de 
la vertu et du courage. ^48) On peut dresser un 
imposteur; on ne façonne pas aisément un 
héros. Pour former Jeanne au rôle brillant 
qu'elle remplit , sans jamais se démentir, il 
aurait fallu plusieurs années de prépara- 
tions , =^49) et la cour de Charles songeait à 
peine au lendemain, excepté quand il était 
question de déprédations ou de fêtes. Lorsque 
Jeanne arriva, l'héroïsme était dans son cœur ; 
il ne lui manquait que les occasions de le dé- 
velopper : tout le mérite de la cour fut de les 
lui fournir, ^^o) Il n'était pas besoin de beau- 
coup de peine ou d'adresse pour cela ; Jeanne 
ne demandait qu'à guider les troupes, à les 
précéder dans les expéditions les plus péril- 



JEANNE d'arc. 59 

leuses : on n'est guère avare de ces sortes de 
grâces , et ce ne sont pas de tels emplois que 
sollicitent les imposteurs. 

On jugea que , pour lui faire obtenir de la 
confiance , on devait user de quelque mer- 
veilleux : ^^0 on payait ce tribut aux opinions 
du tems ; mais elle put se prêter sans dés- 
honneur aux mesures qu'on prit dans cet 
objet. Reconnaître le roi parmi ses courti- 
sans ; lui découvrir un secret 2^=^) qu'il n'avait 
communiqué à personne , et sur lequel il garda 
le silence ; se laisser examiner par des femmes, 

des docteurs, des magistrats , tout cela 

pouvait en imposer au vulgaire , sans être un 
sujet de reproches pour Jeanne d'Arc. Au 
reste , on verra bientôt que toutes ces pré- 
cautions étaient inutiles, tandis qu'avec cent 
fois plus de moyens mystérieux ou de ma- 
chines merveilleuses on eût échoué dès la pre- 
mière journée , 2^^) si Jeanne n'avait été qu'une 
femme ordinaire ou un vil instrument de la 
cour. 

Elle soutint qu'elle avait eu des apparitions 
et des révélations où elle avait reçu la mission 
de chasser les Anglais : de Jà on tire l'objec- 
tion la plus sérieuse qu'on ait faite contre sa 
sincérité. Faut-il donc ne point tenir compte 
de l'époque où elle vivait? Est -il juste de 



6o 

transporter le i8^ siècle au commencement 
du i4% et de changer en philosophes une 
pauvre bergère et des soldats grossiers ? Les 
mœurs étaient sans doute non moins corrom- 
pues alors qu'à présent ; mais la superstition 
était aussi une maladie universelle, =^^4) nourrie 
par l'ignorance. Née au milieu des guerres ci- 
viles et étrangères, élevée dans la haine du 
nom anglais, témoin des ravages continuels 
de son pays , s'entretenant de maux qui sem- 
blaient ne devoir point finir, est-il fort extra- 
ordinaire que Jeanne d'Arc n'y ait entrevu de 
remède que dans l'intervention du Tout- 
Puissant ; que son imagination exaltée et ar- 
dente ^^^) ait converti plusieurs fois , pendant 
le sommeil, ses espérances en réalités; et 
qu'enfin , douée de beaucoup de patriotisme 
et de courage , elle ait voulu mettre à exécu- 
tion ce qu'elle croyait de bonne foi une inspi- 
ration de la Providence ? 

11 est presque superflu, d'après cela, de 
s'arrêter à une dernière remarque : on trouve 
Jeanne trop expérimentée pour son âge et sa 
condition. Mais lorsque Ton approfondit la 
remarque , on reconnaît qu'elle ne repose que 
sur trois faits : Jeanne maniait avec assurance 
un cheval , ^^^) se servait avec dextérité d'une 
lance , et elle était éloquente. 



JEANNE d'arc. 6i 

de moins surprenant. Nous voyons , dans les 
contrées où Ton élève le compagnon des tra- 
vaux de rhomme , de jeunes paysannes aussi 
hardies que Jeanne : dans un tems de guerres 
civiles , elle avait pu souvent être témoin de 
Texercice de la lance ; un contemporain assure 
même qu'elle s'y essayait ^S?) dès le bas âge: 
elle avait également pu se perfectionner dans 
Tun et l'autre talent , 2^^) soit pendant son 
voyage de Lorraine à Ghinon , où était le roi , 
soit pendant un séjour de deux mois qu'elle 
fit dans cette ville et dans les environs , avant 
d'agir. Quant à l'éloquence , ses discours 
agrestes, ^^9) sans correction et sans ornement, 
n'offrent que celle qu'on tient de la nature , 
fortifiée par la persuasion et l'enthousiasme ; 
éloquence , sans doute , fort puissante , sur- 
tout envers des hommes ignorans ou rusti- 
ques , ^^o) tels que les courtisans , les soldats 
ou les sujets de Charles , mais à laquelle l'art 
est tout-à-fait incapable de former. 

Laissons , laissons cette discussion aride à 
laquelle nous nous sommes trop arrêtés ; un 
exposé succinct des principaux événemens 
qui survinrent prouvera , mieux que tous les 
raisonnemens , l'injustice ou la frivolité des 
critiques. Rappelons -nous d'abord l'état de 
la cour après la bataille de Rouvrai ; repré- 



62 JEAÎ^NE d'arc. 

Frvrîer sentons-iious , rassembles autour de Charles, 

et mars i^sS. 

les capitaines , les ministres , les favoris, trem- 
blant sur l'avenir, n'entrevoyant que la des- 
truction de leur fortune, ne sachant quel parti 
prendre , ou divisés sur les plans et les me- 
sures, presque tous inquiets ou consternés. 
Une jeune fille paraît : sa démarche modeste 
et la beauté de sa figure , où les grâces de son 
sexe sont unies à la dignité du nôtre , pré- 
viennent en sa faveur ; ses regards pleins de 
feu , son attitude qui annonce une noble har- 
diesse, sa physionomie où se peint la con- 
fiance , le courage qui semble respirer dans 
tout son être , fixent l'attention et raniment 
les esprits. « C'est vous, dit-elle à Charles , 
» c'est vous qui êtes le dauphin. Le Roi du 

>> ciel m'envoie vous secourir Donnez-moi 

3> des gens de guerre , et , par grâce divine 
» et force d'armes , je ferai lever le siège 
» d'Orléans et vous mènerai sacrer à Reims, 

» malgré vos ennemis ^^0 » Les assistans 

sont ébranlés. On l'entoure, on la questionne, 

on élève des doutes elle répond à tout ; et , 

dans chacune de ses réponses , 262) même naï- 
veté, même assurance, et, parfois, de cette 
éloquence qui , il faut le répéter, résulte de 
l'enthousiasme , =^^^) et est si propre à embraser 
l'ame des auditeurs... On est à moitié per- 



JEAÎ^NE d'arc. bj 

suadé... ; on insiste toutefois. « Le Roi du ciel, 
lui dit-on , a-t-il besoin d'armées , s'il veut 
sauver la France ? » Elle réplique aussitôt : ^^4) 
« Les gens d'armes combattront en mon Dieu , 
» et le Seigneur donnera la victoire. » Tout 
le monde est subjugué. 

Représentons -nous ensuite Jeanne d'Arc Mars i4a8. 
devant les théologiens et le parlement, char- 
gés d'examiner sa mission ; écoutons ces gra- 
ves docteurs ou magistrats demander des 
prodiges pour preuves. « Conduisez - moi , 
» s'écrie - t - elle , à Orléans , et je vous 
» donnerai des signes certains de ma mis- 
» sion, » 

On n'hésite plus ; on rassemble des troupes ; 
la confiance réveillée ramène une foule de 
fuyards ou de gens indécis; en peu de tems, 
on a six mille hommes. 2^^) Jeanne, équipée en 
chevalier, les exhorte et les enhardit. 2^*^) Il 
n'est bruit par-tout que de la Pucelle, de l'en- 
voyée de Dieu ; chacun veut marcher sous 
son étendard. Les généraux ennemis en sont 
informés : ils n'ont garde d'admettre sa mis- 
sion , c'eût été décrier leur cause : ils répan- 
dent qu'elle est sorcière et magicienne ; ils Avril 1429, 
n'en sont guère plus avancés : pour le vulgaire, 
un ange est moins redoutable qu'un magi- 
cien, 26:') 



64 JEANNE d'arc. 

Le conseil du roi semble entièrement chan- 
gé ; l'impulsion générale qu'a donnée Jeanne 
a entraîné les individus qui le composent , et 
en a fait des hommes. Le plus pressant est de 
secourir le boulevart de la France ; l'armée y 
mène un convoi : son avant-garde est com- 
posée de prêtres , et conduite par Jeanne , 
portant une bannière qu'ils ont sacrée , ^^^) et 
où sont peints des anges tenant des fleurs de 
lis. Ainsi précédés et guidés , tous les soldats 
sont des héros. 

Le 29 avril 14^9, on paraît à quelque dis- 
tance des Tournelles. Les Anglais , en quelque 
sorte pétrifiés , laissent tranquillement pas- 
ser ^^9) le convoi qu'il leur eût été si facile 
d'inquiéter. "^70) Jeanne, accompagnée de Du- 
nois, et suivie des guerriers et citoyens les 
plus distingués d'Orléans, y fait, à la lueur 
des flambeaux, une entrée triomphante. ^70 
A son aspect, à ses discours, l'enthousiasme 
passe de l'armée à la garnison et aux habilans ; 
la ville est dès-lors imprenable. 

Ce n'était pas assez , il fallait encore chasser 
Mai 1429. l'ennemi ; mais on avait besoin de renforts en 
hommes et en munitions. On fait expédier un 
second convoi. Pendant qu'on le dispose , 
Jeanne ne reste point dans l'inaction '."^i^) elle 
parcourt la ville pour en encourager les dé- 



JEANNE D ARC. 



fenseurs ; elle somme, par plusieurs messages, Mai 1429. 
les Anglais de se retirer ; elle sort de la place 
et va reconnaître leurs bastilles , qui e'taient 
autant de citadelles avec remparts , -7^) glacis, 
gabions, fossés, artillerie ; en un mot, forti- 
fiées suivant toutes les règles de Tart, et four- 
nies de munitions de toute espèce. 

Le 4 ïïi^i matin , le convoi arrive ; la pu- 
celle marche en avant ^74) des troupes qui en 
protègent Fentrée ; les Anglais restent fermés 
dans leurs bastilles. Ces guerriers naguère si 
fiers, et auxquels des dangers imminens n'au- 
raient pas fait refuser le combat, sont main- 
tenant abattus : 27^) quoique secondés par leurs 
fortifications, qui leur offrent un appui et un 
asile également avantageux pendant une ac- 
tion , et quoique toujours supérieurs en nom- 
bre , ils n'osent plus agir sans avoir en quelque 
sorte décuplé leurs forces. 

Orléans étant'ainsi muni^TG) de tout ce qui 
est nécessaire pour soutenir un long siège , 
les généraux français arrêtent de se tenir sur 
la défensive. 277) Ce parti paraissait le plus 
sage : on ne courait , en effet , aucun risque ; 
et , dans peu de tems , de nouveaux renforts 
promis par la cour auraient mis en état d'as- 
saillir les Anglais avec avantage. 

Jeanne d'Arc , qu'on n'avait point appelée 

5 



66 JEAîïNE d'arc. 

Mai 1429. à la délibération , en jugea tout autrement : 
elle pensa sans doute qu'il ne fallait pas laisser 
aux Anglais le loisir de revenir de leur épou- 
vante, ïii s'exposer à voir refroidir Pardeur 
des Français , ni trop compter sur des secours 
qui dépendaient de ministres tels que ceux de 
Charles : en conséquence , elle annonce hau- 
tement qu'il faudra marcher dès le lendemain 
et de bonne heure , et, pour s'y disposer, elle 
va prendre du repos. 

Au bout de quelques minutes, =^78) l'agita- 
tion que lui cause son projet la réveille. Pour- 
quoi renvoyer au lendemain ce que peut-être 
il n'est pas impossible d'exécuter dans le jour ? 
Aussitôt elle se fait armer et équiper, et elle 
s'entretient en même tems du point où elle 
doit se diriger. 

Sur ces entrefaites, ^79) la nouvelle du même 
projet, ou la confiance que Jeanne avait ins- 
pirée , et qu'augmentait le découragement des 
ennemis , avait excité un détachement des 
Orléanais à escar mou cher contre la garnison 
nombreuse de la bastille de* Saint-Loup , une 
des mieux fortifiées de la rive droite : plusieurs 
d'entr'eux avaient été blessés ou tues ; les 
autres, près de succomber, reculaient du côté 
de la ville. Le bruit s'en répand lorsqu'on 
achève d'équiper Jeanne. ^^o) Elle s'élance, 



JEAÎÎNE d'arc. 67 

sans délibérer, hors de son logis , se saisit du ^^^^ *4-9- 
cheval d'un page qui se trouve sur ses pas et 
qu'elle en fait descendre , et vole à la porte 
d'Orléans, ^^0 que les Français repoussés tâ- 
chaient de gagner, entraînant après elle tous 
les guerriers qu'elle aperçoit. Elle franchit 
cette porte malgré les remontrances du gou- 
verneur, Raoul de Gaucourt , ^^2) qui tenait 
aux résolutions du conseil , mais qui bientôt , 
entraîné lui - même , la suit avec toute sa 
troupe. Elle court , l'étendard déployé , au 
lieu du combat ; à l'instant, tout change de 
face : les Anglais se retirent dans la bastille ; 
les Français les poursuivent et vont les assié- 
ger. 2^3) 

Cependant Talbot , chargé du commande- 
ment des bastilles du voisinage , essaie une di- 
version en faveur de celle-ci ; il s'avance avec 
un corps de troupes, ^^4) afin de placer les 
Français entre deux feux. Mais les officiers et 
soldats restés dans Orléans , électrisés par 
l'audace de Jeanne , sortent en foule , ^^^) et 
couvrent le siège de Saint -Loup. Talbot, 
étonné, suspend sa marche, leur laisse prendre 

une position, et, peu de tems après , ordonne 
la retraite. 286) 

Enhardis par ce secours , et sur-tout par 
l'intrépidité de Jeanne , les assaillans redou- 



68 JEANtîE d\rC. 

Mai 1429. blent de valeur et d'efforts : en moins de 
quatre heures , la bastille est emportée , ^^7) 
et successivement le clocher de Saint-Loup , 
où beaucoup d'Anglais se sont réfugiés : pres- 
que tous ceux qui la défendent sont tués ou 
pris ; les Français enlèvent les munitions dont 
la place regorge , la démolissent ou réduisent 
en cendres , et rentrent dans Orléans. 

Ce succès inouï montre aux généraux com- 
bien ils ont eu tort de ne pas consulter Jeanne. 
Le 5 mai, jour de T Ascension, ils tiennent 
conseil en sa présence. ^^^) Elle propose de re- 
tourner à Tennemi : soit timidité , soit pru- 
dence, soit scrupule réel, on objecte que ce 
n'est point ainsi qu'il faut célébrer une des 
premières fêtes de l'église ; Jeanne se rend.^89) 
On arrête enfin d'attaquer, le jour suivant, 
les bastilles de la rive gauche : il y en avait 
quatre, ^9°) et c'étaient les plus fortes de toutes. 
On s'y prépare dès le soir avec tant d'acti- 
vité, que tout est prêt pendant la nuit. 291) 

Le 6 mai , de grand matin , on passe dans 
une petite île , =^92) afin d'y former les troupes : 
cette opération achevée , on défile sur un 
pont construit à la hâte , à l'aide de deux ba- 
teaux. Rien n'était plus facile que d'empêcher 
les Français de débarquer : loin de s'en occu- 
per, les ennemis , frappés de terreur par les 



JEANNE d'arc. 69 

exploits de Jeanne , qu'ils voient encore à la Mai 1429. 
tête de l'expédition , abandonnent la bastille 
la plus prochaine , ^o^) celle de Saint- Jean-le- 
Blanc; aussitôt on les poursuit dans la se- 
conde , celle des Augustins.^e^) Jeanne est la 
première au pied des murailles. Saisis à leur 
tour d'une terreur panique, nos soldats re- 
broussent chemin : toujours la première dans 
les attaques , Jeanne est aussi la dernière dans 
les retraites. Pendant que les Français rega- 
gnent l'île , elle s'aperçoit que les Anglais des 
Tournelles =9^) font une sortie pour attaquer 
notre arrière-garde: elle tourne bride etmarche 
à eux , accompagnée de La Hire et de quelques 
autres guerriers ; elle repousse les assaillans et 
les force à rentrer dans les Tournelles. Ce trait 
hardi réveille le courage des Français ; ils re- 
viennent tous , et se reforment sous son égide. 
On court à cette bastille des Augustins qu'on 
n'avait presqu'osé approcher ; elle est prise 
d'assaut dans un instant : la garnison , les mu- 
nitions et la forteresse éprouvent le même sort 
que celles de Saint-Loup. ^9^) 

Chaque exploit n'est , pour Jeanne d'Arc , 
qu'une obligation d'en essayer un nouveau. 
Les Anglais ont encore, sur la rive gauche 
de la Loire , les bastilles de Saint-Privé et des 
Touxnelles ; le soir même , Jeanne propose 



7^ jëatmî-te r> ARC. 

Mai 1109 d'assiéger la dernière, qui était, on Ta dit, 
couverte d'un bouleyart. Le conseil de guerre 
résiste. 297) La place est à-peu-près inexpu- 
gnable par sa situation ; les ennemis y sont 
en mesure ; la garnison est composée de plus 
de cinq cents hommes d'armes d'élite ; elle 
est commandée par Glacidas , un des plus 
audacieux aventuriers du tems.... « N'importe, 
répond Jeanne ; attaquons, nous les battrons, 
nous prendrons le boulevart , nous emporte- 
rons le fort , et nous rentrerons dans la ville , 
demain , par le pont qu'on a jadis brisé pour 

les en éloigner » On est contraint de céder ; 

la bastille est investie sur-le-champ. 

La nuit du 6 au 7 mai ,^9^) afin de prévenir 
toute surprise et de protéger le débarque- 
ment et la distribution des vivres que les 
Orléanais envoient aux assaillans harassés , 
on fait bivouaquer un corps de troupes. Les 
guerriers auxquels ce soin est confié peuvent 
être tranquilles; Jeanne veille avec eux : ^99) 
elle ne veut pas plus se donner de repos qu'en 
laisser aux ennemis. D'un autre côté, ceux-ci, 
égarés par la frayeur, ou peut-être regardant 
les Tournelles comme imprenables, évacuent 
d'eux-mêmes , et à la faveur des ténèbres , la 
bastille de Saint-Privé, ^oo) 

Le 7 mai, dès l'aube du jour,3oi) on place 



JEANNE d'arc. "yi 

les échelles contre le boulevart. Secondés par Mai n^ag. 
leur position , leur nombre , la multiplicité et 
la yariété de leurs moyens de défense , et ani- 
més par le désespoir de leurs pertes , le désir 
de les réparer et la nécessité de conserver 
leur dernier abri, la résistance des Anglais ^02) 
passe tout ce qu'on imaginait. L'assaut a déjà 
duré presque toute la journée ^^^^ sans qu'on 
ait gagné du terrain : déjà les Français sont 
fatigués ; une blessure que reçoit Jeanne , et 
qui l'oblige de quitter la muraille , achève de 
les rebuter. On pense à la retraite ; on s'y dis- 
posait , ^^4) et l'on commençait à ramener l'ar- 
tillerie ; mais à peine le premier appareil 

est mis sur sa blessure , et à peine a-t-elle 
fait une courte prière , que Jeanne revient. 
Apercevoir l'embarras des Français , deviner 
leur dessein , voler au pied du boulevart , y 
planter sa bannière , ^^^ est l'ouvrage d'un 
clin-d'œil. A cet aspect, les Français recou- 
vrent presque subitement toutes leurs forces, 
et sentent augmenter leur vaillance : ils ac- 
courent , se pressent auprès de la bannière , 
reprennent l'attaque avec fureur, surmontent 
tous les obstacles , et parviennent en peu de 
minutes au parapet. Les Anglais se précipitent 
en foule dans la forteresse ; le pont-levis s'é- 
croule sous le poids : ^^^) Glacidas et la plus 



7- JEANISEDARC. 

]Mai 1^39. grande partie de ses soldats sont jetés dans le 
fleuve et abîmés ou écrasés par les débris. On 
rétablit aussitôt le pont, et, presqu'à l'ins- 
tant , on enlève le fort et l'on rentre dans la 
ville Les événcmens les plus extraordi- 
naires semblent naître à la volonté de notre 
héroïne. 

La nuit du 7 au 8 , autre bivouac de Jeanne 
sous les armes. ^°7) Il faut veiller aux entre- 
prises que pourraient tenter les Anglais de 
la rive droite, et les empêcher de se ressaisir 
des Tournelles. 

Mais la précaution était superflue. Bien 
loin de penser à ce projet , le 8 , au matin , 
les ennemis sortent de tous leurs retranche- 
mens ; ils se mettent en bataille. Les Français 
s'avancent ; les Anglais font une retraite pré- 
cipitée ,3o8) abandonnant artillerie , munitions 
de guerre et de bouche , équipages , malades, 
tout ce qui peut les retarder ; ils fuient, pour 
ainsi dire , et vers plusieurs points différens.... 
Ainsi , en moins de dix jours , on s'est emparé 
de fortifications qui avaient coûté à l'ennemi 
vingt fois plus de tems à créer ; on l'a con- 
traint de lever un siège qui durait depuis sept 
mois ; on a presque détruit ses moyens d'at- 
taque, et dissipé l'armée sur laquelle il comp- 
tait le plus ! 3^9) 



JEANNE D ARC. yi 

Reprenons haleine. Entraînés par la rapi- Mal 1429. 
dite des événemens , par les prodiges accu- 
mulés sur les prodiges,^*o) nous avons presque, 
à notre insu, converti cette partie de notre 
ouvrage en un simple journal ; mais , en sui- 
vant une autre méthode , aurions - nous pu 
mieux célébrer notre héroïne? Lorsque les 
faits parlent, il n'est pas besoin de réflexions. 
C'est la conduite de Charles qui en fournirait 
une ample matière , si Ton n'éprouvait pas 
une sorte de lassitude , et presque de dégoût , 
à représenter un prince conservant tant d'apa- 
thie au milieu de sujets qui se distinguaient 
par tant d'exploits. Tout ce qu'on avait ob- 
tenu de lui , c'était qu'il vînt jusqu'à Loches ; 
qu'il se rapprochât d'Orléans de quelques 
lieues. 3") 

On s'indigne davantage d'une telle inertie, 
lorsqu'on examine l'activité de Jeanne d'Arc. 
Dès le lendemain de la délivrance d'Orléans, 
dès le 9 mai, 2*2) quoique blessée, elle part 
pour Loches : là , il lui faut lutter contre des 
adversaires non moins difficiles à dompter que 
les Anglais. Elle a rempli la première de ses 
promesses ; elle désire d'accomplir la seconde, 
de conduire Charles à Reims pour le faire 
sacrer. On s'y oppose long-tems , et il faut 
convenir qu'on avait des raisons fort plan- 



74 JEANNE d'arc. 

sibles : ^•^) il s'agissait de traverser soixante- 
dix lieues d'un pays dont les habitans étaient 
dévoués à Tennemi , qui était coupé par plu- 
sieurs rivières et rempli de places fortes, toutes 
occupées par les alliés ; et Ton avait si peu de 
ressources , qu'on manquait d'argent3i4) pour 
assurer le transport de l'artillerie. Mais ou- 
bliait-on ce que peut le Français, lorsqu'il 
est encouragé par la présence de son monar- 
que et bien dirigé? Jeanne ne se rebute 

point; elle insiste si vivement ^^^) que la cour 
se rend à sa demande : on décide seulement 
qu'il faut, avant le voyage, recouvrer les 
places voisines de la capitale de l'Orléanais. 
Juin 14:19 La réputation de Jeanne et les succès qu'on 
a racontés faisaient accourir des soldats •^^^) de 
toutes paris. Vers le commencement de juin, 
huit mille hommes ^^'^)sont rassemblés sous les 
murs d'Orléans. Impatiens de se distinguer, 
ils vont attaquer Gergeau , à quelques lieues 
de là : Jeanne n'était point avec eux ; ils 
échouent dans leur entreprise. ^^^) 

Ce léger revers n'avait , au reste , rien de 
surprenant : la ville de Gergeau était extrê- 
mement fortifiée ; douze cents hommes d'é- 
lite ^»9) formaient sa garnison ; et quoique très- 
suffisante par elle-même , vu le peu d'étendue 
de la place , cette garnison semblait doublée 



JEAN^'E d'arc. 75 

par son chef, le célèbre Suffolck, que Bed- Juin 1429. 
fort y avait envoyé à cause de Timportance 
du poste. 

Mais , on Ta vu , quels que fussent les obs- 
tacles , Jeanne n'en était point intimidée. 
A peine est-elle arrivée à Orléans , qu'on re- 
prend l'expédition. Le 1 1 juin , les Français 
sont auprès de Gergeau ; ^^o) le 12 , d'après 
son conseil, ils donnent l'assaut. Elle ne se 
borne pas à des avis ; elle marche au premier 
rang, plante sa bannière au pied des remparls, 
et, quoiqu'en butte à tous les traits des as- 
saillans, elle excite à haute voix ses compa- 
triotes. Atteinte d'un coup de pierre , et ren- 
versée dans le fossé, elle redouble d'ardeur: 
« Amis! amis! notre Seigneur a condamné 
j) les Anglais! Ils sont à vous; bon courage! » 
A ces cris, les soldats s'élancent ; ils renver- 
sent tout ce qui se présente ; la ville est em- 
portée, et Suffolck , ainsi que toute sa garni- 
son, faits prisonniers ^^0 Le i5, le pont 

de Meun; le i6, Beaugency ; le 17, le châ- 
teau de cette dernière place ,-^2 a) éprouvent 
le même sort. 

Cependant le duc de Bcdfort , informé de 
la levée du siège d'Orléans, ^-^) et alarmé des 
désastres de son parti , s'efforçait d'en rétablir 
les affaires dans l'Orléanais. Il confie d'abord 



7^ JEANNE d'arc. 

Juin 1429. le commandement des débris de ses troupes à 
Talbot , le plus vaillant de ses généraux ; il le 
renforce bientôt d'un corps de six mille 
hommes , conduit par Fastol , que la victoire 
de Rouvrai avait tant illustré. 

Après cette jonction ,^^4) qui donna une 
grande supériorité aux Anglais , et le lende- 
main de la prise du château de Beaugency, 
l'armée française les atteignit à Pathay, dans 
le voisinage de Rouvrai , dont l'aspect sem- 
blait devoir augmenter Tintrépidilé des soldats 
de Talbot et Fastol. Mais les tems étaient bien 
changés. Exhortés par Jeanne à les assaillir, 
les Français ne leur donnent le loisir, ni de se 
retrancher, ni de se former, ni de se recon- 
naître ; ils fondent sur eux dès le point du 
jour, et , dans peu de momens , ils effacent le 
souvenir honteux de la journée des harengs. 
L'armée anglaise est battue complètement et 
détruite ou dispersée ; Talbot est au nombre 
des prisonniers; et Fastol, qui l'eût cru? 
Fastol prend la fuite sans attendre la fm du 
combat î^^^) Un esprit de terreur semble s'être 
emparé des Anglais, depuis que Jeanne a paru. 
La reddition de Janville , où étaient leurs ba- 
gages , leur artillerie, leurs magasins, et de 
beaucoup d'autres places , ^^6) est le fruit de 
cette victoire. 



JEATSINE D ARC. 77 

On court à Sully en exposer les détails à Juin i4^9- 
Charles , que tant de succès avaient déterminé 
à faire quelques pas de plus. Jeanne essaie de 
lui rendre un nouveau service : elle le solli- 
cite, elle le supplie à genoux de recevoir les 
secours du connétable , ^^7) qui venait géné- 
reusement de lui amener un détachement de 
quinze cents hommes. Charles n'osa résister; 
mais , cédant bientôt aux insinuations de la 
Trémouille , il défendit à Piichemont de rac- 
compagner au sacre. Quel aveuglement dans 
ce prince ! Il accueillait avec facilité les me- 
sures qui étaient nuisibles à l'Etat, et il fallait 
le contraindre à celles qui lui étaient profi- 
tables, et même on n'y réussissait pas tou- 
jours. Empressés de le voir, les habitans des 
divers cantons de l'Orléanais se réunissaient 
dans leur capitale , où on l'invitait à aller re- 
mercier ses sujets de leur fidélité et de leur 
zèle, et où ceux-ci lui préparaient, à leurs 
frais , une réception magnifique ; il se tint 
fermé à Sully, à Gien ou à Châteauneuf ^-8) 

Enfin , on se résout au voyage de Reims ; 
on se met en marche le 29 juin.^^'J) L'expédi- Juillet 1429. 
lion est peut-être plus étonnante que tout ce 
qui a précédé , et c'est sur-toiit à Jeanne ^^o) 
qu'on en doit le succès. En donner les dé- 
tails, 33i) ce serait s'exposer à des répétitions 



Y^ JEA-N-NE d'aF. C. 

fastidieuses ; car, en toute occasion , on voit 
dans Cette guerrière la même bravoure , bien 
secondée par l'armée , à qui elle inspire de 
Taudace , en même tems qu'elle jette souvent 
du découragement parmi les ennemis ; et par- 
tout aussi même incertitude , même timidité 
dans le conseil de Charles. Il suffit d'observer 
qu'en dix-huit jours l'espace qui sépare Gien 
de Reims est franchi , les rivières qui le cou- 
pent traversées, les villes qui y étaient semées 
comme autant d'obstacles soumises ; qu'enfin, 
le 17 juillet, ^•^^) Charles, considéré jusque-là 
par une multitude de Français comme un 
simple héritier du trône , ^^^) en acquiert à 
leurs yeux la possession par l'onction reli- 
gieuse. Une foule de villes de la Champagne , 
de la Brie , de l'Isle-de-France , se hâtent de 
chasser les garnisons des alliés , et de lui ap- 
porter leur repentir. 
Juilleiàmars Le même motif nous fera aussi omettre les 
*^^^* détails de tout ce qui se passa jusqu'à la fm de 
la campagne. 2^4) L'armée royale parcourut 
l'Isle-de-France et les environs ; quantité de 
places furent également soumises ou rendues ; 
on brava deux fois l'armée anglaise , qui , 
quoique secondée d'une autre armée destinée 
à une croisade , ^^5) n'osa accepter la bataille ; 
on parvint à conclure une trêve de quelques 



JEANî^iE D ARC. -() 

mois pour les provinces septentrionales ; ^•'^) 
on se porta ensuite au midi de la Loire , où 
Ton s'empara de Saint-Pierre-le-Mouliers , 
grâces à Tintrépidité et aux exhortations de 
Jeanne ; ^^^ ^'^) enfin , on n'échoua guère que 
dans deux entreprises, qui avaient pour objet 
de surprendre Paris , et de détacher des An- 
glais le duc de Bourgogne. La première , où 
la Pucelle fut blessée pour la troisième fois, ^^7) 
ne put réussir, faute d'une armée assez nom- 
breuse ; les Anglais firent avorter l'autre , en 
accablant Philippe de dons et d'honneurs. ^^7 ^'•*^) 

La campagne suivante s'annonçait sous de i43o. 
favorables auspices ; déjà notre héroïne, assis- 
tée de quelques capitaines , avait battu et fait 
prisonnier ^^^) un fameux partisan bourgui- 
gnon , nommé Franquet d'Arras , lorsque nos 
progrès furent , sinon arrêtés , du moins re- 
tardés par quelques circonstances. Et d'abord, 
la prise de la Pucelle , ^^9) au siège de Com- ^4 m; 
piègne, où elle fut victime de son courage, 
peut-être de la jalousie que les généraux com- 
mençaient à en concevoir, ou de la perfidie 

du gouverneur de la ville ; ensuite, les 

efforts que fit le duc de Bourgogne, en re- 
connaissance des libéralités des Anglais; le 
dénuement d'argent où se trouvait Charles, 4°) 
et dont ses troupes s'autorisaient pour piller 



8o JEANNE d'arc. 

ses partisans comme ses ennemis ; enfin , et 
plus que tout, son étrange conduite. ^4» '^'j^) 

i43oà 1432. Après Pexpédition à laquelle Jeanne venait 
de Pentraîner, non-seulement il retomba dans 
son ancienne apathie et s'abandonna à son 
penchant pour les plaisirs , mais , de plus en 
plus ministre ou esclave de ses favoris, ^40 il 
souffrit que la Trëmouille employât Parmée 
royale à des expéditions contre les places ap- 
partenant au connétable ; il n'essaya point 
d'empêcher cette guerre intestine , qui enle- 
vait aussi à la patrie le secours qu'on eût tiré 
des troupes des deux rivaux, et l'appui du 
génie et de la valeur de Richemont : elle ne 
se termina même > au bout de deux années , 
que parce que les adversaires de la Trémouille 
eurent l'audace de l'attaquer et de le charger 
de fers ; ^4^) attentat inouï que le roi , dans le 
. palais duquel on s'en était rendu coupable , ne 
rougit pas d'approuver devant l'assemblée de 
la nation. 

i'33à 1/35. Quelque grands que fussent ces obstacles, 
l'impulsion donnée par Jeanne avait été si 
forte, ^43) qu'elle ne put en être détruite. Les 
succès furent sans doute moins rapides, moins 
considérables et plus disputés ; mais ils l'em- 
portaient sur les revers : insensiblement , ils 
procurèrent à Charles ce qui lui était absolu- 



8i 

ment nécessaire pour mettre fm à cette lutte 
si longue et si sanglante. Un monarque n'est 
réellement puissant que de l'affection de ses 
sujets : si Charles avait failli à succomber, 
c'est qu'il avait perdu celle d'une grande partie 
de ses provinces , et qu'il ne faisait rien pour 
la regagner. Les événemens qui le servirent 
paraissant le fruit d'une protection* spéciale 
de la Divinité', engageaient les Français à re- 
venir d'eux-mêmes sous son empire. 11 fallait 
jadis se défendre contr'eux ; depuis les exploits 
de Jeanne , on n'eut presqu'à combattre que 
les garnisons ennemies. ^44) Tous les jours la 
domination du roi s'affermissait et s'étendait , 
et par-là même l'ascendant des alliés dimi- 
nuait : elle offrait plus de sûreté et de profit 
à quiconque accepterait l'alliance de Charles. 
Cinq ans après le siège d'Orléans, le duc de septembre 
Bourgogne lui accorda la sienne ; ^45) et suc- '^ 
cessivement, au bout de six mois, il rentra avril i436. 
dans sa capitale. ^4<^) 

Dès-lors , le triomphe de la France cessa 
d'être problématique. Charles qui , loin de le 
hâter, ainsi qu'il le pouvait, semblait l'at- 
tendre avec indifférence , devint un grand 
homme , lorsqu'au lieu de la ravir , il n'était 
plus besoin que de saisir la victoire. 

Cependant, s'il se tira un peu tard de sa 



82 

honteuse léthargie , il faut , Téquité le veut , 
dire et montrer qu'il répara amplement le 
x437 tems perdu. Il se débarrasse tout- à-coup des 
^ ^^ chaînes des flatteurs, et s'entoure de ministres 

éclairés. Il se met à la tête de ses troupes , et 
donne de continuelles preuves de valeur et de 
génie ^4^^^'^) militaire. Yrai père de ses sujets, 
le désir de ménager leur sang et leur repos 
rengage à ne pas précipiter ses expéditions. Il 
enlève peu-à-peu toutes les conquêtes ^4?) de 
'453. l'ennemi , qu'il confine dans les murs de Ca- 
lais. Il porte même l'alarme sur les côtes de 
,^5^. l'Angleterre , dont nos flottes avaient oublié 
la route pendant soixante ans. ^48) H acquiert 
le respect et la confiance des nations étran- 
ï458. gères, ^49) et la république de Gênes vient lui 
demander une protection qu'elle avait rejetée 
depuis un demi -siècle. Travaillant sans re- 
lâche à ce qu'exige le bien de l'Etat, et se 
donnant à peine un jour de plaisance par se- 
maine, ^5°) il ne tient pas d'une main moins 
ferme et moins habile les rênes de l'adminis- 
tration intérieure. Il commence à comprimer 
cette puissance si dangereuse des premiers 
vassaux de la couronne, que son fils parvint 
ensuite à abattre. Naguère on n'obtenait rien 
des grands qu'à l'aide d'une guerre ; Charles 
est assez fort pour faire saisir par un huissier 



à 1461. 



JEANNE d'arc. g3 

le comte d'Armagnac et le duché d'Alençon , ^\^?J 
et pour faire condamner à mort un prince 35i) 
du sang. Les finances sont assujéties à des 
règles; ^^^) une économie sévère, sans parci- 
monie , est mise dans la distribution des de- 
niers publics. Après avoir été forcé à tant de 
dépenses , et réduit pendant tant d'années à si 
peu de ressources , il laisse des fonds suffi- 
sans^^^) pour retirer plusieurs des places qui 
avaient été le gage de l'alliance du duc de 
Bourgogne. Les exactions sont réprimées , 354) 
les troubles pacifiés ; l'activité est rendue aux 
tribunaux, dont l'autorité était dès long-tems 
méconnue. Il ne se borne pas là : portant ses 
regards dans l'avenir, il ordonne qu'on rédige 
et écrive les coutumes innombrables qui ser- 
vaient de lois, ou plutôt de moyens de dis- 
corde, aux deux tiers de la France. îl a ainsi 
la gloire de jeter les fondemens d'un édifice 
indispensable à notre bonheur, mais telle- 
ment difficile à élever que trois siècles et demi 
en ont à peine procuré de légères continua- 
tions ou restaurations , et qu'il n'a pas moins 
fallu que la plus extraordinaire des révolu- 
tions pour le terminer. A ce bienfait, qui mé- 
rite à Charles une éternelle reconnaissance , il 
en joint d'autres non moins précieux : il ra- 
nime les études, en procurant à rUniversité 



i53. 



Code civil. 



84 

\\^i. ^^ Paris ^^^) un meilleur régime; irrétablit 
la méthode des élections^^^) pour la collation 
des emplois judiciaires et ecclésiastiques ; il 
contient les entreprises de la cour de Rome, 
et en circonscrit le pouvoir dans des limites 
que, pour le bien de la religion, elle n'eût 
jamais dû franchir; il consacre les droits si 
improprement nommés les libérâtes de l'église 
gallicane^ et sa pragmatique-sanction est en- 
core un modèle pour nous. 

Quelque avantageuses que soient toutes 
ces opérations , et bien d'autres que le défaut 
d'espace nous oblige d'omettre , il en est une 
qui, dans la situation où était la patrie, les 
efface toutes, et qui a été la cause éloignée 
du repos dont nous jouissons. Depuis l'inva- 
sion des Anglais, sous Philippe de Yalois, la 
France avait été en proie à une soldatesque 
effrénée , composée , soit de citoyens trop ac- 
coutumés au pillage pour reprendre à la paix 
les travaux pénibles de l'agriculture et de l'in- 
dustrie , soit d'étrangers accourus pour pro- 
fiter des troubles, et les uns et les autres 
réunis sous des aventuriers indépendans qu'il 
fallait acheter, et qu'il eût été imprudent de 
combattre. Charles Y s'en débarrassai^?) en 
les envoyant en Espagne ; ce n'était là qu'un 
faible palliatif: les mêmes causes et les mêmes 



JEANNE d'arc. 85 

circonstances firent renaître ces compagnies 
lors des premières divisions des Bourguignons 
et des Armagnacs. Dès cet instant, la France 
fut un champ de brigandages ; ^^^^ et les 
troupes attachées aux princes souverains , 
loin d'arrêter le mal , s'aidèrent à l'aggraver, 
parce qu'elles n'avaient aucune discipline ,-^^9) 
,et qu'on n'acquittait presque jamais leur solde. 
La guerre avec toutes ses fureurs était quel- 
quefois moins à redouter pour les artisans , 
les marchands et les cultivateurs , qu'une paix 
ou une trêve qui laissait au soldat la liberté 
d'assouvir chaque jour sa soif de dévastations 
et de forfaits : heureux lorsque , par crainte 
ou par besoin, ils ne s'en rendaient pas les 
complices ! car les citoyens étrangers à l'exer- 
cice des armes, et jusqu'aux ecclésiastiques, 2^^) 
souvent abandonnèrent leur profession et de- 
vinrent brigands pour éviter d'être victimes. 
Plus de sûreté dans les routes ; aucun asile 
qui pût garantir les propriétés et la vie des 
habitans de la campagne : il fallait tenir d'une 
main la charrue, et une arquebuse de l'autre. 
Si le désespoir les portait à se soulever, trop 
inexpérimentés dans l'art militaire , ils ne tar- 
daient pas à être réprimés et punis avec ri- 
gueur; mais bientôt aussi ils se vengeaient, 
sur les soldats épars , ^^0 des maux qu'ils en 



86 JEAISNE d'arc. 

avaient reçus en masse : de là nn esprit de 
cruauté ou plutôt de férocité 3^^) qui avait 
gagné presque toutes les classes de citoyens , 
et que , loin de chercher à éteindre , on souf- 
flait jusque dans l'ame pure et douce de l'en- 
fance. ^^3) j^es effets qui en résultèrent furent 
horribles ; il ne faut pas moins que le concert 
unanime des monumens les plus authentiques» 
et la conviction de Pétat effrayant où la mo- 
narchie était réduite , pour se résoudre à y 
croire. On nous dispensera sans doute de nous 
y appesantir, sur-tout lorsqu'on aura lu ce 
que nous en allons exposer. A l'issue d'un 
siège, on condamnait ordinairement au pillage 
et à l'incendie ^^4) les villes qui avaient retardé 
et illustré leur soumission par une défense vi- 
goureuse ; on ne faisait guère de quartier à leurs 
garnisons ; enfin , il n'était pas rare de voir 
massacrer les prisonniers , ^^^) non dans un 
premier mouvement de colère excité par la 
résistance , mais au bout d'un intervalle assez 
long pour inspirer de la clémence , si l'on en 
eût été susceptible. Un évéque de Liège *^^'') 
dévouait à la corde tous les soldats pris dans 
une forteresse ; et après avoir repu ses yeux 
de leur supplice , pour lequel il contraignait 
leur aumônier à servir de bourreau , il faisait 
brûler le malheureux prctrc- On épargnait 



JEANNE D^ARC. 87 

sans cloute les captifs dont on attendait une 
rançon ; mais les pauvres n'obtenaient aucune 
miséricorde , et une mort rapide ^^7) ne con- 
tentait pas toujours la rage de leurs vainqueurs ; 
beaucoup de capitaines étaient autant de des 
Adrets. Une autre conséquence du défaut de 
sûreté était le défaut de police et de provi- 
sions. Les maladies contagieuses et les fa- 
mines ^^^) qu'occasionnent les guerres faites 
sans observation du droit des gens exerçaient 
à un tel point leurs ravages , qu'on vit , pen- 
dant unbiver, les loups pénétrer ^^^9) jusqu'au 
milieu de la capitale pour y dévorer les ca- 
davres abandonnés de ses babitans Hâtons- 
nous de passer au moyen par lequel Charles 
remédia à tant de calamités. 11 fut très-simple : 
ce monarque n'en est que plus louable , et 
d'autant plus louable que, jusque-là, on n'a- 
vait su trouver que des palliatifs. On forma 
divers corps de troupes réglées ; ^^o) on les 
rendit permanens, à l'aide d'un recrutement 
périodique ; on les disciplina , et on les accou- 
tuma à plier sous des cbefs qu'on leur choisit; 
on établit une taxe également permanente , 
par laquelle , en assurant à l'avenir le paie- 
ment de leur solde , on leur ôta tout prétexte 
à des brigandages 3 on s'en servit , enfm , pour 
disperser ou détruire les aventuriers qui ne 



B8 JEANNE d'arc. 

voulurent pas se ranger sous les drapeaux du 
pouvoir légitime. La suite de cette mesure 
s'aperçoit d'avance : le laboureur retourne à 
ses champs ,^70 Partisan à ses ateliers , le mar- 
chand à ses magasins , les juges à leurs tribu- 
naux ; Pagriculture commence à fleurir, le 
commerce essaie de naître ; chacun jouit en 
paix de sa propriété ou des fruits de son in- 
dustrie ; chacun peut céder à ce penchant na- 
turel , un des principes vivifians du corps so- 
cial, ^72) qui nous porte à améliorer notre état, 
et par-là même à concourir à la prospérité 
publique ; l'administration est libre elle-même 
de s'occuper des améliorations générales qui 
sont au-dessus des forces des particuliers. 
Bientôt la France est assez puissante pour ten- 
ter de conquérir des royaumes étrangers; ^z^) 
et ce qui doit sur-tout fixer notre attention , 
et en même tems renouveler notre gratitude 
envers Charles , c'est qu'après avoir été pen- 
dant deux siècles le théâtre sanglant des excur- 
sions de ses voisins , si notre patrie a vu , 
depuis, ses extrêmes frontières quelquefois 
entamées, des quatre-vingt-quatre départe- 
mens dont elle était composée en 1790, il y 
en avait au moins soixante qui ne connaissaient 
la guerre ^74) que par l'assiette des imposition» 
ou les récits des historiens. 



JEANNE d'arc. 89 

Ce tableau rapide du gouvernement de la 
France, pendant plus d'un demi - siècle , 
prouve la vérité de deux maximes qui sont , en 
. quelque sorte , le but moral de notre ouvrage : 
Rien de si malheureux que le peuple aban- 
donné aux ministres et aux courtisans! Pûen 
de si heureux que le peuple qu'un bon roi 
gouverne par lui-même!.... Celle-ci s'applique 
aux Français pendant les vingt-cinq dernières 
années du règne de CharlesYII : ce qu'il fit dans 
cet intervalle le place au rang des plus grands 

monarques et des meilleurs des hommes 

Empressés de lui rendre justice, et encore 
pénétrés de reconnaissance pour les services 
qu'il rendit à nos aïeux , et dont l'influence 
s'est étendue jusqu'à nos jours, pourquoi faut-il 
que le Génie inexorable de l'histoire nous 
force de revenir sur nos pas , de rappeler un 
des traits qui flétrirent sa jeunesse ? 

Nous avons laissé Jeanne d'Arc au moment i43i.^ 
où elle fut prise par les ennemis. Dès-lors , 
l'Europe eut un spectacle si révoltant , qu'il 
est à souhaiter que nos annales n'aient plus à 
en décrire de semblable. Jeanne s'était rendue 
à un seigneur de la maison de France ; il la 
livra ^7^) à Jean de Luxembourg , général des 
Bourguignons : ce dernier eut l'infamie d'en 
faire un objet de commerce. Aussitôt un 



9© JEAÎÎNE d'arc. 

homme dont la mémoire est encore en exé- 
cration , Pierre Cauchon , évéque de Beau- 
vais, s'unit aux théologiens de l'Université de 
Paris, ^76) tous d'autant plus acharnés contre 
Jeanne , qu'ils se sentaient plus traîtres au 
souverain qu'elle venait de si bien servir ; et , 
il faut l'avouer, les Français de leur parti , et 
sur-tout les Parisiens , les enhardissaient dans 
leurs fureurs par la joie qu'ils témoignè- 
rent , ^77) les fêtes qu'ils célébrèrent en l'hon- 
neur de la prise de Jeanne. Ils n'attendent pas 
que les Anglais , cédant à la vengeance ou à 
l'espoir de décourager les royalistes, excitent 
à accuser cette infortunée ; eux-mêmes pres- 
sent Luxembourg et sollicitent ^78) l'interven- 
tion du duc de Bourgogne pour obtenir la 
proie qu'ils se proposent de dévorer. C'est 
Févêque de Beau vais qui est le Proxénète du 
marché ; c'est lui qui offre la somme pour la- 
quelle la tête de Jeanne est, en quelque sorte, 
mise à prix. A peine a-t-il la victime en son 
pouvoir, qu'il réclame avec instance les auto- 
risations et les appuis dont il a besoin pour 
agir et en disposer sans obstacles. Enfin , par- 
venu , au mépris de toutes les lois canoniques 
ou civiles, 3/9) à se créer le juge ou plutôt 
l'inquisiteur de Jeanne d'Arc , il s'associe une 
quarantaine d'ecclésiastiques ou de moines, ^^^) 



JEANNE D ARC. gt 

la plupart d'un caractère propre à faire hon- 
neur à la cruelle sagacité de leur chef. On 
emploie quatre mois à instruire le procès , ou 
plutôt à préparer l'assassinat 380 de celle que 
les anciens eussent placée au rang des demi- 
dieux. Que ces misérables aient projeté ce 
forfait , rien de moins extraordinaire ; mais 
qu'ils aient cherché aussi long-tems des pré- 
textes pour le commettre, voilà ce qui serait 
inconcevable , si l'on ne réfléchissait qu'heu- 
reusement pour les gens de bien le méchant 
n'est jamais tranquille sur les suites du crime 
qu'il médite ! Opinion salutaire î il est telle- 
ment effrayé du remords, de ce supplice in- 
visible qui l'attend et menace de le déchirer 
jusqu'au tombeau , que , lors même qu'il n'en 
est pas retenu, il tâche de l'étouffer d'avance 
en se procurant quelques excuses , fût-ce par 
les moyens les plus coupa])les. 

Voilà, en effet, ceux dont se servirent^^^) 
les bourreaux de Jeanne d'Arc. Questions et 
réticences insidieuses , impostures, faux ma- 
tériels , menaces , violences , ils ne négligèrent 
rien pour la faire tomber dans le piège ; tout 
tourna à leur confusion et à sa gloire. Pres- 
qu'aussi admirable par sa noble résistance à 
l'oppression que par son intrépidité dans les 
combats, elle sut tcnu^ tête à ses adversaires. 



92 JEANNE D ARC. 

et les réduire au silence de la honte par la 
justesse, la dignité et l'énergie de ses réponses. 
Ils avaient imaginé toutes sortes de manœu- 
vres pour lui découvrir des fautes ; ils ne lui 
trouvèrent que des vertus. Le seul résultat de 
leur procédure , ainsi que de plusieurs autres 
qu'on fit dans la suite, fut que, par sa sagesse, 
elle était le modèle de son sexe,^^^) comme 
elle avait été Penvie du nôtre par sa bravoure 
au milieu des périls , son humanité et sa mo- 
destie après la victoire ; enfin , par son hé« 
roïsme. Tous les témoins de ses exploits, tous 
les historiens de son tems , ^^4) amis ou enne- 
mis , nationaux ou étrangers, lui rendirent 
cette justice. On fut réduit à la condamner 
sur ce qu'elle prétendait avoir eu des révéla- 
tions et apparitions dont tout le monde admet- 
tait pourtant la possibilité , ^^^) et sur ce 
qu'elle avait pris des habits d'homme, après 
avoir promis de ne s'en plus vêtir ; encore 
l'avait-on contrainte à cette précaution de 
prudence, ^^^ ^'•^) qu'on osa qualifier de cri- 
me , et punir par le plus horrible des tour- 
mens ! ^^^) 

Pendant ces longues et douloureuses an- 
goisses de Jeanne d'Arc , que faisait le prince 
qu'elle avait replacé sur le trône? Digne pré- 
décesseur de Henri, savait -il, comme lui, 



JEANNE d'arc. q3 

s'arracher des bras de la volupté pour proté- 
ger, contre les attaques de l'envie , ses plus 
généreux défenseurs? Usait-il de toutes ses 
ressources pour dérober sa libératrice aux 
attentats dont elle était menacée? Profita-t-il 
de Pintervalle où elle fut la captive de Luxem- 
bourg pour couvrir honorablement l'enchère 
ignominieuse à laquelle on l'avait mise ? Te- 
nant dans ses fers tant de prisonniers qu'elle lui 
avait procurés à Orléans, à Pathay et ailleurs, 
sans compter ceux que , dans le cours de sa 
détention , il dut à la valeur dont Gaucourt, 
Xaintrailles et Barbazan firent preuve pour 
lui aux batailles d'Anthon , de Germigny, de 
la Croisette et de Chape , ^^7) proposa-t-il un 
échange qu'on n'aurait pas eu la hardiesse de 
rejeter? A l'exemple de Dunois,^^^) qui ne 
dédaigna pas ce moyen pour recouvrer un 
messager obscur de Jeanne , essaya-t-il de 
menacer les Anglais de représailles, si l'évêque 
de Beauvais et ses satellites continuaient leurs 
persécutions? On rougit de n'avoir rien à ré- 
pondre pour Charles YII.%) Qui oserait l'ex- 
euser sur quelques actes judiciaires qu'il au- 
torisa ou demanda, au bout de vingt -cinq 
ans , 390) pour justifier l'héroïne de la France ? 
Eh! ce n'était pas à elle qu'il fallait une justi- 
fication, c'était à son ingrat souverain; et. 



g4 JEANÎ^E d'arc. 

au lieu d^une vaine procédure, -^90 il fallait lui 
élever des arcs de triomphe ! 

Femme illustre et infortunée ! voilà donc la 
récompense de tant de services et de vertus! 
Que dis-je? la postérité , cet asile vengeur de 
rinnocence, lui ferma quelquefois son temple î 
On vit , cent cinquante ans après , des écri- 
vains de son pays ^9^) suspecter audacieuse- 
ment sa chasteté et sa bonne foi ; et cela , sans 
la moindre preuve, et contre le témoignage 
de tous les documcns où ils avaient à puiser 
leurs odieuses conjectures! Bien plus, comme 
si sa mémoire dût être en butte à une desti- 
née aussi étrange que celle dont elle-même 
fut la victime , de deux ouvrages auxquels elle 
eut le triste honneur de donner son nom , 
Tun , que Ton voua à sa gloire, est composé 
en dépit de tous les préceptes du goût , aularit 
que l'autre, où on la tourne en ridicule, brille 
de tous les charmes de la poésie la plus sédui- 
sante ! 

Que ses mânes se rassurent, néanmoins! 
La voix de la justice perce tôt ou tard ; et , 
plus elle fut étouffée par la haine ou la pré- 
vention , plus elle se fait entendre avec éclat. 
Déjà, équitable appréciatrice des tems et des 
circonstances , elle proclame hautement que 
si Jeanne put se laisser éblouir par l'idée 



JEANINE d'arc. 95 

d'être l'envoyée de l'Eternel , cette illusion , 
ennoblie d'ailleurs par le civisme qui en fut 
la source , était favorisée par les opinions de 
ses contemporains, tandis que ses vertus 
furent les vertus de tous les siècles. Tant que 
la pudeur, la piété, la bravoure, la généro- 
sité, le dévouement à la patrie, seront ho- 
norés par les Français , son souvenir vivra 
parmi eux , et ils la présenteront à leurs en- 
fans comme un modèle plus facile à imiter 
qu'à atteindre ! 

Qu'on ne croie pas , d'ailleurs , qu'ils aient 
tous montré de l'insensibilité pour ses bien- 
faits : la ville qu'elle préserva d'un joug dé- 
testé célèbre depuis cette époque une fête , h^) 
et lui a érigé un trophée en mémoire de sa 
vaillance. %4) Espérons que cet hommage exci- 
tera de l'émulation. S'il acquitte la dette des 
Orléanais, il est, pour la France, une trop 
faible expiation de l'abandon où elle laissa 
Jeanne d'Arc , lorsqu'elle avait besoin de se- 
cours. Non î non ! ce n'est pas dans les murs 
6rOrléans qu'on doit se borner à élever des 
monumens en son honneur : elle n'appartient 
pas à cette ville ; son courage lui a donné le 
droit de cité dans tout le royaume. Oui ! c'est 
au milieu des plus grands hommes de tous les 
tems que son effigie doit nous rappeler ses 



g6 JEANNE d'arc. 

exploits et ses vertus : oui ! c'est dans le Pan- 
théon français qu'il faut la placer, et la placer 
donnant la main au chevalier sans peur et sans 
reproche ! 



NOTES 

DU COUP-D'OEIL SUR LES RÉVOLUTIONS 

DE FRANCE, 

AU TEMS DE CHARLES VI ET DE CHARLES VU , 



KT SUR -TOUT 



DE LA PUCELLE D'ORLEANS. 



Note»), pag. i. Jeanne d'Arc, ou Coup-d'Œil sur 
les Révolutions de France au tems de Charles VI et de 
Charles VII , et sur-tout de la Piicelle d'Orléans. 

I. L'intitulé précédent fait entrevoir le but qu'on Observations 
s'est proposé en composant cet essai historique, et le prelimmaires, 
système selon lequel on en a rédigé les notes. 

Sans négliger les événemens antérieurs à CharlesVII, 
on s'est attaché à indiquer ou constater ceux de son 
règne qui ont rapport à la révolution arrivée au tems 
de Jeanne d'Arc. Si l'on eût voulu parler de tous les 
faits intéressans de la période qu'on a embrassée , il au- 
rait fallu donner, et au texte et aux notes de l'ouvrage , 
une étendue que ne comporte pas sa destination.* 

©i^C^ * Cet ouvrage a e'té composé pour un concours ouvert 
il y a plusieurs années par une académie , ce qui a forcé l'auteur 
d'en resserrer le texte et d'en multiplier les notes. Il avait de- 
puis formé le projet d'insérer dans le texte la plupart des notes ; 
mais il fallait refondre tout son travail, et il n'en a eu ni le 
loisir ni le courage. 

7 



98 NOTES DE JEÂNÎ^E d'aRC. 

Citations. II. H est un autre soin dont on croit devoir dire un 
mot, La plupart des historiens des derniers siècles se 
sont dispensés de citer les sources où ils avaient puisé, 
ou réduits à mettre en marge , et de loin en loin , le 
simple nom des auteurs auxquels ils annonçaient avoir 
eu recours. Si une telle méthode est nuisible à l'ins- 
truction générale et aux progrès de la science, il faut 
convenir qu'elle est bien commode pour l'écrivain. 
Pourquoi se charger du travail aussi pénible qu'en- 
nuyeux de l'examen et de la confrontation des auteurs 
originaux? Il suffit d'en parcourir les tables, ou plutôt 
de prendre leurs noms à la marge de quelque histoire re- 
lative aux époques dont on s'occupe ; on ne court point 
par-là le risque d'une critique fâcheuse. Qui est-ce qui 
aurait la patience de lire tout un volume in-folio pour 
vérifier si un fait, une anecdote, une date, sont tels 
qu'on est supposé les y avoir vus ? 

Nous avons suivi une autre marche. Il n'y a rien 
dans notre ouvrage que nous ne soyons en état de fonder 
souvent sur plusieurs autorités. Si nous n'indiquons pas 
à chaque fait toutes celles que nous avons recueillies , 
c'est par le motif déjà énoncé, par la crainte d'excéder 
le? limites assignées en général aux compositions desti- 
nées à des concours ; mais, lorsque nous les indiquons, 
nous y ajoutons les renseignemens nécessaires , tels que 
les numéros ou années des volumes, des livres , pages , 
éditions, etc. {Voy, entr autres ci- après n^ V), pour 

mettre à portée de les vérifier en un instant Comme 

nous avons tout examiné avec scrupule , et par nous- 
mêmes , nous ne croyons pas qu'il nous soit échappé 
beaucoup d'erreurs, et sur-tout des erreurs de quel- 
que importance. 



KOTES DE JEATSNE D ARC. ^Q 

III. Notre méthode nous a conduits quelquefois à la j,5^^,«.^ 

^ ^ d Orléans 

découverte de faits dont on ne trouve aucune trace dans 
les historiens modernes , ou même dont l'existence ne 
s'accorde guère avec leurs narrations ; nous l'avons sur- 
tout reconnu à Toccasion du siège d'Orléans , qui est 
cependant un point de l'histoire de France assez capital 
pour qu'on eût dû en rechercher et approfondir les 
circonstances , et d'autant mJeux qu'on n'était pas dé- 
pourvu de matériaux. Indépendamment de tout ce que 
les chroniqueurs nous apprennent de ce siège, on pou- 
vait consulter, dans le procès justiticatif de Jeanne 
d'Arc, les dépositions de plusieurs personnes qui y 
avaient assisté. Enfin , Thistoire ancienne de la Pucelle 
et le journal de Tripaut (^Foyez ci- après la Table, 
n°* 19 <?^ 25, pag. io5 et 106), rédigés évidemment 
par des témoins oculaires, abondent en détails précieux. 
Mais, il faut l'avouer, si la mine où l'on avait à puiser 
était riche, son exploitation ne présentait pas de mé- 
diocres difficultés. Les témoins et les rédacteurs de ces 
sortes de journaux, répondant ou écrivant pour des con- 
temporains ou des compatriotes, s'inquiètent peu de 
donner, et sur les époques et sur les localités, les éclair- 
cissemens dont nous aurions aujourd'hui besoin pour 
entendre leurs relations ; ensuite , les manuscrits des 
journaux ont éprouvé, avant d'être publiés, plusieurs 
altérations, soit par l'effet du tems , soit à cause de la 
négligence ou de l'ignorance des premiers éditeurs. 
Par exemple , la Chronique , qui par sa naïveté , son 
impartialité , peut-être par son exactitude prolixe , mé- 
rite le plus de confiance; en un mot, le journal de 
Tripaut ne laisse pas d'offrir, au moins en apparence , 
de la confusion dans les dates : on y remarque un double 



lOO 

emploi (l'une semaine entière ; et quelquefois aussi les 
jours, soit des semaines, soit des mois, sont dépla- 
cés , etc. Au surplus , ce que nous allons exposer don- 
nera une idée de l'embarras qu'auront causé ces docu- 
mens aux historiens modernes , et qui le|S auront sans 
doute engagés à imiter l'abbé de Vertot , à faire eux- 
mêmes leur siège. Nous avons été obligés de composer 
en combinant tous les récits avec les cartes de géogra- 
phie , les descriptions topographiques, les voyages et 
diverses chronologies : i° une carte visuelle des fortifi- 
cations de la ville et des assiégeans ; * 2° un calendrier 
complet depuis le commencement d'octobre 14.28 , ou 
depuis la marche de l'armée anglaise vers Orléans , 
jusqu'à la fin de mai i/JSo , c'est-à-dire jusqu'à la prise 
de la Pucelle ; 3° de discuter tous ces récits en les com- 
parant au plan et au calendrier Quoi qu'il en soit , 

si la rédaction de cette espèce de procédure a été fort 
longue et fort ennuyeuse , nous en avons été bien dé- 
dommagés. A l'exception de quelques circonstances in- 
signifiantes , presque tout ce qui nous est rapporté du 
siège d'Orléans et des exploits de Jeanne d'Arc s'est 
trouvé parfaitement éclairci.** 

Années. IV. Voici une autre source d'embarras et d'erreurs 

* Elle est ci - après à la fin de l'ouvrage ( carte n» i , ou 
ire carte ). 

** C'est aussi dans le même objet, et afin de faire mieux 
apprécier les travaux de Jeanne d'Arc, que nous avons dressé 
une carte du théâtre de la guerre au tems de Charles VI et de 
Charles VIÏ , où nous avons indiqué toutes les villes, com- 
munes , etc. , nommées dans notre ouvrage , et tracé l'itinéraire 
des voyages ou expéditions de la Pucelle. Elle est aussi à la fin , 
carte n^ 2 ou 2« carte. 



NOTES DE JEAKÎ^E D ARC. lOI 

pour les historiens modernes. L'année, aux i4-^ et i5« siè- 
cles , commençait à Pâques, et par conséquent variait 
sans cesse, puisque cette fête ne se rencontre pas deux 
fois de suite aux mêmes jours. Lorsqu'on n'y réfléchit 
pas avec attention , comment s'imaginer qu'un traité, 
par exemple , du mois d'octobre i4-i6, soit antérieur 
à la mort d'un prince , arrivée le 5 avril de la même 
année {Foy. ci-après Note io5)? ou qu'une bataille 
livrée les so ou 21 mars soit la même qu'un chroni- 
queur fixe au 20 mars 14.20, et un autre au 21 mars 
14.21 (Koj. ci-après Noie i3i) ? Il y a peu d'auteurs 
que cette variation du calendrier n'ait trompé , et d'au- 
tant plus facilement que leurs devanciers n'ont guère 

d'exactitude quant à la chronologie On voit, dans 

la table suivante , les premiers jours des années sur les 
événemens desquelles nous nous sommes le plus arrêtés. 







PAQUES. 




PAQ 


UES. 




ANNÉES. 


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^ — «'^ -s 


ANNÉES. 


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Mars. 


Avril. 




Mars. 


Avril. 




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1416 


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1417 

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1420 


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1406 


» 


11 


I42I 


23 


» 




1407 


27 


» 


1422 


» 


10. 




i4o8 


» 


i5 


,423 


), 


4 




1409 


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7 


14.4 


» 


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» 


142.5 


» 


8 




i4ii 


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12 


1426 


3i 


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l4l2 


» 


3 


1427 


» 


20 




.413 


» 


23 


1428 


» 


4 




1414 


» 


8 


1429^ 


27 


)» 




i4i5 


3i 


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i43o 


» 


iG 


. 








i43i 


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I 



.V. B. Cette table a été puisée dans V Art de yérijier les dates, édit. de 1730 et 1770- 



102 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Si l'examen du calendrier Pascal est indispensable, 
celui des fêles des saints est fort utile pour découvrir 
les dates des événemens , parce que les auteurs anciens 
se bornent souvent , comme cela est encore en usage 
aujourd'hui parmi les artisans ou cultivateurs , à indi- 
quer ces mêmes fêtes : c'est encore un soin que nous 
n'avons pas négligé. 

[abréviations. y^ Entre les ouvrages qui nous ont servi pour le 
Ouvrages si i 

cités. texte ou pour les notes , il en est plusieurs que nous ci- 

tons assez fréquemment. Voici une table de leurs inti- 
lulés et éditions , et des abréviations que nous y avons 
substituées , afin d'éviter des longueurs et des répéti- 
tions fastidieuses. 

N. B. Les abréviations sont indique'es à la marge de la table. 
TABLE DE PLUSIEURS DES OUVRAGES 

CITÉS DANS LES NOTES 
DU COUP-D'ŒIL sur les révolutions de FRANCE. 

.... .. Désignation des ciwrages. 

abrégées. 

Daniel *"• Histoire de France , depuis l'établissement de 
la Monarchie française dans les Gaules, par le P.Daniel. 
Nouvelle édition (in-^'*) augmentée de notes, de dis- 
sertations critiques (par le P. Griffet) , etc. Tomes 6 
et 7. Paris, libraires associés , 1725. 

Hénaut. 2«. Nouvel Abrégé chronologique de l'Histoire de 
France , par le président Hénaut. IH^ édition. Paris , 
Praultpère et fils, 1749. Deux vol. in-12. 



îo3 

3^ Histoire de France, par Velly, Yillaret et Gar- Villaret. 
nier. Edition in- 12. Tomes 11 , 12, i3 , i4.» i5 et 16, 
par M. Villaret. Paris, Desaint et Saillant, 1768, 1764, 
1765. 

[^^. Fœdera et cujuscumque generis acla puhlica , etc. , Rymer. 
par Th. Rymer. Londres, 1727. 

5^. Histoire d'Angleterre , depuis l'invasion de César Hume, 
jusqu'à l'avènement de Henri VII, par David Hume; 
traduite de l'anglais par M™^ B. Edit. in- 12. Tomes 5 
et 6. Amsterdam, 1765. 

6^. Histoire d'Angleterre , par Smollet ; traduite de Smollet. 
l'anglais par M. Targe , avec des notes du traducteur. 
Tomes 7 et 8. Orléans, Rouzeau-Montaut , 1773. 

6®. his. Idem., par Rapin-Thoyras. In-^». La Haye, Rapin- 
1749. Tome 4. Thovras, 

7«. Histoire de Charles VI , roi de France , par Ju- Juvenal. 
vénal des Ursins; mise en lumière par Théodore Go- 
defroy. Paris, Pacard , 1614.. In 4-''. 

8^. A la suite est une Chronique manuscrite, depuis Clironlqne 
l402 jusqu'en l423. manusc.ite. 

9^ Histoire de Charles VI, écrite sur les Mémoires Laboureur, 
de Guy de Monceaux et de Philippe de Viliette ; tra- 
duite sur le manuscrit latin tiré de la bibliothèque de 
M. le président de Thou , par M. le Laboureur. 
Paris, i663. Deux vol. in-fol. (avec une seule pagi- 
nation). 

Le Laboureur regarde l'auteur anonyme de cette 
Histoire comme très-impartial, et les savans Dupui et 
Rignon en faisaient aussi un grand cas.* 

* De tels suffrages doivent l'emporter sur la censure de Vil- 
laret , xj , 246. Il reproche à l'anonyme de la superstition , de la 
crédulité et des suppositions de discours à la manière de Tite- 



1<>4 NOTES DE JEAT^NE d'aRC. 

Laboureur, lo''. On trouvc , au Commencement du premier vo- 

lume, des Mémoires composés par le Laboureur pour 
servir d'introduction à la même Histoire. 

Cette introduction est sur-tout recommandable par 
l'exactitude et la critique éclairées de Fauteur. 
Saiiil-Remi. ii^. A la fin du 2^ vol. est l'Histoire de Charles VI, 
par Jean Lefebvre , seigneur de Salnt-Remi. (C'est un 
partisan des Anglais et Bourguignons. ) 
Journal de 12^. Mémoires pour servir à l'Histoire de France et 
^"^' de Bourgogne , contenant un journal de Paris sous 
Charles VI et VII, l'histoire du meurtre de Jean- 
sans-Peur, l'état aes officiers des ducs de Bourgogne, etc. 
Paris, Gaudouin et Giffard , 1729. Un volume in-4". 
( L'auteur anonyme du journal de Paris est encore un 
partisan des Bourguignons. ) 
Etat des Offic. L'Etat dcs Officiers est cité comme ci-contre. 
Godefroy. iS''. Histoire de Charles VII, par Godefroi. Paris, 
mprimerie royale , 1661. In-folio. 

Ce Recueil contient un grand nombre d'ouvrages 
particuliers. Voici ceux dont on a sur-tout fait usage: 
Eloge de i4-^. Eloge de Charles VII, tiré d'un manuscrit , et 

composé peu de tems après sa mort. Il est imprimé à 
la tête du Recueil de Godefroy, et sans pagination. 

Live , etc. ; mais tout cela ne prouve point que cet auteur soit 
inexact, et le Laboureur n'eût pas manque, soit dans son in- 
troduction , soit dans sa traduction, de parler de ses inexacti- 
tudes , si elles eussent été aussi fre'quentes que le prétend Vil- 
laret. 

N. B. Nous avons depuis recherché tous les passages où Villaret critique l'ano- 
nyme. Il y en a quatorze dont à peine quatre ou cinq paraissent mériter quelque 
attention. En supposant ces critiques fondées , qu'est-ce que quatre ou cinq erreurs 
dans un ouvrage de s. vol. in-folio ? Villaret en a commis dix fois plus dans les trois 
Ï/J-J2 qu'il a consacrés à l'histoire du même règne. 



Chari( 



es VII. 



io5 

i5c. Histoire de Charles VII, par Jean Chartier, Chartier. 
ehantre de St.-Denis, historiographe de ce roi. (iV.i5. Il 
fut témoin de plusieurs des événemens qu'il raconte.) 

16^. Abrégé d'Histoire chronologique , de 1422 Histoire 

.„ ,,,,., ■ ^ K ^ • chronologique, 

a 1467, par un anonyme. (Il était du parti des Anglais 
et Bourguignons.) 

17e. Suite d'une Chronique, depuis l'an i4.23 jus- Berry. 
qu'au décès de Charles VII, composée par Jacques 
Bouvier ( surnommé Berry ^ , premier héraut de France. 

i8«. Deux continuations de cette même Histoire , Godefroy. 

par d'autres auteurs, depuis i456 jusqu'à la fin du 

règne de Charles VII. 

19®. Autre Histoire , d'un auteur dont le nom est in- Histoire 

,. ^ . 1 , TV f^u de la Pucelle. 

connu , qui contient partie du règne du même l^har- 

les VII, savoir, depuis 1^22 jusqu'en 1429, commu- 
nément appelée V Histoire de la Pucelle d'Orléans. 

(Plusieurs passages de cette Histoire annoncent que 
l'auteur était un témoin oculaire. ) 

20^. Histoire particulière d'Artus III, comte de Histoire de 
Richemont , connétable de Fiance , et ensuite duc de ^^ emon . 
Bretagne , contenant ses mémorables faits et grands 
exploits, depuis iSgS qu'il naquit, jusqu'en 14^7 
qu'arriva son décès. 

( Ici finissent les ouvrages du Recueil de Godefroi , 
que nous citons par une abréviation spéciale. ) 

21^. Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet , gen- Monstrelet. 
tilhomme , jadis demeurant à Cambray en Cambrésis- 
Paris, G™« Chaudière, 1572. Trois vol. in-fol. 

( Monstrelet est un partisan des Bqurguignons. ) 

22^. Histoire duDauphiné , par ïhomassin, manus- Thomassin. 
crit. — Voyez , au sujet de ce manuscrit , Lelong et 
Fevret, Bibliothèque, n» 37930. 



\ 



106 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Choisy. 23e. Histoire de France , sous les règnes de Saint- 
Louis, de Philippe de Valois, du roi Jean, de 
Charles V et VI , par l'abbe de Choisy. Tome 4.. 
Paris, Didot, etc., 1701. 
Lussan. s^.^ Histoire et règne de Charles VI , par M"«^ de 
Lussan. Paris, Pissot , 1753. Neuf vol. in 12. 

(On assure que M. Baudot de Juilly, auteur de THis- 
toire de Charles VU , a eu grande part à la composi- 
tion de celle-ci, dont on loue Texactitude. — Voy- la 
Bibliothèque de Lelong et Fevret, n" 1714.7 ) 
Tripaut. 25e. La y^g g^ déplorable Mort de la Pucelle d'Or- 
léans , contenant au vrai l'histoire de ladite ville assié- 
gée par les Anglais, le 12 octobre 1 4.28, sous CharlesVII, 
roi de France, tirée d'un vieux manuscrit. Lyon , Lar- 
jot, 161 9. (Par Léon Tripaut.) 

( « On doit regarder, dit Leng/et, t. 2 ^ p. ig6 , ce 

3) Journal ou Chronique comme une pièce originale. » 

Voyez-en aussi Téloge, ci-devant n" 3, page 99, 

et dans Lelong et Fevret , n» 17179) 

Continuateur 26*^. Histoire au vrai du siège d'Orléans, sous le 

* règne de CharlesVII, tirée d'un vieil manuscrit trouvé 

à Orléans. Troyes , 1 62 1 . 

( C'est le même ouvrage que le précédent , mais avec 
des additions. ) 

27^. Hcroinœ nohIUssimœ Joannœ d'Arc LotJmringiœ , 
liordal ' , . . .... 

vuigo Aurdianensis puellœ Justona ; ex variis gravissimœ 

atque încorruptissimœ fidei scriploribus excerpta; auiore 
Joanne Hordal, etc.; Ponti Mussi ^ 161 2. 

( C'est un Recueil de divers passages d'auteurs étran- 
gers ou nationaux , relatifs à la Pucelle. ) 
Lenc-îet. 28^. Histoire de Jeanne d'Arc , vierge, héroïne et 



NOTES DE JEA^^NE d'aRC. IO7 

martyre d'Etat , tirée des procès et autres pièces ori- 
ginales du tems , par M, Tabbé Lenglet du Fresnoy. 
Paris , Coutellier , lySS, 1754.. Trois vol. in- 12. 

( Ce savant était en état , sinon de bien écrire , du 
moins de faire avec exactitude Fhistoire de Jeanne 
d'Arc ; mais il paraît que par crainte d'être prévenu, 
ou , si l'on en croit l'abbé d'Artigni ( vij , 827 ) , pour 
empêcber la publication d'un ouvrage manuscrit de 
Richer, * qu'il avait pillé, il a mis beaucoup de pré- 
cipitation dans la rédaction de cette espèce de traité : 
aussi M. de Laverdy, pag. 54-6, déclare-t-il que c'est 
un ouvrage très-mêdiocre.) 

2Q^. Nouveaux Mémoires de Critique et de Litté- 
rature, par M. l'abbé d'Artigny. Tome 2 (art. Sg) , ° ^" 

et tome 7 (art. 3 et 12). Paris , Debure , 17^9 et 1756. 

( L'art. 12 , tom, 7, pag. 323 à 356, est en partie un 
extrait du manuscrit de Richer , ci-dev. n° 28.) 

3o^ Histoire de l'Eglise gallicane, par le P. Berthicr. Berthier. 
In-4°, tom. 16. Paris, 174-7- 

3i^. Histoire de l'Orléanais , par M. le marquis de Luchet. 
Luchet. In-4-''i 1766. Amsterdam et Paris , Gressier. 

32^. Dictionnaire des Gaules et de la France , par Expilly. 
M. labbé Expilly. In-fol. , t. 5, 1768, art. à'Orléans. 

(Il a été puisé dans le n» 38^ ci-après, p. 108.) 

33^ Notices et extraits des Manuscrits de la Biblio- Notice àp 

manuscrits, 
ibèque du Roi , lus au comité , etc. Paris , imprimerie 

royale. Tomes i et2, 1787, 178g. 

34.^ La presque totalité du tome 3^1790) est con- î-averd\'. 

* Nous avons parcouru une partie du manuscrit de Richer, 
et nous en avons e'te' en gcne'ral peu satisfaits. Il est à la biblio- 
thèque du Roi , fond de Fontanieux , n" 280 , P. 



io8 

sacrée à la pucelle d'Orléans. On y trouve des notice» 
et des extraits raisonnes de tous les manuscrits qui la 
concernent, et notamment des procès de condamnation 
et de justification. C'est un ouvrage très-précieux , qui 
a dû coûter à son auteur, M. de Laverdy, ancien mi- 
nistre d'Etat, des recherches immenses. 
Baudot. 35^. Histoire de Charles VII, par M. Baudot de 
Juilly. Deux volumes in- 12. Paris, Didot , lyS^- 
{Foy. Fcvret et Lelong , n° 17286.) 

N. B. Cet ouvrage contient beaucoup d'erreurs dans 
ce qui a rapport à Jeanne d'Arc. Rien de moins sur- 
prenant. On voit par la liste des auteurs d'après les- 
quels il dit, page i, avoir travaillé , qu'il n'a con- 
sulté ni Trlpaut , ni l'Histoire de la Pucelle, ni les 
dépositions des témoins, ni Chartier, ni Berry, etc. 
On lui reproche aussi d'autres erreurs (yoy. entr'autres 
Villaret, xiv, 265) que nous n'avons pas vérifiées. 

Chronique de 36«. \jQ.s Chroniques ou Annales de France, par 
^Nicolas Cille, secrétaire du roi, additionnées par 
Denis Sauvage ; revues , corrigées et augmentées par 
François de Belleforèt. Paris, iSyS , in-fol. 
Bclleforêt. Les additions de Belleforèt sont citées comme ci-contre. 
Dutillet. 37e. Recueil des Rois de France, etc., avec les In- 
ventaires, etc.; suivi du Recueil des Traités, etc. 
In-4.% 1618, par Dutillet. 

D. Vaisselle. 38^ Histoire générale du Languedoc, par dom 

Vaissette. In-fol., tom. 4» 1742- 

Polluche. 3ge Essais historiques sur Orléans , par Polluche et 

Beauvais de Préaux. In-8°, Orléans, 1778. 

',n Note =) , p. i. Le successeur des deux premiers Valois. 

Eiat de la Charles V, fils de Jean-le-Bon , et petit-fils de Phi- 
France. ,. ^ XT \ • 
lippe de Valois. 



NOTES DE JEANNE d'àRC. IOQ 

KoTE ^>, p. I. Confinés dans les ports 

Ils avaient aussi Brest et Cherbourg , dont nous ne 
parlons point ici , parce que ces villes apparlenaient au 

duc de Bretagne et au roi de Navarre Les Anglais les 

rendirent à leurs anciens souverains en iSgG (Y.IIume, 
t. 5, p. 38o, 4.26; Choisy, 2, 208; Villaict, x, 4.06, 
4.16; xij, i5i ); et rhéritier de Charles-le-Mauvais 
nous céda Cherbourg en il^ol^. (Voy. Villaret^ xij , 
4i3; Dutillet, Recueil des Traités, p. SSg, 34o.) 

4)1 P- 2- Ç"^ nos flottes menaçaient 

(^Voy. ci-après notes 28 et 86; et Villaret, xj , 436 , 
xij, 406. ) 

Note ^), p. 2. Le priitce Noir 

Le vainqueur de Jean-le-Bon , et l'un des plus 
grands hommes que TAngleterre ait produits..... Com- 
munément appelé le prince Noir à cause de la couleur 

de ses armes Mort le 8 juin iSyS. (Voy. Hume, 

t. 5 , p. 335 , 340 ; Villaret^ x, 333. ) 

Note ^) , p. 2. Un enfant 

Richard II , fils du prince Noir, âgé seulement de 
onze ans. Il avait succédé , le 21 juin 1377, à son aïeul 
Edouard III, dont les Anglais regardent le règne 
comme le plus glorieux de ceux dont leurs annales 
ont transmis la mémoire. (^\oy. Hume , t. 5, p. 336, 
37 1 ; Villaret , x , 354- ) 

Noté 7) , p. 2. Princes dioisés 

Les ducs de Lancastre , d'Yorck et de Glocester 

Le parlement confia l'administration à un conseil; mais 
ils en dirigeaient les résolutions Le duc de Lancastre 



IIO NOTES DE JEANNE d'aRC. 

avait des prétentions sur la couronne de Castille; il 
conduisit da'is te royaume les meilleures troupes de 
l'Angleterre, et y fil la guerre jusqu'en i38g. {Y.Humc^ 
t. 5, p. 372-877, 379, 897, 4-23; Laboureur, Hisl.^ 
123; Jiivenal^ 69,) 

Quant aux divisions et aux désordres qui régnaient 
dans le gouvernement anglais, Voy. Hume ^ tom. 5 , 
p. 3g8, etc. 

Note ^) , p. 2. Gênes voulail se donner à nous 

Ceci eut lieu en 1395. (Voy. Villaret^ xij , 220; 
Laboureur^ Zj.[^\ Choisy, 211.) 

Note 9) , p. 2. L'attention de Venise 

( Voy. Jm^enal, 173. ) 

Note '°) , p. 3. Avait voulu réunir la Bretagne 

(Koyes, sur cette expédition injuste et impolitique, 
la première moitié du tome xj de Villaret.') 

Note "^ , p. 3. Sa faute sans déshonneur 

{\oj. Villaret^ xj , sS^- ) Le i5 janvier i38o, ou 
cinq mois après la mort de son père , Charles VI fit la 
paix avec le duc de Bretagne. {Voy. Dutillet , Rec. des 
Traités , p. 324.) 

Note *=*) , p. 3. Une marine supérieure à celle d'An- 
gleterre 

La marine anglaise était tombée en décadence sous 
Edouard IlL Le parlement s'en plaignit vivement dès 
la premxière année {idj'j') du règne de Richard IL 
(Voy. Hume , t. 5 , p. 363. Voy. aussi Villaret, xj, 78. ) 

Quant à la marine française, voy. Villaret, xj , 'j3; 
et ci-après note a8, p. 11 5. 



NOTES DE JE AISNE B ARC. III 

Note *^) , p. 3. Les citoyens fous réunis 

A tous ces moyens de prospérité , il semble qu'on 
pourrait ajouter le nombre considérable des princes du 
sang (Laboureur, Introd.^ p. 4-0 , en compte quarante- 
six, dont il donne la liste) , puisqu'ils auraient dû être 
les appuis de la couronne ; mais ils contribuèrent, au 
contraire , à la ruine de l'Etat. 

La maison de Bourbon descend du vingt troisième 

de ces princes Au bout de trois cent cinquante ans, 

la postérité masculine de tous les autres était anéantie. 

Note ^'^^ , p. 4-. Le roi meurt Régence du 

Charles V naquit le 21 janvier iSSy , monta sur le duc d'Anjou. 

trône le 8 avril i364. , et mourut le 16 septembre i38o. 

( Voy. Laboureur, //z^/'oJ. , p. 3 et 4- ; Vilîaret^ xj , 10 1 ; 

Thomassin , 86. ) 

Note '^) , p. 4- A un récent 

Charles VI n'avait que onze ans ( il était né le 3 dé- 
cembre i368) , et , d'après une ordonnance de i374\ 
les rois n'étaient majeurs qu'à quatorze ans. (Voy. La- 
boureur, Introduct.^ p. 4 et 5.) 

Note ''^) , p. 5. Précautions timides... inefficaces.... 

Il ne prononça pas même le mot de régence dans une 
ordonnance qu'il fit pour le gouvernement futur du 
royaum.e. De tout ce qu'il avait prescrit à cet égard, la 
fixation de la majorité fut la seule règle que l'on con- 
serva. (Voy. Laboureur, Introduct., p. 5, 34^ 35. 
Voy, aussi CJioisy^ 4-) 

Note '?), p. 5. Des trésors 

( Voy. à ce sujet le Laboureur, Introduct. , p. 5o ; 



T I 2 NOTES DE JE AISNE d'aRC. 

idem^ Hisloire^ p. i3; Juçenal, 6, 8; Choisy, i3. ) 



Note '^) , p. 5. Vamte : il lui fallait une couronne 

( Yoy. à ce sujet le Laboureur, Hist., p. 940 

Note '9) , p. 5. Le pillage,... 

« 11 épuisa en deux mois le royaume... Il était avare 
» jusqu'à la cruauté... Aussi redoutable au peuple 
» que les ennemis de l'Etat , etc. etc. » ( Voy. Labou- 
reur, Introduct^ p. 38, ^6 et suiv. Voy. , pour d'autres 
détails , idem , Hist. , p. 9 et 94 ; Choisy, 5 , 3i. ) 

Note ='^) , p. 5. Nouveaux impôts... exactions... révoltes... 
C'est ce que dit positivement le Laboureur, Introd.j 
p. 5o. (Voy. aussi, pour les détails de ces révoltes et 
des mesures de rigueur, idem, Hist.,, p. 6, i3, i5, 
35, ^i. ) C'est sur-tout au mois de février i382, au 
retour de l'expédition de Flandres , qu'on en fit usage, 
Beaucoup de Parisiens, même d'une classe aisée, furent 
punis de mort , et des milliers de bourgeois condamnés 
à des amendes qui les ruinèrent , sans que le trésor pu- 
blic en profitât. (Voy. idem, p. 66 à 72. Yoy. aussi 
Choisy, i3, 34, 66 et suiv. ; Hénaut, an i38i.) 

Note **) , p. 6. Perdit.., la vie.... 

Le 20 septembre i384.... H était parti pour son ex- 
pédition au commencement de i382. (Voy. Labou- 
reur, Introduct. , 67 ; id. , Hist. , 46- ) 

,« Note ^=') , p. 6. Pour son propre intérêt..... 

Admmistratîoa Et ccla était d'autant plus injuste , que le comte avait 

des princes; _ , . , -_^, , 

lo Philippe- occasionné les révoltes des Flamands par sa mauvaise 
le-Hardî. a^j^inistration, et qu'il avait favorisé les entreprises des 



KOTÉS DE JEÀKNE d'àRC. II 3 

Anglais contre la France. ( Voy. Laboureur, Introd., 
p. 91 ; id. , Hist.^ p. 29; Ju^enal^ 3o. Yoy. aussi Choisy, 
3i , 47î 49; Villciret^ xj , 307.) 

Le duc de Bourgogne entraîna aussi Charles VI, à- 
peu-près dans les mêmes vues , à une expédition contre 
la Gueldre, où notre armée lut presque ruinée par les 
fausses mesures qu'il prit (toujours dans les mêmes 
vues). Cette expédition eut lieu de juillet à octobre i388, 
et non pas en 1387, comme l'indique Villaret , xj , 
4.5g. (Voy. Laboureur, Hist. , p. 147 — 156; Juoenaly 
83, 84..) 

En 1396, Charles donna encore au gendre de Phi- 
lippe quatre cents hommes d'armes pour faire la guerre 
aux Frisons. (Voy. Laboureur, Hist,^ 334-) 

Note ="^) , p. 6. La victoire de Roshccg 

La bataille se donna le ii novembre i382.... Nous 
puisons cette date , omise par Villaret (xj , 3i5 ) , dans 
Laboureur, Hist. , p. 63. 

Quoique les Flamands se soient depuis révoltés plu- 
sieurs fois , nous n'exagérons point ici l'effet que nous 
attribuons à la victoire de Rosbecq. Nous avons , à cet 
égard , une autorité décisive dans un discours des am- 
bassadeurs de Louis XI à Charles-le-Téméraire , 
arrière-petit-tils de Philippe (en 1470). «Jamais, 
» dirent-ils, les ducs de Bourgogne ne se fussent main- 
« tenus dans cette haute fortune , si Charles VI n'avait 
M soumis les Flamands , et rétabli votre aïeul dans la 
» possession de ses Etats. » {\oj. Villaret, xvij, 387.) 

Note =4) , p. 6. Qiiadtant qu il pomait faire le bien de 
sa famille.... 

8 



Il 4 3SOÏES DE JEAISÎ^E d'âRC, 

(Voy. Laboureur, Introd. , p. 96; Villaret^ xij, 160.) 

Ajoutez : Et satisfaire à son penchant pour îe faste 

, Sa maison était plus nombreuse et plus brillante que 
celle du roi. La liste de ceux qui la composaient ne 
remplit pas moins de 91 pages. (Elle est à la suite du 
Journal de Paris. Yoy. aussi Choisy, 222.) 

Il se faisait tout payer.... ^ même les dépenses que lui 
occasionnaient les mesures (comme l'expédition de 
Flandres) prises pour son intérêt...; et, malgré l'im- 
mensité de ses pillages, il mourut insolvable. (Voy. 
Laboureur , Introduct. , p. 90 et suiv. , où il cite 
un grand nombre d'exactions de Philippe-le- Hardi. 
Yoy. aussi / J. , Hist.^ 4-Si » CIwisy., 63, 278; Villaret., 
xij , 408. ) 

20. Jean NoTE ^^) , p. 7. Point de couronne.... malheurs publics.... 

duc de Berri. „ \\ ^\ç (J^^^ ^^ Berri) renonça volontiers aux hon- 
j) neurs du gouvernement, pour avoir le droit de 
» piller les peuples... Il prétendait que les provinces 
» lui devaient ce que son frère (le duc d'Anjou) leur 
» avait pris... La prodigalité fit de lui un tyran cruel... 
» Des villes entières de son gouvernement émigrèrent 
j> en Espagne.» (Voy. Laboureur, Introd.., ip. 38, 
72 et suiv. ; id. , Hist. , p. i63 , 1 78. Voy. aussi Jm>enaly 
88; Choisy^ i4.2, 261, 280; Villaret., xiij, 4o8 ; D.Vaii- 
selte, iv, ^^o.') 

Note *^) , p. 7. Il ne resta rien 

(Voy. Laboureur, Introduct., p. 75.) 

Note ^7) , p.», 7. Des reliques 

On trouve notées celles-ci dans l'inventaire de ses 



NOTES DE JEANNE D ARC. Il5 

meubles : i. Une côte de saint Zacharie; 2. une côte 
de sainte Barbe ; 3. la moitié d'un pied de saint Cy- 
prien ; 4- ^^ moitié de l'«ponge du tableau où la sainte 
Vierge pleura saint Etienne ; 5. la moitié du gril de 
saint Laurent ; 6. la moitié d'une côte de saint Antoine. 
( Voy. Laboureur, Introduct. , p. 85) ; et il avait donné 
à diverses églises beaucoup d'autres reliques. Par exem- 
ple , à l'abbaye de Saint-Denis , une partie du chef et 
du bras de saint Benoît ( il en obtint en retour le menton 
de saint Hilaire) , et ensuite la miain de saint Thomas , 
apôtre. (Voy. û/., Hist.^ 24.9, 327, ^36; Juvenal^ 127.) 

Note *^> , p. 7. Entre les deux pays 

C'est qu'on avait fait des préparatifs vraiment pro- 
digieux. On avait entr'autres ( au commencement 
d'août i386 ) neuf cents vaisseaux de transport ras- 
semblés au port de l'Ecluse (^Smollett^ vij , ii3, dit 
même douze cents ^. Le duc de Berri n'arriva qu'au 
milieu de l'équinoxe. Les tempêtes ou les Anglais dé- 
truisirent ensuite la plus grande partie de la flotte. 
(Voy. Laboureur, Hist.^ p. 126 — 129; Juoenal , 58, 
71 ; Choisy, 97.) 

Note ^d) , p. 7. Seul tout Thonneur 

(Voy. Laboureur, Hist.^ 129; Jwenal, 71.) 

Note ^°) , p. 8. Fécu autant (/ue Charles 

« Leur miort fut une seconde fois la ruine des af- 
» faires publiques. » (Laboureur, Inirod. , 72.) 

Note 3') , p. 8. Toujours en démence..... 

" Il n'y avait point d'année qu'il ne retombât trois 
>♦ ou quatre fois. » (^Choisy^ 22S. Voy. aussi Vilhuet . 
xij , 258.) 



Iî6 TsOTES DE JEAÎ^ÎNÉ D'aRC. 

i38b. Note -^^) , p. 8. Pendant quatre années 

Adniinist.de A dater de novembre i388, et non pas de l387, 
époque indiquée par Villaret. (Voy. Laboureur, 
Hist.^ iSj et suiv. ; Juvenal ^ p. 84 (celui-ci fixe au 
3 novembre le conseil où Charles résolut de prendre le 
gouvernement); Choisy, 104..) 

Note 2^), p. 8. De nouveaux déprédateurs^ les nii- 
nisires... plus hardis..... 

(Voy. Laboureur, Hist.^ p» 216; Jupenal ^ m; 
Choisy., i58, 173; Villaret^ xij , 37, 93.) 

Note ^^>, p. 8. Se livrait,., à leurs conseils.... 

( Yoy. Laboureur, Hist. , p. 2 16 ; Villaret^ xij, 5i, 67.) 

Note ^^) , p. 8. Des alimens à son esprit inquiet.... 

Ajoutons, et à sa prodigalité ., qui n'était pas moins 
extravagante que celle des ducs de Berri et de Bour- 
gogne. (Voy. Laboureur, Hist.^ p. 173 , 34-o , 1002 •;: 
Choisy^ iio, i3i.) 

Note ^^) , p. 8. Aoide de plaisirs 

On en trouve bien des exemples dans les historiens. 
(Voy. Laboureur, Hist. , p. ^35 ; Juvenal., 90 , 93, etc. ; 
Choisy, 182 ; Villaret, xij , 69, 97.) 

Note ^7) , p. 8. Par ses exploits 

Et par sa cruauté... Il était surnommé le Boucher. 
( Voy. . /«(><?«£//, 234 5 Choisy, 3i2 ; Villaret, x, 238, 280.} 

Note 2^) , p. 8. Foire déclarer la guerre.... Un ennemi 
du conné fable 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 11/ 

C'éfait Pierre de Craon , qui avait voulu faire assas- 
siner Clisson. Le duc protestait qu'il ignorait le lieu 
de la retraite de Craon, (Voy. Laboureur, Hist. , 
p. 216; Choisy^ 162 ; Villaret ^ xij , iio etsuiv. ) 

Note ^o) , p. 9. L'apparition du... spectre ,3^2 

(Voyez -en le récit dans Laboureur, Hist. ^ 219; Adminlstr. 
Choisy^ i63 ; Villaret ^ y\\ ., ïiJ-) 

On connaît aussi Taventure du bal , où le feu prit 
au costume de Charles VI ( il était déguisé en satyre) ; 
ce qui le fit retomber en démence à la fin du mois de 
janvier suivant. ( Voy. à ce sujet Laboureur, Hist. , 
p. 235 ; Juvenal., ii5.) 

Mais , selon beaucoup de personnes , ces accidens 
ne firent que précipiter une maladie dont la source 
était dans « les débauches de la jeunesse de ce pauvre 
i> prince. » (Voy. Laboureur, Hist., 826; Choisy., i65, 
i85.) 

Note ^°> , p. g. Leurs poursuites... contre les ministres..., 
(Voy. Laboureur, Hist.., p. 221; Juvenal., ii3; 
Choisy , i6g. ) 

Note ^0 , p. g, A les en accuser....^ 
( \ oy . Villaret , xij , 1 1 5 et suiv. ) 

Note ^^) , p. 10. Déooila les secrets de son caractère.... ,3^^. 

Une foule de traits épars dans les historiens jusli- Id. de Louis, 
fient ce portrait de Louis ( duc d'Orléans.) — (Voy. en- ^'OH^ans, 
ir'autres Laboureur, Hisi., l^l^'j, 45 r, 5i5, 5i6, 564-, 
626; Juvenal., log, iig, igfi; Journ. de Paris ., 81; 
Choisy., 265 , 2g5 , 3oo , 3i3, 819 -, Villaret, xij , ^06, 

007. ) 



ii8 



NOTES DE JEATSNE D ARC. 



Note ^3) , p. lo. Bépounm des talms.». àe Vun 

De Philippe. (Voy. Choisy^ p. 278.) 

Note 44)^ p, 10. La plus vile superstition 

(Voy. Vil/aretjxï], i54., 4-3 1; Juoenal^ io^\ Choisy^ 
3oo , 326.) 

Note ^^^ , p. 11. A V obtenir,., lueur de raison 

En 14.02.... Dès long-tems auparavant, la mésin- 
telligence s'était mise entre Louis et ses oncles. Leurs 
divisions éclatèrent en i4oi ; ils firent respectivement 
venir des troupes au mois de décembre; ils s'accor- 
dèrent ensuite , et se jurèrent une amitié inviolable 

le 14. janvier Philippe profita de cet instant de 

répit pour aller célébrer à Arras le mariage d'un de ses 
fds. A peine fut-il parti (milieu d'avril 14.02) que 
Louis demanda et obtint toute l'autorité (Voy. Labou- 
reur, /i^^/,, p. 44i — ^^']^' Juvenal, p. i68, dit que 
leurs divisions existaient déjà en 1898. ( Voy. aussi 
Choisy, 284 , 262 ; Villaret,, xij , 289 , 828, 84.8. ) 

Note 46)^ p. n. Xa régence semblait appartenir à 
Louis 

Il est vrai cju'il n'y avait pas de loi bien positive à 
cet égard ; mais il paraît qu'au moins , dans l'opinion 
des Français, on la considérait comme un droit du 
premier prince du sang. (Voy. Laboureur,^ 44- 1 i Villa- 
ret,, xij , i4-8. ) 

Note 4?) , p. 1 1. Taxes sur taxes , concussions sur con- 
cussions 

Dans le premier mois de son administration , Louis 
établit un emprunt forcé et une imposition générale. 



(Voy. Laboureur, Hisi. , 44-7 1 448; Choîsy^ 235, 294, 
295.) 

Note '^^^ , p. 11. Louis , noyé de dettes 

« Une payait rien de toute la dépense de sa maison, 
» qu'il faisait toute à crédit. » ( Yoy. Laboureur, Hist. , 
p. 5i5.) 

Plusieurs princes et seigneurs l'imitèrent. ( Voy. 
Laboureur, Hist^ 621 ; Choisy^ 296, 299.) 

Il achetait continuelleinent des terres. ( Voy. en- 
Ir'autres Iiwenal^ 2o3; Choisy ^ 2i4^ 284» 296.) 

Note ^9> , p. 11. Sa liaison aoec cette femme 

(Voy. Villarei^ xij , 260, 358, 427.) 

Note ^°' , p. 1 1. S* attacha à le décrier 

Louis avait osé dire qu'un impôt général (^v. note 4/ 
delà p. 118) avait été établi du consentement de ses 
oncles ; Philippe le démentit par un manifeste répandu 
avec profusion , et où il déclamait contre les impôts. 
( Voy. Laboureur, Hist. , p. 44^- ) 

Note ^'^ , p. 11. Un second éclair de raison 

Dès le mois de juin ï4o2. (Voy. Laboureur, Hist ^ 
45 1; Choisy, 266.) 

Note^=), p. 12. Servait de jouet 

Quand il revenait dans son bon sens, le parti domi*- 
nant lui faisait approuver toutes ses entreprises. (Voy. 
Chuisy, 234? 559. Voy. aussi Villaret , xij, 218, 278; 
J.ahoureur , 904. ) 

Note ^^) , p. i 2. Un dénuement dont on frémit 



120 

(Voy. Laboureur, Hist. , p. 5i4., 620, 558; Choisy, 
" 284.; et ci-après note 54. ) 

Note ^^> , p. 12. Et jusqu'à du pain 

( Voy. , sur tout cela , Villâret^ xij , 33o , ^oi , 447 ' 
xiij, 86; CAo/5/, 3oi.) 

Note ^^), p. 12. Philippe meurt au commencement 

de i4o4 

Le 27 avril i4o4 (Laboureur, Hist. , p. 48 1). Vil- 
laret ( xij , 4^7 ) se trompe , lorsqu'il place cette mort 
sous Tannée i4o3 : la fête de Pâques n'a point lieu 
après le 27 avril. 

Note 5^) , p. i3. Ils ne gardent aucune mesure 

(Voy. Laboureur, Hist. , p. 5o4, 5o5 , 5i4; Juve- 
nal, 2o4, 206; Choisy^ 281 ; Fillaret, xij, 4^7? 4^1 ? 
432, 471-) 

Note ^7) , p. i3. D'une hypocrisie 

i4o4 (^<^y- Choisy, 329; Villaret, xiij, 11 ; Laboureur., 627.) 
Jean , 
duc de Note ^^) , p. i3. Que tous ces mêmes vices 

Les divers traits de ce portrait du duc de Bourgogne 
(Jean) sont justifiés par ce que nous raconterons de 
bii , et par une foule de passages des historiens de 
son tems. Il serait trop long de les citer. D'ailleurs , 
Jean est trop connu pour que cela soit utile. 

Notées), p. i3. Créé un conseil..... 
(Yoy.Villaret.f xij, 398,) 

Note ^0), p. i4- J^^^n s'y oppose... son apis n'est point 
suivi...,. 



Bourgogne. 



NOTES DE JEANNE D ARC. J2I 

5 Mars i4-o4- ( onze mois après la mort de Philippe). 
( Voy. Laboureur, Hisl. , p. ôo/J., 5o5 ; Choisy, 285.) 

Note ^O , p. i4-. Le mépris et Vhorreur 

(Voy. Laboureur, Hist.^ p. 5i4., 53o , 621.) 

Note ^^) , p. i4-. De chercher un asile 

(Voy. Laboureur, Hisi, ^ p. 5o5. ) 

Note ^^) , p. i4-. Avec un corps de troupes. Isabelle et ^^^^' 

r ' ' r • 1 Divisions. 

Louis s enfuient 

Eté (vers la fm de juillet) de i4.o5. (Voy. Labou- 
reur, Hist.^ 521 ; Jiwenal, 206 5 Villaret ^ xij , ^Sg. ) 

Note ^^> , p. i4- On parvient h réconcilier 

17 octobre i4.o5. (Voy. Laboureur, HisL^ 533; 
Chronique manuscr. , 5o5 ; Choisy, 3 11.) 

Note ^^) , p. i5. De son triomphe 

(Voy. Choisy^3i&; Fillaret, xij, 4-73; Amelgard, 
Notice des Manuscr. , t. i , p. 4-ii. ) 

Note 66)^ p. i5. Iljlt assassiner Louis i4(.7. 

23 novembre 14.07. (Voy. Juvenal^ p. 235; Thomas- de ^Louis 
sin, 87; Hainaut, an 14-07. Voy. aussi Laboureur^ 
p. 566, 625 (qui dit le 22 novembre) ; Villaret, xij , 

476. ) 

Trois jours auparavant, ils s'étaient réconciliés et 
avaient rom/wM/zzV ensemble. (Voy. Jmenal., 235. ) 

Note 67) , p. i5. Un peuple frivole 

« Criaient à Paris : Vive le duc de Bourgogne! » 
( Juvenal^ 236. ) 



122 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Note ^'^> , p. i5. Dans les ministres de l'Eternel..... 

Jean Petit , professeur en théologie.... Son apologie 
de l'assassinat de Louis , débitée publiquement en pré- 
sence du roi et de la cour , est dans le Laboureur , 
Hist.^ p, 63 1. (Voy. aussi Juvenalj 286; Choisy, 33o ; 
Villaret^ xiij , i4. ) 

Ses propositions furent condamnées et brûlées le 
24 février ii4i3, quand les Armagnacs eurent pris le 
dessus (Voy. Xaôoi/rewr, p. 931; Juvenal., 336; Villa- 
ret ^ xiij , 826) ; mais on les approuva solennellement, 
et dans un sermon, en i4-i8, lorsque les Bourgui- 
gnons furent maîtres à leur tour. (Voy. Saint-Remi ., 
p. 124.; Monstrelet^ t. I , f. 265.) 

Note ^0) , p. i5. Par VUnÎQersité..,,. 

(Voy. Chronique manuscr.^ 5o6,5i5; Choisy., i32.) 

Note 7°) , p. i5. Du nom sacré du monarque 

On donna l'administration à Jean, le i^^ déc. i^og. 
(Voy. Laboureur, Hist. , p. jiS.) 

Note 7') , p. 16. Pour ses désordres 

(Voy. Laboureur., 860, 1017; Choisy, ^07, 4^8; 
Villarei, xiij , 3o2 , 332 , 334- , 385. ) 

Note 7^), p. 16. Se liguent 

i4io. 1^^ j^ /^^ (Voy. Laboureur, Hist.., p. 725; 
(jucrres t \ j 1 / 

civiles. Juvenal, 252.) 

Note 73) , p. 16. On arme de tous cotés 

( Voy. Laboureur, Hist. , p. 727. ) 

Note 74) , p. 16. L'autorité légitime est méconnue...., 
(Voy. Laboureur, Hist.., p. 73i. ) 



125 

Note 7^) , p. 17. Vindicatif et cruel.... 

Quant à son caractère et à ses talens ( du comte 
d'Armagnac ) , voy. ce que nous disons au texte , p. 24 
etsuiv. ; Laboureur^ 536, 53g, 787, 1017; Jin>enal^ 211, 
364. 

Note 7<î) , p. 17. Victimes des fureurs 

{\oy . Laboureur^ p. 739, 766, 767, 773.) 

Note 77) , p. 17. La France n 'est de toutes parts , etc.... 

Les détails de cette guerre civile remplissent près de 
trois cents pages de V Histoire de le Laboureur, 
ans 14.11 à i4i4- (^oy. aussi Juçenal^ 255 etsuiv.; 
Cholsy^ 347 et suiv. ) 

Note 78) ^ P- ^7- Il ^rme,.. les bouchers Bourgui- 

Par l'entremise du comte de Saint - Pol , gouver- S^^on^, 
neur de Paris, et Bourguignon délerminé. ( Voy. Z«- 
^OM/'éi^r, 763 ; Juoenal^ 282; Chronique M anusc. ^ 525; 
Journ. de Paris, 6; Cholsy , 38o ; V lîlaret , xiij , i53; 
Hénaut , an i4io et suiv.) 

Au mois de décembre i4ii , Jean assista à l'enter- 
rement de Legoix , un des chefs des bouchers , tué dans 
un combat. (On mit même une inscription sur son 
tombeau.) — C^oy. Laboureur^ 8035 Juvenal^ 297; 
Villaret., xiij, 20T.) 

Note 79) , p. 17. Les... Armagnacs sont abandonnés... 

(Voy. Laboureur., p. 764 , 770 7 858 à 884; Juoenal, 
3i5 , 3ig, 323; Chronique manusc. ^"^2'j \ Journal de 
Paris., 6 et suiv.; Cholsy, 38 1 etsuiv.; VlUarct ., xiij, 
i55, 196. ) 

Lorsque le dauphin Louis enleva Paris aux bou-' 



124 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

chers , on trouva chez l'un des chefs deux listes de 
proscription, dont la première- ne contenait pas moins 
de quatorze cents personnes. Dans la deuxième , il y en 
avait un grand nombre marquées des lettres T (à tuer), 
35 (a bannir) , R ( à rançonner). — ( Voy. Laboureur, 
899; Jmenal, 332 ; Villaret^ xiij , 274. ) 

Note 8o> , p. 18. Qui essayait déformer un parti..... 
(Voy. Laboureur, p. 858, 865 ; Villaret, xiij , 246. ) 

i4i3. NoTE^'), p. 18. On s'empare de la capitale 

Armagnats. 4. août i4i3. ( Y oy . Laboureur ., p. 880, 892; Journ. 
de Paris, 16 ; Villaret , xiij , 2-69 et suiv. ; Choisy, 4^6 ; 
et sur-tout Juoenal (son père avait été le principal agent 
de cette révolution ) , p. 323 et suiv. ) 

Î^OTE ^^) , p. 18. Ceux-ci (les Armagnacs) n arment 
point la multitude 

Hume, vi , yS (année i4i5), dit qu'ils gagnèrent 
les charpentiers... Peut-être a-t-il fondé cette assertion, 
qu'aucun monument ne justifie , sur ce qu'un char- 
pentier parla en faveur de la paix à une des assemblées 
qui précédèrent la révolution. (Voy. Juoenal, p. 326.) 

Note ^^), p. 18. Les Bourguignons sontopprimés 

(Voy. Laboureur, p. 900 et suiv., 926; Juvenal, 
4io; Journ. de Paris, 18 et suiv. ; Villaret , ii.u] , 275.) 



Relations NoTE ^) , p. 18. Richard II avait eu besoin de t appui 

de Charles 

Après quelques prorogations partielles de trêves. 
( entr'autres en i38i , i383, 1384, 1392. Voy. VUla- 



avec 
l'Angleterre. 

loRichardlI. 



NOTES DE JEA^NE d'aRC. 125 

rety xi, 272, 369; xij , 96; Smolett^ vij , 88, 181; 
Juvenal ^ 5o , 5i), Richard fit avec Charles YI, 
en 1393, une trêve de cinq ans. En iSgS ( ig mars) 
il la prorogea de vingt-huit ans ; de sorte qu'elle ne 
devait expirer qu'en 14.26*... Il fiança en menue tems 
(traité du 9 mars i395) Isabelle ou Elisabeth de 
France.... Le Laboureur, i//5if. , p. Soy — 320, donne 
la copie des deux traités. ( Yoy. aussi Viilaret, xij, 211.) 
Hume , t. 5 , p. 426 , se trompe , et quant à leur date , 
qu'il fixe à 1396 , et quant à la durée de la trêve , qu'il 
réduit à vingt-cinq ans. Il en est de même de Smol- 
lett, vij , 208, qui marque aussi Tan 1396, et vingt- 
six ans de trêves. ( Voy. encore Juvenal ^ iSg. ) 

Richard rendit ensuite (en iSgG) Brest au duc de 
Bretagne , et Cherbourg au roi de Navarre. (Voy. ci- 
devant note 3 de la page 109; Hume ^ t. 5, p. 426 ; S 
Laboureur, Hist. ^ 34-5; Ju\>enal^ i4-2 ; SmoUett^ vij, 
211.) ^ 

Note S^) , p. 18. Qui le détrôna.^.., 20 Henri ÏV^ 

Septembre, 1399. ( Voy. Hume^ t. 5 , p. 453 etsuiv. ; 

Laboureur, Hist. , 4ii ^t suiv. ; SmoUett^ vij, 258 et 

suiv.) 

Note ^6) , p. i8. Nous atUujuer 

(Voy. Hume, vi, ^6.) Toutes les entreprises des 
Anglais se réduisirent à diverses excursions , où ils 



"* Cela résulte aussi du traité , puisqu'il fait courir la proro- 
gation de 28 ans à dater de la St-Michel iS^S. Voy. le au trésor 
des Chartres, mélanges^ vol. 9, art. jongle terre y pag. i33. 
Henri IV la confirma le 18 mai i^oo. ( V. ibid^ pag. x'^i ; Du- 
lillet, Rec. des Traités, p. 335.) 



126 NOTES DE JEANNE D'aRC. 

pillaient quelques parties de nos côtes , entr'autres en 
14.02, i^oS, i/fO^? i4-o6. ( \ oy. J«p£/z«/, 187, 200, 
23o; Laboureur^ ^72 î 4-^7 ? ^Q^-) 

De leur côté , les Français firent aussi quelques 
excursions sur les côtes des ennemis; par exemple, 
en i4.o3, i^o^, i4o5. (^Y oy . Jiwenal , 216; Villaret ^ 
xij , 4o6; Laboureur^ 47^, ^92 , 5o3, 527.) IjCS plus 
considérables de ces agressions eurent pour objet de 
faire passer quelques secours aux Ecossais et aux Gal- 
lois , en i384 et i4.o5. (Voy. Laboureur^ 102, 52g; 
Jwenal , 58 ; SmoUett , vij , 98. ) 

11 y eut aussi quelques combats sur mer, livrés le 
plus souvent par des Bretons ou des armateurs , et 
notamment en 1387, i4-o3, i^oG, i^io, (Voy. Jmpc- 
«a/, 75, 225; Laboureur^ 5o,4-72, 724-) 

On fit également des trêves avec Henri IV, presque 
d'année en année, depuis i4oo jusqu'à sa mort. ( Voy. 
Dutillet, ^ec. des Traités^ p. 335 à 339. Yoy. aussi 
Laboureur , 424 •> 4^^ ) ; mais elles n'empêchaient 
guère ces sortes d'agressions. 

NoTE*7), p. 19. En fournissant... des secours 

Quant à cette politique de Henri IV, voy. Hume ^ 
vi, 33, 34, 73. 

Note ^^) , p. 20. Qui osa , le premier , rédamer et re- 
cevoir.,.,. 

Juillet i4ii. {Yoy. Laboureur, 11^ t 7^8; Juvenaî, 
290; Villaret^ xiij , 159, 189.) 

Note ^i)) , p. 20. Dans les conditions quils souscri- 
(firent 



NOTES IXE JEANNE D ARC. I îy 

( Voy. Laboureur^ 8i6; Villaret^ xiij , 2o5 ; Rapln- 
Thoiras, iv, 66 , 4^3i ; Rymer , x, 788 ( 18 mai 14.12). 

Note 9») , p. 20. i/^rt n envoya des troupes qu après 
un traité conclu à Bourges 

(^Yoy. Laboureur^ 833etsuiv. ; Chron. manusc.^ 523.) 

11 semble, par le récit de Rapin-Thoiras (iv, 66 

et 67), que ce ne fut qu'après avoir débarqué, et 

dans leur chemin de Normandie à Blois , que les 

Anglais apprirent la paix ; mais le contraire résulte 

des actes deRymer, que Rapin-Thoiras rapporte lui- 
même (ii., 417). Ce n'est que le i" juillet que le duc 
de Clarence fut nommé chef de l'expédition , et , le 11 , 
lieutenant-général de la Guienne ; son départ est donc 
postérieur.... Si l'on suppute ensuite le tems nécessaire 
pour embarquer et débarquer les troupes, et traverser 
la Manche , on verra qu'elles n'ont pu arriver en Nor- 
mandie que plusieurs jours après la paix de Bourges , 
qui est du i3 juillet i4i2. (Voy. Laboureur, ib.) 

Note 9'), p. 21. Les Anglais ravagèrent.,., en leur 
payant une.... rançon..... 

{\oy. Laboureur^ 84.1 et suiv. ; Chron. manuscr. , Sa^ ; 
Villaret, xiij , 219 — 222.) 

Charles , duc d'Orléans , promit de payer la moitié 
de la somme convenue, et, pour sûreté de sa pro- 
messe, leur donna en otage Jean, comte d'Angoulême, 
son frère. 

Notes*), p. 21, Avec l'aide du comte d'Armagnac. ... 
(Voy. Laboureur^ 875; Viîlaret, xiij, 221.) 



128 NOTES DE JEAISISE d'aRC. 

> Henri V. NoTE O^) , p. 2 1 . Henri IF meurt 

20 mars i4.i3 , suivant Hume , vi , ^7 ; mais ce n'est 
que selon noire façon ordinaire de compter, parce que 
le 20 mars étant antérieur à Pâques , appartenait en- 
core à Tan 14.12. 11 est étonnant que Yillaret, qui lui- 
même a critiqué en cette occasion (xiij , 24.7) Rapin- 
Thoiras, ait néanmoins commis beaucoup d'erreurs 
dans ses dates , faute d'avoir fait assez d'attention à la 
différence des calendriers. ( Toy. ci-devant note i , 
no4., p. loi.) 

Note o^) , p. 21. Sa soif pour les conquêles 

( Voy. dans Hume, vi , 119 , le Portrait de Henri V. 
Voy. aussi Jui^enal j 498) 

Note O^) , p. 22. D'un guerrier et d'un négociateur 

(Voy. à ce sujet Hume, vi , 78 et suiv. ; Laboureur j 
p. 962 , 992 et suiv. ; Juvenal, 354 ? 364- et suiv. ; Chro- 
nicfue manusc. , 53o ; Choisy, 434- ) 

i4«5- Note 96) ^ p. 22. La bataille... d'Azincourt 

Bataille ^ . i, , i • i . ^ r - 

d'AziiKourt. On sait que l armée anglaise , harassée de fatigue et 

affaiblie par des maladies, aurait été détruite, presque 
sans tirer l'épée , si les généraux français avaient eu 
quelque prudence La bataille se donna le 25 oc- 
tobre i4i5.... On estime la perte des Français à dix 
mille hommes , « desquels dix mille , dit Monstrelet , 
» ch.i49, t.i, p. 226, on espérait y avoir environ seize 
M cents varlels , et tout le surplus gentilshommes.*' » 

*_ Le même compte est aussi dans un manuscrit de Mons- 
trelet, biblioth. <lii Uoi , n" 83.^5 , tom. i , fol. 200, chap. i4'>. 



NOTES DE JEANNE d'aRO. 1 29 

On voit par-là que Hume, vi , 89 , ou a fort mal lu 
Monstrelet , ou en avait une mauvaise édilion , lors- 
qu'après avoir évalué la même perte à dix mille 
hommes, d'après Saint-l\emi , ch. 64, il ajoute que 
Monstrelet Té value à huit mille quatre cents. Smollett, 
quoiqu'il ait presque copié Monstrelet (ch. i4-^) dans 
le récit de la bataille n'en a pas mieux compris le 
sens. H dit, en effet (hv. 4-, rh. 3, n°24., t. 7, p. ^80), 
que <( les Français perdirent plusieurs officiers de grande 
» distinction ( il en nomme quelques-uns ) , et environ 
» dix mille soldats. » Monstrelet , ch. i4-9 , nomme 
1° les principaux gentilshommes qui furent tués; et 
sa liste n'occupe pas moins de deux pages et demi in- 
folio ; 2^ les prisonniers de marque , tels que Charles, 
duc d'Orléans, fils de Louis ; le comte de Riche- 
mont , etc. Le Laboureur donne beaucoup de détails 
sur les circonstances de ce désastre, p. ioo5 et suiv. ; 
idem , Juvenul ^ 894 et suiv. ; Chron. manuscr, , 532 à 
535 ; Chuisy^ 44-3- 

Note 97) , p. 22. L'exécution de ses desseins 

( Voy. Hume , vi , 91. ) — Un mois après (le .29 no- 
vembre ) , il se rembarqua. (Voy. Juvenal^ l^.oZ. ) 

Henri conclut même une trêve avec la France. 
(Voy. Hume^ ih. ; Vi/laret, xiij , 4-ii- ) 

Note 98) ^ p. 22. Un écrivain célèbre Facti 

( Voltaire, Essai sur les Mœurs., ch. 79). Villarel ^ xiij , 
335, paraît approuver cette réflexion. 

Note OO) , p. 23. A la mort de ce prince ( le dauphin 
Louis) 



on s. 



l3o NOTES DE JEAÎsNE d'aRC. 

Elle eut lieu le i8 décembre i^iS. ( Voy. le La- 
boureur, 1017; Journ. de Paris, 28; Juvenal, 4-1 1; 
Tkomassin, 88 (il dit qu'il était alors à Paris). Villa- 
ret , xiij , 385 , la fixe au i5 décembre , mais sans citer 
d'autorité. 

Note 'O") , p. 23. Doué de plus de capacité 

(Voy. ci-devant note 71, p. 122. Voy. aussi Juvenaî, 
2to8; Viilaret, xiij, 332, 385.) 

C'est le 26 avril i4.i5 qu'il avait été fait lieutenant et 
capitaine général pour le fait de la guerre. ( Voy.l'édit 
au Trésor des Chartres, Mélanges, l'^^part. , vol. 6, 
n° 22, p. 207.) 

Armagnacs. NoTE '«') , p. 23. Bu comte d'Armagnac 

( Voy. Laboureur, 1016. ) — Il y arriva le 2g dé- 
cembre. (Voy. JuQenal, 4-12.) 

Le 12 février, on le nomma gouverneur et général des 
finances et des forteresses. (Voy. Juvenal, l^.i'].) 

Note '°^) , p. 23. En assiégeant Harfleur 

Henri avait débarqné le i4- août i4i5 , et mis aussi- 
tôt le siège devant celte ville , qui promit de se rendre 
si elle n'était pas secourue avant le 18 septembre , et 
qui se rendit en effet à cette époque , faute de secours. 
( Voy. Hume, vi , 80 ; Laboureur, ioo5. Voy. aussi Vil- 
laret , xiij , 4^6. ) 

Note '°^), p. 23. Deux victoires 

( Voy. Saint-Remi, p. io3 ; Monstrelet , t. i , f 234; 
Juvenal, 4io; Chron. manusc, 536; Villaret, xiij , 407- ) 



Note ''>^) , p. 23. Traité tellement ignominieux. 



NOTES DE JEAX^E d'aRC. l3l 

On n'en a connu le texte qu'au 18^ siècle, parla 
publication du Recueil de Rymer. (Voy. Villaret^ xiij , 
4.10.) — On peut le voir dans ce Recueil^ t. 9, p. 394; 
et 2^ édit. , t. 4-1 P^rt. 2 , p. 177 ; et dans Kapin-Toiras , 
iv, Ifio. — Il est du mois d'octobre i-4i6, et , peu de 
tems après, le duc de Bourgogne chercba à se lier avec 
le daupbin Jean, dont il venait de jurer la perte (Voy. 
ViUaret^ xiij , 4-1^? et la note suivante.) 

Note "^^), p. 24.. La mort rapide des Jils aînés du Roi.... 

Jean , dauphin , qui avait succédé à Louis , mourut 
le lundi 5 avril i4i6 avant Pâques {Villaret^ xiij , 4i5, 
d'après les registres de la chambre des comptes) et par 
conséquent environ six mois après le traité dont on a 
parlé à la note 104.. Rapin-Thoiras, trompé sans doute 
par la différence des calendriers ( Voy. ci-dev. note i , 
n° 4-? p- 101), a cru que c'était six mois auparavant 
(Voy. id. , iv, 4-58 et 4-6 1) ; et Yillaret l'en reprend avec 

raison Au surplus , il ne peut y avoir le moindre 

doute sur cette époque ; car Thomassin , qui était alors 
à Paris , dit ( f" 89) le 5 avril i4-i7i ainsi qu'il le devait 
faire , parce qu'il se sert du calendrier actuel. 

Observons aussi que le comte d'Armagnac avait été 
débarrassé, quelques mois auparavant, d'un autre 
personnage redoutable, au moins par son rang et son 
influence , le duc de Berri , mort pendant le siège de 
Harfleur. (^Vil/aret, xiij ,4.07.) 

( Note "^^) , p. 24.. Assuré de l'appui du troisième.... j^iy 

Voy. Choisy, 4.74.; Villaref., xiij , 891. ) Charles(yiî) 

Dauphin. 

Note '°:), p. 24. Que les Andai;i enoahis.'ient 



l32 îsOTES DE JEATsNE d'aRC. 

(Voy. Saint -Rémi ^ p. ii3, ii8; Monstrekt , t. i, 
f. 242, 24.7, 255, 258, 270 ; Juvenal^ 4io, 4%? Villa- 
ret^ xiij , 4^2 ; Chron» de France^ 323.) Henri Y fit sa 
descente à Toucque , en i4i6 , avec une armée formi- 
dable. (Voy. Monstrelet^ d. f. 242.) 

Note '°^) , p. 24. Que le duc de Bourgogne soumette 

(^y oy. Saint-Remi ^ p. iio, ii3; Monstreletj t. i , 
f. 247, 248.) 

Note '^O) , p. 25. Pow lui donner la preuve 

Le favori d'Isabelle, Louis Bourdon , fut appliqué 
à la question et noyé, par ordre du roi ; et Isabelle re- 
léguée à Tours , où elle fut rigoureusement surveillée. 
(Voy. Hume ^ vi, g4 ? Saint-Remi ^ 107; Monstrelet ^ 
t. I , f. 239; Jui>enal^ 426; Choisy^ 486; Villarct, xiij, 
424; Hénaut ^ ans i4i5 — i4i8.) 

Note "°) , p. 25. Les trésors 

(Voy. Monstrelet ^ t, 1, f. 239; Hume, vi , 94; 
Chronique manuscr. , 539 ' ^^oisy., 4^^ » Villaret , xiij , 
425; Hénaut, ans i4i5- — i4i8; Chronique de France , 
323; Saint-Rcmi , ^^7-) 

Jusqu 'au tombeau 

( Voy. ci-après note 345. ) 

Note "') , p. 25. Le connétable les aggrava 

(Voy. Laboureur, pag. 1019; Saint-Remi , p. io5 , 
106, 118 • Monstrelet, tom. i, f. 23o , 234, ^^7 ; Jm- 
vénal ^ 42 ï à 423, 427, 4^6, 44 1 5 Journal de Paris ^ 
29 et suiv. y Choisy, 484; Villaret , xiij , 386, 443 ? 4S5* 

i4iS. Note"^), p. 25. Des Parisiens parviennent 

Rour^ui- ' (Yoy. Saint-Remi, 120; Monstrelet , t. i , f . 25q; 

gnons. •' 



NOTES DE JEANNE d'aRC. î3* 

Journal de Paris ^ 38; Choisy^ l^^^-^ Jmenal ^ l^l^o {(\u\ 
dit le 28 mai ) ; Villaret (la nuit du 28 au 29 mai), xiij, 
4.61 ; Chronif/ue de France ^ 824 (le 29 mai au point du 
jour). 

Note "^), p. 26. La journée du 12 juin Massacres. 

( Voy. Saint Rémi , 119, 121, 122; Monstrekt ^ t. i , 
f. 261 ; et sur-tout Juvenal^ 4-4-3 etsuiv. ; Chron. manusc.^ 
541 ; Journ. de Paris , 4-0 j Choisy^ 5 02.) — Le corps 
du comte d'Armagnac fut traîné dans les rues pendant 
trois jours. On l'avait tailladé , et ceint d'une écharpe 
faite avec des lambeaux de sa chair. (Voy. Villaret^ 
xiij , 469; Monstrelet, ib.) 

Les généraux bourguignons approuvaient ces hor- 
reurs. ^Voy. Monstrclet ^ ih. , f . 261 ; Choisy^ 5o2 ; Vil- 
laret , xiij , 469- ) 

Note "^), p. 26. En consacrer d'autres 

(Voy. Saint-Remi^ 124 ; Monstrelet ^ t. i, f. 265; 
Juvenal ^ l^l^.'j ; Journal de Paris , 4-5. ) 

Note '»^), p. 26. Capeluche 

(Voy. Jupenal, p. 4471 4-4^5 Chronique de France , 
325; Choisy^^o%\ Villaret^ xiij, 474 ) 

Note "^'), p. 26. Sûr... delà reine^ qui.,, s'était jetée.,.. 
En 1417. Ç\ oj. Saint- Rémi ^ 116; Monstrelet^ t. i, 
f. 25i ; Chron. manuscr. , 539; Villaret., xiij , 440' ) 

Note "?), p. 26. Parce que , dei^enus maîtres à leur 

tour 

C'est que, pendant ces révolutions, ils continuaient 



l34 ÎSOTES DE JEAT>ÎÎ^E d'aRC. 

leurs conquêtes en Normandie ( ils prirent Rouen 
en 14.18). — (Voy. Villarct^ xiij , 18 et suiv. ; Saini- 
Remi^ i3o ; Monstrelet , t. i , f. 268. ) 

Note ''^), p. 27. D\m senùteur courageux 

Tanneguy-du-Châlel.... Il enveloppa Charles VII , 
endormi, dans un de ses draps, le porta à la Ilastille , 
et le conduisit ensuite à Melun Cet important ser- 
vice , indi({ué par le Journal de Paris , p- 87, est raconté 
avec détails par deux autres contemporains {Saiut- 
ilemi , p. 120 ; Juvenal des Ursins , in-fol. , p. 34-9 ) , et , 
d'après eux, par les auleurs modernes, tels que Clioisy, 
Soi ; Baudot, t. i , p. 61 ; \illar t, xiij , 4-63.... Ce- 
pendant Dulillet ( liée, des Traités , p. 319) l'attribue 
au chancelier Rohert-le-Maçon , qui, dit-il, s'était 
démonié ipour Charles-, et il cite, p. 34-0, des lettres 
du 7 novembre 14.20, où Charles fait à Pxobert un don 
pour lui avoir sauvé la vie , lorsque Paris fut surpris. 

Note "9), p. 27. On s'accorda.... les Anglais commen- 
çaient à trembler.... 

Le 10 juin i4-i9 7 selon S aint-Remi ^ i34.7 i35. Mais 

c'est le II juillet Voyez Monstrelet., t. i, f. 273 , qui 

donne le traité; etDutillet, Rec. des Traités, p 34-0 , 
qui cite le registre où il est transcrit. ( Voy. encore Ju- 
venal , 4.68 et suiv.; Ckoisy., 5i4-) 

i4iq. Note '=°), p. 27. Xe duc fut massacré 

Mfurhe (Voy, Saint-Remi ., i36 et suiv.; Monstrelet^ t. i, 
f. 276 ; sur-tout Juvenal., p. Ifi^ à ^73. Voy. aussi Chron 
jnanuscr. ., 566; Choisy, 617 ; Villaret^ xiv, 4.1 et suiv.; 
Voltaire, Essai sur les Mœurs, ch. 79; Hénaut , an 
14^19 et 1420J Chron. de France, 326,) 



NOTES DE JEAIMNE d'aR6. i35 

Note '^'^, p- 27. Toutefois, au travers des contradic- 
tions.... des récits , soit des témoins 

M"^ de Lussan, viij , 333 — Sgo, les rapporte avec 
assez de détails... On trouve une de ces relations , avec 
un grand nombre de pièces justificatives , à la suite 
du Journal de Paris. Enlin , le P. Griffet et Saint-Foix 
ont fait de longues dissertations sur ce point de notre 
histoire, si important et si difficile à éclaircir. (Voy. 
Daniel.) vi, ôSj à 574; Essais sur Paris ., t. 3 , p. 3o3 
à 34.0. ) 

Note •==), p. 27. Charles VII ny eut aucune part 

Hume, vi , 102, dit que Textrême jeunesse de 
Charles VII laisse douter qu'il fût dans le secret du 
complot. 

M"^ de Lussan , t. 8, p. 3gi , décide nettement qu'il 
dut lui être communiqué ; mais elle ne se fonde à cet 
égard que sur des conjectures auxquelles on peut en 
opposer d'autres non moins fortes. Que répondre en- 
tr'autres à ceci ? Charles n'avait rien à gagner, et , 
au contraire , risquait de tout perdre , en autorisant ce 
forfait. 

Le P. Griffet (Voy. note 121) paraît se rapprocher 
du sentiment de M'*^ de Lussan. Saint-Foix (Voy. 
même note) et les éditeurs de Voltaire (même ch. 79) 
soutiennent avec force que le meurtre de Jean ne fut 
que l'effet d'un hasard, et il est difficile de répondre 
à plusieurs de leurs observations. 

Note '=^2) , p. 28. Par des remords ou des alarmes 

( Voy. Laboureur, p. 627 ; Choisy., 329 , 622. ) 



Note '-'^>, p. 2g. Etait un bien faible ennemi. 



l36 KOTES DE JEA^^E d'arc. 

L'opinion générale était qu'il ne pourrait leur ré- 
sister. ( Yoy. Saini-Remi^ \[^i ; Monstrekt ^ t. i, f. :i86. ) 

— Il paraît que le dauphin le craignait lui-même , puis- 
qu'avant le meurtre de Jean il avait négocié avec 
Henri V, et consenti à renouveler le traité désastreux 
de Breligny. (Voy. Dutillet , Rec. des Traités, 819 , 
320 , 34.0 et 341.) 

1420. Note '^^), p. 29. Au roi d' Angleterre 

Traité Traité de l>oyes... Il est dans Saint-P^emi , p. i43, 

roje... ^j dansYii'iaret, xiv, %[^.v (Voy, aussi Monstrelet, t. i, 
f. 288 à 291; Journal de Paris ^ 63; Choisy, 53o ; 
Lussan, ix , ^5 etsuiv. ) 

Jugement du dauphin.... ( \ oy. Saint-Remi , i53; 
Monstrelet, t. i, f- 298, 3o2 ; Juvenal , 4-^7; Clioisy^ 
538 ; Lussan , ix, 196 ; Bapin , iv, 497 ; Hénaut , an 1420 ; 
Dutillet , Rec. des Traités , 34i ; Voltaire , Hist. du Par- 
lement^ ch. 6 ; et sur-tout ViUaret ^ xiv, 106 à 109.) 

Guerre ÎSOTE »=^) , p. 29. Heureusement... Henri fut obligé..... 
Il prit auparavant plusieurs places fortes, telles que 
Sens, Montereau el ^\ç\nx\ ÇW o^- . Saint-R^emi ., i45 et 
suiv.; Jui>enal., /^jS à 486; Choisy, 532 ', Monstrelet ., t. i, 
f. 291 à 294); et il ht , avec la maison d'Albret , un 
traité qui mettait la Guienne à l'abri d'une iovasioft. 
(Voy. Rymer, x, ^i et 4^ ; Rapin-Thoiras , iv, 5o2.) 

— La prise de Melun priva Charles d'un de ses plus 
habiles et plus vaillans guerriers , Barbasan , qui y com- 
mandait , et qui ne fut délivré qu'en 1429 pendant l'ex- 

'•• Il est e'galement au tre'sor des Chartres, Mélanges ^ vol. g , 
» pag. i65. 



péclition de TIsle-de-France , et après celle d'Orléans. 
( Yoy. Wlonsirekt , t. i , f. 298 ; t. 2 , f. 4-9 7 v''. ) 

Note '=7), p. 29. Il avait besoin d'argent et de ren- 
forts 

(^\ oy. Saint-Remi^ i52; Hume ^ \i , iio; Smolktt , 
vij , 555; Monstrelet ^ t. i , f. 299,) 

Notes '=^*' '^'S ) , p. 29. De nous envoyer des troupes..,. 

Sept mille hommes. ( Voy. Hume, vi , 112; Hé- 
naut, an 14.21.) — Quatre mille, dit Choisy, 54-6; et 
Lussan , ix , 2 54* 

Note '^'^), p. 29. Qui dura (Quatre ou cinq mois 

Henri V partit à la fin de janvier, et revint au mois 
de juin. ( Voy. Saint-Remi , i5i , i54.; Lussan ( le 1 1 
juin), ix , 208, 217, 288; Monstrelet , t. i, f. 299 
(celui-ci , f*^ 3o3 , fixe son retour à la veille de Sainte- 
Barbe). Villaret, xiv, ii5, place mal- à-propos son 
départ sous l'année 14.21, * 

* Ce point d'histoire e'tant assez important , nous avons 
examine avec soin tous les actes publics de Rymer (t. 10 ; 2*^ 
ëdit , 1.4») qui tendent à le déterminer. Le dernier acte 
de Henri en France est daté de Rouen , le 3o janvier 1420 ( et 
142 1 , nouveau style ) , et le premier du conseil après son de'part 
est du 8 fe'vrier, ( t. 10 , p. 60. ) Le 12 de ce mois , il y a un 
acte de Henri daté de ^Vestminstcr, ( ï6. , p. 62 ). Les derniers 
actes de son séjour en Angleterre sont datés de Douvres , les 
9 et 10 juin, et le premier, après son retour en France, est 
daté de Rouen, le 17 juin, ( p. 117 à i3i. ) Ainsi il partit 
le 3i janvier ou un des premiers jours de février 1420, et revint 
en France du 10 au 16 juin 1421, aubout d'environ quatre mois 
et demi. 



lOÔ TsOTES DE JEAINÎ^E D ARC. 

Bataille NoTE '^'), p. 2g. La hataille de Baugé 

3"8*^* A environ huit lieues E. d'Angers , que les Anglais 
assiégeaient (ils levèrent le siège après la bataille).,.. 
Le duc de Clarence y fijt tué. (Voy. Saint-Remi ^ t53; 
Hume ^ vi , i j3 ; Choisy^ 54-6 ; Lussan^ ix , 257 et suiv.). 
Elle se donna le jour de Pâques i4-2i , selon Saint- 
Kemi , i53; et la nuit de ce jour, selon Monstrelet, 
t. I, f. 3o2 ; et la veille (ou 22 mars 14.20), selon 
Juvenal, 4^91 ; Chron. manuscr.^ 55o; Lussan , ix, aSg; 
et Chron. de France, 327, v". 

N. B. C'est en effet la veille : Anlè diem Paschœ proxi- 
ma prœteritœ^ disent des lettres datées de Rouen le 
3 avril , dans Rymer, x , g5. 

L'armée française se porta ensuite en Normandie, et 
mit le siège devant Alençon ; mais , au bout de quel- 
ques jours , Salisbury le lui fit lever , et elle se retira , 
partie en Anjou , partie vers le pays Chartrain. 
( Voy. Monstrelet , t. 1 , f. 3o3. ) 

1 i2i . Note '^=), p. 2g. Une armée de quarante mille hommes.... 
Hume dit seulement, et d'après Monstrelet (cb. 24.2), 
vingt-quatre raille archers et quatre mille hommes de 
cavalerie; mais Monstrelet {iùld') parle de quatre 
mille hommes d^arjnes., ce qui fait supposer un nombre 
plus considérable. Peut-être est-ce la faute du traduc- 
teur de Hume. Smollett , qui paraît pourtant avoir éga- 
lement consulté Monstrelet , évalue l'armée de Henri 
à trente mille hommes (Voy. idem., liv. 4-^ ch. 3, t. 7, 
p.56i), ainsi que Saint-Kemi , p. i52. Quant aux 
hommes d'armes, voy. Baudot^ t. i , préf. , p. 11. 

Note '33) ^ p. 2g. // (Henri ) s'empara de... Meaux..^ 



ÎSOTES DE JEÂ^IxE D'ArxC. l^^ 

Fin d'avril i4-22. (Voy. Saint-Remi , 1^7 — 161; 
Monstrelet^ t. i , f. 3i5.) — Le traité de reddition est 
au Trésor des Chartres^ sous la date du 2 mai. ( Voy. id. , 
Mélanges, vol. 9, n. ^21 , p. 168. ) 

Note '^4) ^ p. 3o. Une multitude de petites villes 

( Voy. Saint- Rémi ^ 161, 162; Monstrekt ^ t. i, 
p. 309, 3i5; Dulillet, Rec. des Traités^ p. S^^. ) 

NOTE*^^), p. 3o. Auprès de Saint-Riquier ///.de 

C'est ce qu'on nomme la bataille de Mons-en-Yimeu " '^1"*^^* 

( à environ deux lieues au N. E. d'Abbeville ). Elle se 

se donna le 3i août 14.21. (^oy. Saint-Remi ^ i55 ; 

Monstrclei , t. i , f. 3o5 à 309 ; Lussan , ix , 307 et 

siiiv. ; V'iïlaret ^ xiv, i36. ) 

Note '^'^), p. 3o. Bans les environs 

Depuis Paris jusqu'à Boulogne. (Voy. Monstrekf^ 
t. .,f.3i7.) 

Note '^7), p. 3o. Déjà les efforts des alliés rommen- ^/^^ 
çaicnt.... 

Août 1422... Charles leva le siège de Cosne sans les 
attendre. (Voy. Saint-Remi ^ 162; Monstrelet^ t. i , 
f. 320; Chron. manuscr.^ 553; Chron. de France^ 328; 
Pierre Defenin , dans l'édit. in-fol. de Juvenal, p. -493. 
Voy. aussi Choisy^ 555.) — Villaret, xiv, i53, dit, au 
contraire, mais on ne sait sur quelle autorité , que 
Charles voulait livrer bataille, malgré l'inégalité du 
nombre; qu'on eut bien de la peine à lui faire aban- 
donner cette résolution courageuse , mais impru- 
dente , etc.. Cette fiction romanesque est détruite par 
le témoignage uniforme des auteurs précédens. 



îl 



ceiifcnri 



1^.0 

^loT\ Note '2^), p. 3o. Qu'il fut attaqué de la fistule (ou 

mal de saint Fiacre).... 

Hume, vi, 117, l'affirme. (Voy. aussi Monstrelet ^ 
t. I, f. 321 ; Juç>enal^ 4^97 5 Chron. manuscr.^ 553; 
Lussan^ ix, 372, 3g6 ; Amelgard , Notice des Manuscr. , 
t. I , p. 4i5 ; Chron de France^ 328. ) 

Villaret, xiv, 157, suit l'opinion dw secrétaire de 
Henri V, selon lequel ce roi mourut d'une pleurésie; 
mais cette opinion ne serait vraisemblable qu'autant 
que la maladie n'aurait duré que peu de jours ; et il 
paraît, au contraire, certain qu'elle dura au moins un 
mois, parce que Henri en fut atteint peu de tems 
après son départ (avec son armée ) , et qu'il mourut 
le 3i août. Or, son départ ne dut guère avoir lieu que 
vers le milieu de juillet. On sait en effet que le duc de 
Bedfort, qu'il détacha en avant aussitôt qu'il fut 
tombé malade (Voy. Chron. de France^ 328; Rapin— 
Thoiras^ iv, i63 ; Villaret^ xiv, i53), arriva le 27 juillet, 
avec beaucoup de troupes, à Auxerre, d'où il repartit 
le 4 août pour se rendre à Vezelay, où était le rendez- 
vous général de l'armée des alliés.* (Voy. Lebœuf, 
Hist. du Diocèse d'yluxerre ^ ly^^, t. 2, p. 279, 280.) 

Rapin-Thoiras, ibid , etSmollett, vij , 565, parlent 
d'une dyssenterie , mais sans citer d'autorité. 

Note ^^0) , p. 3o. Une province de son Empire.... 

Hume, vi, ii5, dit que les armes des alliés mena- 
cèrent Charles d'une ruine totale. ( Voy. aussi ci- 
devant note 124 , p. i35. ) 

* Si l'on lit avec attention le re'cit détaillé de Monstrelet, 
lom. I , fol, 320 et 021 , on verra qu'il confirme nos conjeç--- 
turcs. 



NOTES DE JEANNE d'àRC. l /{l 

Note '^°) , p. 3i. A deux gouverneurs di/férens.... 

Bedfort était régent, sous le titre de protecteur; 
mais , en son absence , le duc de Glocester, son frère, 
jouissait en Angleterre du même titre et de la même 
autorité , tempérée toutefois par un conseil qu'avait 
choisi le parlement. Bedfort avait en France le titre 
de régent ( ^ oy. Rcipin - Thoiras ^ iv , 187; Hume, vj , 

l32.) 

Quant aux divisions... , voy. ci-dev. le texte, p. ^i. 

Note •^') , p. 3i. La mort de Charles VI.... MotIûq 

( Yoy. Saint-Remi., 166; Monstrekt, t. i , f. 828 ; 
Juoenal, ^99 (il ^^^ 1^ 20 octobre) ; Thomassîn (le 19), 
87; Lussan (du 21 au 22), ix, 4-25.) — Chartier, 
p. 2 ; le Journal de Paris , p. 88 ; VHist. de la Pucelle , 
p. 481 1 et la Chron. de France , f. 828 , disent le vingt un. 

Note '^''), p. 3i. Que par une espèce de miracle Charles VIL 

Les ennemis se croyaient si sûrs du triomphe , qu'ils 
donnèrent dès-lors à Charles YII, et par dérision, le 
titre de roi de bourges. (Voy. Thomassin , 91 ; Da- 
niel, vij , 7; Lussan, ix , 4-3^5 Chron. de France, 828.) 

Note *^^>, p. 3i. Charles possédais. ... État des 

(Yoy. V Atlas historique de Rizzi-Zannoni , et ci- deux psrds. 
après note 198.) 

La Provence et l'Anjou appartenaient au roi de Si- 
cile ( Voy. ci-après note i44) 1 le Maine , à son frère 
Charles d'Anjou; le comté d'Etampes, à Jean de 
Bourgogne , comte de Nevers , fils du troisième fils de 
Philippe-le-Hardi, et cousin-germain de Philippe- 
le-Bon. (Yoy. Longuerue, Descript. de la France, part, i, 
p. 344? 9^ et 2^; Anselme, Généalogies, t. i, p. 252. ) 



1^2 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Note >43*'.), p. 32. Dans les provinces soumises à 
Charles, il y aimit beaucoup de forteresses 

Lits Anglais en avaient aussi (et jusque dans la sé- 
néchaussée de Toulouse) qu'ils possédaient encore 
en i4.3o. ( Voy. B. Vaisselle^ iv, 476, 4-69.) 

N0TE'^^>, p. 82. Divers c liens 

Tels étaient encore le duc de Savoie. {^Yoy. Lussan ^ 
ix, 4-20 ; Daniel ^ vij , 88. ) 

Charles, au contraire, avait été privé depuis deux 
ans des secours du plus puissant des siens , Louis 111 , 
comte de Provence , duc d'Anjou, roi de Sicile. Ce 
prince , qui avait conduit à Naples presque toutes ses 
troupes, en i4-20 , ne revint en France qu'en 1^29, 
après l'expe'dition d'Orléans et pendant celle du sacre. 
(F. M ùnstrelet , t. i, f. 294 ; Villaret, xiv, 11 4- et 412.) 

NOTE»^^) ...p. ?)2.. De la Bretagne... une sorte de neutralité. 

Le duc de Bretagne s'était, il est vrai, allié avec 
Charles Vil en 14.21 -, mais il se borna à un léger se- 
cours qu'il lui avait fourni aussitôt après la conclusion 
du traité , parce qu'il prétendit que Charles n'en avait 
pas rempli les conditions. {^V. Morrice , Histoire de 
Bretagne , t. i , p. 4-8^ • ) 

Les provinces septentrionales... 

(^Voy. Juvenal^ 4^77') P^rmi ces provinces , la Nor- 
mandie , eu égard aux ressources qu'elle procurait , 
était considérée, même sous Louis XI, comme équi- 
valente au tiers de la monarchie. {V. Villaret, xvij , 170.) 

Note '^^). p. 33. Comparable «... Paris.... 

La seule possession de la capitale donnait un grand 



NOTES DE JEAKNE d'aRC. Il\5 

avantage aux alliés , parce que sa population et ses 
richesses leur procuraient des secours continuels en 
hommes et en argent. Au surplus , les efforts que firent 
successivement et pendant plus de trente années les 
Armagnacs et les Bourguignons, les Anglais et les 
Français, pour s'en emparer, prouvent combien on 
attachait d'importance à cette possession. (Voy. aussi 
Journal de Paris, 170; ci -api es, notps 229 et 23o. ) 
« De la possession de cette ville , dit Bedfort (Instruc- 
tions citées ci-après , noie 335 ) , despend reste seignourie 
( le royaume de France). » 

Au tems de la guerre du bien public ( i4.65), 
Louis XI disait que « s'il y pouvait entrer le premier, 
n il se sauverait et avec sa couronne sur sa tête ; mais 
i> que si ses ennemis y entraient les premiers que lui, 
» il serait en danger. » (Voy. Villaret, xvij , 82.) 

Note '^7), p. 33 . Lorsque l'Ecosse envoyait des troupes... 

Jacques 1«% roi d'Ecosse, fut pris sur un vaisseau 
en 14077 et retenu (contre le droit des gens, car on 
était alors en trêve) prisonnier en Angleterre jusqu'en 
1423 ; mais la régence de son royaume n'en fut pas 
moins zélée pour les intérêts de la France. {F. Hume, 
vi , 32 , 143 ; fillarel , xiv , I23. ) 

Au reste , il était de l'intérêt des Ecossais d'empêcher 
que nous ne fussions asservis à l'Angleterre, et Charles 
d'ailleurs les comblait d'honneurs et de grâces. ( V. Hume, 
vj, iio, 142.) 

N. B. Ces remarques sont confirmées par le trésor 
des Chartres {Mélanges, vol. g, art.- Ecosse). Nous y 
trouvons, 1". Deux confirmations des traités anciens 
avec la France , datées de Perth et Sterling, les 6 jan- 



I 44 NOTES DE JEAîsNE d'^RC. 

vler 14077 et 6 octobre 1426. (/è/J., n^^ I9et20,p.3g2.) 
2». Deux procurations pour les renouveler, datées de 
St.-Jean , le 12 juillet 1428. {Ib/'d.^ n»* 22 et 23.) 
S*'. Un traité fait à Chinon, le 10 novembre 1428, où 
Charles YII^ en cas que, par le moyen de Jacques I^"", 
il recoui^re son royaume^ s'oblige à lui donner le duché 
de Berri ou le comté d'Evreux. (//5»/J. , n» 27, p. 393.) 
Enfin on voit aussi dans Dutillet (^Rec. des Traités, 
p. 358, 359, 36i et 362) la notice d'un grand nombre 
de traités, accords, dons, etc., entre les mêmes, depuis 
1422 jusqu'à 1428. 

Note '^S) , p. 34- Talbot et TVarwick.... 
Ajoutez Arondel... Hume les regarde comme les plus 
célèbres généraux de ce siècle. ( Voy. idem , vi , i34-) 

Note '^9) , p. 34- Les exacteurs retenaient une partie.... 
(Voy. Jm^enal , 47^-) 

Note '^'^), p. 34- J^e hausser et abaisser les monnaies.... 

C'était un système très-commun dans ce siècle. Il 
serait trop long de citer tous les exemples que les auteurs 
en rapportent. (Y. entr'autresJz/c^wrt/, 56 ; C/toisy, 169;^ 
Monstrekt , t. i, f. 3o2 , 3o4, 3i6; Villaret , xiv, i3i ; 
Chartier, 86. — Yoy. aussi J). Vaissetie, iv , 46i.) 

Note '^0, p. 34- Voilà les seuls alimens de son trésor... 

On cite des exemples bien frappans de la détresse du 
roi. Le chapelain qui s'aida au baptême de Louis XI 
(juillet 1423 ) devait gagner les vases d'argent em- 
ployés à la cérémonie. On les dégagea pour 40 livres, 
et l'on ne put acquitter cette somme qu'à la fin de 



KOTES DE JEÂÎiNE d'aRC. , I 4^ 

l'a«née. (Voy. Villaret, xiv , 285.) En i4-29, lorsqu'il 
fut question de ravilailler Orléans , le trésorier de la 
reine n'avait que quatre écus en caisse. ( Yoy. Lacerdy, 

3i4:.) 

Note «^«tis) ^ p_ 35^ //^ Charles) assistait quclijHef ois Conduile de 
à des expéditions Charles. 

En i4iB, aux sièges de Tours et d'x\zay près l'ours 
(Voy. Chronique de France, 32^, 325) ; en 14.19 et 1420 , 
à ceux de Nîmes et du Saint-Esprit ; en il^^i , à ceux 
de Béziers, de Sommière près Nîmes (Voy. D. Vaissette^ 
iv, 453, 4^7» 4^8), de Chartres, et de quelques places 
du Perche et environs (Voy. î^iliaret, xiv, i25 , i3o) ; 
en 1422 , à celui de Cosne. (J^oy. ci-dev, note iSy. ) De- 
puis cette époque jusqu'à l'expédition du sacre ( 1429 ) , 
il ne paraît pas qu'il se soit montré à l'armée. 

Note '^=>, p. 35. Et à ses faooris. Tandis que ses guer- Ses favoii.s. 
riers 

( Voy. sur tout cela ce que nous disons au texte , 
ci-dev. p. 44? 4^7 5o, etc. — - Voy. aussi Laverdy ., 534; 
Smollett, viij , 12.) 

Note ••^^), p. 35. Contre ses propres généraux 

( Voy. ce. que nous disons au texte, p. 80. ) 

Note '^4)^ p, 35. Par leurs vices 

(Fo/. Chartier, i3. — Voy. aussi ce que nous disons 
au texte , p. 43 et 440 

Charles VII eut pendant dix -sept ans pour surin- 
tendant du Languedoc, c'est-à-dire de la province 
d'où il tirait la plus grande partie de ses ressources, 
Guillaume de Champeaux, éveque de Laon, qu'il fut 

10 



i46 

enfin obligé de destituer ( oi décembre 144* )• Cet 
évêque V endommagea de six à sept cent mille écus , somme 
effrayante pour le tems.... et, peu satisfait de tels pro- 
fits , commit plusieurs crimes , conspira contre le roi , 
et, malgré ses ordres réitérés à plusieurs reprises , se 
maintint long-tems dans ses fonctions. (Yoy./c^ie/Z/ri 
de destitution , àa^ns D . V aisseite , iv , preuves, 4^1) 

Note ■^^), p. 36. Un tout autre homme 

{Voy. l'éloge que nous faisons de lui, au texte , p. 8f 
et suiv. ) 

Note '^^), p. Sj. Vers la fin de 1422 

Le i4 févr. (Voy. Si. Remy, 167.) — Vers la fin de 1422. 
(Yoy. Histoire chronologique, 328. — Villaret, xiv, 273.) — 
Monstrelet, t. 2 , f 2 , dit le 14 janvier. 

Note '^7), p. 37. Le favori chargé... de les distribuer... 
(Voy. Villaret, xiv, 273, d'après une chronique 
manuscrite. ) 

Note '5^), p. 37. Les assiégés furieux... la garnison de 
passer 

Ou au moins une partie des chefs de la garnison. 
( Voy. à ce sujet Monstrelet, t. 2 , f. 2 et 3 ; Journal de 
Paris , 92 5 Villaret, xiv, 275. ) 

1423. Note '^9), p. 37. Charles reçoit des renforts de 

r Ecosse 

( Voy. Villaret, xiv , 281. ) 

Il paraît qu'il en avait aussi reçu de l'Espagne. ( Voy 
Serry , 370. ) 



NOTES DE JEANNE d'aRC. l^'J * 

Note "^°), p. 38. A assiéger Crevant (^ ou Craifant') Bataille 

T^' > I Ml ^7 . / Ti de Crevant 

(Foj. , quanta cette bataille , (Jiartier , 4; Berry , 

370 ; Histoire de la Puce/le, 4B3 ; Chronique mss. , 555 , 
et sur-tout Monsirelei , t. 2 , f. 7. ) 

Elle se donna le 3i juillet. ( Voy. D. Plancher, Hist. 
de Bourgogne, t. 4? p- 74 ^t 75 ; Monstrelet dit au com- 
mencement de ce mois. ) 

Note 'Cobis)^ p 33^ Trois mille Français sont tués ou 
pris 

C'est Tévaluation la plus commune. (^Voy. Chronique 
de France, 33o ; Chartier , l^\ Hist. de la Punelle, 483; 
Vlllaret, xiv, 283. ) 

Berry^ 370 , dit huit cents à mille ; les registres du 
parlement ( dans Vlllaret, ib. ) , plus de trois mille tués ; 
le Journal de Paris, p. 94, six mille cinq cents tués, pris 
ou noyés; Claude de Chasiellux, gouverneur de Crevant , 
quatre à cinq mille morts, pris et emmienés. — Voy. 
deux Actes du 6 août i4i3 ( six jours après la bataille) , 
dans Lebœuf , Hist. du Dioc. d'Auxerre, t. 2 , preuves, 
n»^- 383 et 384, p. 3i5. ) 

La perte de la bataille entraîna celle de Mâcon, dont 
les Français s'étaient récemment emparés. ( Voy. Vll- 
laret , xiv, 281, 284.) 

Note '^'), p. 38. De resserrer les nœuds.... en épousant 
sa sœur 

Traité du 17 avril i423. ( Voy. Monstrelet, t. 2, f . 4 ; 
Dutillet, Rec. des Traités, p. 343.) KUe fut demandée 
au mois de février 1422 , fiancée au mois de mai 1428, 
et mariée au mois d'octobre , selon l'état des officiers^ 
p. 209, note ^). 



i48 

Bataille de NoTE »^^), p. 89. A la Graveîle 

la Gravelle. 

L^ Abrégé Chronologique, p. $28, et Monsirelet^ t. 2.^ 

£ 4î placent cette bataille vers la fin de 14.22, et par 

conséquent avant- celle de Crevant. — Cliartier, p. 4 

à 6; Berry, p. Syo ; V Histoire de la Pucelle , p. 4^3; 

lu Chronique de France , f. 33o ; et Dom Plancher , t. 4 ? 

p. 78, la placent après celle de Crevant. ISlous avons 

suivi cette opinion. Chartier et l'historien de la Pucelle 

paraissent baeucoup mieux instruits que les autres des 

détails de l'action, et Berry dit positivement qu'elle 

eut lieu après celle de Crevant. 

iV^ B. La Gravelle est près de Laval. ( Yoy. Cliar- 
tier, p. 6.) 

Idem de la NoTE »63)^ p. 36. J la Bussière 

Busslère. 

( Voy. Chronique de France , f. 33o ; Berry , 870 ; 

Histoire de la Pucelle^ 486 ; Histoire Chronologique, 328.) 
Elle se donna après la bataille de Crevant. ( Yoy. JDom 
Plancher (il dit le 27 août), iv, 77 et 78; Etat des Offi- 
ciers, p. 201 , 202 , 2i3 , aux Notes. ) * 

Note '^^), p. 39. Une armée... fournie par... les Ecos- 
sais... 

( Voy. Berry, 870 ; Villaret, xiv , 291. ) 

ï4a4- Note *^^), p. 39. Envoyé par le duc de Milan 



eau- 



* Selon quelques-uns de ces auteurs , la Bussière est en B 
jolais ; selon d'autres , en Maçonnais. Nous avons suivi ce 
dernier sentiment dans notre 2« carte. Au reste la mt'prise des 
premiers est peu étonnante , parce que la Bussière est près tV^ 
la frontière du Beaujolais 



ÎÎOTES DE JEANISE d'aRC. i49 

Six cents lances et mille hommes de pied. (^oy. 
Bcrry , 870. ) 

Ce duc était Philippe-Marie Visconti , frère de Ya- 
lentine, morte en 1408, quatre mois après l'assassinat 
de son époux, Louis, duc d'Orléans... Il fut toujours 
attaché à Charles VIL 

KoTE '66)^ p. 3g, Dix-huit mille hommes 

Hume, vj , 14.6 (d'après Monstrelet, t. 2, p. i/j. , 
et Grafton ) , dit i4.,ooo hommes, dont la moitié 
étaient Ecossais. Même nombre dans Daniel, vij , 17. 
Yillaret , xiv , 297 , le porte à 20,000 hommes. Le 
Journal de Paris, p. 99 , et Monstrelet , t. 2 , f. i3, en 
comptent 18,000. 

Note '^7), p. 39. ylu milieu.... d'août.... Bafaille 

Le jeudi 17. Monstrelet , t. 2 , f. i4 , et Thomassin , de Yerneulî 
f. 91. — La Chronique de France , f. 33 1 , et Daniel, 
vij , 18 , disent le 16; et Hume, vj , i48, le 25 (peut- 
être est-ce une faute d'impression ). 

Note ^^^\ p. 39. La supériorité des généraux ennemis... 
Il faut ajouter l'imprudence et l'indiscipline des 
Français. ( Voy. Hume ^ vj , 149; Beriy , 3jo. ) 

Note '^9), p. 89. Les Français... furent défaits... 

( Voy., sur la bataille de Verneuil, Chariier, p. 9 ; 
Berry , 170 ; Histoire delà Pucelle, 487 ; Journal de Paris ^ 
97; Hume, vj , iSo; Daniel, vij, 18; Monstrelet, t. 2, 
f 1 3 à 1 5 ; Villarel , xiv , 296 ; Chronique de France , 
â3i. 

Quant au nombre des morts , Hume n'en compte 



l5o TîOTES DE JEAN15E d'aRC. 

que 4ooo; Berry , 45oo-- ; ^^ Journal de Paris les porte 
jusqu'à 9000. 

!NoTE '7°), p. 4-0. Furent les suites... de la vicloire... 
( Voy. Berry ^ «^yS ; Histoire de la Pucelle , 4-^^ » 
Monstrelet, t. 2, f. i5j 17, 22, etc. ) 

Diversions. NoTE '7'), p. 40. Jacqueline de Hainaui... 

Ou Jacqueline de Bavière, veuve du dauphin Jean j 
et épouse du duc de Brabant, cousin germain de Phi- 
lippe. ( Voy. , à ce sujet, ainsi que sur ce différend, 
Si. Rémi, 128, i52; Monslrelet, t. i , f. 286, 255, 263, 
3oo; t. 2 , 17 à 21 , 28 à 29, 36; Daniel, vij , 22; 
Lussan, ix , 221 à 281 ; Villaret, xlv , 128, 3o3 , 3i8 , 
388; SmoUett, vilj , 35 et suiv. ; Dutlllet, Piecueil des 
Traités , 34-5. ) 

Jean de Bourgogne, due de Brabant, était fils d'An- 
toine, second fds de Phillppe-le-llardl ; une grand'- 
tante maternelle d'Antoine lui avait laissé, en i4-o6, 
les duchés de Brabant et de Limbourg. A la mort de 
Jean , en 14^7 , ils passèrent à son frère Philippe , et 
après celui-ci, en i43o, à Phlllppe-le-Bon , leur 
cousin. ( Voy. Anselme, Généalogies , t. i , p. 248. ) 

Note ^7=), p. 40. La ruine de la France... 

Tous les auteurs conviennent que sans cette diver- 
sion Charles VII était perdu. (Voy., entr'aulres , 
Hume, vj , i5o ; Smolleit, liv, 4? ch. 4? t. 8, p. 85 ; 
Daniel, vij, 22; Rapin-Thoyras , iv, 206 et 5 14.) 

Note '73), p. 40. Qu'au bout de quatre ans... 

Par le traité de Delft, fait le 3 juillet 1428, entre 



NOTES DE JEANNE d'aRC. i5i 

Philippe et Jacqueline. (Voyez-le dans Dumont, t. 2, 
pan. 2 , p. 2 18. ) Il paraît que Yillaret , xiv , 338 , ne 
le connaissait pas, puisqu'il hésite sur l'époque de la 
fm de cette guerre. 

Dans l'art. 3 de ce traité, Philippe est nommé héri- 
tier, et dès cet instant gouverneur des biens de Jac- 
queline, c'est-à-dire du Hainaut, de la Hollande, de 
la Zélande et de la Frise. 

La même année (14.28) il avait acheté les comiés 
de Namur et de Zuphten. ( \oy. Anselme^ t. i , p. 24.0.) 
Qu'on juge maintenant combien un tel ennemi devait 
être redoutable pour Charles VII ! 

jSote '74)^ p. /^_l, L'é^cf]ue de JVlnchcsier... 

Il était grand -oncle du roi, et chargé de sa per- 
sonne et de son éducation 11 avait des différends 

continuels avec Glocester. ( Voy. Hume, vj , i33, i56.) 

Note 'T^), p. 4.1. Il fui obligé de passer dans cette ile... 

Hume, vj , i56 à 160 , et Daniel , vij , 28, fixent le 
départ de Bedfort à l'année i425 , et son retour (après 
wn séjour de huit mois) à l'année suivante. C'est qu'ils 
ont uniquement suivi la relation de Monslrelet, t. i* , 
f. 27 à 29. Mais l'histoire de Monslrelet, depuis i4.23 
jusqu'à 1428, fourmille d'erreurs de dates : beaucoup 
d'événemens y sont confondus. Par exemple, il dit, 
sous la date de 1427 , f. 35 , que Fvichemont avait été 
tout noiu^ellemcnt fait connétable, tandis que cette pro- 
motion est antérieure de trois ans. ( Voy. ci -après 
notes 176, 188, T8g. ) Au surplus, le Journal de Puris , 
p. 108, fixe positivement le retour de Bedfort au sa- 
medi 5 avril 1427, après une absence de seize mois, 



NOTES DE JEÂÎSNE d'aRC. 



ce qui fait remonter son départ, au plutôt, au mois de 
novembre i425. ^ 



1/(2 



'4-^- Note 'yC), p. 4.1. On en acquit un dans... Richemont... 

de la cour -^'^ "^^^^ i^^l^- ( Voy. Histoire de Richemont^ 74.8; 

de Charles, VîUaret, xiv , Si^.. ) Daniel, vij , 3o , recule mal à 

propos cette nomination d'une année. Dutillet, Recueil 

des Rois , p. 397, en cite les lettres, qui sont du 7 mars, 

d'après les registres du parlement de Poitiers. 



* Nous avons depuis fait beaucoup de recherches pour 
ëclaircir ce point important d histoire. Nous avons entr'autres 
ve'rifié avec soin toutes les lettres-patentes insérées au Trésor des 
Chartres, reg. 173, années i425, 1426 et 14^7 La dernière qui 
se soit donnée à Paris, à la relation du duc de Bedfort, est du 
3o novembre i4'^5 {iâid. , n» 376). Depuis cette époque jus- 
qu'au 8 avril 1426, avant Pâques (c'est-à-dire jusqu'au 
8 avril 1427 , selon notre manière artuclle de compter ) , elles 
sont toutes à la simple relation du conseil, et l'on en trouve 
plusieurs données pendant cet intervalle en Angleterre , à la 
relaiion du duc de Bedforl , savxîir : 20 décembre il^iS , à 
Sandwich ( n" 4^2 ) ; 9 mars il\25, à Worcester ( n» 4^^ ) » 
12 id. , à Leicesler ( n" 636) ; 29 août 1426, à Sulbruck 
(nos ^80 et ^8, ) 5 5 décembre 142^ , à Westminster (n^ 63i). 
Voici les premières qui sont cjjsuite données à Paris, à la mêine 
relation : 8 , 11 et 12 avril 1420, avant Pâques, n°^ 628, 63o , 
632, 647, 634,645. 

Tout ceci confirme l'assertion du journaliste de Paris. Il 
en résulte en effet que Bedfort partit de Paris un des premiers 
jours de décembre i425 ( selon notre manière de compter ) , 
et qu'il y fut de retour un des premiers jours d'avril 1427. Ainsi 
son absence dura seize mois. 

N. B. Yiliarel , xiv , 344 > p'ace liien le retour de Bedfort à l'an i437 , mais il 
commet la même faute qn'Humc et Daniel en restreignant son absence à huit mois- 



NOTES DE JEAîsNE D ARC. 100 

Note '77), p. 4-i- Contre le duc de Bretagne... au meurtre 
du duc de Bourgogne... 

( Voy. Villaret, xiv, 3ii; Griffe t, Obseroaiions sur 
Daniel, vij , 34-1 et suiv. ; Du tille t , Recueil des Traités, 
344 9 357. (Traité du 7 octobre 14.^5. ) 

C'est que Richemont était gendre du duc de Bour- 
gogne ( Jean ). ( Voy. Histoire de Richemont, 746 , 747-) 

Note '78), p. 42. A poignarder un de ses adversaires... 
Le dauphin d'Auvergne... tué par Duchâtel. (Voy. 
Villaret , xiv, 3i5.) 

Note '79), p. 42. Tanneguy Duchâtel.. 

(Voy., sur tout cela, Histoire de la Pucelle , 4^9' 
Villaret, xiv, 3i4; Chronique de France., 332; et sur- 
tout Histoire de Richemont ., 748.) 

Le fameux président Louvet voulut, en se retlrauf , 
conserver de Finfluence, ou plutôt s'assurer que Ton 
continuerait à commettre les désordres auxquels il ne 
pouvait plus participer. Il laissa à la cour Giac , qui 
était une de ses créatures, et conseilla à Charles de le 
prendre pour favori. Ce Louvet était parvenu à' un tel 
degré de puissance, que le comte de Dunois* n'avait 
pas dédaigné de devenir son gendre. ( Voy. Daniel , 
vij , 3i; Villaret, xiv, 3 16.) 



* Ce héros e'taitne' en i4o2 , la même année que Charles YW , 
de Louis, duc crOrle'ans( Voy. ci-devant p. lo) , et de la dame 
de Cany. Le double adultère auquel il devait le jour ne lui 
avait point nui. Lu duchesse d'Orléans ( Valentine de Milan ) 
regrettait même de n'être pas sa mère : il lui avait été emôlé 
(dérobé), disait-elle. (Voy. Villaret^ xij, 35;, xlij , 71.) 



l54 NOTES DE JEANî^E D'aRC. 

Note -s»), p. 42. Vingt mille hommes... 
( Yoy. Chartier , 11; Villaret, xiv , 82 o.) 

Note «S.)^ p. ^2. y^w commencement de 14.26... 
Ou vers la fin de i425. (Voy. Histoire de Richemont, 
749. — Mais voy. ci-dessous note i83.) 

1426. Note '^-\ p. 43. Aidé d'un ministre breton... 

Le cliancelier de Bretagne. ( Voy. Histoire de Riche- 
mont, 749*1 Daniel, vij , 33 ; Villaret , xiv, 32 1. ) 

En novembre i425, Charles VII avait obtenu du 
clergé de Languedoc denoa dixièmes, et des communes 
une aide de 25o mille livres pour la guerre , outre 
12 mille livres pour en faire son plaisir. Giac , abusant 
de son crédit, tourna presqu' entièrement cette aide il son 
profit. ( Voy. D. Vaissette, iv , 467. ) 

Note '«3), p. 43. Il est battu... 

( Voy. Monstrelet, t. 2 , f. 35 ; Daniel, vij , 33 ; Vil- 
'' laret, xiv, 32 2; Histoire de Richemont, J^^', Ancienne 
Chronique ( elle fixe à 1426 cette action), notice des 
manuscrits , ij , 3o8. ) 

Note '^^\ p. 43. Giac redoubla... il fallut un crime... 
( Voy. Histoire de la Pucdle , 492 ; Histoire de Riche- 
7nont , 750; Daniel, vij, 35; Chronique de France , d)3'5. 

Note '^^), p. 43. D'un assassin... 

( Voy. , sur tout ce qui précède, dans le texte , Char- 
tier, i3 ; Berry, 074 ; Histoire de la Pucelle , 492 , 4-9^ ; 
Histoire de Richemont, 75o ; Hé/iaut , ans 1426, 1427» 
Chronique de France, 333. 



NOTES DE JEANNE D ARC. \JJ 

Note '^), p. 4-3. Des Historiens,.. 
( Voy. Villaret, xiv , 328. ) 

JNoTE '^7), p. 4.4- Vous vous en repentirez.... 

( y oy. Histoire de Richemont , jSa ; Villaret, xiv, 328.) 

Note 'S^), p. 44- Paralysèrent... et empêchèrent de se- 
courir plusieurs places... 

Il faut néanmoins excepter Montargis, que Warwick 
etSuffolck assiégeaient, et que Dunois secourut: chi 
moins il paraît que c'est à-peu-près dans ce tems que 
se fit cette expédition. (Voy. Histoire de la Pucelle, 4-94 i 
Berry, 874 ; Villarel., xiv , SSq ; Daniel, vij , 38 ; Chro- 
nique de France, 333.) 

Hume , vj , 160 , d'après Monstrelet , t. 2 , f. 02 , la 
place vers Tannée i425. Mais voyez noie lyS, ci-dev. 
p. i5i, et ci-dessous, note 189. 

Les Français surprirent aussi le Mans vers la même 
époque ; mais Talbot et Suffolck les en chassèrent et 
s'emparèrent ensuite de Laval. ( Voy. Villaret, xiv, 344-) 

Note ^h), p, 4-5- Et forcer le duc ii renoncer à notre 
alliance... 

Hume, vj , 161... Le récit de cette expédition est 
placé à la dernière page où il traite de l'année 1426; 
et, tout de suite, p. 162 , il passe à Tannée 14.28, sans 
rien rapporter de 1427. (Voy., ci-devant, note lyS, 
page i5i. ) Mais ce qui ôte toute incertitude sur le 
tems de l'expédition de Bedfort, et montre Terreur de 
Hume, c'est une lettre du 8 septembYe 1427, contenue 
au Trésor des Chartres ( Mélanges, v. 3 , n. 90 , p. 4o3 ) , 
où le duc de Bretagne déclare renoncer à toute alliance 



l56 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

au préjudice de Henri, et promet de lui obéir ainsi 
qu'au régent, duc de Bedfort, etc. (Elle est citée avec 
les sermens des villes , etc. , de Bretagne, dans Dutillet, 
Recueil des Traites , SSg à 36i. ) Le roi de Navarre fit, 
le i6 du même mois, un semblable serment pour le 
duché de Nemours. — Dutillet, iL, 34-5 , 862. 

Note '9«), p. 4.5. Cette guerre rioiie... 
( Voy. Eerry , 87 5 ; Histoire de la Piieelle, 4-97 '■> His- 
toire de Richemont , 754-; Villaret, xiv, 348.) 

1428, Note '90, p, 4-5. La campagne... de 1^28, tout-à-fait 
décisive.^. j 

Hume, vj , 161, 162, à l'occasion du siège d'Or- 
léans , dit que Bedfort résolut de tenter une entreprise 
qui, si elle réussissait comme il l'espérait, emporterait 
la balance... et préparerait les voies à l'entier assujétis- 
sement de la France. 

Etat des Note *î)=*>, p. 4-9- Un coup-d'œil sur la carte... 

^ (Voy. VâiXd^s àt Rizzi Zannoni , 18^ carte.) 

Note 'O^)^ p. 8G. Vingt-cinq à trente provinces... 

Savoir, les départemens dont les noms suivent (en 
remontant du midi au nord) : Aude, Haute-Garonne, 
Hérault, Gard, Lozère, Ardèche , Cantal, Haute- 
Loire, Isère, Rhône, Loire, Puy-de-Dôme, Al- 
lier, Vendée, Deux- Sèvres , Vienne , Indre, Indre- 
et-Loire, Cher, Loir-et-Cher, Creuse, Loiret, 
Nièvre, Yonne,.-. et des portions d'autres départemens: 
par exemple, du Tarn, de la Drôme , de Maine-eL-^ 
Loire, de la Haute-Vienne, delà Meuse, etc. 



NOTES DE JEANNE d'aRC. iSj 

Note *94), p. 4-6. Qu'à réunir sept mille guerriers... 
C'est à ce nombre que Villaret, xiv , 363, évalue 
l'armée de Charles YII, même en y comprenant la gar- 
nison d'Orléans. 

Charles V, dans de semblables circonstances, c'est- 
à-dire en montant sur le trône , avait eu de la peine à 
former un corps de douze cents combattans. ( Voy, 
Villaret, x, 365.) 

JXoTE '9^), p. 47' Les six premières années... 

Ainsi, depuis l'avènement de Charles VI jusqu'au 
siège d'Orléans, on peut compter environ quarante- 
huit années de pillages ou de troubles , et vingt-trois 
années de guerres, à quelques légères interruptions 
près. 

Note *9^), p. l^.']. La paix... nous le verrons ailleurs. .> 
( Voy. ce que nous disons au texte , p. 84.) 

Note '97), p. 4"^. Un historien demande... 
( Yoy. Villaret, xv , i3 et 14. ) 

Note «98), p. 48. Voilà une explication bien impar- 
faite... 

Cela n'est point surprenant : à l'époque où Villaret 
publiait son ouvrage , les véritables principes de l'éco- 
nomie politique étaient bien peu connus en France. 

Note '99), p. 48. Observons que les Anglais exportaient... 

On le conçoit facilement, et beaucoup de passages 
de nos anciens historiens en offrent la preuve. Il suffira 
de citer celui-ci : « Le 18 août 1427, ce parly de Paria 



i58 

» le régent qui toujours enrichissait son pays d'aucune 
3> chose de ce royaulme , et si n'y rapportait rien que 
.'> une taille quant il revenait. » Joiirn. de Paris ^ m. 

Note ^°o), p. 4-8. Qui les fournissaient d'objets de 
luxe 

Une foule d'autres passages de nos historiens prou- 
vent également le faste de ces enrichis. ( Voy. en- 
tr'autres Vîllaret, xij , Sy , xiij , 86. ) 

Note =«'), p, 49- -^^-^ expéditions de Naples... du Mi- 
lanez... de Gênes... 

Il y eut, sous Charles VI , plusieurs expéditions 
lointaines faites soit par ses ordres, soit pour le compte 
de quelques maisons, telles que celles d'Anjou et d'Ar- 
magnac, et notamment les suivantes : 

1082, Naples ( Voy. ci-dev. noie 21 ^ pag. 112.) 

i383, Barbarie... (Voy. .hwenal, Si.) 

i384., Ecosse... {\oy. Laboureur, 102; Juoenal^ 58.) 
i388, Gueldres... (Yoy. ci-dev. noie 22 , p. ii3.) 

iSgo , Barbarie... { \ oy. Juoenal , 99.) — 1891 et 
1895, Milanez... (^Yoy. Laboureur, 2o5 ; Juçenal, io5.) 

1396 et 1899, lurquie ou Hongrie... (^\oy. Labou- 
reur , 333, 4-07 ; Jm^enal., 1^3. ) 

1399, Naples... (Voy. Laboureur, /j25.) — 1402, 
Constantinople... (Voy. Laboureur, /j.55.) 

i4-i5 et 14.16, Italie... (Voy. Monstrelet, t. i , f. 227, 
236.) 

Note 2°=), p. 4-9- La pacification de la Flandre.... 
(\oy. ci-devant le texte ^ page 4o ? ^t la «o/e 173, 
p. j5o. 



1% 

Note ^°* ^'^). Trésors que pour ses favoris et ses maî- 
tresses... 

Bedfort se conduisait bien différemment. On trouve 
au Trésor des Chartres une foule de dons de rentes , 
terres , seigneuries , etc. , faits aux généraux des alliés , 
tels que TV^arvick (registre ijS , n<» 220; reg. ly^? 
nos i3S^ 196), Salishury (reg. 178, n" 64-5), Taîbot 
(reg. 174., n° i5o; reg. I75,n°3i7), Fastolf {re^. 
172, n» 34-5; reg. 176, n»" 2o3, 287), Arundel (reg. 
175, nos 365, 366), Suffolck (reg. 172, n" 571), 
Luxembourg ( reg. 172, n» 90; reg. 173, n^^ 646, 
686 ) 

Il est vrai i" que ces dons ne coûtaient pas beau- 
coup , puisqu'il s'agissait de confiscations sur les par- 
tisans de Charles; 2° que Bedfort ne s'oubliait pas 
lui-même dans ses largesses. ( Voy. reg. 172 , n°s 4.87, 
5i8; reg, 178, n» 319; reg. 174, n° 33o ; reg. lyô, 
n" 69. ) 

f 

Note =0^) , p. 5o. // combinait., l'ordonnance d'une 
fêle.... , 

Tout le monde sait qu'au lieu de répondre à Lahire , 
chargé de lui communiquer des affaires de la dernière 
importance , il lui montra ses préparatifs de fête ; et la 
réponse de ce vaillant guerrier n'est pas moins connue. 
(Voy. Encyclopédie , dict. d'Hist, mot Fignoles, \illa- 
ret, xiv, 35g; Hénaut , an 1457. ) 

N. B. Richer (manuscrit indiqué ci-dev. note 1"^% 
n» 28, p. 107) rapporte aussi cette anecdote d'après 
Egnalius et le chancelier de LhôpltaL.. 11 en fixe la date 
au milieu du siège d'Orléans. 



iGo KOTES DE JEAÎS^NE d'aRC. 

Note ^f^^), p. 5o. Fermer les portes des villes.... 
(Voy, Histoire de Richemont ^ 7^3.) 

Note ^°^), p. 5o. Même rapacité.... 

( Voy. Histoire de la Pucelle , ^^2. ) Sur les plaintes 
des Etats tle Chinon (voy. ci-ap. note 24.1, p. 176) rela- 
tivement aux abus des finances , tous les changeurs furent 
cassés vers novembre 14.28. (Voy. D. Faissette ., t. 4 7 
p. 47^. — Voy, aussi ci-devant note i54-, p. i45) 

1428. Note ^"6), p. 5i. Ju mois de juillet.... 

juillei. Suivant Monstrekt, t. 2 , f. 87 , Salisbury passa la 

mer après la Saint-Jean. 

Expédillon J^OTE ^°7), p. 5i. De toute la partie... située au nord... 

de .j, 

l'Orléanais. «" midi... 

( Yoy.Chartier, 18, 19; Histoire Chronologique , 33 1 ; 
Berry, 376 ; Histoire de la Pucelle., 4-99 ? 5 00; Monstrelet , 
t. 2 , f. 37 et 38; Hume ., vj , 162 ; Chroni(/ue de France, 
334- — Ces auteurs nomment enlr'autres, au nord , No- 
gent-le-Roi, Nogent-le-Rotrou, Jenville, Mehun-sur- 
Loire, Beaugenci , Marchenoir, Chartres, Rambouil- 
let, Rochefort, Pétbivier, Puiset, Châteauneuf;* et au 
midi, Gergeau, Sully, La Ferté-Hubert.Toutes les villes 
sur la Loire, jusqu'à Blois, et toutes celles de la Beauce, 
excepté Chàleaudun , étaient anglaises, dit Chartier. 

Note ^"S), p. 5i. Le bouleçart presqu unique... 

( Voy. Hume, vj , 162. ) 

Une partie des garnisons des villes, indiquées à la 

* Ajoutez à ces villes, qui sont ci-après sur la 2^ carte , Thou- 
ry (à 1 lieue E. de Jenville) et Montpipeau (à a lieues N. clf 
^lehun-sur-Lolre) , que nou» n'avons pu y placer. 



NOTES DE JEAÎvNE d'aRC. ibl 

note 2Ô7, açait pris le party des Anglais. — Chronique de 
France, 334- 



Noté -°î)), p. 5i. La moitié de l'armée... i^aS. 

( Voy. Villaret, xiv , 363. ) 

Le 25 octobre on conduisit à Orléans un renfort 
d'un millier d'hommes; le 5 janvier, 200; le 7 fé- 
vrier, environ i4oo; etc. (Voy. Tripaut^ 8, 20, 34, 
35.) 

TSOTE ='°), p. 5i. Fresque tous les capitaines français... Si«ge 

Dès le commencement du siège , il y avait Xain- " Orkaii> 

trailles et son frère, Guitry, \iUars, Lacbapelie 

GaiiCourt était gouverneur de la place ; mais dans le 
principe il ne dut guère être utile, parce qu'il se démit. 
le bras, le 21 octobre, en courant donner des ordres 
pour la défense des tournelles 

Le 20 octobre , ils furent joints par Dunois, Sainte- 
Sévère , Beuil , Cbabanes, Cbaumont , Labire 

( Yoy. Tripaut, 4 7 ^ ■> ^) 
• . 

Note ^"), p. 52. Par le fort et.., le boulei^art des tour- 
nelles... 

Le fort était placé à l'extrémité du pont; mais il était 
séparé de la rive gauche par un ravelln environne 
d'eau qu'on passait au moyen d'un petit pont. ( Voy. 
Polluche, note 117, p. i47 ; Expil'y ., 35 1.) 

Les Orléanais, voulant couvrir le fort, construisi- 
rent un boulevart sur cette même rive... 11 était fermé 
de tous côtés afin d'être en état de défense, même pen- 
dant les basses eaux ; mais il n'était pas entièrement 

î I 



l62 NOTES DE JEANTs^E D'aRC. 

achevé lorsque les Anglais arrivèrent. ( Voy. Histoire 
de la Pacelle^ p. Soi ; Tripaut^ 6. ) 

Villaret désigne ces fort et boulevart par le nom de 
tourelles ; nous avons préféré celui de toiirnelles , dont 
se servent les anciens auteurs. (Voy. aussi Po Huche , 
ibid. ; Expilly, 35 1.) * 

Note ^»^>, p. 52. Un des premiers Jours d'ocft^bt-e... 

Le 2 , elle attaqua , et le 5 , elle prit Gergeau , en- 
suite Chateauneuf. ( Voy. Histoire de la Pucelle, 5oo ; 
Chroni(]ue de France , 334- ) 

Note ^'^), p. 52. Salisbury la commandait... 

(Yoy. Hume^ vj, 162.) Il y fait l'éloge de Salisbury, 
qui venait d'amener à Bedfort un renfort de six mille 
hommes. 11 dit, p. 164, que Salisbury n'avait que dix 
mille hommes : il ajoute bientôt ( d. p. 164.) que Suf- 
folck , qui prit le commandement après la mort de 
Salisbury , fut renforcé par un grand nombre d'An- 
glais et Bourguignons. Yillaret, xiv , 362, Rapin- 
Thoyras, iv , 232, et SmoUett , viij , 61, évaluent à 
vingt-trois mille hommes l'armée anglaise après qu'elle 
eut reçu tous ses renforts. 

( Voy. encore Chariier , 18; Monstrelet, t. 2, f 38, 
39; Tripaut, 2 , 12, 16; Histoire de la Pucelle., 5oo , 
5o3 ; Daniel ^ vij , 4-^. ) 

Tous les historiens du tems donnent aussi de grands 
éloges à Salisbury : il fut blessé à mort, le 24 octobre 

* 11^^^ On comprendra mieux cette note et la plupart des 
suivantes en consultant la carte visueUe (ou i^* carié; ) qui 
est ci aprèwS à la fin de l'ouvrage. 



NOTES DE JEANNE D ARC. IOj 

soit", d'un coup de canon. Placé dans Tembrasure 
d'une des fenêtres des tournelles , il observait TassieLte 
d'Orléans ; il mourut trois jours après. ( Voy. Tripaut , 
7 et 9 ; Chartier ^ 19; Histoire de la Pur.elU ^ 5o2 ^ 
Moiistrelet^ t. 2 , f. 38 ; Smollelt^ viij , 62 ; Chronique de 
France^ 335. 

Note ^"^), p. 52. Un gros détachement... 

C'est celui qui venait de prendre Gergeau.... Dès 
le 8 septembre l'armée avait reconnu la place d'Orléans 
sur la rive droite ; mais elle s'était ensuite divisée pour 
attaquer les villes voisines. (Voy. Histoire de la Purelie, 
5oo 5 Chronique de France , 334- ) 

Note ='^), p. 52. Le 12 , s approche de la ville... 

C'est-à-dire des faubourgs de la rive gauche, connus 
sous le nom de Portereau , et qui n'étaient pas fermes 
de murs. ( Voy. Tripaut ., 2 ; Histoire de la Pitcelle, 5 00 : 
Expilly , 352 ; Chronique de France, 334- ) 

Note ^•^), p. 52. Les faubourgs... on les emlrase».. 

On en avait commencé la démolition. Surpris par 
l'arrivée des Anglais , les Orléanais y mirent le feu. 
( Voy. Histoire de la Pucelle ., 5oi ; Tripaut, 2. ) 

Pendant les mois de novembre et décembre - les 
Orléanais démolirent aussi ou brûlèrent les faubourgs 
et églises ou couvens ( on en compte vingt-une ) de la 
rive droite , * toujours pour empêcher les Anglais de 
s'y loger. (Voy. Tripaut., 10, i5 ; Histoire de la Pucelle ^ 

* Voyez-en la liste aux observations sur la carte vliuelie ou 
!«■« carte, § 4 



i64 

5o4.; Expilly ^ 334- et siiiv. — Voy. aussi Monstvéîet^ 
t. 2 , f. 28. ) 

NoTE^'?)^ p. 53. Les Anglais construisent une for- 
teresse... 

Ils rétablirent au couvent et dans l'église des Augus- 
tins , dont la démolition n'était pas achevée. Ce fut 
leur première bastille. ÇV oy. Histoire delà Pucelle., Soi ; 
Daniel., vij , 4-^; Chronique de France , 334. ) 

Ils formèrent aussi des batteries qui lançaient des 
pierres dont quelques-unes pesaient jusqu'à i5o livres. 
( Voy. Tripaut^ p' 3 ; Histoire de la Pucelle , 5 01.) 

Leur premier soin fut de les employer à détruire 
tous les moulins qu'Orléans avait sur la Loire ; mais 
les assiégés y suppléèrent par des moulins à chevaux. 
( Voy. Tripaut , 3. ) 

Note =*S), p. 53. Le 21... hommes^ femmes^ vieillards^ 
enfans... 

« Les femmes ne cessaient de porter très-diligem- 
» ment à ceux qui défendaient le boulevart plusieurs 
» choses nécessaires, comme eaux , huiles et graisses 
j> bouillans, chaux, cendres, chausse-trapes. » (Voy. 
Tripaut^ p. 5; Histoire de la Pucelle^ 5oi.) — Ainsi 
que des vivres et rafraîchissemens.... quelques - unes 
même combattirent sur le parapet, à coups de lances. 
(Voy. idem, p. 5oi; Daniel., vij, 4^- — Voy. aussi 
Chronique de France, 335. ) 

Note ''•s), p. 53. Les assiégcans s'attachent à leur mine ^ 

et le 23 les Orléanais sont obligés de brûler le boulevart..^.. 

Il n'était plus retenu que par des étais auxquels il 



suffisait de mettre le feu « pour faire fondre iceluy bou- 
levart. » ( Voy. Histoire de la Pucelle , 5oi ; Tripaut, 6 ; 
Daniel, vij , l^'j. — Voy. aussi Chronique de France , 335.) 

Note =^°), p. 53. On l'emporte le lendemain... 

Le 24 octobre , il était déjà en partie ruiné par l'ar- 
tillerie , et il y avait « peu de gens de faict , la plupart 
a ayant été blessés à Tassaut du boulevart. » ( Voy. 
Histoire de la Pucelle , 5oi; Tripaut^ 6. ) 

ISoTE ''''*), p. 53. Hs ( les assiégés ) y avaient suppléé 
en rompant deux arches.... construisant sur la suivante un 
houlevart.... 

Dès le 22 octobre.... Tripaut, 6, àxtune arche, et 
l'Histoire delà Pucelle, aucunes arches; ce qui n'est point 
contradictoire , parce que l'on put rompre d'autres 

arcbes après le 22 Le boulevart fut établi sur une 

pile au lieu appelé la Belle-Croix. ( Voy. Tripaut, ib. ; 
Po Huche j i4-7'î Expilly, 352.) 

Note ===), p. 53. Ils (les Anglais ) réparent les tour- 
nelles... les couvrent par un boulevart... rompent une arche... 

( Voy. Histoire de la Pucelle ^ 5oi , 5o2 ; Tripaut., 6 et 
7 , qui dit deux arches. 

Ce boulevart était très-fort , et « tenable contre toute 
» puissance. » ( Voy. Histoire de la Pucelle , 5o2 ; Tri-^ 
paut, 7. ) 

Note -=^), p. 53. Avec douze grosses bastilles... Basîiiles 

T 1 • • " • 1- ' anglaises 

Les historiens modernes se sont singulièrement trom- a„ ^\^^^. 

pés sur cette espèce de circonvallation. Hume, vj , i65, ^ Oricans.. 

parle vaguement de redoutes , construites de distance 



en distance , et de retranchemens par lesquels Suffolck 
voulait les lier au printems... Selon Smollett, viij , 60 , 
on construisit seize petits forts ou redoutes , dont six 
plus considérables que les autres, pour commander aux 
principales avenues... Daniel , vij , ^9 •> dit qu'on éleva 
de distance en distance un grand nombre de bastilles 
ou redoutes ; qu'il y en avait trois principales : une à 
la porte de Saint - Privé , appelée Paris; la 2^ aux 
Douze-Pairs, appelée Ijondres; la 3^ à un pressoir, ap- 
pelée Rouen... D'après Villaret, xiv, 362 , six grandes 
bastilles étaient placées aux principales avenues , et se 
communiquaient par soixante redoutes moins consi- 
dérables , édifiées dans les intervalles... Baudot , t. i , 
p. 29g, 3oo , compte cinquante -quatre forts et six 
bastilles : il place celle de Londres aux Augustins, et 
celles de Saint-Jean-Leblanc et de Saint-Ijoup en- 
semble auprès de la porte Bourgogne... Presque 
autant d'erreurs que de mots dans ces écrivains. 

1°. Dans tous les détails que nous donnent les té- 
moins oculaires sur les diverses attaques , soit des 
Français, soit des Anglais, il n'est jamais question de 
redoutes ; le seul Monstrelet , t. 2 , f. 4-2 , v», en parle , 
et les porte , il est vrai , « jusques au nombre de 
soixante. » Mais il n'était point au siège, dont il dé- 
clare positivement , f. 38 , v°, qu'il fait le récit d'après 
aucuns notables. "^ D'ailleurs, vu le peu d'étendue de 



* Ces notables ont fort mal renseigne' Monstrelet. II dit en- 
tr'autros que la Pucelle partit pour l'expédition de Gergeau 
le 4 lïiai ( ce n'est que le 1 1 juin , F. ci-dei>ant le texte ,p. 76 ), 
après la leve'e du sie'ge d'Orléans, qui précisément n'eut lieu 
que le b mai. 



,67 

îa place ( elle n'occupait guère que le tiers de sa su- 
perficie actuelle , voy. Polliiche, 36 ) , on ne conçoit 
pas où auraient pu être placées ces nombreuses re- 
cloutes , et Ton conçoit encore moins comment les 
assiégés auraient pu recevoir des secours. C^est mal à 
propos que Yillaret ( z'Z»/W. ) annonce que, plus d'une 
fois , les Gaucourt , Xaintrailles , Lahire , etc. , forcèrent 
les quartiers des assiégeans pour introduire des convois: 
nous ne voyons rien de semblable dans les auteurs con- 
temporains. Il paraît seulement, par le Journal de Trl- 
piiut (p. 25 , 28 , 29 , 33, 64., 76), que dans les derniers 
tems on se glissait dans la ville pendant la nuit ou à 
l'aube du jour. ( Yoy. aussi Char/ier , ly ; Monsirelet ^ 
t. 2 , f. 38. ) 

2°. Le nombre et les noms des bastilles ou bastides 
sont spécifiés de la manière la plus claire et la plus 
expresse par Thistorien de la Purelle , dont le témoi- 
gnage est confirmé indirectement par Tripaut et par 
la Chroniijue de Frafîce , qui , dans divers passages , 
indiquent presque toutes les bastilles désignées par 
r historien (sur treize, ils en nomment onze), et n'en 
indiquent aucune de noms différens."*^ (Voyez Tri- 
paut ,8, 16, 18 , 20 , 21 , 24. , 28 , 58, 59, 64, 797 
84. , etc. ; Chronùjue , f. 335 , 338 et 339.) 

<f Pour enclorre la cité , dit l'historieu , fermèrent 

« et fortifièrent plusieurs boulevards et bastides 

» C'est à savoir la bastide de Saint-Laurent , la bas- 
;> ticle du Colombier , la bnslide de la Croix-Eoissée, 
» la baslide qu'ils nommèrent Londres , au lieu des 

* Chartier, 16 et 20 324, et Berry , 3-6 et 877, rappellent 
aussi plusieurs des mêmes noms. 



68 



TvOTES BE JEATs^NE D ARC. 



j) douze Pierres (Pairs), la bastide (Aro) du Pressouer 
5) yirs ^ nommée Rouen, la bastide de Saint-Pouer 
i> (Pouoir), nommée Paris, la bastide de Saint- 
3) Loup ; et dedans la Loire au droit de Saint-Lau- 
3) rent , en Tisle Charlemaigne , une autre forte bas- 

» tide et ainsi appert que tant de la partie de 

55 Beau ce que comme de Souloigne , fut la ville en- 
» close de treize places fortifiées , -tant boulevards 
3j comme bastides... *j>(Voy,ïW.manus.B.R.n°. 10297, 
« f. 182, i33; et rec. de Godefroy, p. 5o3.) 

Pour entendre ce dernier passage , il faut observer 
qu'auparavant ( p. 5o2 de Godefroy ) Thistorien a 
indiqué les bastilles de la rive gauche ( partie de So- 
logne ) , c'est-à-dire , les tournelles, le boulevart de 
devant (les tournelles) , les Augustins , Saint -Privé 
et Saint-Jean Le Blanc , ou cinq bastilles ou boule- 
varts , et en y joignant celles de la rive droite ou de 
Fîle, en tout /mie bastilles. 

3°. On voit par la nomencltïure précédente que 
Daniel et Baudot se sont trompés et sur les noms et 
sur les positions des véritables bastilles. En voici l'or- 
dre , d'après le même passage ( Voy. d'ailleurs ci- 
après la carte visuelle à la fm de l'ouvrage) : 

Sur la rive gauche, d'occident en orient, en remon- 
tant la Loire , 1° Saint-Privé; 2° le fort des Tour- 
nelles ; 3° en avant de ce fort , le boulevart du même 
nom; 4° ^^ avant du boulevart , mais à ce qu'il pa- 
raît un peu du côté de l'orient , les Augustins ; 
5° Saint-Jean-le-Blanc, où les Anglais établirent un 

Les mots imprimés ci-dessus en italiques sont dans le ma- 
nuscrit ; Godefroy leur a substitue' ceux que nous avons placés 
entre des parenthèses, et a omis le dernier (forte). 



NOTES DE JEATslVE d'aRC. 169 

corps de troupes pour empêcher le passage du fleuve. 
( Tripaut, 84. ) 

Sur la rive droite , de l'orient au nord - ouest , et 
successivement de ce point au sud-ouest, en faisant 
le tour de la ville; 6° Saint-Loup, qui aurait dû être 
vis-à-vis de Saint -Jean -le -Blanc , mais qui était 
beaucoup plus éloigné de la ville; y^» à 11° * Saint- 
Pouaire ou Paris ; le Pressoir Ars ou Pxouen ; les 
Douze Pierres ou Londres ; la Croix Boissée ; le 
Colombier ; 12" Saint-Laurent. 

i3o. Enfin , dans l'île de Charlemagne, une der- 
nière bastille. Celle-ci était placée entre Saint- Lau- 
rent et Saint-Privé (du côté et au droit de Saint- 
Laurent.... au champ de Saint -Privé, au droit de 
l'autre... disent /'jff/6/. de la Pacelle ^ 5o3, et Tripaut^ ai), 
et les faisait communiquer au moyen d'un port par 
eau. ( \ oy. mêmes pages 5o3 <?^ 21. ) 

Note ='=^>, p. 53. Qu'ils tâchent de lier par un double 
rang de fossés.... 

( Voy. Char lier y 17; Tripaut , Sg. — ^'oy- ^ïussi 
Chronique de France ^ 335. ) 

Nous disons qu'ils tâchent , parce qu'il paraît que 
cette dernière fortification ne fut pas terminée.... Selon 
Chartier ( ibid. ) , les fossés doubles furent ouverts , 
depuis la bastille de Saint-Laurent jusqu'à celle de 
Londres , et commencés entre celle-ci et la bastille 
de Saint-Loup. Mais il n'annonce point , comme le 

* Voyez au sujet de ces cinq bastilles , dont l'Histoire de la Pu- 
celle ne donne pas l'ordre naturel, ci-après les obserçations sur 
la caris çisuelle , ou \^^ carte , § 2. 



170 KOTES DE JEANNE D'aRC. 

prétend Daniel, vij , 54-, que la circonvallation était 
achevée , et les bastilles jointes par les fossés. 

Note 225), p. 53. Un pont volant.... 
Le port dont nous avons parlé à la fm de la note 
223 , page 169. 

Note ^^^), p. 54.. Par des sorties multipliées et san- 
glantes.... 

Tripaut ., p. i3 à 32, en donne les détails... Mons- 
trelet^ t. 2 , f. 38, dit qu'il n'a point « su que^'les as- 
j> sièges aient fait dans leurs saillies grand dommage 
» aux assiégeans. » 

/ 
i4a8. Note ^^^t), p. 54.- A la fin âe janvier.... 

janvier. j^^^ fortifications de la rive droite ne furent com- 
mencées que le 29 décembre. Mais les Anglais, qui ve- 
naient de SG renforcer en hommes et munitions , y 
travaillèrent dès-lors avec beaucoup d'activité. (Yoy. 
Hist de la Pucelle , 5o2 , 5o3 ; Tripaut., i5 et suiv. ; Da- 
niel., vij , 4^8. — Voy. aussi Chronique de Fr., 335.) 

Note =-8), p. 54- La difficulté d'introduire des renforts 
augmentait 

Les auteurs contemporains parlent de cette diffi- 
culté , ainsi que de la détresse qu'éprouva la ville 
lorsque les fortifications des assiégeans furent ache- 
vées. ( Voy. entre autres , Hist. de la Pucelle , 5o3 ; 
Tripuut., 25, 79; continuateur, f A, p. 8 et i3; Char- 
iier ., 18; un témoin dans Laverdy , 3o4-; Chronique de 
France., 336.) 

Au reste , la démarche riue firent les Orléanais au- 
près du duc de Bourgogne en est une preuve sans ré-r 



NOTES DE JEAÎÎÎ^E D ARC. I7I 

plique. (Voy. le texte , p. 55 , et ci-après note 24.0. ) 

Note ^^9). p. 54-. Que les environs d'Orléans ne pou-^ i4'fS- 
. , février. 

valent leur en fournir... 

C'est qu'ils étaient déjà saccagés... Les Anglais re- 
çurent à plusieurs reprises des convois de Paris , en- 
tr'autresle i*^^ décembre, le 29, le 16 janvier. (Voy. 
Tripaut , 12 , 16, 23.) Chartier , p. 17, assure qu'ils ne 
pouvaient en tirer que de cette ville. — Voy. aussi Joz/r- 
nal de Paris , 120. 

Note =^°), p. 54- Be Paris un convoi considérable.... Journée 

Il était composé de plus de trois cents chariots Harengs. 

chargés de munitions de toute espèce , et de vivres 

fournis par les habitans de Paris et des environs. 

(\ oy. Journal de Paris., 118 ; Hist. de la Pucelle , 5o3 ; 

Tripaut., 3g; Monslrelet ( 4 ou 5oo chars) , t. 2 , f. 4o. ) 
Cinq jours après la bataille, il fut amené aux bastilles 

anglaises. (Voy. Tripaut., lfi\ Monstrelet ., t. 2 ,f. 4i.) 

Note ^^O, p. 54. Amené par Fastol... 

C'est ainsi que l'appellent plusieurs auteurs fran- 
çais.... Son véritable nom é\ûi Falstolf. (Voy. Hume., 
vj, 134.) 

Note ^^a)^ p. 5^. Xa moitié de la garnison.., 
( Voy. Tripaut , 37 , 38. ) 

Note ^^^), p. 54- Oïl Ton ne comptait pas deux mille 
hommes.... 

Les auteurs varient sur le nombre précis des deux ar- 
mées. 

Tripaut , 39 , le Journal de Paris ,118, donnent aux 
Anglais i5oo hommes ; Monstrelet i6oo , et ensuite 



lys ÎÇOTES DE JEANNE D'aRC. 

1700 (idem, Smolletl^ viij , 63), outre mille communs 
(c'est-à-dire, les habilans chargés de conduire les 
chariots). Le . /oM/'wa/ Je Pûm, ibid., compte jusqu'à sept 
mille Français ( qu'il nomme encore les Armitias ) , et 
la Chronique de France ( f. 336) , six mille; ce qui pa- 
raît exagéré. Biais tous conviennetit que les Français 
étaient en beaucoup plus grand nombre. 

Note =^^) , p. 54- Vers Ventrée de la nuit 

Selon l'historien de la Pucelle , p. 5o4^, la bataille se 
donna environ vêpres \ et selon Tripaut, p. 4^2, entre 
deux ou trois heures après midi. Nous avons suivi la 
relation de Monstrelet (t. 2 , f. 4^o), qui nous a paru 
plus exacte et mieux circonstanciée que les autres, et 
qu'a adoptée Yillaret , xiv, 364^. Or, d'après cet au- 
teur, la bataille fut faite la nuit^ et par conséquent les 
armées durent être en présence vers l'entrée de la nuit. 
Ce qui semblerait le confirmer, c'est que 1° Tripaut, 
p. 39 , dont le récit offre d'ailleurs quelques contra-> 
dictions , annonce que l'armée française ne se mit en 
mouvement qu'à trois heures après midi ; 2° selon le 
Journal de Paris ^ p. 118, les cavaliers français furent 
très-surpris lorsque leurs chevaux s'enferrèrent dans 
les pieux aigus et les chausses-trapes; surprise qu'ils 
n'auraient point éprouvée , si l'attaque eût commencé 
en plein jour. 

Au surplus, si la bataille s'est en effet donnée en 
plein jour, les fautes des Français n'en sont que plus 
grossières, 

Note '33)^ p. 55. Les Français.... sans..., s'assvjctîr à 
aucun plan 



NOTES DE JEANNE d'aRC. l^D 

Les auteurs varient encore sur les fautes des Fran- 
çais.... L'historien de la Pucelle , p. 5o3 , parle même 
d'une mesure qui aurait dû leur donner la victoire. 
Selon lui, ils dirigèrent d'abord contre le rempart for- 
m.é par les chariots de l'ennemi une batterie qui les mit 
en pièces. Ainsi Villaret , xiv, 365 , se trompe lorsqu'il 
reproche à Daniel (il fallait lui associer Hume, vj, 
166) d'avoir rapporté (vij, 5i) cette particularité , 
dont les auteurs contemporains, dit Villaret, ne font 
aucune mention. 

L'historien de la Pucelle impute la perte de la ba- 
taille à une désobéissance des Ecossais 5 et Tripaut , 
p. 4^1 et 4-6, à la négligence et aux lenteurs du chef du 
corps principal de l'armée française , qui retarda les 
attaques du corps avancé, et ne vint point le secourir 
après sa défaite. 

Quoi qu'il en soit, tout le monde s'accorde à re- 
jeter ce désastre sur les fautes des Français , et personne 
ne varie sur la sagesse des mesures de Fastol. « 

A l'égard des autres circonstances de l'action, voy. les 
auteurs précédens , et Chartier^ 17 ; Chroniq. de fr., 336. 

Note ='^^), p. 55. La plupart des chefs.., furent tués..., 

Guillaume d'Albret, le connétable d'Ecosse et son 

frère, Louis de Rochechouart, Châteaubrun, Lescot, 

Chabot, etc. ( Yoy. Hist. de la Pucelle^ 5o4.; Tri-* 

paut, 4-5-) 

Note ''^7), p. 55. Une partie des soldats furent tués..,^ 
Quatre ou cinq cents seulement; priais tout le reste 

se dispersa en effet. ( Voy. Hist. de la Pucelle., 5o4; 

Tripaut j 44 etsuiv. : Villaret^ xiv, 365 ; Hume.,\] , 167.) 



174 KOTES BE JEANNE d'aRC 

Note ^^S> , p. 55. Le célèbre comte de Bunois.... 
11 y fut grièvement blessé. ( Yoy. Tripaut^ 4.5, ^6; 
Hist. de la Piicelle^ 5o4.. ) 

Note ^^o), p. 55. Ç?^'o« nomme aussi la Journée des 
Harengs.... 

« Pource que c'était au tems de Caresme, il y avait 
» plusieurs chars chargés de harencs. » {^Ckarticr^ i-, 
Voy. aussi Beny, 3-6. ) 

Note -^<') , p. 56. De remettre en dépôt au duc de Bour- 
gogne.... 

(Voy. Chariîer^ i8; lîist. Chronolog. .^ZZi ; Hist. de la 
Pucelle., 5o4-; Monstrelet, t. 2, f. 4-2 ; Villaret^ xiv, Syo; 
Hume , vj , 168; Tripaut, 81 ; Chron. de Fr. , 336. ) 

Projet Note ^-^0. p. 56. Lui conseillaient ( à Charles vu) de 

de retraite ^^ réfugier en Dauphiné.... 

en -^^ ^ 

Dauphiné. (^oy. Mézerai , Abrégé in-4", t. 2 , p. 684; Daniel, 

vij , 55; Villaret, xiv, 366 à 368; Smollett., viij , 64.; 

Tripaut., 5o; Richer dans Dartigny^ vij, 339; Rapin- 

Thoyras ., iv, 234, elc.) 

Daniel et Villaret donnent de grands détails à ce su- 
jet, et le premier cite pour autorité les Annales de 
France de Nicolas Gille. (C'est Belleforêt (f.337) seu- 
lement qu'il aurait dû citer.) 

Néanmoins Luchet (p. 309) déclare que «c'est un 
j» fait bien hasardé , sur lequel il a vainement voulu ras. 
î> sembler quelques preuves décisives; que si le déses- 
» poir eût conseillé à Charles une semblable bassesse , 
;> elle ne fût pas devenue publique , et Von n^aurait pas 



NOTES DE JEÂNÎ4E b'aRC. 1^5 

j) arrêté (ceci est une critique dirigée contre Villaret) 
n que le Roi ne s'éloignerait pas. » 

Il est sans doute difficile d'avoir des preuves déri- 
sîves d'une discussion dont assurément on ne tint point 
registre; mais le témoignage des auteurs précédens est 
fortifié par une foule de circonstances , et entre autres 
par les vers que François i^"", sans doute plus instruit 
que Luchet d'un événement peu ancien pour lui , fit 
en l'honneur d'Agnès Sorel. Nous ajouterons une au- 
torité que ces écrivains n'ont point connue, et qui nous 
paraît du plus grand poids. Voici ce que nous lisons 
dans Thomassin (f. 96), un des conseillers principaux 
de Louis XI, par les ordres duquel il écrivait trente ans 
après le siège d'Orléans, et à qui il présenta son ou- 
vrage : <f On avait mis en délibération que Ton de- 
M vait faire si Orléans estait pris , et fut avisé par la 
j» plus grand part , s'il estait pris , qu'il ne fallait tenir 
i> compte du demourant du royaulme , veu Testât en 
» quoy il estait, et qu'il n'y avait remède fors tant seu- 
» lement de retraire mondit seigneur le daulphin en 
j> cettuy pays de Daulphiné , et là le garder en atten- 
>> dant la grâce de Dieu , etc. j> 

Observons encore que l'objection faite par Luchet, 
sur ce que la délibération ri aurait pas été rendue publi- 
ijue ^ est une pure subtilité. Personne ne dit qu'on la 
rendit publique ; et il n'y a rien d'extraordinaire qu'une 
décision d'un conseil d'état parvienne dans la suite à 
la connaissance des historiens. 

Au surplus, tous les auteurs sont également d'accord 
sur les résultats funestes de la Journée des Harengs. 
( Voy. les passages cités au commencement de cette note ; 
Chartier^ 18; Monstrekt, t. 2,f. 38, /^o,) «Charles, 



Î^G ILOTES DE JEANNE d'arc. 

« dit celui-ci , f. 4i î eut au cœur grande tristesse ^ 
» voyant de toutes parts ses besongnes venir au con- 
» traire et persévérer de mal en pis. » (Voy. aussi Yavts 
de deux témoins , dans Laverdy^ 3 1 3. ) 

Terminons par une remarque presque décisive. Tout 
ce que faisait la cour, ordinairement si indolente , de 
Charles VII , prouve combien elle craignait que la prise 
d'Orléans n'entraînât la ruine de ce monarque.* Pour 
nous borner à un seul trait, nous voyons qu'on commet 
à la défense de la place l'amiral (Culant) et un des 
maréchaux de France (Sainte-Sévère), le connétable 
d'Ecosse , les Dunois , les Lahire , les Xaintrailles , etc. ; 
que dans la suite on envoie au secours de la place un 
prince du sang (le comte de Clermont), un autre ma- 



^' Les expressions et les conditions du traite fait le lo no- 
venibre ( rapporté ci - deçant ^ note i/fy , page 1^4 )> quinze 
jours après la prise des tournelles par les Anglais , en sont 
aussi une preuve non moins frappante. 

Autre preui'e. Deux mois après la bataille de Rouvray, le 
i3 avril 1429, un des plus fidèles et des plus puissans alliés de 
Charles , le duc de Bar , négocia avec le roi d'Angleterre, et 
traita avec lui et lui prêta serment le 5 mai ( ce qui affaiblit 
Charles , dit Dutiltet) ; mais aussitôt qu'il connut les succès de 
Charles , dès le 3 août , il renonça à ces traités et sermensi, 
( V. Dutillet, Rec. des Traités , 34G, 347 , 362 , 363. ) 

Autre. Les états-généraux des provinces fidèles , assemblés à 
Chinon , en octobre et novembre 1428 ( au commencement 
du siège ) , accordèrent à Charles un aide de quatre cent mille 
francs , payable par toute sorte de gens , pour résister aux An- 
glais ^\ pour le secours d'Orléans. Ils demandèrent qu'on mandat 
le roi de Sicile, Charles de Bourbon , les comtes d'Armagnac , 
de Foix , etc. , pour venir servir le Roi en cette extrémité. 
C V. D. Vaisseite , /. 4 , p. 472. ) 



177 

récîial (Rays) , etc. (Voy. ci-devant /zo/e 210, p. 161 ; 
et Tripaut^ P» 2 i , 3/, 97 et 100. ) 

NoTE*^^>, p. 56. Une bergère^ à peine au milieu de ï4^S- 

Mars. 
l adolescence.... Pacelle 

« Une pucelle , jeune fille aagée de QÎngt ans ou envi- d'Orléans; 
»> ton..., laquelle fut grand espace de temps cliambrière et profession. 
)> en une hostellerie, et étoit hardie de chevaulcher 
» chevaux et les mener boire , et aussi de faire apertises 
» et autres habilités cjne jeunes filles n'ont point accou- 
.'> tumé de faire, »> 

Ces expressions de Monstrelet, f 4^? v" , ont 
fourni à plusieurs modernes , entre autres à Voltaire 
(^Dîclionn, philos., mot ARC) et à Hume, vj , 170 et 
suiv. , un texte à des commentaires sur YHistoire de la 
Pucelle. 

I. Hume dit que Jeanne était âgée de vingt-sept ans ; 
qu'elle avait été servante d'auberge, etc. ; en un mot, 
il copie (sauf pour l'âge) Monstrelet; et il ajoute, 
p. 177? que dans la suite on nia le premier état de 
Jeanne, et qu'on la métamorphosa en bergère, em- 
ploi qui plaisait davantage aux imaginations vives ; que, 
pour la rendre plus intéressante, on supprima près de 
dix ans de son âge, etc. 

On pourrait répondre qu'il importe assez peu que 
Jeanne ait été servante ou bergère , âgée de vingt-sept 
ans ou seulement de vingt , etc. ; que tout ce qu'elle fit 
n'en serait guère moins étonnant ; et cette vérité est 
si évidente, que l'un des antagonistes les plus pro- 
noncés de la Pucelle (^Luchet, 821 5 n'en a point dis- 
convenu. 

Mais on n'en est pas réduit à cette alternative. Et 



l-'S ■ ÎÎOTES DE JEANÎs^E d'aRC. 

d'abord , la jeunesse de la Pucelle est élablie par son 
propre témoignage et par celui de tous les écrivains de 
son siècle, ou les plus rapprochés de son siècle. En 
voici la notice exacte : i° Seize ans ou environ.... Tlio- 
massin^ f. loi 5 Daiilon dans Lengîet^ ij , 107. — 2» Dix- 
sept à dix-huit..., Hist de la Pucelle^ p. 5o5. — S'* Dix- 
huit ans.... Meyerus et Marianna^ dans Hordal ^ p. Sy et 
g4- — 4° Dix-huit à vingt ans.... Berry^ pag. 876. — 
So Vingt ans.... Gagitin, Laziard, Genebrard , Forcadeî , 
SymphorienCliampier^ PofydoreVirgile, dans Hordal^ p. 66, 
90, 92, 102 , III et 124.; et Chariier , p. 19. — Enfin, 
Jeanne elle-même , à son premier interrogatoire (2 1 fé- 
vrier i4-3o), c'est-à-dire une année après son départ 
de Dom-Remy, se donna dix-neuf ans; et dans son 
procès justificatif, vingt témoins attestèrent la vérité 
de sa déclaration. * ( Voy. Villaret^ xvj, 389; Ber- 
thier^ 48 o ; Laverdy^ 27; Lenglet^ t. 3, p. 11 4- — Voy. 
aussi Villaret, Gazette Littéraire de 1764.7 t. 3 j p. 265.) 
Hume n'oppose à tout cela que l'autorité de Mons- 
trelet, de Hall et de Graflon, sans indiquer même si 
ces auteurs se sont expliqués et sur l'âge** et sur la 

* Lorsque ses parens demandèrent l'annullation de son ju- 
gement , ils se fondèrent entr'autres sur ce qu'on ne lui avait 
point donné de conseil , quoiqu'elle fût mineure d'âge. ( V. La— 
verdy ^ 5i5.) 

** Rapin-Thoyras , Histoire d'Angleterre , t. 4, p. 378, avait 
déjà attribué cet âge de 27 ans à la Pucelle. Il se fonde sur un 
passage de Pasquier, qui donne en effet à Jeanne 29 ans à 
'époque de son procès. Mais , ou les actes dont s'est servi Pas- 
quier étaient falsifiés , ainsi que le dit Berthier , p. 4^*^ > ^^ 
il y a une faute d'impression dans son ouvrage , où l'on aura mis 
29 ans au lieu de 19. 



IS'OTES DE JEAKNE D ARC. I yn 

condition de la Pucelle. Quoique nous ne connaissions 
point les deux derniers, nous osons affirmer que leur 
opinion n'est ici d'aucune importance. Nous voyons , 
d'après les citations de Hume, que Hall a écrit tout au 
plus tôt à la fm du i5^ siècle , et Grafton au milieu 
du i6^ ; ce ne sont donc pas des contemporains. A. 
l'égard de Monstrelet, dans l'édition que nous avons 
sous les yeux, il ne parle que de 'pingt ans ; et les ex- 
pressions de jeune fille ^ dont il se sert à plusieurs re- 
prises , se rapportent plus à cet âge qu'à celui de vingt- 
sept ans. * 

2. En second lieu , la profession de Jeanne n'est pas 
moins positivement constatée par les procédures qu'on 
vient de citer : les soins du ménage , et quelquefois la 
garde des troupeaux de ses parens, voilà quelles étaient 
ses occupations , suivant ses réponses et le rapport una- 
nime de trente-quatre témoins, tous de son pays ou 
des environs. ( Voy. Lai>erdy,3^^ 298, 29g.) Elle 
ne fut servante d'auberge que pendant quinze jours, 
d'après sa propre déclaration , et un espace de tems 
aussi court a fort bien pu leur échapper (Voy. Ber^ 

* Nous avons consulté depuis toutes les e'dilions in-folio et 
tous les manuscrits de Monstrelet que possède la bibliothèque 
de Paris : partout on Ht vingt ans ou ençiron. Voici la notice 
des passages: Edition gothique , Paris, Bernard, t. 2, fol. l^\. 
— Autre , Paris , i5i8 , t. 2 , fol. 29. — Autre , Paris , i6o3 , 
t. 2 , fol. 42. — Manuscrits. N^ 8346, t. 2 , fol. 5o. — Idem, 
de Colberl, n» 8299 , fol. 5o. — Idem, de Lavallière, no 5o56, 
t. 2 , ch. 54. — Idem , un Mss. venu de Vienne. — Ainsi Hume 
s'est trompé , ou avait une mauvaise édition de Monstrelet ; 
ou peut-être il se sera rapporté de confiance à l'assertion de 
Hapin-Tlioyras. 



ItSo NOTES DE JE AISNE d'aPX. 

thier^ 48o ; Lucket, 3ii), d'autant qu'ils déposaient 
vingt-cinq ans après sa mort. ( Voy. ci-après note 2^3 , 
n°4-,p.i8i.) 

Au reste, pour mettre à portée d'apprécier le degré 
de confiance que méritent les témoins, voici leurs pro- 
fessions , que nous avons extraites des Listes de Laver- 
dy, p. 286, et Lenglet, t. 2 , p. 166 et suiv. Quant à 
leur âge, on conçoit, par ce qu'on vient de dire, qu'ils 
devaient tous être au moins dans la force de la matu- 
rité. 

Un couvreur de toits ; neuf laboureurs ; quatre 
épouses de laboureurs; une épouse de notaire; une 
épouse d'un clerc; un drapier; deux notaires; un 
prêtre; deux curés; deux chanoines et curés; trois 
écuyers; deux seigneurs , dont un chevalier (la profes- 
sion de quatre hommes et d'une femme n'est point dé- 
signée ). 



Premières ]>îoTE =^^), p. Sy. Jetons un coup-d'œil sur les causes 
années „ .1 , 

de auxquelles on la attribue.... 



laPucelIe. 



Il ne sera pas inutile , pour fortifier l'opinion que 
nous avons embrassée relativement à ce prodige, de 
dire ici un mot des premières années de Jeanne d'Arc, et 
de ce qu'elle fit avant l'expédition d'Orléans. 

Nous venons {note 21^2) de constater quels étaient 
son âge et sa profession ; nous n'avons pas des docu- 
mens moins précieux pour ce qui nous reste à rappor- 
ter. Nous tirerons nos raisonnemens des dépositions des 
trente-quatre témoins déjà cités , en élaguant tout ce 
qui est surnaturel et trop minutieux, et nous nous ser- 
virons principalement de l'analyse qu'en a faite M. de 



T^OTES DE JEAIS^NE d'aRC. i8i 

Laverdy, pag. 298 et siiiv. , sauf à en remplir les la- 
cunes à l'aide d'autres autorités. 

1. Le père de Jeanne se nommait Jacques d'Arc , ou 
Day,et sa mère Isabelle Romée, habitant à Dom-Remy, 
près VaucGuleurs. (Voy. lettres-patentes d'anoblisse- 
ment de sa famille, de décembre i4-29, dans Godefroi ^ 
p. 897; et Lenglel^ t. i , p. 3.) C'étaient des cultiva- 
teurs peu aisés , mais estimés généralement ; leur fa- 
mille était composée de cinq enfans. {\ oy. Laverdy^ 
298; Lengkt , page 3 ; Luchei ^ 3ii; Dartigny , vij , 
340.) 

2. Jeanne fut instruite dans les travaux du ménage 
et dans la religion chrétienne : elle était fort pieuse; 
elle se confessait et communiait fréquemment; allait 
toutes les semaines en pèlerinage à une petite chapelle 
des environs ^ visitait et soignait les malades; assistait 
les pauvres et accueillait les pèlerins ; gardait quel- 
quefois les troupeaux de san père, ou accompagnait la 
charrue ; mais ordinairement elle cousait et filait.... Il 
n'y a qu'une voix sur la douceur de son caractère, la 

. sagesse de sa conduite , et son amour pour le travail. 
(Voy. ci -après noie 383; Laoerdy, 298, 299; Len- 
glet^ 4- €t 5. — Voy. aussi Lucliet , 018 , 35i ; Dartigny, 
vij , 34.0 à 34.3. ) 

3. Depuis plusieurs années, elle s'occupait et s'in- 
quiétait beaucoup de l'état du royaume ; mais il pa- 
raît qu'elle ne quitta Dom-Remy que peu de tems avant 
son expédition , et seulement pour six ou sept voyages 
très-courts qu'elle fit à Neufchâteau en Lorraine , à 
Toul, à Nancy et à Vaucouleurs. " 

4.. Le premier voyage fut déterminé par une excur- 
sion des Bourguignons du côté de Dom-Remy ; Jeanne 



l82 IS'OTES DE JEANTs'E d'aRC. 

suivit ses parens et d'autres habitans de son village. 
( Voy. Laverdy^ p. 298.) Il est à présumer que c'est alors 
qu'elle fut servante d'auberge (ci-devant note 24.2, n. 2, 
P- ^79) •) p^rce que de pauvres cultivateurs, tels que 
ses parens , devaient cbercher des ressources pendant 
leur émigration. Si notre conjecture est fondée ,* le 
silence des témoins sur cette profession s'explique na- 
turellement. Il est vrai qu'ils ne parlent pas non plus 
d'un voyage à Toul , qu'elle indique dans son inter- 
rogatoire (Voy. Looerdy^ p. 89; Lengîet^ t- i? p. 12); 
mais il a pu , nous le répétons, leur échapper par sa 
brièveté.** Un oncle de Jeanne l'accompagna dans les 
derniers voyages. 

5. Elle annonce aussi dans cet interrogatoire que ses 
révélations et apparitions multipliées ont commencé 
lorsqu'elle avait treize ans. {Y oy . Laverdy ^ 36.) Ce- 
pendant elle ne les communiqua point à ses compa- 
triotes ; sa croyance à ces révélations est peu surpre- 
nante , vu la crédulité superstitieuse de sa contrée , et 
dont il suffit de donner un exemple. Les fées venaient 
à Dom-Remy sous un arbre ; afm de les écarter , le 
curé y allait chanter un évangile , la veille de l'As- 
cension ; il était accompagné des habitans. Jeanne 
d'Arc l'y suivait comme eux ; mais on ne la vit point 
s'y rendre -seule. (Voy. Laverdy ^ 3oo ; Dartigny ^ vij , 
35o. ) 

* Elle l'est en effet comme nous l'avons ve'rifié depuis. 
(V. la réponse de Jeanne au 8^ art. , extraite par Belleforct ^ 
sur la chronique de France , foi. 348, v".) 

** Il fut tout au plus de deux ou trois jours , puisqu'elle le fit 
pendant son séjour à Neufchâteau. ( V. Lenglct et Bclleforèt , 
ibid. ) 



NOTES DE JEANNE d'aRC. i83 

6. Ses discours , sa conduite retirée , car elle ne se 
mêlait point aux jeux des filles de son âge ; quelques 
mots de son projet en faveur de Charles vil ( Voy. 
Laverdy^ ^99» 3oo ) ; voilà ce qui put donner d'a- 
bord des soupçons sur les pensées dont elle était 
agitée. Mais c'est sur-tout pendant les deux années im- 
médiatement antérieures à son expédition qu'elles se 
manifestèrent. Elle sollicita son oncle, Jean-la-Part, de 
la conduire à Vaucouleurs auprès de Baudricourt , 
commandant de la place. Elle voulait, disait elle, aller 
trouver le dauphin pour le faire couronner, et Bau- 
dricourt devait l'envoyer à ce prince. {Y oy . Laverdy ^ 
3oo; Darllgny ^ vij , 346, 35o. ) 

7. Jean-la-Part, cédant à ses instances , la mena à Fut-elle 
Yaucouleurs , au mois de mai 14.28. {Noy. LciQerdy ^ rôle 
3oo , 3oi ; Lenglei, t. i, p. i5 ; Luchet,^, 3i3.) qu'elle joua ? 

Avant d'aller plus loin , présentons deux observa- 
tions : 1 °. Les habitans de Dom-Remy , à l'exception d'un 
seul, étaient d'ardens royalistes. ( Voy. Lenglet ^ t. i, 
p. 5 ; Bartlgny , vij , 346. ) 2°. Et ceci paraît avoir 
échappé à tous les critiques, les instances de Jeanne 
sont antérieures de onze mois au siège d'Orléans , de 
sept mois au débarquement de Salisbury avec des 
renforts considérables (ci-devant note 2i3, p. 162); 
elles remontent à une époque où le part], de Char- 
les VII avait encore des ressources , si Ton eût su en 
faire usage. Enfin , le premier voyage de Vaucouleurs 
a précédé le siège de cinq mois , l'ouverture de la 
campagne funeste de 1428 de deux mois, l'arrivée de 

Salisbury d'un mois Comment supposer que 

Jeanne fût dès long - tems préparée à son rôle ?...» 
L'abbé Lenglet, dans ses Jpçlogies indiscrètes ^"^vèiQ^ 



ï84 Î^'OTES DE JEANTsE d'aRC. 

il est vrai , à des réflexions opposées , mais par des 
erreurs grossières. 11 prétend , p. i5 , qu'au mois de 
mai 14.28 « on murmurait déjà sur le siège d'Or- 
» léans que les Anglais devaient faire , parce qu'ils se 
î) rendaient maîtres des villes de la Loire , au-dessus et 
» au-dessous d'Orléans, pour empêcher qu'on n'y portât 
» des vivres. « Tous ces événemens , on l'a vu , sont 
postérieurs. ( Voy. le texte ci-devant , p. 5i. ) 

8. Baudricourt accueillit fort mal et renvoya l'on- 
cle et la nièce ; il se borna à informer Charles vii 
des demandes de Jeanne. Un deuxième voyage , dont 
on ignore l'époque précise , n'eut pas plus de suc- 
cès. (Voy. Lcwerdy y 3oi ; Lenglel , 16, 21; Liichef ^ 
3i4.) 

g. Sur ces entrefaites, les discours tenus par Jeanne 
pendant ces mêmes voyages répandirent aux environs 
le bruit de son projet; et son oncle Tayant conduite 
à im pèlerinage auprès de Nancy , le duc de Lorraine 
eut la curiosité de la voir , et même de la consulter 
sur une maladie. ( Voy. Laverdy , 3oi ; Lengïet^ t. i, 

10. Enfin , à un troisième voyage qu'ils firent à Vau- 
couleurs, vers le mois de février, et qui dura trois se- 
maines, les désirs de Jeanne furent remplis. Deux gen- 
tilshommes lui fournirent des habits d'hommes, des 
armes et un cheval, et se chargèrent de l'accompagner; 
et Baudricourt , après une réponse de la cour , auto- 
risa le voyage de Chinon , et donna une lettre pour le 
roi. ( V. Laverdy y 3o3; LengJet^ 21 à 23.) 

Arrêtons-nous encore. Prions le lecteur de réfléchir 
un instant sur la conduite de ce gouvernement à qui 
l'on prête des vues si profondes, et des mesures qui 



IsOTES DE JEAÎ^^E D ARC. ibo 

auraient exigé des années de préparations. Il laisse 
écouler dix mois avant de répondre à Baudricourt : il 
laisse, pendant ce long intervalle, la jeune fille dont 
on veut qu'il se soit fait un instrument, habiter dans 
un canton entouré d'ennemis , voyager dans les Etats 
d'un prince étranger ; en un mot , il la laisse au milieu 
de gens qui auraient pu éclairer et dévoiler des pré- 
paratifs qu'il fallait ensevelir dans le secret, s'il y avait 
eu du mystère. * 

II. Les mêmes gentilshommes accompagnèrent 
Jeanne pendant le voyage de Vaucouleurs à Chinon , 
qui dura onze jours, "** et où ils éprouvèrent beau- 
coup d'inquiétudes et de difficultés à cause des partis 
anglais ou bourguignons qui battaient de tous côtés la 

* Celte observation nous parait d'autant plus de'cisive, \° que 
le duc de Bar, près des Etats duquel Jeanne habitait et voya- 
geait, fut avant et pendant ses premiers exploits (du i3 avril au 
3 août 1429 ) rallié des Anglais (V. ci-deiant note'n.l^x ,p. 176) ; 
2.° qu'au commencement du procès de Jeanne, le même duc 
et Antoine , comte de Vaudemont, également voisin du même 
pays ( Vaudemont est à quatre lieues de Dom-Remy ) , furent 
en différend et bientôt en guerre pour la succession de Char- 
les II , duc de Lorraine (mort le 25 janvier i43o ) , et que le 
roi appuya de toutes ses forces le parti du premier, et le duc 
de Bourgogne celui du second. ( V. 79. Calmet ^ Ili'st. de Lor- 
raine . noui>. édi'Ly tom. S,pag. 10 à 12.) Les alliés, qui voulaient 
décrier la Pucelle, et ensuite lui cherchaient des torts, eussent 
reçu des renseignemens de l'un ou de l'autre des deux rivaux 
à ces divei'ses époques , sises premières démarches eussent an- 
noncé du mystère et de la fraude. 

** Polluche dit douze à quatorze. (Y. Darfigpy ^ vij\ Sg. ) 
Quant à son itinéraire, voyez, à la fin, l'explication de la 
deuxième carte , 5 2. 



i86 ^"OTEs DE JEA^'îïE d'arc. 

campagne. . . Sa sagesse et sa piété les édifièrent. . . 
Le roi remboursa leurs dépenses, ( Voy. Laver dy ^ 
3o3 , 3o4. ; Lenglet ^ t. i , p. 24. à 27 ; Tripaut^ 4g. ) 

12. Jusqu'à présent, nous n'avons entrevu aucun 
moment pendant lequel cette cour si habile de Charles 
ait pu faire les préparatifs nécessaires à son stratagème. 
Examinons si depuis elle a eu plus de tems. 

Nous ne connaissons pas précisément le jour de l'ar- 
rivée de Jeanne à Chinon ; mais comme Baudricourt 
ne consentit à son départ qu'après la nouvelle de la 
Journée des Harengs (Voy. Lenglet, t. i, p. 23), qu'il 
dut recevoir tout au plus tôt du i5 au 20 février, et 
comme le voyage dura onze jours, c'est aussi tout au 
plus tôt un des derniers jours de février que Jeanne 
put entrer à Chinon. * 

L'époque où elle quitta la cour pour aller au siège 
d'Orléans n'est pas non plus connue positivement ; 
du moins il y a sur ce point plusieurs versions que 
nous exposerons dans l'itinéraire de Jeanne (Voyez-le 
ci-après, à sa note 11 ). En admettant celle qui retarde 
le plus le départ de Jeanne , le gouvernement aura eu 
cinquante jours pour la former au sang- froid, à la 
présence d'esprit , à la bravoure , à l'intrépidité , etc. , 

dont elle donna des preuves si extraordinaires! C'est 

déjà bien peu. Mais que dire, lorsqu'on voit que cetin- 

* Il est même probable que c'est plus lard , d'après ce passage 
d'une ancienne chronique :« Six mars 1428 la Pucclle vint au 
Roi. M (V. Notice des Mss. y ij\ 3o8. ) Serres, dans sort iftren- 
taire , p. 224 , dit également le six mars. Idem , Guyon , Hist. 
d'Orléans ^ p. 20 j. 



Î^OTES DE JEAISÎ^E d'aRC. 187 

tcrvalle, au lieu ci'êlre employé à l'exercer à l'équitation, 
au maniement des armies et aux manœuvres,... à lui en- 
seigner les moyens à l'aide desquels on peut exercer 
de l'influence sur le soldat , l'enhardir, le pousser en 
quelque sorte au combat, etc., est absorbé par des 
conférences du conseil, des recherches de matrones, 
des examens de théologiens , des interrogatoires de 
magistrats ( ces interrogatoires durèrent seuls pendant 
trois semaines , et on y procéda à Poitiers , à quinze 
lieues de la cour) , des voyages de Chinon à Poitiers 
et à Blois 5 des enquêtes sur Jeanne , etc. , etc. ? (On 
peut en voir les détails , qu'il serait aussi long qu'en- 
nuyeux de noter, dans tous les historiens, et sur-tout 
dans Lenglet^ t. i , p. 25 à 5i ; et Lcwerdy ^ p. 4-i ? ^t 
3o4 à 3i5, 352, note 26. — Voy. aussi ce que nous 
disons ci-après, note 392, de la prétendue influence 
d'un moine sur Jeanne d'Arc.) 

i3. Résumé. 11 résulte de l'exposé précédent que 
Jeanne, cédant au civisme et sur-tout à l'enthousiasme 
dont elle était animée , conçut elle-même son entre- 
prise ; que la cour n'eut , comme nous le disons au 
texte, p. 58, d'autre mérite que de lui fournir les 
occasions qu'elle sollicitait ; que tout au plus , lors- 
qu'on se fut décidé à l'employer, put- on chercher 
par quelques épreuves à lui donner de l'aisance et de 
la fermeté dans l'exercice du cheval et de la lance , si 
toutefois elle n'en avait pas acquis , soit pendant son 
enfance ( Foj. le texte, p. 60 , et ci-après note 257 ) , 
soit pendant ses voyages , etc. 

Mais à quoi bon tous ces conseils, examens, inter- 
rogatoires — Voilà l'objeclion des critiques , tels que 
Hume , p. 175 et suiv Nous répondrons que , selon 



l88 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

toutes les probabilités confirmées par les récits des 
historiens (Voy. Laverdy^ p. 3o5 ; Lenglet^ t. i , p. 27; 
Belkforêt ^ Chronicjue^ f. SSy -, FzV/are/, xiv, 876, etc.) , 
on hésita d'abord à accepter les services de Jeanne ; la 
crainte du ridicule et du mépris, en cas qu'elle échouât, 
suffisait pour retenir les ministres. Une fois subjugués 
par féloquence et l'entbousiasme de Jeanne , et peut- 
être ajoutant quelque confiance à ses révélations , ils 
prirent toutes ces mesures, et employèrent quelque mer- 
veilleux pour en imposer au vulgaire. 

Comment Hume peut -il leur prêter tant de philo- 
sophie, lui qui a fait auparavant, p. lyS, cette réflexion 
judicieuse : Il est incertain si Baudricourt sût discer- 
ner le parli qu'on pouvait tirer « d'un instrument si bi- 
j> zarre, ou, ce qui est plus vraisemblable dans ce siècle 
» crédule , s'il fût persuadé lui-même de la mission 
» divine de cette visionnaire, n 

i4- On voit que nous n'avons point parlé des cir- 
constances miraculeuses qui ont accompagné, dit-on, 
l'entreprise de Jeanne ; que nous n'avons point, en un 
mot , imité le père Berlhier ( p. 4^3 et suiv. ), à qui le 
désir de trouver dans la mission de la Pucelle quelque 
chose de divin , fait ajouter trop de confiance aux ré- 
cits des auteurs du tems. C'est que nous n'en avions 
nul besoin ; qu'il suffit de lire ces auteurs pour être 
convaincu de leurs dispositions à voir et créer des mer- 
veilles; qu'après avoir examiné avec scrupule leurs ou- 
vrages et le5 dépositions des témoins , nous avons re- 
connu qu'on pouvait dégager de tous les événemens 
qu'ils racontent toutes ces prétendues merveilles , sur 
lesquelles d'ailleurs ils sont très-peu d'accord (F. ci-apr. 
«o/c 202, p. 190), sans que la vérité des faits admis par 



NOTES DE JEANî^E d'aRC. 189 

tous les partis en reçoive aucune atteinte ; qu'enfin , 
nous nous sommes dit avec Hume , p. 192 , que les faits 
réels et incontestables accréditaient les exagérations y 
quoiqu'ils fussent assez surprenans par eux-mêmespour 
n'en être pas susceptibles. 

KoTE ^^'+), p. Sy. Des éi>êjues ei V Université.... 
( Voy. le texte , p- 90 , et les notes 876 — SjS. ) 

Note ^^^\ p. Sy. Chargée d'une mission divine.... 

( Voy. leurs opinions dans Berthier, p. 4^3 et suiv.) 

Note ^^^^ , p. 58. Explication.... (jue nous proposerons 
tout- à-l'heure 

Ç^Voy. le texte p. 58 et suiv, — Voy. aussi ci-devant, 
noie 24.3 , n. i3, p. 187.) 

Note =^7) , p. 58. Pour les conseils de Charles.,.. 
( Voy. note 243 , n. 10 , 12 et i3 , et presque tout le 
texte de notre ouvrage...) 

]V}qj£248) ^ p^ 53, Du sentier de la vertu et du courage..,: 

Les auteurs anglais le déclarent eux-mêmes. « Cette 

j) fille , dit Hume, vj , 171 , 172 , était d'une vie irré- 

n prochable.... et elle avait une intrépidité rare. » {^Voy, 

au reste , le texte , p. 90 , et la note 383.) 

« Quand on parlait de guerre , ou qu'il fallait mettre 
» des gens en ordonnance, il la faisait bel ouïr et 
» voir faire les diligences nécessalrè^s : et si l'on criait 
» A l'arme , elle était la première et la plus diligente , 
» fût à pied ou ci cheval. »> ( liist. de la Pucelle , 520.) 



igo NOTES DE JEANNE d'aRC, 

Note. -^9), p. 58. Plusieurs années de préparation..,. 
Cela est de toute évidence. (^Voy, aussi note 243, 
n. lo , 12 , i3, p. 184. et sulv. ; et ci-après , note 392.) 

Note =5°) , p. 58. Tout le mérite de la cour.... 
{Voy. à ce sujet note 24-3, n. i3 , p. 187.) 
Ajoutons que le roi lui fit aussi fournir un équipe- 
ment militaire , qu'il lui donna un écuyer et un confes- 
seur, * et qu'il se chargea de sa dépense. (Voy, ia- 
verdy., p. 3 04. , 3i4; Lenglet ., t. i , p. 5o ; Tripaut., 54'- 
il parle aussi d'un page. ) 

Note ^^') , p. 5g. User de (pielque merveilleux.... 
{^Voy, ci-devant note 243 , n. i4, p. 188) 

Note "=) , p. 5g. Lui découvrir un secret.... 

Nous avons observé , note 243 , n. 14, p. 188, que 
les auteurs sont très -peu d'accord dans le récit des 
circonstances merveilleuses sur lesquelles on fonde la 
mission de Jeanne; preuve assez forte que la plupart 
ne furent que le fruit de l'imagination du vulgaire , qui 
se complaît tant dans les événemens singuliers. Nous 
remarquons sur-tout cette discordance , quant à ce fa- 
meux secret. Selon la relation de Thomassin , f 94, 
les réponses de Jeanne au roi sont tournées de telle 
sorte qu'elles excluent toute idée de secret. Ensuite , 
après avoir fait mention de ses exploits , Thomassin, 
f. io3 , se borne à raconter, d'une manière vague , 

* 
* L' écuyer était Jean Daulon , depuis sénéchal deBeaucaire, 
et le confesseur le père Paquerel , augustin. Tous les deux furent 
dans la suite témoins dans la révision du procès de Jeanne 
d'Arc. 



NOTES DE JEANNE D ARC. I9I 

qu'elle a souvent Jlt au roi des choses secrètes que peu 
de personnes savent.... Le continuateur de Tiipaut , 
fie A, déclare nettement que ce secret n'est point dans 
4es Chroniques.... Tilpaut , p. 52, le place après les 
«remiers examens de Jeanne , etc. 

Note *^^) , p. Sg. Dès la première journée 

On en eut presque aussitôt la preuve, dans le berger 
que Xaintrailles essaya de faire agir comme inspiré , et 
qui ne servit que de jouet aux ennemis (en i4-3i ). 
(Voy. Villaret , xv, 35 et 98; Journal de Paris ^ i43 , 
i44; Monstrelet, ij , 68.) 

Note ^^^) , pi- 60. La superstition était une maladie Superstition 

de 
universelle.... son siècle. 

S'il était nécessaire de le prouver , il nous suffirait 
de ciler quelques passages des écrivains du tems, consi- 
dérés , à raison de leur profession , comme les plus 
éclairés. Nous citerions, par exemple, dans l'histoire 
de l'abbé de Saint-Denis , que le Laboureur a traduite, 
le chapitre où , à l'occasion d'une éclipse de soleil, il 
dit sérieusement que « les astrologues , jugeant par une 
5) science naturelle des effets par les causes , pronosti- 
» quèrent qu'il en arriverait des accidens extraordi- 
» naires , ce qui se trouva véritable. ( Toy. Laboureur^ 
p. 548.) 

Nous citerions sur-tout divers récits de Juvénal des 
Ursins , archevêque de Rheims. Selon lui , tantôt l'i- 
mage d'un saint a tourné subitement le dos au soldat 
qui la voulait prendre, l'a rendu enragé, et tous ses ca- 
marades dévots ( p. 5o) Tantôt des prêtres, au 

moyen d'invocations, font venir le diable, et on a tant 



Tg2 NOTES I)E JEANNE d'aRC. 

de confiance en eux , que le conseil de Charles VI ar- 
rête qu'on les priera d'essayer sa guérison (p. 192 ).... 
Tantôt le tonnerre entre dans la maison du dauphin , 
lue un enfant , en blesse plusieurs autres , et il conti- 
nuait ce métier « jusques à ce qu'on print de l'eau bé- 
f> néite , en l'aspergeant en la chambre et ailleurs par 
w l'hôtel, et nesceut-ononcquescequ'il devint (p. 206).» 
Mais puisqu'il s'agit de visions et révélations , le 
même Juvénal nous montrera aussi que les grands n'y 
avaient guère moins de confiance que les pauvres. Un 
mathurin , un carme et autres de l'Université s'assem- 
blent , en i4i3 , pour imaginer quelle sera la fin du 
gouvernement des bouchers bourguignons ( ci devant 
note 78 , p 123) , et ils prient Juveiral du Treignel , 
père de l'archevêque et l'un des personnages les plus 
importans de l'Etat , de se réunir à eux. l!s délibèrent 
de s'adressera des personnes menant vie contemplative, 
telles que des religieuses. Celles-ci leur communiquent 
des vidons.... L'une voit trois soleils ; la seconde trois 
divers tems ; la troisième 1? roi d'Angleterre au haut 
des tours de Notre-Dame.... Sur ce, deux autres as- 
semblées où ces graves docteurs concluent qu'il pourra 
y avoir mutation de seigneurie au royaume (Ju- 
vénal, p. 3i6).... Sept ans après , l'archevêque de 
Rheims, qui écrivait alors son histoire , ayant occasion 
de parler du traité de Troyes (ci-dev. note i25, p. i36), 
ne manque pas de se souvenir de ces visions vues par 
bonnes créatures.... des trois soleils ; car en effet , observe- 
t-il , « y eut trois rois en France, c'est à savoir France, 
«Angleterre, et Monseigneur le Dauphin. » {Juvé^ 
ual, p. /t^jj-) Enfin, sa mère avait aussi des visions 
à-peu-près de la même force. (Fo/. id. 324- — ^oy. 



>OTES DE JEANNE d'aRC. igS 

dans Voltaire , Essai sur les Mœurs ^ ch. ^9 , note 16 , 
uïi éloge de Juvénal du Treignel.) 

Note *^^), p. 60. Que son imagination exaltée 

Hume , vj , 172 , est à-peu-près du même avis , et 
Luchet lui-même ne peut s'empêcher de dire , p. 338 : 
« La question n'est pas si elle se croyait inspirée ; qui 
en doute ? mais si elle l'était. ».... 

Mais dès que Luchet connaissait si bien la véritable 
question, pourquoi a-t-il fait tant de pages pour ré- 
futer ce qui ne méritait pas une réfutation ?.... 

Note ^SC)^ p. go. Jeanne maniait ai^ec assurance Exercice 

^ .du cheval 

Et encore faut-il supposer que ses contemporams, et de 

émerveillés de ses exploits, n'auront pas, selon leur ^^ ^^nce. 

coutume , mis de l'exagération dans leurs éloges. 

Note *^7), p. 61. Un contemporain assure qu'elle s'y 
essayait.... 

A principio œtatis suœ pascendo pecora sœpius 

cursum exercebal ; et modo hîic afque iliiic illi frequens cur- 
sus erat; et aliquando currendo hastam ut fortis eques manu, 
capiehat et arborum irumos.... percutiebat , etc. — Phi- 
lippe de Bergame , dans Hordal , p. 4o. 

iV. B. Cet auteur est né en i434.; (Voy.il/orm, mot 
Foresti. ) 

Nous conviendrons que les enquêtes et interroga- 
toires relatifs à Jeanne ne font point mention de cette 
particularité; mais, 1° ils ne contiennent rien (voyez- 
en V extrait à la note 242 , p. 177 et suiv. ) qui y soit 
contraire; 2°, Philippe nomme le témoin oculaire de 

i3 



194 

qui il la tient; 3" enfin , le duc d'Alençon la confirme 
. indireclement. En effet , aussitôt qu'il apprit l'arrivée 
de Jeanne à Chinon , il s'y rendit de Saint-Florent, 
où il se trouvait, et dès le lendemain il la vit passer, 
tine lance à la main , quelle portait et faisait mouQoir aQec 
beaucoup de grâce ^ et alors il lui fit don d'un beau che- 
val. (Voy. Laverdy, 807, 3o8 et 34-8, note 8.) Saint- 
Florent n'est éloigné de Chinon que d'environ vingt- 
cinq lieues ; il ne dut donc y avoir que quatre ou cinq 
jours d'intervalle entre son arrivée et sa rencontre avec 
le duc... D'autre part , Jeanne ne fut admise auprès du 
roi qu'au bout de deux jours. {^Dunois dans Laoerdy^ 
p. 352 , note 26. ) Il ne reste donc plus que deux ou trois 
jours d'intervalle. Elst-il probable que pendant ce court 
espace de tems elle eût pu apprendre à manier avec 
grâce une lance ?... 

IXoTE ^^^), p. 61. Elle avait pu se perfectionner..,, 
{Vorez ci-devant note 24-3, n« i3, pag. 187, et la 
note 257. ) 

Son Note "9), p. 6[. Quant à l'éloquence ^ ses discours 

quel! e. ^^g^/g^ _^^ 

Il est même des auteurs qui ne lui en accordent 
point. Ils se fondent entre autres sur Tobscurité et le 
galimathias des lettres qu'elle dicta ( lorsqu'elle était à 
Blois ) pour les chefs de l'armée anglaise , et de quel- 
ques réponses de son interrogatoire. — i^oy. Luchet^ 
34.3 et suiv. , 38o et suiv.) 

Mais , 1° ce n'est point d'après ces lettres assez lon- 
gues, et dont la rédaction, en supposant qu'elle appar- 
tienne en entier à Jeanne, pouvait être au-dessus de 



>'OTES DE JEANNE d'aRC. igS 

ses forces, qu'il faut apprécier son éloquence ; 2° ce 
n'est point non plus d'après des réponses également 
d'une certaine étendue , et dont l'obscurité peut appar- 
tenir au greffier tout aussi bien qu'à la Pucelle; 3^ ce 
n'est point encore en s'atlachant, pour ainsi dire, à 
l'écorce d'un style enveloppé dans le vieux , lourd et 
diffus langage du tems.... C'est d'après le sens de ces 
réponses , de ces exclamations , de ces observations ra- 
pides , dont elle put faire usage auprès des soldats et 
des habitans , etc., auxquels il ne fallait pas de longs 
discours, et qui , dans la plupart des évènemens que nous 
rapportons , n'auraient pas eu le loisir de les écouter. 
Nous donnons dans le texte , p. 62 et 63, deux exemples 
de cette espèce d'éloquence. Ajoutons ceux-ci : 1° Ses 
juges lui demandent si elle sait qu'elle soit en la grâce 
de Dieu. Elle répond : « Si je n'y suis , Dieu veuille m'y 
» mettre^ et si j'y suis ^ Dieu veuille m* y tenir l » Le cri- 
tique Lucbet ne peut^ en transcrivant cette ligne, 
page 383, s'empécber de s'écrier: Réponse sublime! 
2^. Autre question : Pourquoi a-t-elle assisté au sacre 
de Charles vir.... // est Juste que qui a eu part au tra-^ 

V ail en ait à Vhonneur Réponse digne d'une éternelle 

mémoire , dit Voltaire, Essai sur les mœurs ^ cb. 180. 
3°. A-t-elle fait entendre aux soldats que sa ban- 
nière portât bonheur? « Non : je leur dlsois pour toute 
i> assurance , Entrez hardiment au milieu des Anglais; £T 
i> j'yentrois moi-même! » ( Villaret^ XV, 5i )... Nous 
croyons qu'on peut répéter ici : Réponse sublime ! 

Note ^^°), p. 61. Sur-iout envers dès hommes ignorans 

Oii rustiques 

« S'émerveilloient bien davantage les... capitaines de 



196 

» guerre et autres , des réponses qu'elle faisoit. » Hlst. 
de la Puceîle ^ Soy. 

Note *^') , p. 62. Malgré vos ennemis.... 
Ce discours est en substance dans les auteurs. ( Voy, 
Trlpaut , 5i et suiv. ; Laverdy ^ 5i et suiv.) 

Note =^^), p. 62. Et dans chacune de ces réponses.... 
« Elle répondait parfaitement , magno modo. » ( Voy. 
Laverdy., 3og.) 

Note ^6^) , p. 62. Qui résulte de t enthousiasme.... 

Presque toutes ses réponses, même celles dont le 
style est le plus agreste , respirent en effet l'enthou- 
siasme. 

En se présentant à elle , les docteurs lui annoncent 
que le roi les a chargés de l'examiner : « Je le crois, 
» je ne sais ni A ni B ; je viens de la part du Roi du 
» ciel, pour faire lever le siège d'Orléans, et mener 
» le roi à Pxheims. » ( Voyez Laverdy., 3 12 et 35 1, 
note 24.) 

Note ^^^>, p. 63. Elle réplique.... 
(Voy. LaQerdy^ 309 ; Tripaut , 53) 

Note =^^), p. 63. On a six mille hommes.... 

(Y oy. Villaret, xiv, 385; Monstrelet (il dit 7000), t. 2, 

Note ''^^) , p. 63. Les exhorte 

« Elle ordonna aussi qu'ils se confessassent , et leur 
«fit oster leurs fillettes, et laisser leurs bagaiges. s 
(Voy. Histoire de la Pucelle , ôog ; Tripaut , Sj , 88.) 



NOTES DE JEANNE D ARC. I97 

ISoTE ^^7), p. 63. Qu'elle est sorcière et magicienne ; ils 1429. 
n'en sont guère plus aisances ^^^^ ' 

Les historiens anglais, tels que Carte (dans Lenglet, sur le? 
t. 3, p. 125, 126, i3o); Rapin-Thoyras (iv, 287 ) , ennemis. 
Smollett ( viij ;, 68 ) ; Hume ( vj , i84), etc., conviennent 
tous de Teffet prodigieux que Jeanne produisit sur les 
soldats anglais. Les généraux , observe Hume , essayè- 
rent de dissuader leurs soldats du surnaturel. Mais 
frappés eux-mêmes de cette idée , tout ce qu'ils osèrent 
avancer de plus hardi , c'est qu'elle était « l'instrument 
jj du diable «.Cependant comme les Anglois avoient fait 
j) la triste expérience (à la première attaque de Jeanne) 
)) que le diable pouvoit avoir quelquefois le dessus, ils 
«ne tirèrent pas une grande consolation de s'être for- 
3) tifiés dans cette conjecture. » ( Rétlexion peu digne 
de la majesté de l'histoire.) 

Cell^-ci, des auteurs contemporains, peint encore 
mieux le même effet : « Paravant qu'elle arrivât, deux 
» cents Anglois chassoient aux escarmouches cinq cents 
» François, et depuis sa venue deux cents François 
» chassoient quatre cents Anglois. (Voy. Histoire delà 
j> Pucelle^ 5 10.) 

Asserît^ dit l'immortel Dunois (dans Laverdy, 354, 
noie 3i), Asserii qubd Anglici qui 200 priîis fugahant 800 
aut 1000 de exercilu régis ^ à post et tune l^.oo mit 5oo cir- 
matorum pugnahant in confliciu contra totam poieslateni 
Anglicorum , etc. 

« Toutes choses, dit Bedfort {lettre dans Rymer, x, 
)) 4-o8, traduite par Rapin, iv, 237), prospéroient jus- 
» qu'au... siège d'Orléans.,., où vos troupes, qui étoient 
» en grand nombre, ont reçu un terrible échec. Cela 
^ est arrivé en partie par la confiance que les ennemis 



igS NOTES DE JEAKNE d'aRC. 

j> ont eue en une femme (la Pucelle)... Cette défaite... 
» a fait perdre courage à celles (les troupes) qui res- 
» tent , etc. » 

Ravitaille- NoTE ^^8)^ p, ^^ Son awnt garde.., une bannière... 
le'ans. ( Voy. Tripaut , p. go ; Histoire de la Pucelle , 5o8 ; La- 

verdy^ 3i5 et3i8; Leuglet., t. i, p. 69, etc.) 

Quelques-uns disent aussi qu'il y avait un globe, 
d'autres une croix, une annonciation , etc.; mais pres- 
que tous s'accordent sur les fleurs de lis, symbole de 
la Frahce. 

Note '^''9^ p. 6^. Laissent tranquillement passer le con- 
voi.... 

(Voy. Tripaut., igo; Laoerdy, 3i6, Siy; Lenglei^ t. i, 
p. 61; Journal de Paris., 122 , etc.) 

Ils le regardèrent passer, dit Hume., vj , 180 , avec un 
étonnement slupide.* 

KoTE =7«), p. 64- Qu'il eût été si facile.... 

Soit pendant sa marche (il mit trois jours à venir de 
Blois. Voy. Laperdy, 3i5), soit pendant l'embarque- 
ment et débarquement des effets (ils étaient maîtres de 

la Loire) Avec leur seule artillerie , et sans quitter 

leurs bastilles , ils auraient pu en détruire la plus 
grande partie. 

Note ^7»), p. 64- A la lueur des flambeaux, une entrée 
triomphante.... 

* Relativement à la note 269 et à la plupart des suivantes jus- 
ques à 3o8 , consultez de nouveau à la fin de l'ouvrage , la carte 
visuelle , ou i^^ carte. 



NOTES DE JEA^'^^E d'aRC. I99 

(Voy. Tripaiit , ^o , ^i ; Hisi. de laPucelle^ Sog; La- i^^g- 
oerdy^ 317.) 

Note ^7=), p. 64. Jeanne ne reste point dans V inaction... 

(Voy. Tripaut^ 98 à 96; Hisl.de la VuceUe, 5io; La- 
verdy, 817 ; Lenglet , t. i, p. 61 et 62.) 

On ne reçut pas dans cet intervalle plusieurs con- 
vois, comme \e dit Viilaret , xiv, 387. (^Yoy. les auteurs 
précédens; Chartier, 21.) 

Note ^7^), p. 65. Autant de citadelles, avec remparts, etc. 

(Voy. ci-devant /2o/e 222, p. i65; Hist.de la Pucelk, 
5o2, 5o3, 5i2; continuateur de Tripaut, f. A, p. vj ; 
Tripaut, 175.) 

Note =74), p. 65. Le 4 mai... la Pucelk est en avant... 

(Voy. Tripaut, 96, 97 ; Hist» de la Pucelk, 5 11; Lai- 
verdy, 3i8; Lenglet, t. i, p. 65; Chartier, 21; Chroni(jue 
de France , 338.) 

Ce convoi vint par la Beauce. (Voy. ci-après, ex;?//- 
calions de la 2.^ carte, note i3.) 

Note =7^), p. 65. Ces guerriers... sont maintenant abat- 
tus.... 

(Voy. ci-devant , note 1^'], p. 188.) 

Note ^1^), p. 65. Orléans étant ainsi muni.... 

Comme notre relation des circonstances de la levée 
du siège diffère en beaucoup de points de celles de tous 
les historiens modernes , nous croyons devoir insister 
sur la méthode que nous avons employée. (Voy. notei, 
n° III, p. 99) Entre les mêmes auteurs, les uns n'ont 
consulté que les récits des chroniques, parfois d'une 
seule chronique; d'autres ne se sont altachés qu'aux 



200 KOTES DE JEANNE D ARC. 

dépositions des procédures; aucun d'eux ne s'est formé 
une idée juste ni du local, ni de l'état de la ligne de 
circonvallalion (Voy. ci-devant, note 228, p. i58) , ni 
de l'extérieur de la ville , ni des dates précises des sor- 
ties , assauts, elc. Les chroniques ou les dépositions 
consiillées séparément ne rendent point raison des 
diverses attaques; presque toutes offrent des anachro- 
nismes , des fautes dans les noms , les indications , elc. 
On ne peut se tirer de ce labyrinthe qu'en se ser- 
vant de tous les dopumens ensemble , et en les com- 
parant à chaque fait, soit entr'eux, soit sur -tout avec 
un plan du siège et un calendrier. Ce travail est si 
long et si difficile, que les erreurs ou les omissions 
des historiens , distraits par d'autres recherches , ne 
sont point surprenantes. Nous-mêmes, dans un pre- 
mier essai, quoique plus exact que ce qu'on avait fait 

jusqu'alors, nous en avions commis quelques-unes 

Nous pouvons maintenant assurer qu'il n'est aucune 
des circonstances exposées au texte ou aux notes qui ne 
soit fondée sur des autorités et qui ne cadre parfaite- 
ment avec les localités, les dates , les circonstances an- 
térieures ou postérieures, et les relations les plus sûres; 
tandis qu'aucune des histoires modernes n'offre de sem- 
blables a^anta§es, et bien loin de là. 11 serait même 
trop long d en indiquer toutes les fautes ou lacunes. 

Note ^77), p. 6,o. Les généraux français arrêtent.... 

(Voy. sur cette délibération Leuglel , t. i, p. 65, 66, 
d'après le P. Paquerel , confesseur et aumônier de 
Jeanne.) , 

Sortie. Note =78), p. 66. Au bout de quelques minutes..,. 

*(Yoy. sur tout cela Dauion (Técuver de Jeanne) ^ 



201 



ilans Lenglet , t. 2, p. ii4à 116; Xat^^rJy, p. 3i8, 319; 
Hist. de la Pucelle , p. 5 1 1 .) 

Note ''79), p, 66. Sur ces entrefaites, etc. 

( Voy. à ce sujet mêmes autorités qu'à note 278.) 

KoTE ^80), p. 66. Le bruit s'en répand lorsqu'on 
achève , etc. 

(Voy- sur ces faits mêmes autorités qu'à note 278. — 
Voy. aussi Berry, 877 ; Chronique de France, 338, 33g.) 

Î^OTE ^'^'^ p. 67. Vers la porte d'Orléans.... 

Vers la porte de Bourgogne, dit Daulon (dans Len- 
gJet., t. 2, p. i55, et Laverdy, p. 355) C'est précisé- 
ment la porte la plus orientale de la ville, dans la di- 
rection de laquelle était l'église de Saint-Loup (Voy. 
Expilly, p. 334.)5 et par conséquent la bastille, de ce 
nom. (Voy. ci-devant note 223, p. 169.) 

Observez que Jeanne était logée à la porte occiden— 
ta'e (ou porte ^egnart.... Voy. Tripaut, 92), de sorte 
qu'elle traversa toute la ville pour se rendre au lieu du 
combat. 

Note ^S^)^ p g^. Malgré les remontrances de Gaucourt... 

(Voy. sur ces faits la déposition de Simon Charle , 
président de la chambre des comptes, dans Laverdy, 
p. 291,319,358.) 

11 est vrai que Charle rapporte cette circonstance au 
jour de l'attaque des Augustins ; mais il s'est évidem- 
ment trompé de nom sur la basiille (ce qui est peu 
étonnant, parce qu'il dépose au bout de vingt-six ans , 
sur un récit de Gaucourt). En effet, les Augustins ne 
furent attaqués que le vendredi 6 mai, d après la déli- 
bération prise la veille (jour de l'Ascension) par leçon- 



202 KOTES DE JEÂTs^NE d'aRC. 

seil de guerre. Comment Gaucourt, ainsi que le dit 
Charle , se serait -il opposé à la sortie de Jeanne, par 
le motif qu'on avait arrêté de ne pas faire l'attaque des 
Augustins , que précisément on avait résolue?.. Ce qui 
j^rouve d'ailleurs l'erreur de Charle, c'est qu'il place 
la prise des Augustins à la veille de l'Ascension... Aussi 
Laverdy et Lenglet, qui n'ont consulté que le récit des 
témoins, ont-ils fait une espèce d'imbroglio des di- 
verses attaques. (Voy. Laverdy^ 3ig, 820, 358; Lenglet^ 
t. I, p. 63 et suiv.) 

Attaque NoTE =^^^ p. 67. Les Français... vont les assiéger.... ^ 

Saint-Loup. Dans la bastille de Saint-Loup. (Voy. Histoire de la 
Pucelle ^ 5ii ; Daiilon ., dans Lenglet, ij , 116; Laoerdy, 
356; Tripaut, 97^98; Chariier., 21.) 

Note =^^^), p. 67. Il s'aoanre aoec un corps de troupes... 
Un corps... tiré de ces bastilles , sur-tout de celle de 
Saint-Pouaire (c'était une des plus voisines de Saint- 
Loup). (^ oy. ci- devant note 2 23, p. 169. — Voy. His- 
toire de la Pucelle., 5ii; Tripnui , 98; Hume., vj , 182.) 

Note =^^), p. 67. Mais les officiers et soldats., sortent.,. 

Commandés par Sainte - Sévère , et au nombre de 
six cents hommes. (Voy. Hist. de la Pucelfe., 5ii; Tri- 
paut.) 98.) 

Note =^^> , p. 67. Talbot., étonné,.... ordonne lare-' 
traite.... 

(Voy. Hist. de la Pucelle ., 5ii; Tripaut., 99; Chariier, 
21; Berry, 377.) 

Hume, vj , 182, convient que Talbot, après avoir 
tiré des troupes des bastilles, n'osa paraître (il fallait 



NOTES DE JEANISE d'^TRC. ^oS 

flire rester) en rase campagne contre un ennemi si for- 
midable. (D'après le récit de Tripaut , extrait à la 
note 285, il n'était formidable que par son courage.) 

Note =87)^ p. 68. En moins de quatre heures.... 

(Voy.Tr7))«M/, 98,99; son continuateur, f. B, p. iv; 
Daiilon, dans Lenglet, ij , 216, et Laverdy^ ^^9? 356; 
Hist. de la Pucelle , 5i i .) 

KoTE ^^^), p. 68. Le 5 mai... ils tiennent conseil , etc. 
(Voy. Tripaut , 99 , 100; Histoire de la Fucelle, 5i i; 
Lenglet., t. i, p. 68; Chartier^ 21, 22.) 

KoTE ^^9), p. 68. Jeanne se rend.... 

Le président Charle dit au contraire que c'est 
Jeanne qui empêcha d'attaquer le jour de l'Ascension; 
circonstance, du reste, assez indifférente. (Voy. La- 
verdy, Sig, 358.) 

Note ^9°), p. 68. Il y en avait quatre.... f jj^^ 

Et même cinq, en comptant le boulevart des tour- des autres 

nelles; savoir, Saint-Jean-le-BIanc, les Augustins, le 

boulevart et le fort des tournelles, et Saint-Privé. (Voy. 

ci-devant note 223, p. 168; et , quant à la délibération, 

Tripaut, 100; Hist. de la Pucelle .^ 5ii.) 

Note =90, p. 68. Que tout est prêt pendant la nuit... 
(\oy. Tripaut^ 100.) 

Note ^9=), p, 68. On passe dans une île, etc.... 
Située entre Saint-Loup et la tour neuve,... vis-à-vis 
Saint-Aignan. (Voy. sur tout cela Daulon, dans Len-> 



2o4 NOTES DE JEÂÎÎNE d'aRC. 

glet, ij , iij ^ et Lcwerdy ^ 320 ^3SG; Tripaut^ lOi. — Voy. 
aussi Chartier, 23.) 

Note =*93), p. 69. Abandonnent Saint-Jean-le~Blanc...: 
(Voy. Baulon^ dans Lenglet, ij, 118, et Laoerdy, 
320, 356; Tripaut, loi; Hist. delaPucelle^ 5 12; Chron. 
de trance, ^^g.) 

C'est dans cetle occasion sur-tout f[u'on reconnaît 
combien la terreur ôtait aux Anglais toute présence 
d'esprit. D'après la position indiquée à la note 292,* 
l'île par où les Français débouchèrent était en face de 
Saint-Jean-le-Blanc. Les Anglais , sans c|uitler leurs 
remparts, auraient pu foudroyer et le pont de bateaux 
et leurs adversaires. D'abord ils ne manquaient pas 
d'artillerie, puisque dès le 17 octobre ils avaient une 

batterie derrière la digue de Saint- Jean-le-Blanc 

Ensuite , quoique cette arme meurtrière fût bien éloi- 
gnée de la perfection où elle est parvenue depuis, elle 
leur avait servi à détruire tous les moulins qui étaient 
auprès de la tour neuve, et par conséquent au-delà de 
i'île. (Voy. Tripaut, 3. — Voy. aussi ci-dev. , note 217, 

p. M) 

Î^OTE =9^^>, p. 69 On les poursuit dans la seconde^ celle 
des Angustins.... 

Relativement à tout ce qui suit, jusqu'à la fin de l'a- 
linéa du texte, voyez Daulon , dans Lenglet, ij, 117 et 
suiv.; Laverdy^ 356, 357; Tripaut^ïO\\ Hist. delà Pucelle, 
5i2 5 Chartier^ 23; Monstrelet, ij , 4-3; Chron. de France j 
339 (mais en les comparant ensemble, comme nous 
Favons fait dans toutes les notes précédentes). 

* C'est le 11044 ^Ê la carte visuelle. 



NOTES DE JEAÎs^'E D ARC. 



2o5 



Note "O^), p. 6g. La garnison des tourneîles,.,. 

L'Histoire de la Pucelle , p. 5i2, dit « seulement 
» qu'un cry annonça que les Anglois venoient à puis- 
» sance du côté de Saint-Privé » J'ai préféré la ver- 
sion de Tripaut, p. loi, qui me paraît plus vraisem- 
blable , et qu'au reste la première ne contrarie point. 

Note =^9^) , p. 69. Eprouvent le même sort que celles de 
Saint-Loup..., 

{Voy. les autorités de «0/^294» p- 204.. ) On y déli- 
vra aussi beaucoup de prisonniers français. ( Voy. Tri- 
paut ,101.) 

Note ^97) , p. jo. Le conseil de guerre résiste.... Idem 

(^Voy.., quant à ces propositions et délibérations, tourneîles. 
Daulon dans Lenglet, t. 2 , p. 122 ; Chronique de France , 
339; et sur -tout Hist. de la Pucelle^ p. 5125 Paquerel 
dans Laverdy, 291 , 32i , 359 , 36o.) 

L'bésiîation du conseil est peu surprenante, d'après 
tout ce qu'on rapporte des tourneîles. « La très-forte 
M (dit Monstrelet, t. 2 , f. 4-3 ) bastille et forteresse du 
j) bout du pont, qui étoit très-forte , merveilleusement 
i> et puissamment édifiée , et si étoit dedans la fleur des 
» meilleures gens de guerre d'Angleterre, etc.» (^Voy. 
aussi ci-après noie 3io. ) 

Note ^9^), p. 70. La nuit du 6 au 7 mai.... 

( Yoy. Tripaut , 102 ; Hist, de la Pucelle , 5 12. ) 

Note ^99) , p. 70. Jeanne veille ai>ec eux.... 
(Yoy. Daulon dans Lenglet, t. 2 , p. 121, 122; 
Chartier^ 20.) 



2o6 

Note 2°°) , p. 70. Evacuent d'eux-mêmes... la bastille de 
Saint-PrÎQé.... 

( Voy. Hisl. de la Pucelle , 5 1 2 ; Cliron. de Fr. , 33g. ) 

Note 3"') , p. 70. Le 7 mai^ dès l'aube du jour.... 
Le samedi 7 mai. (Voy. Tripaut, 102; HhL delà 
Pucelle^ 5 12 ; Lenglet ., t. i , p. 70.) 

Note ^°^) , p. 7 1. La résistance des Anglais.... 
(V. Tripaut., 102, io3. ) 

Note ^°^), p- 71. Presque toute la journée.... Une blessure 
que reçoit Jeanne.... 

{Voy. sur tout cela Tripaut ., io3 à 106; Daulon dans 
Lenglet, t. 2, p. 122 et 1 25 ; Paquerel et Dunois dans 
Laverdy, 822 , 36o à 362 ; Hist. delà Pucelle., 5i3 ; Char- 
iier., 23; Berry ., 877, 378; Registres du parlement ., à^ns 
Laverdy, 324- ; Monstrekt^ t. 2, f. 43 ; Chron. de Fr. , 339.) 

Note 3°^), p. 7 1 . O/z yo*?/?^^ « /« retraite ; on s 'y disposait... 
Dunois le déclare lui-même (p. 36o ) : Deponens l'o- 
lebal quod ejoercitus retraheret in civitatem. 

NoTE^"^), p- 71- Y planter sa bannière ., etc. 

{Voy. pour tout ce qui suit {au texte) les autorités 
de note 3o3. ) 

Il est inutile de répéter que dans tous ces récits nous 
écartons le merveilleux que nos bons chroniqueurs y 
ont joint comme si cela eût été nécessaire. Ainsi deux 
d'entr'eux s'imaglnant donner plus de réputation à 
Jeanne, en la présentant plutôt comme prophétesse 
que comme guerrière intrépide , la font rester au lieu 
où elle s'était retirée pour son pansement. Ils ajoutent 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 207 

que là elle dit que quand la queue de son cheval *se 
dirigerait contre le boulevart, il tomberait entre les 
mains des Français; ce qui ne manqua pas d'arriver 
( Voy- Tripaut, lo^; Hist. de luPucelle^ 5i3); et l'aris- 
tarque Luchet ne manque pas non plus de triompher 
de ces pauvretés. (Voy. Luchet , p. 323. ) 

Mais on nous permettra, peut-être, de préférer la 
narration de l'immortel Dunois : Et Joanna posuit se 
super lordum fossali ^ et instante^ ibi ipsâ exdstenie ^ Ari- 
glici tremiieruut et effccii sunt pavidi; armaii vero Régis 
resumpserimt animum et ceperuni ascendere ... BoUevardum, 
fuit captum^ etc. (Voy. id. , dans Laverdy, 36 1 , 362.) 

Note ^°^), p. 71. Le pont-lcvis s écroule^ etc.... 

( Voy. sur ces divers points Tripaut ^ 106; Hist. de la 
Pucelle., 5i3; Dunois., p. 362; Daulon , dans Laverdy, 
dans Lenglet , t. 2 , p. 128; Chartier ^ 23 ; Berry, ^'j'j , 
878 ; Laverdy., 323 ; Chronitjue de France., 339, ) 

Note ^"7) , p. 72. Autre bivouac de Jeamie.... 
(Y oy. Tripaut ., 107, 108.) 

NoTE"°S), p. 72. Le 8 au matin..., les .Anglais font I-eyee 
. ., du siège. 

retraite.... " 

Le dimanche 8 mai. ( Voy. pour tout ce qui suit dans 
le texte, Tripaut, 108 à m ; LIist. de la Pucelle^ 5i4.; 
Daulon dans Lenglet, t. 2 , p. 12S ; Dunois et autres té- 
moins dans Laverdy , 362 , 363 ; Chartier, 23 , 24- ; Berry^ 
378; Lenglet, t. i , p. 73 ; Monstrelet, t. 2 , f. 4.3 ; Chro- 
nique de France , 339. ) 

Note 309)^ p, y .3. Dissipé t armée sur laquelle ils comp^ 
talent le plus.... 



2o8 înOTES de JEAîSiîs'E d'arC. 

Ils perdirent, suivant Hume, vj , 184, six mille 
hommes , et furent jetés dans la consternation et le dé- 
sespoir.... Selon Monstrelet, t. 2 , f. 4^3, six à huit 
mille. 

Ajoutons que leur plus habile général , Salisbury , et 
deux de leurs plus vaillans guerriers , Glacidas et Lan- 
celot, périrent à ce siège. Le dernier avait été tué le 29 
janvier, d'un coup de canon. ( Voy. TripaiU^ 3i ; Mons- 
Irelet , t. 2 , f. 38. ) 

Note ^''°), p. 73. Par les prodiges.... 

Si l'on se rappelle tout ce que nous avons dit des 
fortifications anglaises , on verra que nous sommes au- 
torisés à nous servir de cette expression. Un excellent 
militaire, le duc d'Alençon , qui en vit les restes quel- 
que lems après, et notamment les tournelles (elles ne 
furent point détruites), s'écria qu'avec fort peu de 
monde il y aurait résisté, pendant plusieurs jours, à 
des armées considérables, e/, ajouta-t-il, sibi videtur 
quod eum non cepissent... Ambroise de Lore , un des plus 
vaillans officiers du siège, et Dunois, regardaient aussi 
ces expéditions comme miraculeuses. (^\ oj » Laverdy ^ 
321 , 35g ; Lenglet ^ t. i , p. 72 et yS ; t. 2 , p. 128. — 
Voy. aussi Thoniassin , 97- ) 

Note ^"), p. 73. Juscjues à Loches.... 

Charles était à Chinon dès le 21 avril 1429. ( Yoy. 
D. Vaisselfe, iv, ^Ji* ) 

Selon la Chronique de France, f. 34-0, et Lenglet, 
t. 3, p. 345 ( sans doute d'après cette Chronique ) , il 
y était encore lorsque Jeanne vint le trouver après le 
siège d'Orléans; tandis que, selon le même Lenglet, 
t. 2 , p. i35 et suiv., qui soutient ainsi les deux versions 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 20^ 

sans s'en apercevoir; selon Villaret, xiv , 894» et se- 
lon M. de Laverdy , pag. 32$ , d'après le procès de 
Jeanne , le roi était à Loches. 

Un compte du trésorier des guerres , puisé dans les 
archives de la chambre des comptes, et publié par La 
Roque , Traité de la Noblesse , ch. 4-3 , p- 238 , nous a 
mis en quelque sorte sur la voie pour expliquer celte 
contradiction, qui nous avait long-tems embarrassés , 
pour constater la conduite singulière de Charles, et 
pour ajouter une nouvelle preuve à celles par lesquelles 
nous avons établi que Jeanne ne fut point un instru- 
ment de la cour. 

Il est dit dans ce compte que , par des lettres-patentes 
données à Chinon, le dix mai 1429, Charles ordonna 
de payer diverses dépenses faites à Tours et ailleurs 
pour l'équipement, l'entretien , etc. , de Jeanne et d'un 
de ses compagnons. 

D'autre part, 1° il est certain que Jeanne partit 
d'Orléans le lendemain de la levée du siège , c'est-à- 
dire le neuf mai ( Voy. les autorités de la note 3i2 , ci- 
après); 2° suivant la déposition de Dunois (Voy. La- 
verdy , p. 363 et 367 ) , celui-ci, après celte levée , se 
rendit avec Jeanne auprès de Charles vil , qui alors 

allait à Loches , dicta puella cum déponente et aliis 

accessit ad Regem eiintem in loco de Loches, 

Cela posé , il est clair, 1° que Jeanne et Dunois ren- 
contrèrent Charles vu entre Loches et Chinon , et 
revinrent avec lui à Loches ( ainsi, il est peu étonnant 
que les auteurs ou témoins ne se soient pas accordés sur 
l'indication de ces villes) ; 2° que vu la distance routière 
qui sépare Orléans de Loches , ils ne purent le rencon- 
trer, au plus tôt. que le onze ou le douze mai, le jour ou 

•4 



210 NOTES DE JEANNE D ARC. 

le lendemain de son départ de Chinon pour Loches ; 
3° que Charles ne se détermina à quitter Chinon que 
lorsqu'il eut appris la levée du siège , parce qu'aussitôt 
qu'elle eut lieu, c'est-à-dire dès le /îm// malin, le gou- 
verneur d'Orléans dut, pour l'informer d'un événement 
aussi important, lui expédier un courrier qui, quoi- 
qu'il n'y eût point encore de poste , ne put employer 
plus d'un jour et demi ou deux jours pour se rendre à 
Chinon. 

Quoique cette étrange inertie s'accorde avec le ca- 
ractère de Charles , il est probable , vu la difficulté des 
circonstances , que si Jeanne eût été un instrument de 
Ja cour, on se serait plus tôt rapproché dulhéâlre des 
événemens pour être à portée d'y veiller, et sur-tout 
on s'en serait rapproché davantage. Mais loin d'en for- 
mer le dessein, il paraît qu'on avait celui de se fixer à 
Loches pour long-tems , puisque la cour y était encore 
au commencement de juin , qu'on y avait même amené 
Je dauphin (Foy. Lettre de Gui de Laval, dans le 
Recueil de Godefrai , p. 895 ) , à peine âgé de sept ans , 
et qu'enfin Jeanne fut obligée d'y séjourner jusqu'à 
cette époque pour solliciter Charles de consentir à l'ex- 
pédition du sacre (^instantissimè et fréquenter insiîgabat 
Itegem^ dit Dunois , d. p. 363 et 367 ). 



{'lopositlon Note ^«a), p. ^3. Dès le^ mai.... 

sacre. (^Voy, pour ce qui suit, au texte , Tripaut., m , ii5 

à n8; Lengkt, t. i, p. 75 et suiv. ; Laverdy^ 325; HisL 
de la Puceîle , 5 1 5 . ) 



Note ^'•^) , p. 74- Des raisons fort plausibles.,,. 
Hume, vj , 189 , dit que, quelques semaines aupa- 



211 

ravant , cette proposition eût paru de la dernière extra- 
vagance.... Il ajoute que Charles résolut de suivre les 
inspirations de la prophétesse, etc.... Hume prête sou- 
vent à Charles une politique démentie par sa conduite... 
11 en est de même de SmoUett , qui le fait marcher à 
Beaugency, commander les troupes à Palhay, etc. 
( Yoy. id. , viij , 69 , 70. ) En général les Anglais , con- 
fondant les époques, présentent Charles comme un roi 
très-habile , afin , sans doute , de donner à entendre 
que Jeanne ne fut qu'un instrument de ses desseins. 

Note 3*^) , p. 74.. Qu'on manquait d'argent... 

(Voy. Lenglet., t. i , p. 78 ; Chariler^ 28. — Foy. aussi 
ci-devant, note i5i , p. i4-4) Lorsqu'on se mit en mar- 
che pour Rheims, tout ce qu'on put faire , malgré les 
succès obtenus jusque-là, ce fut de ^ayer trois francs 
de solde par homme d'armes. (Voy. Chartier, 28; Chro- 
nique de France, 34-1 ; Hist de la Pucelle^ 620. (On y 
dit que c'^étoit peu de chose. ) 

Note 2'^), p. 74.. Jeanne»... insiste.... 

(Voy. Chartier f 27; Tripaut, ii5, iiG; Laper dy^ 
328 à 33o ; Lenglet, t. i , p. 76 ; Hist. de la Pucelle, 5i5 ; 
Chronique de France , 34-0 , v**. ) 

NoTE^'G)^ p. 74.. La réputation de Jeanne.... faisait 

accourir des troupes.... 

{Yoy. Chartier^ 26, 28; Tripaut, 124, i25; Mons- 1429. 

irelet, t. 2 , f 4-4> 45.) C'est aussi ce qu'écrit dans le ï"'"\ 

Expédition 
de 
■^ Consulter, à la fin, la carte du théâtre de la guerre, on l'Orléanais.-* 
2« carte. 



212 

même lems ( le mercredi 8 juin 1429) Gui de Laval. 
( Voy. Lettre dans Godefroi , p. 896 à 897. — Voy. en-, 
core Chronique de France , 3^0 , v°. ) 

Note 3'7) , p, y4.. Huit mille hommes.... 

(Voy. Tripaut ., 118.) Mais ce nombre s'accrut bien- 
tôt , et avant la fm du mois on avait déjà onze ou douze 
mille hommes. (Voy. Tripaut , 124 , 12$ ; Lenglet , t. i , 
p. 82 ; Hume, vj , i85. ) 

Note ^'^) , p. 74- Us échouent dans leur entreprise,... 
( Voy. Tripaut , p. 1 14 à 116.) 

Note ^'9) , p. 74.. Douze cents hommes..,, 

( Voy. Lenglet., t. i , p. 82. ) 

D'autres ne parlent que de six à sept cents hommes; 

{^Voy. Tripaut, 119; Chartier, 2S.) 

Note ^^°), p. 75. Le 11 juin les Français sont auprès 
de Gergeau.... 

Quant à toute cette expédition, voyez Tripaut, 118 
à 1^4 ; Lenglet, t. i , p. 82 à 84 j Hume, vj , 186; La- 
verdy , 325 à 828 ; le duc d'Jlençon , ibid. , 363 à 365 ; 
Chartier, 25 ; Hist. de la Pucelle , 5i5,5i6 (il y a quel- 
ques fautes de dates , mais ce ne sont que des fautes 
d'impression); Monstrelet , t. 2 , f 44 î Chronique de 
France , 34o. 

. N. B. Le duc d'Alençon commandait l'armée. (Voy. 
Chartier, 25; Tripaut, 117.) Fait prisonnier à Ver- 
neuil , il avait obtenu sa liberté en 1427 ( Villaret , xiv, 
347) , niais en laissant des otages pour une partie de sa 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 2i3 

rançon. Il les dégagea soit au moyen de ventes de terres , 
passées en décembre 14.28 et avril 1429 , au duc de 
Bretagne {Actes aux Mém. de Bretagne , par D. Morice , 
ij,i2i3, 1220), soit à l'aide de vingt-quatre mille 
écus que Charles vu lui donna en 14.27 et 1428. Enfin, 
le duc de Bedfort le déclara quitte, même de ses foi et 
promesse , le 2 1 mai 1 429 ( Actes cités dans thistoire du 
duché d'Alençon, par Bry, 1620 , p. 32o) ; de sorte qu'il 
put rentrer au service du roi après la levée du siège 
d'Orléans. 

KoTE 3^'), p. 75. Et SuffoicL... fait prisonnier,... 

Un de ses frères (Alexandre de la Poole) y fut tué, 
et un autre fait prisonnier. (Voy. Tripaui ., laS ; Char^ 
iier , aS ; Hist. de la Pucelle , 5i5 ; Monstrelet , t. 2 , f. 44 ; 
Chronique de France , 34o. ) 

KoTE 3^*), p. 75. Le i5 le pont de Meung ., etc.... 

(Voy. Tripaut, i25 à 128; Laperdy.,32j',Lengleij 
t. 1 , p. 85 à 88 ; Chartier., 2S à 26 ; Hist. de la Pucelle , 
5 1 7 ; Monstrelet , t. 2 , f. 44 ; Chron. de Fr. , 34o. ( N. B. Il 
s'agit ici de Meun ou Mehung-sur-Loire. ) Après la 
prise de Gergeau , la garnison anglaise de la Ferlé- 
Hubert évacua cette place et alla renforcer celle de Beau- 
gency. ( Voy. Monstrelet , ibid. ) 

Note 3^^) , p. yS. Cependant... Bedfort informé.... Bafaiîïe 



( Voy. Monstrelet, t. 2 , f. 44- ) -pj^ 



av. 



Note 3=^) , p. 76. Après cette jonction.,,. 
A l'égard des détails de la bataille de Pathay, voyez 
Tripaut, 12S à i3i ; Lenglet, t. i , p. 88 à 91 (il paraît 



21 4 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

qu'il n'en a pas reconnu le jour, que détermine, au 
contraire , Tripaut, ibid. ); Laverdy ^ 827, 828 ; Regis^ 
ires du parlement^ ibid. ; Chartier^ 26 , 27 ; Hist. de la 
Pucelle, Si^;FIist. de Richemoat, 755, 756; Monsireîet^ 
t. 2, f- 4-4 ^^ 4^ ? Chronique de France^ 34-0. 

Hume , vj , 186 , 187 , n'a point approfondi tous ces 
détails. Il semble, par son récit, que Suffolck était en- 
core à l'armée. 

Note 3=^), p. 76. Fastol prend la fuite.... 

( Voy. Tripaut^ i3i ; Hist. de Richemoni, 706 ; Mons- 
irelel , t. 2 , f. 45.) 

, Les Anglais eux-mêmes en conviennent. (Voy. 
Hume , vj , 187 ; SmoUetl^ viij , 70. ) 

Note 2^^) , p. 76. La reddition d^Ienville , etc.... 

( Voy. Tripaut^ i3i , i32 à i35 ; Chartier , 27 ; Hist. 
de la Pucelle ^ 5 18.) On cite entr'autres Montpipeau , 
]VIarchenoir et Bon y. (Voy. Tripaut , ibid. ) 

Note ^^7) , p. 77. Jeanne,... le sollicite.... de recevoir les 
secours du ronnétahle.i.. 

Il y a différentes versions sur la première entrevue de 
Jeannf^ et du connétable, qui , selon les uns, y montra 
beaucoup de fierté , et , selon d'autres , beaucoup 
d'humilité. (Voy. Griffet, vlj, 34-6 et suiv.) Mais les 
démarches de Jeanne et les perfidies de la Trémouille 
ne sont point révoquées en doute. (Voy. à ce sujet 
Tripaut., i32 à i34; Lenglet, t. i, p. 87, gi, 93; Char-- 
tierj 28; Hist. de la Pucelky $17, 5 19, 52 o; Hist. de Ri" 
ckemont , 755 , 756 ; Chron. de France , 34o ? 34i ? Belle- 
forêt^ ibid.) 



Note ^-^\ p. 77. Il se tint fermé à Sully ^ etc. 

«c Dont ceux de la cité (d'Orléans), qui l'avoient fait 
» tendre et parer, en furent mal contents. » (Voy. 
Tripaut, i32. — Yoy. aussi H/5/, de la Pucelle, 5 19.) 

Note ^29), p. 77. Le 29 juin.... Expëdîtion 

Le 29, jour de Saint-Pierre (Voy. Tripaut, i35 ; ^" s»*^''*-'- 

Hist. de la Pucelle ^ Sig) , et non pas le 19, comme le 

dit Lenglet, t. i, p.94— Au reste, il fourmille d'erreurs 

quant aux dates. 

On avait une armée de douze mille hommes. (Voy. i^^o- 

Tripaut^ i35, i36; Hume^ vj , 190.) ^"' 

Note 2^°), p. 77. Et cest sur-tout à Jeanne quon en 
doit le succès. 

Elle contribua notamment à la reddition de Troyes ; 
elle accéléra la marche de l'armée, etc., etc. (Voy. au 
surplus Tripaut^ i35 à 1^3 ; Lenglet, t. i, p. 95 à 109; 
Chartier, 28 à 32; Berry^ 378, 379; Laverdy^ 33o, 33 1; 
Hist. de la Pucelle ., 5 19 à 524.; Villaret, xiv, 4^17 à 42^; 
Daniel^ vij , 72 à 76; Chron. de France , 34i, 342.) Un 
des grands obstacles à l'expédition était le défaut d'ar- 
tillerie , d'argent et de vivres. (Voy. Tripaut, i^j et 

,39.) 

Note 33i)^ p. 77. En donner les détails.... 
Ils sont d'ailleurs dans tous les historiens. (Voy. en- 
Ir'autres ceux de la note 33o ci-dessus; Monstrelet, t. 2, 
f. 4^, 47. — Voy. aussi, pour les stations principales, 
l'explication de notre 2^ carte, § 5, n° 23, p. 209.) Dans le 
même tems, Richemont se porta en Normandie, vers 
Evreux ; diversion qui favorisa l'expédition de Rheims. 
(Voy. Mo«j<re/e/, ib., f 46 et 5o.) 



2l6 NOTES DE JEAîîNE b'arC. 

Note ^^^\ p- 78. Qu'enfin le i-j juillet... 

(Voy. Thomassîn ., 92, 102; Carte, dans Lenglet 
t. 3, p. 127 ; Laverdy^ SSj ; Hénaut, an 14.28 , 1429; et 
sur-tout Grîffet., vij, 74) 

Suivant Monstrelet, t. 2, f. 47? c'est le huit juillet; 
suivant. Villaret, xiv, 4^4^ le vingt-huit; suivant Len- 
glet , t. I, p. 109, le dimanche sept; suivant Godefroy, 
p. 332 et 523, tantôt le dix-huit, tantôt le vingt-huit. 

Les erreurs de tous ces écrivains ont été causées par 
le défaut de calendrier. Si Lenglet et Villarct , par 
exemple , s'en fussent composé un , ils auraient vu 
qu'après avoir fixe la fête de l'Ascension (Voy. le texte, 
p. 68, et note 288, p. 2o3) au cinq mai , et le dimanche 
suivant au huit, le second samedi et le second diman- 
che de juillet , jours auxquels ils reconnaissent que 
l'entrée et le sacre du roi dans la ville de Rheims 
eurent lieu, ne pouvaient être ni les 6 et 7 , ni les 27 
et 28 de juillet, mais bien les 16 et 17. Les 6 et 7 et 
27 et 28 juillet furent des mercredis et des jeudis. Un 
calendrier eût aussi épargné à Griffet ses longues re- 
cherches pour la fixation de cette époque célèbre. 

Lenglet aura sans doute copié Tripaut , p. i43 ; 
mais , en calculant les jours que Tripaut note pour les 
expéditions du voyage, on voit qu'il y a une faute 
d'impression. (i\\ B. Voy. au reste ci-après la S'^ pièce 
jusiijicaiive ., qui confirme noire opinion. ) 

- .y 

Note ^•^^), p. 78. Considéré... comme un simple héritier 
du trône.... 

C'était l'opinion générale... Jeanne elle-même n'ap- 
pelait Charles que le Dauphin. (Voy. Tripaut, i45, 
\lfi ; continuateur, f. B, p. xvij ; Hisi. de laPucelle, 524) 



NOTES DE JEANÎÎE d'aRC. 21 7 

Note 3^4), p. 78. Justpies à la fin de la campagne.... ^,'ùîrns. 

Ces détails se trouvent également dans tous les bis- Y\n 

toriens. (Voy. entr'autres les auteurs nommés dans la <le 1429. 
note 33o, p. 2i5, aux pages qui suivent celles qu'on 
y indique. — Voy. aussi Monstrekt , t. 2 , f. 4^7 à 56.) 
D'ailleurs les faits les plus intéressans et les stations 
principales de l'armée sont indiqués ci-après , à l'ex- 
plication de notre 2« carie, n»* 24 à 29, et notes sS 
à 39, p. 259 à 263. 

Note ^^^\ p. 78. D\tne armée destinée a une croisade... 

Elle était composée de cinq mille hommes qu'ame- 
nait Winchester, et qui étaient destinés à combattre 
les Hussiles. (Voy. Hume ^ vj, 194.- — Voy. aussi Mons- 
trekt , t. 2 , f. 4-6.) 

Elle fut levée en juin , et dès le i" juillet on convint 
qu'elle serait pendant six mois au service de Bedfort. 
Le 165 il envoya en Angleterre un héraut, pour en 
presser le départ. Ses instructions attestent la révolu- 
tion étonnante qui venait de s'opérer dans les affaires 
de Charles vu. (Voy. Rapin-Thoyras ^ iv, 24.2 et 53o; 
Rymer^ t. 10, p. 4^0, 421, 432.) 

Note 2^^), p. 79. Une trèoe... pour les provinces.... 

Depuis le 28 août 1429 pour les pays au nord de la 
Seine (de Nogent à Harfleur) , et depuis le 28 septem- 
bre jusqu'à Noël pour les environs de Paris Elle y 

fut publiée le i3 octobre. (Voy. Butillet, Rec. des Trai- 
tés, 347, 363 (il cite les lettres de Charles, les villes 
comprises, etc.); Regist, du Parlement., dans l'Hist. de 
Paris de D. Felibicn, t. 3 , p. ôgi; Journal de Paris , 
127.) 



j4.'»o. 
mai. 



2l8 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Note ^^^ ^'*), p. yg. Grâce à l'intrépidité et aux exhor- 
tations de Jeanne.... 

{\oy. Lenglet, t. i, p. 121; Dauîon^ ibid. , t. 2, p. 128; 
Laoerdy^ ^%î ^t sur-tout même 2,^ carte ^ notel^o^ p. 264.) 

Note ^^y), p. 7g. Ow la Pucellefut blessée pour la troi- 
sième fois.... 

(La première fois aux tournelles, la seconde à Ger- 
geau.) Voy. Chartier, 36, 87 ; Monstrelet , t. 2 , f. 5o, 5i; 
Laverdy^ 338; Lenglet, t. i, p. 118; Chron. de France, 
34-3; Tripaut, i65; Daniel, vij , 81, 82; Hist delà 
Pucelle, S2S (ce dernier auteur cite même, p. 5 12 ,unc 
quatrième blessure qu'elle reçut , selon lui , au siège 
des Augustins). — V. sur-tout d. 2« carte, note 67, p. 262, 

Note ^^7 ^'O, p. «^g. Philippe de dons et d'honneurs.... 

Le i3 octobre i^^g on le fit lieutenant-général d'une 
partie du royaume ; et le 8 mars suivant on lui donna 
la Champagne et la Brie. (Voy. Dutillet^^ec. des Trai- 
tés , 34g et 363.) 

Note ^^^\ p. 7g. Avait battu et fait prisonnier.... 

(Voy. Chartier, 4i; Monstrelet, t. 2, f. 67 ; et sur-tout 
Lenglet, t. i, p. i25, et t. 3, p. i5o; et même 2^ carte ^ 
notes 47 à 5o , p. 267 à 270.) 

Note ^-^a), p. 7g. La prise de la Pucelle.... 

(Voy. à ce sujet Chartier, 4^? 42; Berry, 382; Mons- 
trelet, \. 2, f. 57, 58; Villaret, xv, 16; Laçerdy, 33g, 
3405 Daniel, vij, gi à g3; Thomassin , io3; continua- 
teur de Tripaut, f. C , p. iij ; Lenglet, X. i, p. 128 ; même 
2" carte, notes 48 à 62 , p. 268 à 270.) 



NOTES DE JEATîNE d'aRC. 219 

KoTE ^^°), p. 79. Le dénuement où se troiioait Charles.... 

(Voy. ci- devant no/^5 i5i et 3i4, p. 1^4 et 211.) « Il 
n'y a point de soulde , » dit Guide Laval. (Voy. lettre 
cilée à noie. 3i6, p. 211.) Il faut ajouter la sagesse et la 
dextérité de Bedfort, dont Hume, vj, 192 à 194 1 f^it 
l'éloge. 

Note 340 lIs)^ p^ go^ 5*^^ étrange conduite..,. Cnndnile de 

Amelgard s'en plaint vivement. Selon lui, si Charles, *-•''•' '^'^^'^i' 
vers cette époque, avait eu moins d'apathie et de goût 1429 
pour les plaisirs, s il avait empêche les degats de ses 
troupes et secondé le zèle des habitans de la Normandie, 
il aurait pu recouvrer cette province. (Voy. Notice des 
M55.,t. i,p. 4.19.) 

Note ^^'), p. 80. De plus en plus ministre ou esclave.., 
etc 

(\oy. pour tout cela Charfi£r., 28, 64? 65; Berry^ ^ 

386; Hist. de Richemonty 7 56, 768; Villaret, xiv, 4ii? 
474; XV, 32, i5o; Daniel^ vij, 112 à 11 5.) Charles 
|)oussa la faiblesse au point de faire déclarer Louis 
d'Amboise criminel de lèse-majesté ., pour avoir essavé 
d'arrêter la Trémouille gouvernant le royaume, dit l'ar- 
rêt.... Encore c'était la Trémouille lui-même qui avait 
fait arrêter et qui retenait prisonnier Louis d'Amboise. 
(Voy. Villaret, xiv, 477-) 

Note 3^=), p. 80. De V attaquer et de le charger de fers... 

II fut même blessé d'un coup d'épée... On le traîna 
dans un château fort appartenant à un des conjurés. 
(Voy, Chartier, 65 ; Berry, 386 : Chron, de France , 36o ; 
Monstrelet, \]^i^i.') 



220 NOTES DE JEAiSNE d'aRC. 

Note ^^'^\ p. 80. L'impulsion donnée par Jeanne *... 

C'est aussi la remarque de Thomassin. « Depuis le 
» siège d'Orléans, dit-il, fol. 97, les Anglois ny leurs 
» alliés n'eurent force ne vertu. » 

Il faut également observer, avec Hume, vj, 194» 
que l'enrôlement se faisait difficilement chez les An- 
glais , « intimidés par le pouvoir magique et infernal 
» de la Pucelle. » 

Enfin , des actes du tems prouvent que la frayeur 
qu'elle leur inspirait était si forte, que les enrôlés mêmes 
n'osaient se rendre en France. Le 3 mai i43o, quelques 
jours après le départ de Henri yi pour ce royaume , le 
duc de Glocester fit à Cantorbéry des proclamations 
dont voici le titre : Contra capitaneos et soldarios tergiver- 
santes ^incaniationibus Puellœ terrijicatos. (Rymer, x, 4-59) 

Note ^^^), p. 81. A combattre que les garnisons enne- 
mies.... 

Hume parle de plusieurs places « que l'affection du 
» peuple avoit livrées à Charles. » 11 ajoute que l'habi- 
leté de Bedfort fut impuissante contre l'inclination des 
Français à rentrer sous la domination du roi. (Voy, 
id. ,195, 202. — Voy. aussi Monstrelet , t. 2 , f^ 4^ ^^ ^o ,' 
v^; Chartier, 44 î 65, 66, 71, 89.) Parmi les places li- 
vrées volontairement à Charles , il y en eut en effet que 
les Anglais ne purent reprendre qu'après six ou sept 
jQois de siège. (Voy. Monstrelet, ibid.) 

« On ne peut trop insister sur cette vérité : le réta— 
» blissement de Charles vu sur le trône de ses pères fut 
» l'ouvrage de la nation. » {Villaret^ xiv, 26a.) 

1435, Note 345)^ p, 81. Le duc de Bourgogne lui accorda la 
sienne..,. 



NOTES DE JEANÎîE D ARC. 221 

Par ie traité de paix d'Arras. (Voy. VîUaret, xv, i8i 
et suiv. ; Daniel, vij , 122 et suiv. ; Chartier, 84.; Chron. 
de France^ 362.) Il est au Trésor des Chartres. 

Hume, vj, 210, au sujet de cette paix, dit que, pour 
calmer Philippe, Charles bannit de sa cour Duchâtel 
et tous les assassins de Jean. Il se trompe de huit an- 
nées. (Voy. ci-dev. le texte ^ p. 4i) et note 17g, p. i53.) 

Un événement qui favorisa encore beaucoup Charles 
dans ce même tems, fut la mort du duc de Bedfort 
(i4- décembre i/^3S...Fiilarei, xv, 199)- 

Nous n'en dirons pas autant de celle d'Isabelle (3o 
sept. 14.35 , neuf jours après le traité d'Arras), précipi- 
tée , à ce qu'on présume, par la douleur du triomphe 
de son fils, parce que , depuis qu'elle l'avait fait dés- 
hériter (à Troyes, ci-devant note i25, p. i36), elle 
était méprisée et abandonnée, et vivait à-peu-près dans 
la misère. (Voy. Villaret , xv, 194.; Monstrelei, ij , 117.) 

Note ^^6), p. 8i. Il rentra dans sa capitale..,. i436. 

Le vendredi i3 avril i436. (Voy. Villaret, xv, 211; 
Hénaut, an i4-36; Daniel, vlj, 137 et suiv.; Journal de 
Paris ,166; Chronique de France, 365 ; Dutillet, Rec. des 
Traités, 35i.) 

Au reste, il ne faut point prendre ceci à la lettre. Ce 
furent les officiers de Charles vu, les Richemont, les 
Dunois, etc., qui recouvrèrent la capitale. On s'attend 
qu'au moins il se hâta de s'y rendre pour y affermir 
son autorité et regagner l'affection des habitans, aux- 
quels il était étranger depuis vingt années. Loin de là, 
il n'y fit son entrée qu'au bout dç dix -neuf mois 
(12 nov. 14.37), et à peine y séjourna-t-il trois se- 
maines. « Le Roy se despartit de Paris le 3 décembre 



222 ISOTES DE JEANNE D ARC. 

w sans que nul bien y fît pour lors, et sembloit qu'il 
>» ne fût venu seulement que pour voir la ville. » {Journal 
de Paris, 178.) — Voy. ci-apr. , i^^^ Pièce justifie, note l^S), 

Note 346 bis) ^ p 33, // donne des preuves... de valeur..* 
Enlr'autres aux sièges de Montereau, en 14.37 , et 
d'Harfleur, en 14.49 {Monstrelet ., t. 3, p. 24.)-.. Lors du 
premier, Charles lit jeter de gros engins contre la ville, 
« et lui-même de sa personne y prit moult grand tra- 
» vail. » (/</. , ij , i4-i- — Voy. aussi Ser/y, 3g5.) Tel est 
le récit des historiens (Chartier, p. g^? ^^ Chronique 
de France, f. 328, et l'Hist. de Richemont ne disent 
rien à ce sujet). Selon les registres du parlement (citéjï 
par Villaret, xv, 2^1, et par le P. Anselme, Généalo- 
gies, t. I, p. Ï16), Charles vu se précipita le premier 
dans le fossé, le traversa ayant de l'eau jusqu'à la cein- 
ture, planta une échelle, la monta l'épée à la main, à 
travers une grêle de traits, etc. 

Elooede Note 34?), p. 82. Il enlève peu-à-peu... dans Calais... 

Chai les VII. Les Anglais essayèrent de rentrer dans la Guienne, 
'* ' ^ ' mais ils furent battus complètement à Castilhon (à huit 
lieues E. de Bordeaux , au mois de juillet i4.52).Talbot 
termina dans cette action sa glorieuse carrière. (Voy. 
Villaret, xvj , 72; Smollett, viij , 209, 22$; Monsirelet ^ 
t. 3 , f. 55 à 59.) 

Les traités faits en i^Si, 14.^2 et 1 4.53, pour la sou- 
mission des Etats et des villes de Guienne , sont cités 
dans Dutillet, Rec. des Traités., p. 368, 369. 

Outre Calais, les Anglais conservèrent encore en 
avant, et à deux lieues au sud de cette ville , Guine et 
liâmes. (Voy^ Monsirekt^ t. 3, p. 87.) 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 22^ 

Note 3^3), p. 82. Avaient oublié la route.... 
(Voy. ci-devant note 86, p. i25 j Hume, t. 5, p. 894; 
Fillaret, xvj ,182; Monstrelei^ t. 3, f. 70 et 72.) 

Note ^'^o), p. 82. Des nations étrangères... Gênes... 

(Voy. Eloge de Charles vu , p. 8.) Les rois de Dane- 
marck et d'Ecosse le nommèrent, en 14^7, arbitre de 
leurs différends. (Voy. ?^i7/ûr<?;f, xvj, 209.) 

Quant aux Génois, ils avaient chassé les Français en 
1409, pour se donner au marquis de Monlferrat( Théo- 
dore II , de la maison Paléologue , qu'ils chassèrent en- 
suite en i4ï3).V. i?eVo//^/. de Gênes., Paris, 1750,1, 281; 
même i'*^ Pièce justijicaiii>e ., notes 12 et 16. 

Note ^^°), p. 82. Un jour de vlmsa.^ ce par semaine... 

C'est l'expression naïve de l'auteur anonyme de son 
Eloge, p. 5. 

Les étrangers font aussi l'éloge de son administra- 
tion. (Voy. Hume, vj, 23g.) 

Note ^^'), p. 83. A mort un prince du sang.... 

Le duc d'Alençon.,. Il fut arrêté en i456, et con- 
damné en x458. (Voy. Villaret, xvj , 160 et suiv. ; Da- 
niel, vij, 293; Monsireletf t. 3, f. 67, 74 et suiv.) 

Note 2^^), p. 83. Les finances sont assujéties à des rè- 
gles, etc. 

(Voy. Eloge de Charles vii,p.3,4, 6,7; Villaret, 
xvj , iio.) « 11 voyoit chacun an et plus souvent le fait 
« de ses finances, et le faisoit calculer en sa présence.... 
» 11 ne faisoit faire aucun pied nouveau ou changement 
n de monnoie. » {Xà.EAoge, p. 6 et 7.— Voy. aussi Vil-- 
laret, xvj , 327 ; et ci-dev. note i5o, p. 144.) 



224 NOTES DE JEANNE d'arc. 

Note ^^^), p. 83. // laisse des fonds suffisanst... 

( Voy. Eloge de Charles vu , p. 8; Villaret^ xvj , 3 14.) 
Louis XI termina ce rachat un ou deux ans après la 
mort de son père. (Voy. ib.^ xvij, 9.) 

Note 3^^), p. 83. Les exactions sont réprimées.... 

( Voy. Eloge de Charles vu , p. 3 , 5 , 7 ; Villaret , xvj , 
110.) 

Ce que nous disons en l'honneur de Charles dans 
les notes 35o, 352, 353, 354 et 356, reposant princi- 
palement sur le témoignage de l'auteur anonyme de 
son Eloge, peut sembler n'être pas suffisamment jus- 
tifié, parce qu'il est possible, dira-t-on, que cet auteur 
ait été un de ses protégés ou favoris ; mais ce témoi- 
gnage est fortifié par la meilleure de toutes les autorités 
en cette matière , par le suffrage des representans de la 
nation. Dans les états-généraux tenus à Tours en i484» 
à une époque assez rapprochée ( Charles est mort en 
l46i) pour que l'on connût encore bien son adminis- 
tration , on en fait à chaque instant l'éloge. ( Voy. G«r- 
nier (successeur de Villaret), xix, 268 et suiv.) 

Note ^^^), p. 84. En procurant à Vunii?ersité.... 
En 1452. ( Voy. Villaret , xv , 58. ) 

Note ^^^) , p. 84. Il rétablit la méthode des élections.... 
(Voy. Eloge de Charles vu , p. 5 ; Villaret, xij , 21, 
345.) 

Ravages et NoTE ^^7) , p. 84. Charles V s en débarrassa.... 
cruauté des f Yoy, VHist. de Duguesclin par Guyard de Berville, 
soldats. 1. \» . V 

hv. 3 , t. I , p. 291 et suiv.) 



îsOTES DE JEANNE d'aRC. 225 

H fallait le plus souvent acheter leur retraite , tout 
aussi bien que leurs services. (Voy. D. Vaissette , t. 4 » 
p. 4-85 , 4-89, 492 ) etc. ) 

Note ^^^) , p. 85. Dès cet instant la France fut un champ 
de brigandages. . . 

Il serait trop long et trop pénible de rapporter tous 
les faits qui le prouvent. Nous avions pris la note des 
p^ges des auteurs du tems où il en est question; elle ne 
remplit pas moins d'un feuillet. Bornons -nous à en 
citer quelques-unes. (Voy. Laboureur., hist. 221 , 49^» 
533, 688, 691, 739, 785,815, 938. —Monsirekt, 

t. I , f. 23l , 240, 2497 271 , 295,305 , 320 J t. 2 , p. 2 , 

i5 , etc. — Juvénal, 292 , 467. — Journal de Paris , 22 , 
80, 95, 137, i52, i58. — Saint-Remi, 109. — Tri- 
paut, 32 , 61 , 65. — Continuateur de idem, p. ic)6. — 
uimelgaid , Notice des Mss. , t. i , p. 4^6, 4^9" — 
Chartier , 39 , 67 , 68 , 96 , 99. — Voy. aussi D. Vais- 
sette^ t. 4 7 p- 459 , 462, 470 7 473, 476 î 48<^ 1 4^5 , 
489, 492, etc.) 

Note ^^9) , p. 85. Parce (ju elles naçaieni aucune disci-- 
pline.... 

( Voy, les auteurs cités à la note 358. — Voy. aussi 
D. Vaissette , t. 4, p. 495 , 496 , 497- ) 

NoTE^^"), p. 85. Les citoyens.... et jusques aux ecclé- 
siastiques.... 

( Voy. Jménal, 439 ; Choisy , 383 ; Tripaut , 18. ) 

Note 3^') , p. 85. Ils se vengeaient sur les soldats 
épars.... 

î5 



226 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Il se forma souvent des compagnies de paysans qui 
se tenaient en embuscade dans les forets , d'où ils atta- 
quaient et détroussaient tout le monde. On les connais- 
sait sous le nom de brigantins ^ pîquiers ^ porte- piques. 
( Voy. Laboureur^ 1^7 i 77^ •> 7^^? 7^9? Journal de 
Paris ^ io5; Hainaut, p. 243.) 

Note ^^''), p. 86. De là un esprit de férocité.... 

Il n'y en a que trop d'exemples dans Thistoiredeces 
tems. ( Voy. Laboureur , 107 ; Journal de Paris , 84. , 85 ; 
Monstrelet, t. i , f . 269, etc.) Des brigantins mirent 
un bacinet ardent sur la tête d'un noble , écorchèrent et 
brûlèrent un prêtre , etc. (Voy. Juoénal, 52. ) 

NoTE^^^>, p. 86. On soufflait dans lame.... de F en- 
fance..., 

Monstrelet raconte qu'à un petit combat où les Bour- 
guignons défirent (en i4.33) un détachement de Fran- 
çais , soixante à quatre-vingts de ceux-ci furent pris , et 
pour la plupart pendus ou tués le lendemain par ordre 

de Jean de Luxembourg; qu'en poursuivant les 

fuyards « plusieurs furent morts et pris; » et il ajouter 
« Si fut ce jour le jeune comte deSaint-Pol (neveu de 
n Luxembourg et âgé de quinze ans) mis en voie de 
» guerre : car son oncle lui en feit occire aucuns , lequel 
» y prenait grand plaisir. » ( Voy. id. , t. 2 , f. 92. — 
\oy, AUSSI Villarei y xv, 160.) 

Note ^^^\ p. 86. On condamnait au pillage et à l'in- 
cendie.... 

(Voy, des exemples dans le Laboureur., p. 65, 78, 79, 
53i , 789 , 947 7 etc. ; Saint'Remi, p. 109 ; Monstrelet ^ 



NOTES DE JEANKE d'aRC. 227 

t. î , f. 276 , 284 à 288 , 3ii ; t. 2 , f. 69 ; Amelgard, 
Notice des Mss. , 1. 1 , p. 4i3 , etc. 

Note 3^^) , p. 86. Massacrer les prisonniers.... 

( Voy. Laboureur., 80 1 , 836 , 94.8 ; Saint- Rem i , 118, 
i3i, 161; Monsireiety t. i, f. 234 , 267, 270,284.; 
t. 2, f. 6, II , 22 , etc. ; Chartier, p. i3 ; Hist. de la Pu- 
celle, 494» Juvénal., 4-39 1 4^5 , 49^ » Chronique Mss., 
540 ; Journal de Paris., 83; Z>. Vaisselle ., t. 4? P- 4^5, etc. 

Note ^66) ^ p. 85, f/,^ <?Wy7/e ^c Liège.... 

( Voy. Monstrelet, t. 2 , f. 126 ; Villaret , xv , 219. ) Il 
faut pourtant observer que le prêtre était plutôt guer^ 
rier lui-même qu'aumônier. (Voy. Monstrelet., ibid.) 
L'évêque était Jean-sans-Pitié, de la maison de Bavière, 
oncle maternel du duc de Bourgogne , Philippe-le-Bon. 
(Voy. Fillaret, xv, 357. ) 

Note ^^7), p. 87. Une mort rapide.... 

On a àes exemples de prisonniers qu'on laissait mou- 
rir de faim. ( Voy. Jui^énal, 4^5 , 490? Villaret, xiv, 
104.) 

Note ^^^), p. 87. Les maladies contagieuses et les fa^ 
mines.... 

(Voy. Laboureur., 833; Saint-Remi , 124 , i3o, i48, 
i54 ; Monstrelet., t. i , f. 265 , 268 , 296 ; Juve'nal, 74 ; 
Journal de Paris., 'j3 et I79 ; Chartier, 99; Smolletl^ 
viij , 125 ; Villaret, xv , 253 ; D. Vaisselle , iv, 467. ) 

Note 269), p. 87. Qu'on i>it les loups.... 
( Voy. Journal de Paris , 94 et 1 79 ; Villaret , xiv , 11 3 ; 
Chartier., 99. ) 



228 NOTES DE JEANNE d'aRC. 

Note ^7°) , p. 87. Divers corps de troupes réglées , etc.. 

Les ordonnances relatives à cette institution salutaire 
sont malheureusement perdues ; * mais on trouve quel- 
ques détails curieux dans la Chronique manuscrite d'A- 
melgard, ( Voy. Notice de^ Mss. , t. i, p. 4^23. — Voy. 
aussi Eioge de Charles vu , p. 5 à 7 ; Chartier, 109. ) 
En 14^7 , les commissaires du roi demandèrent aux 
Etats de Languedoc 25o,ooo liv. , tant pour l'aide ordi- 
naire que pour l'entretien de cinq cents lances (trois 
mille cavaliers) et mille archers, qui devaient être 
à la charge de la province. ( V. D, Vaisselle , v, 9. ) 

Note ^7'), p. 88. Le laboureur retourne , etc.... 

« Les gens d'armes vivoient sans aucune pillerie.... 
j) Les laboureurs ne laissoient point de labourer, n 
( Eloge de Charles vu , p. 5 , 8. ) « Les gens d'armes se 
» gouvernoient si honorablement,... qu'il n'y avoit 
» brigand qui osât plus dérober sur les chemins... Ils 
j> conduisoient et guidoient les marchands, etc. » 
{Monstrelet^ t. 3, f. 87.) 

Note ^7=) , p. 88. Un des principes oii>ifians... 
(Voyez Vandermonde j Leçons d'économie politique , 
Ecoles normales , t. 3, p. i49' ) 

Note ^7^) , p. 88. Des royaumes étrangers.... 
Expéditions de Naples et d'Italie sous Charles viii , 
Louis XII , François i^^ 

^ Elles sont citées par Charles lui-même dans des lettres 
de 1454. ( Voy. D. Vaissette , t. 5 , Preuves ^ p. i5. ) Les me- 
sures préparatoires de l'institution avaient été prises par Tor- 
donnance du 2 novembre 1439. ( Dans Fonfûnon^ iij , 162. ) , 



NOTES DE JEANNE D ARC. 229 

Note ^7'+) , p. 88. Qui ne connaissaient plus la guerre.... 
Excepté pendant le seul tems des guerres civiles de 
la fin du i6^ siècle , et de celles des camisarts. 

Note ^7^), p. 89. Un seigneur de la maison de France... Prise de 

Ti j T la Pucelle. 

Il la livra..., 

Lyonnel, bâtard de Vendôme. ( Voy. Villarei, xv , niai. 
17 ; Monstrelef , t. 2 , f. 58; Laoerdy , 8. ) Il la vendit à 
Luxembourg. ( Voy. Laver dy ., 8.) 

Elle fut détenue , pendant plusieurs mois , dans divers 
châteaux, et notamment au Crotoy et à Beaurevoir, 
d'où on la transféra à Rouen. (Voy. Monstrelet ., ibid. ; 
Lenglet ., t. i , p. i33; Laverdy ., 342.) Le roi d'Angle- 
terre paya tous les frais du procès. (Voy. Chaussard, 68.) 

Note ^7^) , p. 90. Aux théologiens de l'Université... 

« L'Université de Paris a presque donné l'existence à 
i> cette affaire par ses clameurs et ses démarches. » 
( Laver dy ,18.) 

« Elle prostitua aux ennemis de l'Etat les preuves du 
i> dévouement le plus lâche et le plus servile. »> {Vil- 
iarei, xv , 4o. — ^oy. ci-après note 378 ,«011.) 

Note ^77), p. 90. La joie qu'ils témoignèrent.... 

(Voy. Lenglety t, i , p. i32 ; Monstrelet , ij , 58; Fil- 
laret, xv, 19. ) 

Les habilans de Tours se conduisirent bien différem- 
ment. Aussitôt qu'ils furent informés de la prise de 
Jeanne , ils firent , pour sa délivrance , des prières et 
des processions générales , où l'on pt)rta , à nu-pieds , 
les reliques des saints. ( Voy. Maan^ Hist. S. eccles. Tu- 
rwiens. , 1667, p. 164.) 



23o NOTES DE JEANNE d'aRC; 

Procès de NoTE h^) , p. Qo. Eux-mêmes pressent Luxemlourg et 

la Pucelle. „. . 

,3 ,- sollicitent^ etc. 

1430, 143 1. ' 

Nous allons donner une idée rapide des mesures an- 
térieures au procès de Jeanne d'Arc, et de la marche 
de ce même procès. 

1. Presque aussitôt après la prise de Jeanne, l'Uni- 
versité demande qu'on lui fasse son procès ; elle écrit 
pour cela au duc de Bourgogne. (Voy. Laverdy ^ 8. ) 

2. Au bout de quelques jours , nouvelles lettres et au 
duc de Bourgogne et à Luxembourg , pour qu'on 
remette Jeanne à l'évêque de Beauvais et à l'inquisi- 
teur ( le pape en avait envoyé un * en France ). ( Voy. 
Zapcrû?/, 8etg.) Lenglet, t. i,p. i4-5, t. 2, p. i57,ditque 
les lettres sont du 27 mai i^So; mais il est probable 
que cette date convient tout au plus à la première lettre. 
Le continuateur de Tripaut, f. C, p. viij , note là 
date de l'une d'elles au i^ juillet i4.3o. 

3. \I^ juillet i43o... Sommation de Cauchon , signifiée 
par notaires, au duc, à Luxembourg et à Vendôme, de 
lui remettre Jeanne , comme suspectionnée de sortilège , 
idolâtrie , etc., et au besoin , offre ( au nom du roi d'An- 
gleterre ) d'en donner 6,000 fr... et si l'on n'en est 
pas content, il porte cette offre jusques à 10,000 fr. 
( Voy. Laoerdy, 11 , 12 ; Lenglet, t. i , p. 14.7 ; Continua- 
ieur de Tripaut, f. C. , p. vj , où la lettre est en entier. ) 

*N. B. Le marc d'argent étant alors à 7 liv. 5 s,{^Voy. 
Dupré de Saint-Maur, Essai sur les monnaies , in-^" , 
p. 2i5) , les 10,000 fr. offerts vaudraient à présent en- 
viron 76,000 fr. 

4.. 21 novembre i4.3o. Lettre de l'Université à Cau- 

* Frère Jean ou Jacques Gravèrent , dominicain , inquisi- 
teur-général en France. ( V. Lenglet^ t. a, p. iSg; Laverdy^ i43.) 



23l 

cbon et au roi d'Angleterre, toujours pour la rendition 
de la Pucelle. (Voy. Laoerdy , 9 ; Lenglet , t. i , p. 148; 
t. 2, p. i58. ) 

5. 28 décembre. Permission donnée à Cauchon , par le 
chapitre de Rouen , d'instruire le procès dans son terri- 
toire. ( Voy. Laoerdy , 16 ; Lenglet, t. 2 , p. i58. ) 

6. 3 janvier (toujours i4.3o , vieux style ). Lettres- 
patentes de Henri vi , qui ordonnent la remise de Jeanne 
à Cauchon. (Voy. Laverdy, i3; Lenglet , t. i , p. iffi ; 
t. 2 , p. i58. ) 

7. ( g , i3 et n^ janvier ; 19 et 20 février.') Consulta- 
tions sur l'afifaire.... Nominations des promoteur, gref- 
fier , huissiers et juges-assesseurs.... Discussions sur une 
difficulté de juridiction. Il s'agissait de savoir si Cau- 
chon procéderait avec un délégué de l'inquisiteur * , et 
c'est ce qui fut décidé et pratiqué. Ainsi, ce sont les 
formes effrayantes de l'inquisition qu'on a suivies dans 
ce procès! (Y oy. Laver dy^ p. i5 et suiv. , et sur-tout 
p. 22 , 24. j 82 , 35 et 4-63 , où il démontre les abus de 
ces formes. — Voy. aussi Len g ki , t. 2, p. i58 et iSg.) 

8. {20 février.) Assignation pour être interrogée, 
signifiée à Jeanne le 21 , jour de son premier interro- 
gatoire Elle en a subi quinze jusqu'au milieu de 

mars. 

On lui a lu alors ses réponses, et on en a extrait 
trente-huit articles ou propositions , qui ont formé au- 

* Frère Jean Magistri ( ou Lemaitre ) , déle'gué de frère 
Jean Graveront, ou viee-inquisiteur, ou vicaire de l'inquisiteur. 
( Voy. Lenglet^ t. 2 , p. iSg ; Laverdy , 18.) 11 objectait qu'il 
n'était vicaire que pour le diocèse de R^uen et qu il s'agissait 
du diocèse de Beauvais. Fr. Gravèrent lui envoya dans la suite 
une commission spéciale. (Voy. Lat^erdy , 20.) 



232 NOTES DE JEAN^^E d'aRC. 

tant de chefs d'accusation contre elle. ( Voy. Laoerdy^ 
p. 21 et suiv. , et ^wx-\.o\x\. Lenglei ^ t. i , p. i5oà 172; 
t. 2, p. iSg. ) 

9. ( 27 mars etjeurs suivons. ) Elle est interrogée sur 
cesarllcles. (V. Laoerdy^ p. 82 ; Lenglet, p. 174 et suiv.) 

10. ( 2 aoril i43i ; lendemain de Pâques et jours sui^ 
oans. ) Les trente-huit articles sont réduits à douze. 

Ces douze chefs d'accusation, que Laverdy rapporte 
en entier (/9-5i à 98), et qu'il a la complaisance de 
réfuter, se réduisent aux apparitions et révélations , à 
ce qu'elle a pris un habit d'homme , à ce qu'elle s'est 
précipitée d'une tour ( ce fut pour s'échapper de sa pri- 
son ) ; à ce qu'elle a mis une croix en tête de ses lettres... 
(Voy. aussi Luchet , 3gj ; ci-après 3^ Pièce justificative^ 

11. Les mêmes articles sont envoyés à àes docteurs, 
licenciés, évêques, et à l'Université de Paris, pour 
avoir leur avis sur le point de savoir si les propositions 
qu'ils contiennent sont opposées à la foi. L'Université 
s'assembla à la fin d'avril et au commencement de mai. 
Elle décida que les apparitions, etc., procédaient de 
Uélial, Satan et Belzébulh ; que Jeanne, en ce qu'elle 
portait un habit d'homme, était suspecte d'idolâtrie et 
d'avoir donné sa personne et ses habits au démon ^ en imi- 
tant l'usage des païens, etc.* (Voy. Laverdy^ ibid. et 
p. 34.5 5o , 59, 75. — Voy. aussi Lenglet ^ t. i , p. 178.) 

* Elle ne s'en tint même pas là. Elle écrivit le i4 mai au roi 
(l'Angleterre et à Çauchon (elle loue beaucoup celui-ci) pour 
les exhorter à faire punir /r<?//<?y^/wOTtftrès-promptetnent. (Voy. 
Lengïet , t. 2 , p. 160 ; Laçerdy , 54 et 55.) 

Enfin peu de tems après le jugement de condamnation , elle 
en fit l'apologie dans des lettres adresse'es ( 28 juin ) au pape , 
à l'empereur et aux cardinaux. ( Voy. Lenglet , t. 2 , p. i56 et 
i6i ; Uist. universHat. Paris. , t. 5 , p. 4o6. ) 



NOTES DE JEANNE B ARC. 



:33 



12. Pendant cet intervalle , on continua le procès; 
on fit à Jeanne diverses admonitions ou remontrances; 
on la menaça de la torture , etc. Enfin , lorsqu'on eut 
reçu l'avis de l'Université, le 19 mai, on condamna 
Jeanne , mais en subordonnant son jugement à de nou- 
velles admonitions^ dont la dernière eut lieu le 24. , en 
présence d'un grand concours de peuple, et dans un 
cimetière où Ton avait dressé un bûcher. (Voy. ÎMverilyj 
p. 99 et suiv. ; Lenglet ^ t. i , p. 190 et suiv. ) Un théo- 
logien indiqua à Jeanne les crimes qu'on lui imputait , 
et l'interpella indirectement de les avouer. 

i3. Après avoir déclaré qu'elle se soumet à i'é- 
ghse et au pape , la Pucelle répond « qu'aucun de ses 
» faits et discours ne peut être à la charge de son roi ni 
» d'aucun autre ; que s'il y a quelques reproches à lui 
» faire (à elle) , ils viennent d'elle seule et non d'au- 
î> cun autre. » (Voy. Laperdy , p. m , qui s'écrie avec 
raison : Exemple admirable d'une fidélité à toute 
épreuve , dans la plus terrible des circonstances ! ) 

i4.. Cauchon et le vice-inquisiteur , sans prendre l'a- 
vis des juges, déclarent que le pape est trop éloigné; 
ils insistent sur un aveu, et Jeanne gardant le silence , 
ils prononcent la condamnation, où ils ont Timptidence 
de dire qu'elle a refusé de faire au pape la soumission 
qu'elle venait précisément de répéter. (^Y oy. Laçerdy, 
112, ii3. ) 

i5. Jeanne interrompt la prononciation pour réité- 
rer sa soumission à l'Eghse , et , dit-on , en même tems 
à tous ses juges. On dresse une rétractation ou abjura- 
tion qu'on lui fait prononcer. Ensuite, abusant de ce 
qu'elle ne sait pas lire , on substitue à cet acte une autre 
rétractation où on lui fait mettre la marque qm lui le- 



234 NOTES DE JEATSÎîE dVrC. 

naît lieu de seing , et où elle s'avoue coupable de fautes 
qu'elle avait toujours désavouées.Onla relève aussitôt de 
l'excommunication , et l'on commue sa peine en une pri- 
son perpétuelle , au pain et à l'eau. (Voy. Laverdy, n^. 
à 1 18 ; Lengkt , t. i , p. 195 à iqS ; t. 3 , p. i53; Darti^ 
gny, vij, 66.) 

16. Reconduite en prison et toujours chargée de fers, 
le vice-inquisiteur lui fait prendre des habits de femme 

et laisser auprès d'elle ses anciens habits d'homme 

Trois jours après (le 27 mai), selon ce qu'elle rap- 
porta elle-même, les garder lui enlèvent les premiers 
€t l'obligent par conséquent à se vêtir des autres. Cette 
atrocité n'est point prouvée ; mais ce qui paraît incon- 
testable , ce sont les violences que l'on tenta contre elle 
<^lepuis le 28 mai , et qui la contraignirent de prendre 
vin habillement sous lequel elle pouvait beaucoup mieux 
se défendre. (Voy. Lm^erdy ^ 1 18 et suiv. , 434 et suiv. ; 
Lengkt^ t. I , p. 196; ci-après ;/o/<? 385 bis.) 

17. Le 28 mai^ les juges se hâtent de se rendre à la 
prison pour se convaincre du crime que Jeanne vient 
de commettre , et ils ont un entretien avec elle à ce 
sujet. Le 29, ils rassemblent une partie de leurs com- 
plices et condamnent Jeanne au feu , sans interro- 
gatoire, serment, admonition, etc. Ainsi, selon la 
remarque de Laverdy , p. i23, un instant d'une simple 
conversation a suffi , sans autre forme de procès, pour 
l'envoyer au plus affreux des supplices ! 

Note ^79) , p. go. Au mépris de toutes les lois 

La Pu celle n'étant point de son diocèse, etn'ayanî 
point été prise sur son territoire , ne pouvait être sou- 
mise à sa juridiction. (Voy. Lenglei^ i. i , p. 129; Vol- 



NOTES DE JEÂÎsî^E d'aRC. 235 

taire , Dict. philosoph.^ mot Arc ; Villarei , xv , 4^2 ; La- 
cer dy^ 5i40 

Note ^^°) , p. 90. Une quarantaine d'ecclésiastiques ou 
de moines.... 

Plus de cent y ont assisté, mais il en est un grand 
nombre qui n'ont opiné que dans certaines parties de 
la procédure. Laverdy , p. 142 à i55, en donne la liste 
avec des éclaircissemens. Hume, vj , 201 , remarque, 
avec satisfaction , qu'on n'y voyait qu'un seul Anglais 
(le cardinal de Winchester, dont nous avons parlé plu- 
sieurs fois). 

Note ^^') , p. 91. ^ préparer l'assassinat... 

« Sa mort fut un véritable assassinat prémédité et 
3> exécuté sous l'apparence de l'ordre et de la forme 
» judiciaire. » (^Laverdy ^ 4^3.) 

Note 3^='), p. 91. Voilà ^ en effet., ceux dont se ser- 
virent ., etc.... 

{^Voy. sur tout ce qui suit (au texte), ci-devant, 
notes 379 et 38 1 , et note SyS , n" i3 à 16 , et les extraits 
des réponses de Jeanne^ dopnés par Laverdy , p. 36 à 4^9; 
et Lenglet^ t. i , p. 52 et i5o à 178. ) 

Ajoutons qu'elle était détenue avec une incroyable 
rigueur , qu'elle avait toujours les fers aux pieds et aux 
mains ; que dans ses interrogatoires l'infâme Cauchon 
ne cessait de l'accabler d'injures grossières , de la me- 
nacer du feu, etc. ; que Ton falsifia plusieurs des pièces 
sur lesquelles on fondait les accusations , telles que ses 
lettres aux Anglais ( Voy. ci-après 3^ Pièce justificative) ; 
et finissons par citer le témoignage de l'historien le plus. 



236 



^^OTES DE JEANNE D ARC. 



célèbre des Anglais, qui convient que tous les discours 
de Jeanne montrèrent de la fermeté ; que , quoique 
fatiguée d'interrogatoires continuels , elle ne donna au- 
cune prise par sesréponses , sauf sur les révélations , etc. 
( Voy. Hume ,vj , 201.) 



le 



[œurs ^f)TE 2^^) , p. 92, Fut que par sa sagesse elle était h mo- 

!a Pucelle. '^^^^ ^^ -^ow sexe.... 

11 n'y a qu'une voix parmi les nombreux témoins 
( ci-après , note 390 ) de ces procédures , sur sa piété , 
sa charité envers les pauvres, son humanité envers les 
soldats malades ou blessés; la sévérité de ses mœurs, 
sa bravoure, etc., etc. (Voyez-en le résultat dans 
Laverdy ^ 33 1 à 336, exLenglet^ t. i, p. 212 à 218.) 
Bornons-nous à un ténnoignage non moins sûr. Nous 
avons déjà rapporté («0^^248, p. l'Sg) ce qu'en dit 
Hume. Ailleurs , vj , igg , 200 , il traite le procès que 
BeJfort fit intenter à Jeanne, « d'action qui, soit 
j) qu'elle appartînt à la vengeance ou à la politique , 
« éloit également barbare et déshonorante. » Il ajoute 
qu'elle était prisonnière de guerre , qu'elle n'avait 
commis aucun acte de mauvaise foi ou de cruauté dans 
ses campagnes, et aucun crime dans la vie civile ; 
qu'elle avait observé, avec rigidité, la pratique des 
vertus et les bienséances de son sexe ; — « que les An- 
» glais n'ont jamais rien reproché à la pureté de ses 

i> mœurs >> Plus loin , p. 214. , en parlant delà mort 

de Bedfort , il déclare « que sa mémoire est sans tache, 
» excepté l'exécution barbare de la Pucelle....» Smol- 
lett, viij , 86 , déclare aussi qu'on ne peut justifier sur 
ce point la conduite du régent..,. Enfin , Carte ( dans 
Lengkt , t. 3, p. iSg ) , qui se tait sur l'iniquité atroce 



NOTES DE JEÂ^^NE d'aRC. 287 

du jugement , avoue que « la chasteté de Jeanne n'a 
w jamais été révoquée en doute , même par ses plus 
ï* grands ennemis;.... qu'on ne peut assez admirer son 
w courage , etc. » 

Quant à son humanité, Jeanne déclara, et aucun au- 
teur n'a non plus révoqué en doute sa sincérité sur ce 
point, que si elle portait une bannière , c'est qu'elle ne 
voulait tuer personne, ni même se servir de son épée. 
ÇVoj.Villaret, xiv, 38g, d'après le procès manuscrit.) 

Note ^^■i), p. 92. Les hîstoi'iens de son tems..,. 

Nous aurions dû dire tous les écrivains.... Hordal 
rapporte des passages élogieux de cinquante-trois au- 
teurs de lout genre, historiens, jurisconsultes, poètes, etc. 
( Voy. aussi Lenglet , t. 3, p. là igS) , entre autres du 
célèbre pape Pie 11 {Hordal, p. 37 ). — Voy. ci-après 
1^^ Pièce justijicatwe , noie ij. 

Note 2^^), p. 92. RéQélaiions... dont tout le monde ad- 
mettait la possibilité.... 

Les juges et consulteurs se réduisaient à dire qu'elles 
ne venaient pas de Dieu.... Mais , d'ailleurs , à quoi pou- 
vaient-ils le distinguer ? Aussi plusieurs des consulteurs 
avaient-ils eu soin d'ajouter à leur avis que , si les 
révélations venaient de Dieu, il n'était pas permis de 
les interpréter en mauvaise part. ( Voy. Laverdy , 5o 
à 53.) 

Note ^85 bis ) , p. 92. Précaution de prudence.... 

Ellereprit ces habitspourpouvoirmieuxse défendre... 
Lorsqu'elle les avait quittés on avait essayé de lui faire 
violence dans la prison.... M. de Laverdy , p. 439 , pré- 
sente ce fait comme constant. 



a38 KOTES DE JE AISNE d'arC. 

Note ^^^) , p. 92. Par le plus horrible des tourmens ... 

3o mai i^Si... Nous n'avons pas le courage d'en don- 
ner les détails ; on peut les voir dans tous les historiens, 
entr'autres dans Lenglet^ t. i , p. 199; Baudot^ t. 1, 
p. 421 ; Villaret^ xv, 71 , xvj , Sgo. 

Note %), p. 93. Aux batailles d'Anthon, de Germi^ 
giry , de la Croiselie et de Chappe.... 

La première se donna à Anlhon , sur les bords du 
Rhône , au nord-ouest du Dauphiné , le 1 1 juin i43o. 
Gaucourt, devenu gouverneur de celte province (et non 
du Languedoc, comme le dit Yiliaret , xiv, 479) )' ^^^^^ 
l'armée ennemie composée de Bourguignons et de Sa- 
voisiens, et commandée par le prince d'Orange. (Voy. 
Thomassin ^ f. 104. et suiv. ) On trouve dans cet auteur 
de grands détails * sur l'invasion du midi de la France, 
que ce prince avait commencée, et qui fut arrêtée par la 
victoire de Gaucourt. ( Yoy. aussi , quant à la bataille , 
Valbonnais, Hisl. de Dauphiné ^ t. 2, p. 62 à 65.) 

La deuxième se donna à Germigny , près de Roie en 
Picardie , et la troisième à la Croisette , près de Châ- 
lons en Champagne. Nous n'en connaissons pas les 
époques précises ; mais il paraît que celle de Germigny 
eut lieu au commencement de novembre i43o, puisque 
Monstrelet, t. 2 , f. 65 , qui en raconte les circonstances, 
annonce indirectement que c'est peu de jours après le 
siège de Compiègne, que les Français firent lever au plus 
tard à la fin d'octobre. (Voy. Chartier , 4-2; Chronique 
de France j 355 , v^ (ils disent que le siège dura six mois , 
et il avait commencé en mai ) ; Daniel, vij , 94 ; Lenglet, 

* V. les ci-après à la 2^ Pièce justificatii^e. 



IsOTES DE JEANNE d'aRC. 289 

t. I , p. i3i; e.t suT-iout ancienne Chronique, notice des 
Mss., ij , 3o8 (elle fixe cette levée au 25 octobre ). 

Chartier, p. 4.5, parle de la bataille de la Croisetle, 
dont un témoin oculaire vint lui faire le récit, à la lin de 
son chapitre de l'an i4-3o ; et la Chronique de France^ 
f. 356 , 357 , la place avant le combat de Chappe ( près 
Troyes) , qui eut lieu le i3 décembre i4.3o. (Voy. Dom 
Plancher^ Hisl. de Bourgogne ( il en donne les détails) , 
t. 4- 1 P- 1 4^ , 1 4-3. ) Barbasan commandait dans ces deux 
dernières actions , et toutes les quatre sont, comme ou 
le voit , antérieures au jugement de la Puceile. 

Note 2^^> , p. gS. A Vexemple de Dunois.,.. 

( Voy. Tripaut^ g3; Lenglet, t. i , p. 62 ; t. 3. p. 208; 
Laver dy , 3i7 ; Dartigny^ ij , 5o. ) 

Ajoutons que vers ce miême tems, Xaintrailles , fait 
prisonnier près de Beauvais, fut échangé contre Talbot, 
qui lui était pourtant bien supérieur en grade comme 
en mérite. ( Voy. Berry^ 384 ; Char lier , 47- ) 

Note ^^9) , p. q3. De n'cwoir rien à répondre pour Justification 
Charles yil.... Charles vii. 

M. de Laverdy a entrepris le premier de le justifier 
(Voy. id. , p. 1 56 à 170 ) ; mais il ne se fonde presque 
que sur des conjectures. 11 prétend , par exemple, que 
Charles ne pouvait proposer un rachat ou échange, 
parce que Henri VI, comme chef de guerre , avait le 
droit de ravoir un prisonnier quelconque, en donnant 
dix mille francs.... Admettons que ce drofit soit aussi 
bien prouvé qu'il l'est peu (quoi qu'en dise l'auteur) , 
est-il bien sûr qu'un Luxembourg , après avoir acheté 
Jeanne , eût refusé de la revendre à celui qui en aurait 



24o ÎJOTES DE JEANNE d'arC. 

donné le prix le plus considérable ? Ce Luxembourg , 
sujet du duc de Bourgogne , aurait-il été retenu par la 
crainte de mécontenter Henri qui , alors , devait tant 
de ménagemens aux Bourguignons? Le contraire ré- 
sulte de la lenteur de la négociation. Dès le 14. juillet, 
Caucbon avait offert les dix mille francs (ci-devant 
note 378 , n» 3, p. 23o) , et ce n'est qu'après le 3 jan- 
vier , au bout d'environ six mois , que le marché a été 
conclu.... Enfin, tant qu'il n'était pas conclu , Charles 
pouvait racheter Jeanne , sans que Luxembourg vio- 
lât ce prétendu droit de Henri vi ; et il s'écoula sept 
mois et demi depuis la prise de la Pucelle jusques à 
sa remise entre les mains de l'évêque de Beauvais.... 
Mais, pour trancher toute difficulté, où sont les dé- 
marches que Charles a faites, soit pour ravoir Jeanne, 
soit pour empêcher son supplice.^ On n'en cite pas une, 
et tous les historiens se fussent empressés de rapporter 
et même de louer tout ce qu'aurait entrepris le conseil 
du roi , s'il avait seulement essayé la mesure la plus in- 
signifiante.* 

Note ^ô*^), p. g3. Sur des actes judiciaires.... 
C'est ce qu'on nomme \q procès de révision qui com- 
mença en 1452 , fut aussitôt interrompu , et ensuite re- 

* Voici une nouvelle preuve de la bonne foi de Jeanne. Si la 
cour Veut formée au rôle qu'elle joua, n'aurait-on pas employé 
toutes les mesures imaginables pour la délivrer ? Ne devait-on 
pas craindre en effet, dans cette supposition , que Jeanne , soit 
par un juste ressentiment de se voir sacrifiée , soit dans l'espoir 
d'échapper au supplice , ne dévoilât tout ce qui se serait passé 
(et combien les Anglais auraient tiré d'avantage d'un tel aveu!). 
Néanmoins pendant la procédure elle fit constamment l'éloge 
du roi. ( Voy. ci-devant noie 878 , x\9 i3.) 



24 I 

pris en i4-55. ( Voyez-en les détails dans La\?erdy^ 209 
et suiv. , 247 à 54-1. — Voy. aussi Lengkt , t. i , préf. , 
p. 27 et suiv. ) On y entendit cent quarante-quatre té- 
moins.... Nous avons indiqué, Jiote 242 , n** 2 , p. 180, 
la profession de trente-quatre d'entr'eux ; parmi les 
autres , on voit des princes du sang et généraux (le duc 
d'Alençon , Dunois , Gaucourt), des évêques , des 
prieurs , curés , théologiens , présidens , avocats , bour- 
geois , etc. , etc.... On rendit ensuite un jugement par 
lequel on déclara que dans le procès de condamnation 
tout est faux, captieux, plein de calomnie, de ma- 
lice , etc. (Voy. aussi Laverdy^ 4^0 ^^ ^^^ '■> Daniel^ 100 
et suiv. ) 

Note ^O'), p. 94. Au lieu d'une vaine procédure.... 

N'oublions pas, toutefois, que Charles vu avait 
accordé à Jeanne et à sa famille des lettres de noblesse. 
(Voy. Lcnglet , t. i, p. 128; t. 3, p. 280; et ci-devant , 
note 243, n° II , p. i85. ) 

Note 39-) , p. 94. Des écrimins de son pays.... Imputalîons 

Dubelley- Langey et Duhaillan , écrivains des i6« des auteurs 
„ •> 1 T • • 1 -1 modernes, 

et 17^ siècles. JLes critiques de ces auteurs sont dans 

Lenglet., t. 3 , p. i65 et suiv., 171 et suiv Elles ne 

sont fondées que sur des ouï-dire.... Lenglet les a dis- 
cutées et réfutées. ( Voy. aussi Berihier, 480. ) 

Celles des écrivains du 18^ siècle n'ont pas plus de 
fondement et ne méritent pas une réfutation. * Nous 

* Telles sont celles de l'auteur de l'article Vaucouleurs du 
Dictionnaire de géographie moderne de l'Encyclopédie par 
ordre de matières , article qui presque d'un bout à l'autre est un 
tissu d'erreurs. 

16 



242 Î^OTES DE JEAKNE d'aRC. 

dirons pourtant un mot d'une imputation de l'abbé 
d'Artigny ( t. 2 , p. 52 ; t. 7 , p. Sj et suiv.) , répétée ou 
puisée à la même source par Voltaire (^DicL philosoph. , 
mot Arc ) , Beaumarchais , le marquis d'Argens et l'é- 
diteur du journal de la Haye (ces trois derniers cités 
par d'Artigny , vij, 63 à 65 ) , parce que Polluche, qui 
leur a répondu ( même t. 7, p. 57 et suiv.) , a omis les 
observations les plus essentielles. 

Selon d'Artigny, Beaumarchais , etc. , Jeanne avait 
été formée, avec trois autres filles , au rôle qu'elle rem- 
plit , par un cordelier royaliste , nommé frère Richard , 
qui , pour exercer sur elle une plus grande influence, 
lui donna trois fois la communion , le jour de Noël , à 

Gergeau On cite sur tout cela le témoignage unique 

du journaliste de Paris. 

1°. Le journaliste ne mérite aucune confiance ; c'est 
le plus fougueux partisan des Bourguignons qu'on ait 
connu. Jusqu'à la reprise de Paris , en i436 , il ne 
distingue le roi et ses partisans que sous la dénomina- 
tion d'ArminaSj et il les accuse de toutes les horreurs 
imaginables. 

2°. Ce n'est pas le journaliste qui fait l'imputation ; 
c'est (croirait-on que Voltaire et d'Argens se fussent 
fondés sans s'en douter , il est vrai , sur une semblable 
autorité? ) c'est un inquisiteur... Le journaliste rap- 
porte, pages 14.1, i4-2, un extrait d'un sermon pro- 
noncé à Paris par ce misérable , un mois après * le 
supplice de Jeanne , et qui est rempli d'accusations ca- 
lomnieuses et démontrées matériellement fausses. 

* Le jour de Saint-Martin le Bou'iWant (Journ. de Paris,\^i.)f 
correspondant au 4 juillet. {j4rt de vérifier les dates, éd. de 1770 ; 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 243 

3°. Nous avons montré (wofe24-3, n» 12, p. 186) 
qu'il n'y eut aucun moment où la cour ait pu vrai- 
ment former Jeanne à son rôle. Frère Richart eut-il plus 
de loisir? Il venait de Jérusalem; il arrive à Paris vers 
le 12 avril 1^29 {^Journal, p. 119) , et il n'en part qu'a- 
près la levée du siège d'Orléans , coïiime nous l'ap- 
prend le journaliste lui-même , p. 121 et 122... Com- 
ment a-t-il pu inspirer à Jeanne un dessein qu'elle 
avait communiqué à Baudricourt plus d'une année aupa- 
ravant? Comment put-il exercer de l'influence sur elle 
lors de l'expédition d'Orléans, pendant toute la durée 
de laquelle il demeura à Paris ? 

4°. On ne parle plus de frère Piichard après son dé- 
part, jusqu'à la prise de Troyes, c'est-à-dire jusqu'au 
commencement de juillet 1429. Il était dans cette ville 
et tenait par conséqi^ent le parti <\e.s Bourguignons; il 
y essaya même d'exorciser Jeanne. (\ oy. Lenglel , t. i , 
p. 102.) 

5°. Il paraît que ce moine changea alors de bannière 
Il accompagna l'armée de Charles dans son expédition 
de risle-de-France ( Voy. le texte , p. 'j^ et suiv. ) , et 
prêcha en sa faveur. Le journaliste de Paris , p. 124 , se 
plaint de ces démarches , mais ne dit rien de plus. 

6". La triple communion de Gergeau , si elle est 
vraie, ne signifie rien en cette occasion , parce qu'elle 
ne put avoir lieu qu'à Noël 1429 , HUIT Mois après la 
levée du siège d'Orléans , Gergeau n'ayant été repris que 
le 12 juin précédent sur les Anglais, qui l'occupaient 
depuis le 5 octobre 1428. (Voy. ci-devant le ^ea;/ô, 
p. 74 ; Pollue he , p. 60 ; Hist. de la Pucelle , p. 5oo ; ci- 
après , Explication de la carte 2.^ , note 42 , p. 263.) 

ip". Quant aux prétendues compagnes que le véné- 



*l44 NOTES DE JEAISNE d'aRC. 

tablé inquisiteur donna ensuite à Jeanne d'Arc, le 
journaliste de Paris nous apprend seulement, p. i34.i 
que l'une de ces femmes fut brûlée à Paris le 3 septem- 
bre i43o , et qu'elle faisait l'éloge de Jeanne. 

Et voilà des argumens îrrésist'ihles que la bravoure et 
les exploits de Jeanne sont du's à frère Richard! 

Note ^9^), p. gS. La ville.... célèbre depuis celle èpoqut 
une fêle..., 

(Voy. Luchet^ p. 4*4» 4ï5; Laperdy , p. 219; Len- 
glet, t. 3 , p. 259 et suiv. ; Daniel, vij , 67. — Voy. aussi 
Polluche , p. m.) 

Note ^9^) , p. gS, Lui a érigé un trophée..., 

(Voy. Luchel, p. 67, ^16; Expilly , 352. — Voy. 
aussi Polluche , p. 108. ) Il en est de même de la ville de 
Rouen. (Voy. Daniel., vij, 104 ; Belbeuf, Recher- 
ches , etc. , dans la Notice des Mss. , t. 3 , p. SSg. ) 

Le premier monument érigé (en i458) dans Orléans , 
à Jeanne d'Arc , est décrit et gravé dans les Antiquités 
nationales de M. Millin , t. 2 , art. 9. Il a été détruit 
depuis la publication de cet ouvrage (en lygS), et on 
lui a substitué (en io85) une statue de bronze , qui est 
aussi gravée et décrite dans l'intéressant Voyage au 
midi de la France, du même auteur, t. 4 » p. 795. 

L'un et l'autre sont également décrits aux pages 4^2 
et suivantes d'un ouvrage récent de M. Chaussard , in- 
titulé Jeanne d'Arc , ou Recueil historique et complet, etc. 
(Orléans, 1806), que nous n'avons connu que pendant 
l'impression du nôtre , et où l'on trouve : 1° un coup- 
d'œil rapide (24 p^ges) sur le siècle de Charles vil ; 
2.^ une analyse étendue du grand travail de M. de La- 



NOTES DE JEANNE d'aRC. 2.^5 

verdy, que nous avons cité si souvent; 3° un catalogue 
bibliographique raisonné, instructif, et plus complet 
que celui de Lenglet, des ouvrages en tout genre, soit 
imprimés, soit manuscrits, où il est question de la 
Pucelle; 4-° une notice des portraits, gravures et mo- 
numens qui la concernent. 

Au surplus , la statue de Jeanne et les autres figures 
du monument détruit en 1793 ne dataient que du 
16^ siècle. Elles avaient été substituées en 1571 aux 
ligures primitives, brisées lors des guerres civiles reli- 
gieuses en 1567. La destruction de celles-ci est d'autant 
plus fâcheuse, que, selon la remarque de M. Chaus- 
sard , p. 4-4-2 et 4-52 , sculptées vers i458 , à une époque 
très-rapprochée du tems de Jeanne d'Arc, sa statue 
devait reproduire ses traits avec exactitude. 

Le même auteur, p. 458 et suiv. , donne une liste des 
souscripteurs qui ont fait les frais de la statue de i8o5, 
ouvrage distingué de M. Goix. 



FIN DES NOTES. 



EXPLICATION DES CARTES 



•w-wx/vi 



CARTE r, 

ou CARTE VISUELLE DU SIÈGE D'ORLÉANS. 



§ i*"^. Observations. 

On a déjà indiqué, note i , n" 3, p. 99, les données 
qui ont servi à dresser cette carte. Elle est simplement 
visuelle , et réchelle qu'on y a jointe ne doit être regar- 
dée que comme un moyen d'en apprécier les distances 
avec quelque approximation. Néanmoins , on croit que , 
vu les soins qu'on a apportés en la composant , elle suf- 
fira pour entendre tout ce qu'on dit du siège d'Orléans , 
soit dans l'ouvrage précédent, soit dans les auteurs 

contemporains. 

§ 2. Bastilles. 

La position de plusieurs d'entr'elles n'a pu être dé- 
terminée avec rigueur. On ignore le nom de celle du 
n« 3 1 de la carte, qu'on a placée à ce lieu, parce qu'il 
est dit positivement , dans V Histoire de la Pucelle^ p. 5oo 
et Soi du Recueil de Godefroy, et f. i32duMss.B.R. , 
n» 10,297, que les Anglais en établirent sur tous les che- 
mins passans. * Il en est de même d'une autre dont on 

* On rapporte d'ailleurs ( Voy. Tn'paut ^ 83 à 8S) qu'un 
corps d'Anglais se logea d'abord aux environs de la croix de 
Fleury ( n° 4^ ^^ l^ carte ) , et que plusieurs jours après , les 
Français se portèrent jusqu'à cette croix pour protéger des 
marchands qui se rendaient à Orle'ans , et à la marche desquels 
les Anglais mettaient obstacle ; ce qui annonce que les Anglais 
s'e'taicnl ensuite établis entre cette croix et Orléans. 



CARTE VISUELLE 

DU SIEGE nORLÉAJVS 

en 140-8 e^j.42,9. 



'^ 



■0 



C-eÂefâ de. mnlmn ^ '^ °Ti>ùi 



"Q. 



B'^. 



'i^r>. ••■.■.-■- a' 






58+24 



4.7 û 64, 



s* n 18. 







^ . J . . Z, ^/a.,.. 



s. X-oty» 



CAllTE PREMIÈRE. 247 

n'a pu non plus fixer précisément l'assiette ; mais elle 
devait être ou au n" 28, ou au n" 3o. On a aussi quel- 
que raison de penser que la bastille de la Croix-Bois- 
sée était vers le n° 26. Quant à celle du Colombier, il 
est fort probable quelle était au n° 27 , parce que les 
Anglais de sa garnison faisaient des excursions et li- 
vraient des combats aux Orléanais aux environs du 
colombier Turpin, qui, d'après ce qu observait Mi- 
quellus au siècle suivant ( Yoy. Aurelîœ ohsidlo , etc. , 
p. 26, édit. de i56o), était dans le lieu qu'occupe à 
présent la rue du Colombier, n" 22. 

L'incertitude qu'on a éprouvée sur l'emplacement de 
ces diverses forteresses \âent de ce que l'bistoire déjà 
citée ne les nomme pas dans l'ordre où elles devaient 
être entr'elles. A l'égard des autres bastilles , on croit 
les avoir très - approximativement placées aux lieux 
qu'elles occupaient. 

§ 3. Désignations. 

On verra dans l'Explication ci-après , § 5 , les divers 
édifices , forts , etc. , désignés sur la carte. Obligé de 
travailler sur une échelle fort petite , on s'est borné à y 
marquer les points utiles à l'histoire du siège d'Or- 
léans. 

§ 4- Eglises brûlées. 

Voici les noms des églises de la rive droite que les 
Orléanais brûlèrent ( Voy. ci-dev., noie 216, p. iG5 ), et 
dont parle Tripaut , p. 1 1 et i5 : Saint-Aignan, n° 5o de la 
carte ; Saint-Michel , n** 5i ; Saint-Aux, ou Saint- A vit 
( aujourd hui le séminaire. Voy. PoUuche , 127 ) , n" 54- ; 
chapelle du Martroy , n» 55 ; Saint- Victor ^ au faubourg 
de la porte Bourgogne , n*^ 52 ; Saint-Michel-sur-les- 



248 EXPLICATION DES CARTES. 

fossés, n» 56; les Gordeliers (depuis, les Récollets), 
n» 60 ; les Jacobins , n° Sy ; les Carme^ , n° 59 ; Saint- 
Mathurin , n0 23 ; Aumône-Saint-Pouaire , ii« 58 ; Saint- 
Laurent , n« 25; Saint-Loup, n» 82; Saint-Marc, 
n" 4-2 ; Sainte-Euverte , n» 18; chapelle Saint- Aignan, 
11» 53; Saint- Vincent-des- Vignes , n" 4.1 ; Saint-Ladre 
ou Saint-Lazare , n» 4-6 ; Saint-Pouaire ou Saint-Pa- 
terne, n» 24; la Madeleine, n« 27; Saint - Gervais 
( aujourd'hui Saint-Phallier V. Poliuche, 19 et i53) , 

§ 5. Explication des numéros de la Carie visuelle. 

I , 2 , 3, 4î ^t ^1 7? 8, 9, 10 et II. Enceinte d'Or- 
léans au tems du siège. 

12, i3, 14., i5, 16, 17, 18, 19, 20, 8,9, 10, n 
et I... Enceinte actuelle. 

1. Notre-Dame de Recouvrance. 

2. Porte etboulevart Renard. 

3. Porte et boulevart Banier ( ancienne ). 
4.. Poterne Saint-Samson. 

5. Porte Parisis. 

6. Evêché. 

7. Porte Bourgogne (ancienne). 

8. Poterne de la tour Neuve. 

9. Tour Neuve. 

jo. Poterne Chesneau. 

II. Le Châtelet et porte du Pont ( ancien ). 

12. Jardin de la ville et jadis porte de Saint-Laurent. 

i3. Porte et faubourg Madeleine. 

14. Porte et faubourg Saint-Jean. 

i5. Porte Banier actuelle. 

i6. Porte Saint-Vincent actuelle. 



CARTE PREMIÈRE. 2^9 

17. Porte Sainte-Euverte (murée depuis ). 

18. Sainte-Euverte. 

19. Porte Bourgogne actuelle, à l'extrémité de l'an- 

cien faubourg. (Auprès est Notre-Dame 
Duchemin, qui était jadis la chapelle Saint- 
Aignan. — V. Expilly^ 345 ; Polluche. , 121. ) 

20. Tour de la Brebis. 

21. Croix ?dorln. 

22. Rue du Colombier. 

23. La Visitation , jadis Saint-Mathurin. 

24. Saint-Paterne , nommé jadis Saint-Pouaire. * 

25. Bastille de Saint-Laurent, 

26 et 27. Bastilles de la Croix Boissée et du Co- 
lombier. 

28 et 3o. Dans l'un de ces points devait être une 
bastille. {Voy. ci-devant, § 2 , p. 24.6.) 

29. Bastille de Saint-Pouaire. 

3i. Ici devait être une bastille. (F. même §2, p. 246.) 

32. Bastille de Saint-Loup. 
. 33. Idem de Saint-Jean-le-Blanc. 

34- Idem des Augustins. 

35. Boulevart des Tournelles. 

36. Les Tournelles. 

37. Bastille du champ de Saint-Privé. 
3*8. Idem de l'île Charlemagne. 

39. Boulevart de la Belle-Croix de l'ancien pont. 

40. Mottes des Poissonniers et de Saint-Antoine. ** 
4i . Saint- Vincent-des-Vignes , paroisse et faubourg. 

* Les Anglais de la garnison de Saint-Pouaire (n» 29) ve- 
naient faire le guet près de cette e'glise. (Voy. Tripaut, 92.) 

** Cette île a été détruite lors de la construction du pont 
actuel. 



25o EXPLICATION DES CARTES. 

4.2. Saint-Marc , paroisse. 

43. L'Orbette. * 

44- Isle qui était vis-à-vis Saint- Aigu an. 

4.5. La Croix de Fleury. 

46. Les Chartreux, jadis St-Lazare ou St-Ladre. 

47. Saint-Phallier, jadis Saint— Gervais. 

48. Le pont actuel. 

49. Les trois faubourgs du Portereau. 

50. Saint-Aignan. 
5i. Saint-Michel. 

52. Saint-Victor, faubourg de la porte Bourgogne. 

53. Chapelle de Saint-Aignan. 

54. Saint-Aux (ou Saint-Avit). 

55. Chapelle du Martroi. 

56. Saint-Michel-sur-les-Fossés. 

57. Les Jacobins. 

58. Aumône-Saint-Pouaire. 

59. Les Carmes. 

60. Les Cordeliers ( depuis, les Récollets). 

* Les Anglais de la garnison de Saint-Loup ( n® 82 ) venaient 
faire le guet à l'Orbette, — (Voy. Tripaui , 80; Guyon, Histoire 
da diocèse d'Orléans j p. 316.) 



H^ 



^^^^"*37l /V° / y THEATRE oje la GUERRE 

AU TEMPS Je CHARLES VI et 

^ T o I siy j - "I Je CHARLES' Vil etfurtout de 
JEANNE dXRC 




B.S.Hlr^^ 



EXPLICATIO^" DES CARTES. 2.5 I 

CARTE ir, 

ou CARTE DU THEATRE DE LA GUERRE 

^11 tems de Charles vi et de Charles vu , et sur-tout de 
Jeaî^ne d'Arc. 

ARTICLE PREMIER. 

Obserçations générales. 

Cette carte contient la position de tous les lieux dont 
il est question dans notre ouvrage ou dans l'itinéraire 
de l'article deuxième. * Elle a été dressée sur la carte de 
Hérisson pour les positions principales , les limites 
des provinces et les villes. On y a ajouté les bourgs , 
villages et châteaux omis dans la carte de Hérisson à 
cause de son peu d'étendue ; mais à un petit nombre 
d'exceptions près , et afin d'éviter de la confusion , on 
n'y a point compris les villes non citées dans notre ou- 
vrage. 

On répétera ici ce qu'on a déjà observé au sujet de 
la première carte. Quelque soin qu'on ait apporté à 
celle-ci , on ne la présente point comme un modèle 
de précision géographique ; il suffisait, pour notre ob- 

* Excepté loles bourgs , etc. , que lede'faut d'espace n'a pas 
permis d'y placer ( mais on indique dans l'ouvrage les villes de 
la carte dont ils sont voisins ) ; rio la partie méridionale de la 
France . 



2^2 EXPLICATION DES CARTES/ 

jet , que les positions y fussent fixées avec quelque 
approximation. 

iV. B. Les limites des provinces sont indiquées par de très- 
petits points ( ) ; l3 route suivie par Jeanne d'Arc, par 

des points alonge's, ou traits d'union ( ). 

ARTICLE II. 

Itinéraire des voyages ou expéditions de Jeanne d'Arc. 

Voici un ouvrage entièrement neuf. Il est néanmoins 
si utile pour donner une idée juste des travaux de Jeanne 
d'Arc et de l'expédition la plus importante de Char- 
les VII, qu'il est étonnant qu'on ne l'ait pas essayé 
jusqu'à ce jour. Il est vrai que le tracé de cet itiné- 
raire offrait de grandes difficultés. Les anciennes Chro- 
niques sont incomplètes et souvent inexactes. Aucune 
d'elles n'indique toutes les stations , et lorsqu'elles en 
énoncent de semblables, plus d'une fois elles leur don- 
nent des dénominations différentes, et varient sur leurs 
époques , ou n'en indiquent point de précises. Presque 
toutes omettent les stations intermédiaires. Enfin , les 
indications sont rares , éparses , et en quelque sorte 
noyées dans les volumes où l'on est obligé de les cher- 
cher.... Toutes ces observations s'appliquent aux procès 
de Jeanne d'Arc Il a fallu, pour se tirer de ce laby- 
rinthe , user encore de la méthode indiquée ci-devant 
à la noie V^^ n° m, p. 99, c'est-à-dire comparer soi- 
gneusement toutes les relations, soit entr'elles, soit avec 
des calendriers , des cartes , etc. 



CARTE DEUXIEME. 



25: 



CALEÎ^DRIER 



ANCIEN. 



Mai. 

Milieu 
de mai. 



1429. 
Fév. 



Avant 

ses 
expéd. 



1428. 
Mai. 

Milieu 
de mai. 



Fe'v. 



1429. 


1428. 


Fin 


Fin 


de fév. 


de fév. 


et 1"» 


et lers 


jours 


jours 


de mars. 


de mars. 



§ i^'^. Voyages aux environs de 
Domrémy. 

lieues. 

1. DeDomréiïiyàNeuchâteau; 
de Neufchâteau à Toul ; de Toul 
à Neuf château ; de Neufchâleau à 
Domrémy (i). 

2. De Domrémy àVaucouleurs, 
et retour , deux voyages (2). 

3. De id. à Nanci, et retour (3). 

4. De id. à Vaucouleurs, troi- 
sième voyage (4)- 

S 2 . Voyage à la cour de Charles vu. 

5. De Vaucouleurs à Chinon, 
i» en traversant beaucoup de ri- 
vières , savoir (5):rOniain, le 
Saux, la Marne, l'Aube, l'Ar- 
mançon , le Serain , l'Yonne , le 
Douant, le Loing, la Loire, le 
Cher et l'Indre ; 2*' en passant par 
Saint-Urbain ; ensuite près d'Au- 



(i) Sur ces voyages, voyez ci-devant notes "xù^, 1104 > ^t ^4^» 
n<» 2 , pages 181 et 179. 

(2) Voyez note 2^3 , n*^* 4 > 7 ^* ^ • 

(3) Voyez note 243, n° 9 , p. 184. 

(4) Voyez note 24^ , no 10 , p, 184. 

(5) Ces rivières sont indiquées ici dans leur ordre naturel , 
de l'orient à l'occident , de sorte qu'il sera facile de trouver 
sur la carte celles dont I9 défaut d'espace n'a pas permis d'y 
graver le nom. 



254 EXPLICATION DES CARTES. 

CALENDRIER lieues, 

xerre ; enfin par Gien et Sainte- 
Calherine-de-Fierbois (6). io4. 

6, De Chinon au Coudray, et 
jours du Goudray à Chinon (7). 6 



1429. 

jers 

jours 
de mars. 



de mars. 



(6) Le premier jour , Jeanne vint coucher à l'abbaye de Saint- 
Urbain. {Réponse à son a* interrogatoire dans Luchet^ 38i.) 

Sa route depuis Saint-Urbain jusqu'aux environs d'Auxerre a 
été tracée par conjecture et d'après ce qu'observent les auteurs 
ou témoins (Voy. nofe 243, n» 11, p. i85 ; Lacerdy , 3o3 ; 
Zen g! et y i , 25 ; Tripaut ^ 49*» Histoire de la Pucelle , 5o5 ; 
Belle forêt y 337 ) , qu'elle fut obligée de traverser plusieurs ri- 
vières , et de faire beaucoup de détours pour éviter les places 
ennemies, etc. 

L'Histoire de la Pucelle {d. p. 5o5 ) ajoute qu'elle passa par 
Auxerre « et plusieurs autres villes , villages et passages des 

» pays ennemis. . sans aucuns empêchemens » Nous croyons 

qu'il y a ici une faute d'impression ou de copie , et qu'il faut 
\\vç.près2i\x lieu de. par. Il n'est pas vraisemblable qu'un cortège 
de sept personnes ( Lenglet , i , 24 , ) armées eût pu passer 
sans obstacle dans des villes de guerre. En conséquence, nous 
avons tracé la route /?a<?j^ d'Auxerre et d'autres villes, et non par 
Auxerre , etc. 

D'Auxerre elle passa par Gien ( ici elle arrivât dans les 
villes soumises au roi). — Danois dans Laverdy , 352, note 26. 

De Gien, nous présumons qu'elle se dirigea sur Loches , par 
Romorantin , Selles et Saint-Aignan , parce qu'elle parcourut 
dans la suite la même route (Voy. ci-après n^ i4 et note 17 , 
p. 257 ) , qui, au reste , est à-peu-près en ligne directe. 

Elle passa ensuite à Sainte-Catherine de Fierbois avant d'arri- 
ver à Chinon. (Voy. Belleforèt, 35o ; Villaret^ xiv, 383.) 

(7) Après son arrivée à Chinon , elle fut d'abord logée au 
château du Coudray, ou elle reçut plusieurs cisiles. {Laperdy, 



CARTE DEUXIEME. 



2bb 



CALENDRIER 



ACTUEL. 

1429. 

Fin 

de mars 

et com* 

d'avril. 



Idem. 



1428. 

Fin 
de mars 
et 1429, 
commt 
d'av. (8) 



Idem. 



lieues, 
7. De Chinon à Poitiers (9). 16 



8. De Poitiers à Chinon. 

§ 3. Expédition d'Orléans. 
g. De Chinon à Tours ; de 



Tours àBlois (10). 

9 bis. De Blois à Chinon par 
Tours, et retour à Blois (11). 



22 



44 



3o6.) Quant à l'époque de son arrivée, voy. note ^i^Z , n» 12, 
p. 186. 

(8) Pâques, ou le premier jour de l'an 1^29, était le 27 mars. 
{Tr/paut y 73.) 

(9) Voyez dite nofe , ^43 , n^ 12. 

(10) Voyez Laçerdy, 3 14 et 3i5; Lengîet ^ i, 5i. 

(11) Lorsque Jeanne quilla la cour pour se rendre à Blois et de 
là à Orléans, la cour était à Chinon. Nous avons dit (^notei!^, 
no 12) que l'époque de son départ n'était pas précisément con- 
nue. 1° Lenglet, t. i , p. Sg , fixe son voyage à Blois au 18 ou 19 
mars, a*» Tripaut, p. 69, la dit arrivée dans cette ville le aa. 
3® La lettre qu'elle y écrivit aux Anglais (Voy. Hist. de la Pue. , 
3o8 ; Tripaut ^ 6g; Belleforét ^ 338; Lenglet , t. i , p. 52 ) est da- 
tée du mardi ou du samedi-saint, c'est-à-dire ou du ii 
ou du 26 mars. ( On l'a jointe ci-après, à la Z^ pièce justifi- 
cative , n» 4 )• 4° I' résulte d'un interrogatoire subi par Jeanne 
le 10 mars i43i ( calendrier actuel ) , qu'elle était auprès de Chi- 
non dans les premiers jours d'avril 1429, puisqu'elle y fixe cetle 
station à deux années avant l'interrogatoire, et au mois d'avril, 
immédiatement après Pâques ( \ oy. Lenglet ^ t. i , p. iSg ; La- 
verdy, 6g) , et que Pâques de i^ag était le 27 mars, 5» Elle de- 



256 EXPLICATION DES CARTES, 

CALENDRIER 



ACTUEL. 



1429. 

Fin 
d'avril. 



ANCIEN. 



lieues. 
1429. 10. De Blois à Orléans par la 

d'avril. Sologne, ou le midi de la Loi- 
re (12). i3 



vait même y être encore le 21 avril matin , d'après les lettres- 
patentes du même jour, citées dans un compte (Voy. Godefroy, 
p. 007 ), et où l'on ordonne de payer 100 livres à l'un de ses 
officiers pour les frais faits à Chinon ^\ ^oxsx ceux à faire au 
çoyage quils avaient lors intention de faire.... pour le secours 
d'Orle'ans. 6» Il résulte aussi de la narration de M. de Laverdy, 
p. 3i5, fondée sans doute sur quelque déposition, que Jeanne 
n'arriva à Blois que vers le 23 avril. ( Il annonce, en cflet, 
qu'elle y resta trois jours , et qu'on en mit autant à se rendre 
à Orléans ; or , on arriva le 29 à Orléans, ) 

Ces diverses leçons , si contradictoires au premier aperçu , 
se concilient très-facilement, en admettant, comme nous le 
faisons au texte , n» 9 bis , pag. 255 , que Jeanne a fait deux 
voyages à Blois , l'un après le 18 mars , l'autre après le 20 avril. 
Pendant le premier, elle aura commandé ses bannières ou éten- 
dards à Tours ( ils y furent faits et peints , suivant le compte 
indiqué ci- devant, note 3ii , p. 209), et aura adressé (de 
Blois ) ses lettres aux Anglais. N'en recevant pas de réponse 

(ils retinrent même son héraut Voy. ci-dev. p. 93), elle 

sera revenue à Tours, où elle aura pris les étendards, et de là, 
pour demander les ordres du roi , à Chinon , d'où elle sera re- 
partie le 21 avril soir ( après le paiement fait à son écuyer ) pour 
Blois, où elle sera arrivée le 23 soir. 

Au reste , ceci prouve encore que si Jeanne fut un instru- 
ment de la cour , on eut bien peu de tems pour la former au 
rôle brillant qu'elle remplit si bien. (Voy. d. note 243^ 
no 12 , p. 186. ) 

(12) Voy. Tripauty 88; Histoire de la Pue e île ^ 5io; Chron. 
da France j 338, v^j Lenglet , i , 60. 



CARTE DEUXIÈME. 



25' 



CALENDRIER 



ACTUEL. 



1429. 

Mai. 



. 9 ,. 
jiisqu a 

latin 

du mois. 

Idem, 



Juin. 
Premrs 
jours. 



1429. 
^Jai. 



. 9 „ 
]usqu a 

la fin 

dumois. 

Idem. 



lieues. 

11. D'Orléans aux environs de 
Pathay, dans la Beauce , et retour 
à Orléans (i3); ensuite, attaques 
diverses des bastilles , etc. (i4)- 10 

12. D'Orléans au-delà de Lo- 
ches (i5), et retour à Loches. 35 



i3. De Loches à Tours ; de 
Tours à Loches (16). 20 

Juin. i4- De Loches à Saint-Aignan ; 

Premrs ^^ Saint-Aifirnan à Selles ; de Sel- 
jours. " 

les à Romorantin ; de Romoran- 

tin à Orléans (17). 29 



(i5) C'était pour aller au-devant du second convoi. ( V. ci- 
dev. texte , p. 65, et note 274 , p. 199, et les auteurs de Idi note 12, 
page 256.) Lenglet , t. i , p. 64, prétend , sans citer d'autorité, 
qu'il fut , comme le premier, amené par la Sologne. C'est une 
erreur. Tous les auteurs s'accordent à dire que ce fut par la 
Beauce, et la Chronique de France, 338, vo, ajoute, qu'on 
l'amena jusques vers Pathay. 

(i4) Voyez ci-devant texte , p. 65 et suivantes , notes 276 à 
309 , p. 199 et suivantes. 

(i5) ^0/. sur ce voyage , ci-devant, note 3ii, p. 208. 

(16) L'Histoire de la Pucelle , p. 5i5 , et Tripaut , p. ii5, 
indiquent plusieurs conseils tenus à Tours , d'où Jeanne dut re- 
venir avec le roi à Loches , parce qu'il paraît par la lettre de 
Gui de Laval, citée à la fin de la note 3ii, p. 208, qu'elle pré- 
cédait le Roi, dans sa marche , à-peu-près d'une journée. 

(17) Voyez la même lettre, la note précédente, et d'Alençon 
dans Lacerdy, p. 363 , note 49- Jeanne partit de Selles le 6 juin, 

17 



'58 EXPLICATION DES CARTES. 

CALENDRIER 



1429. 

Juin. 

II et 12. 

i3 
et jours 



Fîn 
de juin. 

Idem. 



ANCIEN. 



1429. 

Juin. 

II et 12. 



et jours 
suivans. 



Fin 
de juin. 

Idem, 



§ 4^. Expéditions des environs d^Or- 

lèans , et bataille de Pathay. 

lieues. 
i5. d'Orléans à Gergeau, qui 
fut pris (18). 4 

16. De Gergeau à Orléans. 4 

17. D'Orléans au pont de Meun 
(prise). 3 

18. Du pont de Meun à Beau- 
genci (prise). 2 

19. De Beaugenci à Pathay 
(bataille). 7 

20. De Pathay à Jenville (prise) 

et environs (19). 5 

21. De Jenville à Orléans (20). 7 

22. D'Orléans à Sully ; de Sully 
à Saint- Benoît- sur -Loire; de 
Saint-Benoît à Châteauneuf; de 
Châteauneuf à Sully ; de Sully à 
Orléans; d'Orléans àGien(2i). 44 



( Elle y était au moins depuis le trois. ) Même lettre y p. SgS , 
896. 

(18) Voyez les autorite's de la note 020, ci-devant p. 206. 

(19) Pour les voyages ou expéditions des n^s 16 à ao, voyez 
ci-devant le texte , p. 74 , et les autorités de note Z11 à 826 , 
p. 207 et suivantes. 

(20) Aboyez Tripaut , i32 ; Histoire de la Pucelle , 5 18 à la fin. 

(21) Tous CCS voyages sont indiqués par l'Histoire de la Pu- 
celle, p. 519, à l'exception de celui de Salnt-Benoit-sur-Lolre , 
dont parle le président Cliarle (dans Laçcrdy^ p. 3()7, note 58). 



CARTE DEUXIEME. 



269 



CALENDRIER 



1429. 
39 juin 

au 
17 juin. 



20 juill. 
jusque 

au 
i3 août. 



ANCIEN. 



§ 5. Expéditions pour îe sacre de 
Charles Vli. 



lieues. 



29 juin 
au 



sS.DeGien à Auxerre, d'Auxer- 
re à Sainl-Florentin ; de Saint- 
17 juill. Florentin à Troyes ; de Troyes à 
Châlons-sur-Marne ; de Châlons 
à Sepsaux (22); de Sepsaux à 
Reims (23), en traversant ainsi 
le Loing, le Douant, l'Yonne , le 
Serain, l'Armançon, la Seine, 
l'Aube et la Marne (24.). 

§ 6. Expéditions de Vlsle-de- 
France , de la Brie et environs. 

24. De Reims à Saint- Mar- 
coni ou Corbény (2 5) ; de Saint- 



59 



20 juill. 
jusque 

au 
i3 août. 



Il fut te'moîn , dit-il , d 'exhortations faites au Roi pér Jeanne , 
à Saint-Benoît, relativement à son sacre... Cela n'a pu se passet 
que dans un des voyages de Sully à Châteàùneuf , Saint-Benott 
étant situé entre ces deux villes. 

Dans cet intervalle (le 26 juin), Tamiral de Giilant as- 
siégea et prit Bony-sur-Loire, 

(22) SepsauK , château de l'archevêque de Reims. 

(23) Quant aux détails de cette expédition de Gien à Reims, 
pendant laquelle les villes indiquées ci - dessus se soumirent 
ou furent prises , coyez les autorités de la note 33o , ci-devant 
p. 2l5. 

(24) Ces rivières sont indiquées ici dans leur position natu- 
relle , du sud-ouest au nord-est. 

(25) On emploie ces noms indifféremment. ( Voye^ Tri" 
paut , x46 ; Histoire de la Pucelle , 524 » Monstrelet ^ ij , 47') 



26o 



EXPLICATION DES CARTES. 



CALENDRIER 



lieues- 



ACTUEL. 

20 juill. 
jusque 

au 
i3 août. 



20 juill. 
jusque 

au 
i3 août. 



Marcoul à Vailly (26) ; de Vailly 
à Soissons (27) ; de Soissons à 
Château -Thierry; de Château- 
Thierry à Provins (28). 

25.De Provins à la Motte de Nan- 
gis (29) ; de la Motte à Provins; 
de Provins auprès de Bray (3o) ; 
de-là , retour à Provins. 



36 



17 



(26) On apporta ici à Charles les clefs de Soissons et de 
Laon.' {Tri'paut y 146 ; Histoire de la Pucelle , 524- ) 

'. (27) Ici l'on apprit la soumission de Château - Thierry , de 
Crécy enrBri«, de Provins, de Cpulommicrs et de plusieurs 
autres villes. {T ri p aut ç.\ Histoire de la Pucelle ^ ibid. Voy. aussi 
Monstrelet , ij , 49 ^^ ^o > <^1"^ cite ( outre les préce'dentes ) , 
quatorze vilks ou châteaux, et finit également par les mots et 
plusieurs autres. 

En calculant les diverses époques indiquées par Tripaul» 
p. 146, il paraît qu'on dut arriver à Soissons vers le a3 au ^5 
juillet. Il ajoute que le roi y fit séjour /7/z/- aucun tcms . ... Ce sé- 
jour dut se prolonger jusqu'avi commencement d'août, puis- 
jqii'à cette époque Charles fit délivrer à Jeanne un cheval , 
comme cela résulte du compte déjà cité à la note 3ii, p. 208. 

._ (2^) Noy..Tiipûut , et Hisl de la Pucelle , ibid. ; îo p.ntid 

(29) Château près de Nangis. (Voy, Hist. de la Puvéilè i^ttill \ 
Chronique de France , 34^; Tripaut. 147 : il dit Maugis , mais 
c'est nne faute d'impression ). Le roi s'y avança pour présenter 
ïa bataille au duc de Bedfort, qui s'était porté à Corbeil et 
Melun ( et même jusqu'à Mpntereau , selpn Monstrelet, ij , 
47 ) ; mais Bedfort s'en retourna à Paris. {Mêmes auteurs/) 
Le 7 août il avait envoyé une espèce de défi au roi. (Voyez 
Monstrelet yWîià.) 

(30) Cette marche rétrograde de Charles après la retraite de 
Bedfort, qu'il eût au contraire fallu poursuivre , fut l'effet des 



CARTE DEUXIEME. 



261 



CALE^DRIER 



1429. 

Août. 

14 au 28 



li 

1429- 26. De Provins à Château- 

i4au28. Thierry (3i); deChâteau-Thierry 

à la Ferté-Milon (Sa) ; de la Ferté 

à Crépy ; de Crépy à Dammar- 

tin et environs (33). 

27. De Damniartin à Crépy; 
de Crépy à Baron et à Monlpi- 
loy (34.) ; de Baron à Crépy; de 
Crépy à Compiègne ; de Com- 
piègne à Senlis *, de Seiilis à Saint- 
Denis (35). 



28 



3o 



insinuations des courtisans. Heureusement on ne put forcer le 
passage de la Seine à Bray , ce qui obligea de revenir combattre 
dans riIe-de-France. {Voy. mêmes auteurs. ) 

(3i) La Chronique de France, fol. 342, fixe le voyage ds 
Château-Thierry à la veille de la mi-août. 

(32) Dunois ( dans Laverdy, p. 369 , note 68 ) cite cette excur - 
sion à la Ferte'. 

(33) Voy. , sur les excursions du n» 26, Tripaut ^ i-JS à i5o ; 
Jlist. de la Pucelle , 525; Chronique de France , Zl^i. 

Les arme'es françaises et anglaises furent, pour la second* 
fols, en présence; Charles était aux environs de Dammartin, 
et Bedfort à Mitry, à deux lieues au S. O. de cette ville. Après 
quelques escarmouches il se retira sur Paris. {Mêmes auteurs. ) 

(34) Ou Mont-Piloi, ou Mont-Piloer , ou Mont-Piloir, 
bourg et montagne un peu au N. O. de Baron. 

(35) Quant aux excursions du n» 27, voyez Tripaut^ i5i à 162 ; 
Hist. de la Pucelle , 523 à 628 ; Chron. de France ^ f. 342 , 343. 

Les mêmes armées se rapprochèrent encore. Celle de Charles, 
était entre Baron et Mont-Piloi ; celle de Bedfort sur la petite 



262 EXPLICATION DES CARTES. 

CALENDRIER 



1429. 
29 août 

au 
11 sept. 



Du 12 

sept. 

au 

25 oct. 

envir. 



ANCIEN. 

lieues. 
1429- 28. De Saint-Denis à la Cha- 
au pelle ( attaque de Paris ) ; de la 
II sept. Chapelle à la Villette (36); de la 

Villette à Saint-Denis (87). 3 

Du 12 20. De Saint-Denis à Lagnv ; 

au de JLagny a Provins ; de Provins 

25 oct. 



rivière qui passe à Baron- Toutes les dispositions furent faites 
pour une bataille, et Jeanne fiit placée au corps chargé des es- 
carmouches, avccDunois, Lahire, etc.. Ces escarmouches furent 
assez vives, mais au bout d'un jour les deux armées se replièrent. 
Ç Voy. mêmes auteurs. ) 

Le roi apprit à Crépy la soumission de Compiègne et de 
Beauvais , et à Saint-Denis celle de Lagny. ( Voy. idem. ) II en- 
tra à Compiègne le 22 août {Lenglet ^ t. i , p. 142; t. 2 , p. 160) 
et à Saint-Denis le 29, selon l'Histoire de la Pucelle , 529, et 
la Chronique de France, f. 343, \°. Selon Tripaut , p. 162, 
Charles partit de Scnlis enviiion le dernier jour d'août.... Peut- 
être même n'est-ce que le i^^ ou le 2 septembre, puisqu'il est 
dit , dans le compte cité à note 3ii , p. 208 , que le roi fit donner 
à Jeanne un second cheval , à Senlis , au mois de septembre. Mais 
il est aussi possible que de Saint-Denis elle soit retournée à Sen- 
lis pour cet objet. Il y aurait alors quelques lieues à ajouter à 
l'itinéraire. 

(36) On n'a pu graver sur la carte que l'un de ces deux bourgs , 
qui, au reste, sont très-voisins. 

(37) Quant aux excursions du x\P 28 , voyez Tripaut , 162 à 
167 ; Hist. de la Pucelle , 528, 529 ; Chron. de France ., 343. 

Le 8 septembre on attaqua Paris. ( Voy. Laverdy, 338 ; Jour- 
nal de Paris ., 127.) Jeanne traversa le premier fossé, entra 
dans le second et le sonda, Blessée soudain d'un coup de flèche 



CALENDRIER 



14-29. 
Idem. 



Idem. 



CARTE DEUXIÈME. 263 



lieues, 
à Bray ; de Bray à Courtenay, 
en passant la Seine au-dessous 
de Sens -(38) ; de Courtenay à 
Château - Renard ; de Château- 
Renard à Montargis ; de Montar- 
gisàGien; deGien àBourges(39). 67 



à la cuisse , elle ne voulut point renoncer à son projet; elle fit 
apporter des claies et des fascines pour combler le fosse'; entre- 
prise qu'elle n'abandonna qu'à la nuit; encore fallut-il l'en- 
voyer chercher à plusieurs reprises. Sa plaie ne fut pansée 
qu'après son retour. ( Voy. Tripauf , i65; Chartier , 36 ; Hist. 
de la Pucelle , SaS ; Chron. de France , 343 ; Monstrelet , ij , 5o.) 

(38) Bray se soumit cette fois à Charles et lui livra passage , 
tandis que Sens le refusa. (Voy. Tripaut ^ 1G8.) Ainsi Villaret, 
xiv, 4^8, se trompe lorsqu'il place avant l'arrive'e de Philippe 
à Paris (c'est-à-dire avant le 3o septembre.... ci-après /zo/(? 3y) 
la re'duction de Sens et celle de Melun , qui n'eut lieu que 
plusieurs mois après, ( Voy. note 45 , p. a66.) 

(39) Quant aux excursions du n" 29 , voyez Chartier^ 37 ; 
Berry^ 379? Chron. de France^ ^4"^» *^^ sur-tout Tripaut ^ 168 
et 169. 

En examinant avec soin la relation de Tripaul, et comparant 
le tems qu'exigèrent les parties du voyage dont il omet les épo- 
ques , et celles dont il indique les dates , et en tenant compte des 
séjours, il paraît, i© que le roi quitta Saint-Denis le 12 septem- 
bre et arriva à Gien le 19 ; 2° qu'il en partit vers le 20 ou le 11 
octobre , et arriva à Bourges du 22 au 25. Il annonce , en effet , 
que Charles attendit à Gien aucuns jours y croyant avoir accord 
avec le duc de Bourgogne , et qu'il s'en retourna à Bourges 
lorsqu'il fut averti que le duc avait renouvelé son traité avec 
Bedfort (on accorda seulement une trêve à Charles.... Voy. ci- 



264 



EXPLICATION DES CARTES. 



CALENDRIER 



1429. 
D'ocl. 
à déc. 



§ 7. Expéditions et excursions du 
ANCIEN. Berri et des environs. 



lieues. 



1429. 3o. De Bourges à Mehun-sur- 

à déc. Yèvre ; de Mehun à Bourges ; de 

Bourges à (4.0) Saint-Pierre-le- 

Moutier (siège et prise) ; de Saint- 



devant p. 78 et note 336, p. 217 ) , et était retotirné en Picar- 
die.... Or, nous voyons par le Journal de Paris, p. 127 et 128, 
que Philippe , arrivera Paris le 3o septembre , en était reparti 
la veille de Saint-Luc, ou le 17 octobre. Il fallut bien ensuite 
quelques jours pour en recevoir avis et se rendre à Bourges. 

N. B. Les auteurs remarquent que dans toutes les excursions 
ou expéditions décrites ci-dessus aux no* 28 à 29, Jeanne accom- 
pagna toujours le roi. 

(4o) C'est à Mehun qu'on arrêta les expéditions de Sainl- 
Pierrc-le-Moutier et delà Charité.... L'assemblée de la com- 
pagnie de Jeanne se fit ensuite à Bourges , d'où l'on se rendit à 
Saint -Pierre-le-Mou lier. ( Fb/. Daulon dans Lcng/et , ij , 126.) 
Jeanne montra aux attaques de Saint-Pierre le même courage 
qu'à celles d'Orléans, de Paris , etc. Les Français ayant été re- 
poussés lors de l'assaut , elle resta presque seule , et malgré les 
exhortations des olficiers, près des fosses , exposée aux traits des 
ennemis ( elle avait oté son casque ) , et cria à haute voix qu'on 
apportât des fagots et des claies pour faire un pont.... On lui 
obéit; oh passa les fossés et la ville fut prise en un moment,' 
( Voy. Daulon , d. p. 126 et suiv. ) Chartier, Sg, et la Chro- 
nique de France, 344, parlent aussi de cet assaut, mais sans 
détails. 

Nous ne connaissons ni l'époque , ni la durée précise de ce 

siège Daulon , ibid, , dit qu'il dura aucun temps.... Comme on 

Se rendit ensuite à la Charité où l'on était à la fin de novembre , 
iJ est probable que Saint-Pierre fui assiégé au commencement 
<jLe ce mois. 



ACTUEL. 



ANCIEN. 



CARTE DEUXIÈME. 265 

CALENDRIER lieues. 

Pierre-le-Moutîer à la Charité 
(siège); de la Charité à Bourges; 
de Bourges à Mehun (4-i)- 4-6 

1429. 3i. De Mehun-sur-Yèvre à Ger- 
dedéc §^21^ 5 ^^ Gergeau à Mehun (42). 36 



1429. 

Fin 

de déc. 

i43o. 
Dejanv. 
aux I^rs 

jours 
d'avril. 



^i^9- 82. De Mehun-sur-Yèvre à Bour- 

I J P lîîïî V 

aux lers ges (4-3) ; de Bourges aux Marches 



jours 
d'avril. 



(4i) Le siège de la Charité fui levé au bout d'un mois. ( Chron, 
de France^ 344; ^crry^ 38i. ) Chartier, 3y , et Belleforêt (/V5/^. , 
353 , d'après l'interrogatoire de Jeanne ) en font aussi mention. 
On peut présumer qu'on échoua par défaut de ressources et non 
point de courage. A la fin de novembre , d'Albret et Jeanne , 
qui commandaient, réclamaient des secours en argent, faute de 
quoi ils seraient , disaient-ils , obligés de lever le siège. Le 24 , 
la ville de Bourges établit un impôt d'un i3e sur le vin , et 
chargea le fermier d'envoyer à d'Albret et Jeanne i3oo écus d'or 
pour entretenir l'armée occupée au siège. {Voy. le bail dans 
riiisi. du Berry par La Thaumassière , liv. 3 , chap. 28 , p. 161. ) 

Après la levée du siège on dut , pour rendre compte de 1 ex- 
pédition , revenir à Mehun-sur-Yèvre , où il paraît que le con- 
seil se tint pendant les mois de novembre et décembre. 

(42) Jeanne avoue dans ses réponses qu'elle fut à Gergeau, où 
elle coucha plusieurs nuits avec une femme nommée Cathe- 
rine. ( Voy. Belleforêt dans la Chron, de France , f 353. ) D'un 
autre côté , on lui impute d'avoir communié à Noè'l dans cette 
ville. ( Voy. ci-devant note 392 , n» 6 , p. 243 ) : c'est donc à 
celte époque qu'elle fit le voyage de Gergeau. 

De Gergeau elle dut revenir à Mehun, où on lui donna des 
lettres de noblesse le 29 décembre. ( Elles sont datées simple- 
ment du mois , dans le Recueil de Godefroy, p. 898 ; mais La- 
vcrdy, p. 34o , en fixe la date au 29. ) 

(43) De Mehun Jeanne vint sans doute à Bourge?. On sait 



266 EXPLICATION DES CARTES. 

CALENDRIER 

lieues. 



ACTDEL. 



i43o. 
Idem. 



ANCIEN. 



de Berry (4-4) ; des Marches de 



1429. Berry à Melun, en passant par 

Bourges , Gien et Montargis (45). 76 



qu'elle y fit quelque se'jour après l'expédition de l'Isle-de-France 
( Voy. Laçerdy, 334, 339 ) » ^^ ^^^^ ^^''^ "^^''s cette e'poque , 
d'autant que se.% lettres de noblesse furent enregistrées le 16 jan- 
vier ( Voy. Godefroy , p. 899 ) à la chambre àç.^ comptes , que 
Charles avait transfe'rée dans cette ville. 

Nous perdons alors sa trace jusque vers la fin de mars. Il est 
pourtant à pre'sumer qu'elle ne resta pas toujours à Bourges, 
puisque Charles vil , qu'elle accompagnait ordinairement , se'- 
journa pendant cet intervalle à Chinon ( il y était vers le mois 
de janvier, ainsi qu'on peut l'induire de la Chronique de France, 
f. 344 > v» ) , à Yierzon ( vers le 26 janvier ) , à Gergeau (en 
février ) , et à Sully ( les 6, i3 et 28 mars ). Voy. Pièces fugi^ 
iiçes relatii>cs à VHîst. de France , in-4°, t. i , p. 94 » Histoire 
générale de Languedoc , t. 4 , P- 47^- 

(44) Jeanne était es-marches de Berry avant l'expédition de 
Lagny, dont on parlera tout-à-l'heure. ( Voy. Chron. de France ^ 
345 , ligne 2. ) ( Chartier, p. l^\ , dit au pays de Berry. ) Ce mot 
marches signifie en général frontières. Dans cette occasion il doit 
s'entendre de la frontière méridionale du Berry, des points qui 
le séparent de la Marche proprement dite , parce que les can- 
tons de la Marche qui touchaient aux autres provinces s'appe- 
laient les marches de telle province. On disait , par exemple , les 
piarches du Limousin. ( Voy. Encycl. , Dict. géogr. , mot Marche.) 

(45) Elle se trouva vers les fêtes de Pâques à Melun ( Voy. 
Lenglet ^ t. i , p. 124; Belleforêt dans la Chronique de France ^ 
f. 353) qui, depuis peu, s'était soumis au roi.... (Voy. Char- 
tier^ 4'4î ^^ffyi 38o ; Monsirelet ., ij , 56. ) Les points intermé- 
diaires de la route la plus courte, des Marches à Melun, sont 
Bourges j Gien et Montargis. 

I 



CARTE DEUXIÈME. 267 



CALENDRIER 

ACTUEL. 



i43o. 
Avril 

et com- 
mence 

de mai. 



§ 8, Expéditions de Lngny et Corn- 
ANCIEN. piègne , ou dernières expéditions 

de Jeanne. 

lîeues. 

i43o. 33. De Melun à Lagny (46).Dé- 
et com- ^^^^^ ^^ Franquet d'Arras, aux 

menct environs , et retour à Lagny (4.7). 9 
de mai. 



(46) N. B, Les historiens , tels que Berry, Chron. de France , 
f. 345 , et Monstrelet , t. 2 , f. 56 à 58 , sont peu d'accord , soit 
cntr'eux , soit avec eux-mêmes , sur les dates et l'ordre des ex- 
pe'dîtions ou excursions indiquées ci-dessus aux nos 33 à S;.... II 
a fallu encore user de la me'thode cite'e plusieurs fois , pour trou- 
ver l'itine'raire le plus probable de Jeanne d'Arc. Au reste , nous 
avons accorde, dans celte occasion, plus de confiance à Mons- 
trelet cju'aux autres historiens, parce qu'e'tant au sie'ge de Com- 
piègne ( Voy. idem , f. 58 ), il devait avoir présens à la pense'e les 
faits qui précédèrent la prise de Jeanne , d'autant qu'ils se pas- 
sèrent dans l'intervalle de moins d'un mois. 

(47) Voy. Chartier^ l^\ ; Lcnglet , t. i, p. i25, et t. 3 , p. i5o ; 
Chron.de France^ 345, au commencement; Beîleforét , ibid. , 
352; Monstrelet^ ij , 5 7. 

Monstrelet place le récit de la défaite et exécution de Fran- 
quet après celui des expéditions de Noyon et de la prise de 
Soissy ( ci-après , n» 34 et 35 ); mais , comme nous l'avons déjà 
observé , il y a très-peu d'ordre dans son ouvrage. Il annonce 
d'abord (f. 56), 1° que le duc de Bourgogne célébra la fête de 
Pâques à Péronne (Pâques était le 16 avril); 2°^ qu'au com^ 
mencement de i43c (c'est-à-dire après Pâques ) il se rendit 
avec ses gens d'armes à Montdidier, oîi il fut aucuns jours ; 
3'' qu'il assiégea Gournay-sur-Aronde (à six lieues S.'O. de 
Noyon ) , et se hâta de traiter avec la garnison , afin d'aller au 
secours d'un château dont les Français levèrent le siège sur l'a- 
vis de son projet; 4° qu'il alla passer environ huit jours à Noyon ; 
5° qu'il assiégea Soissy.... Monstrelet raconte alors, f. 56, v®, et 



268 



EXPLICATION DES CARTES. 



CALENDRIER 



ACTUEL. 



i43o. 

Suite 

de mai. 



ANCIEN. 



i43o. 

Suite 

de mai. 



lieues 



34.. De Lagny à Soissons, en 
passant par Château-Thierry et 
Crépy; de Soissons à Crépy ; de 
Crépy à Gompiègne (^8). 36 



57 , l'attaque de Pont-l'Evêque , et successivement rétablisse- 
ment des corps de l'armée du duc dans les villages voisins de 
Compiègne. Enfin il passe à la de'faite de Franquet, dont il fixe 
l'époque au commencement de mai. 

Si l'on suppute le tcms qu'exigèrent les marches diverses de 
Péronne à Montdidier, de Montdidier à Gournay, de Gournay 
à Noyon , de Noyon à Soissy, le siège de Gournay, etc. ; et si 
l'on y ajoute les séjours à Montdidier et Noyon , on voit que le 
duc ne put commencer le siège de Soissy qu'au mois de mai, 
après la défaite de Franquet. Cette première époque une fois 
déterminée, il est facile de fixer, avec assez de certitude, les 
époques des dernières expéditions de Jeanne , et même défaire 
accorder les historiens dans leurs récits, comme on le verra dans 
les notes suivantes. 

N. B. Villaret, xv, 7 etsuiv. , a commis beaucoup d'erreurs 
quant à ces expéditions de Jeanne ou de Philippe. 11 les place 
entr'autres avant le débarquement de Henri vi à Calais (jour 
de Saint-George ou 28 avril Monstrelei , ij , 58 ) , qui est an- 
térieur à la plupart. 

(48) Le détour par Château-Thierry était nécessaire pour 
passer la Marne, , et T.englel ( t. i , p. 128 ) suppose c^u'elle passa 
par Crépy, puisqu'il annonce que de Soissons elle y retourna. 

Le but de cette expédition était de secourir Soissy ( ou Pont- 
à-Soissy, ou Choisy-sur-Oise ) , assiégé par le duc de Bourgogne , 
et situé entre l'Aisne et l'Oise , près de leur confluent. Il fal- 
lait passer l'Aisne à Soissons; le gouverneur refusa le passage 
(Voy. Lengletj\h\à.', Chron. de France , f. 345), ce qui força 
Jeanne de retourner à Crépy et d'aller chercher un passage à 



CARTE DEUXIÈME. 



269 



CALEÎnDRIER 



ANCIEN 



i43o. 
Idem. 



i4.3o. 
Idem. 



lieues. 
35. De Compiègne à Pont-rE- 
vêque ; attaque infructueuse de ce 
bourg ; retour de Jeanne à Com- 
piègne(49). 12 



Compiègne pour înquie'ter au moins les convois des assie'geans. 
( Voy. la ;7c/^ suivante. ) Berry, 38i, dit qu'on reçut Jeanne 
dans Soissons , du moins pour y passer une nuit , et qu'elle alla 
ensuite à Compiègne. 

(49) Quoique le seul Monslrelet ( f. 56 vo et 57) parle de cette 
expédition, nous n'he'sitons pas à la placer ici, par les molifs 
déjà indiqués aux notes 46 et 47 » et parce que les Français du- 
rent la tenter pour faire lever le siège de Soissy, poste impor- 
tant qui les rendait maîtres du cours de l'Oise et de l'Aisne au- 
dessus de Compiègne, et mettait obstacle aux entreprises que 
Philippe pouvait former contre cette ville , ou les places, telle 
que Lagny, situées au midi de l'Aisne. Philippe, qui sentait la 
nécessité de s'en emparer, avait pris des mesures pour empê- 
cher que la garnison de Compiègne n'interceptât ses vivres 
(Voy. Monstrelet , ibid. ) qu'il tirait de Montdidler, Noyon et 
autres villes de Picardie, et qui lui parvenaient, selon toute ap- 
parence , par le pont ou port de Pont-l'Evêque, bourg situé à 
600 toises au midi de Noyon , et défendu par un détachement 
de l'armée anglaise. Il avait en conséquence placé un corps de 
troupes dans les faubourgs de Noyon , afin d'être à portée de se- 
courir les Anglais en cas d'agression. L'événement justifia sa 
prévoyance. Jeanne d'Arc, Chabanne , Xaintrailles, etc., avec 
deux mille hommes, vinrent en effet de Compiègne attaquer les 
Anglais, et ils étaient au moment de les forcer, lorsque les 
Bourguignons, postés à Noyon , accoururent , mirent les Fran- 
çais entre deux feux, et les contraignirent à se replier sur Com- 
piègne. 

Cette exoédilicn fait d'autant plus d'honneur au courage de 



270 EXPLICATION DES CARTES. 

CALEISDRIER 



i43o. 

Suite 

c!e mai. 



Idem 
jusque 
au 2.4. 



ANCIEN. 



i43o. 

Suite 

de mai. 



Idem 
jusque 
au 24- 



lieues. 



36. De Compiègne à Lagny , 
en passant par Crépy et Château- 
Thierry (5o). 

37. De Lagny à Compiègne par 
Château -Thierry et Crépy (5i). 
Sortie et prise de la Pucelle (Sa). 

Total 



902 



Jeanne, qu'elle s'exposait à être coupe'e par Tarme'e bourgui- 
gnonne chargée du blocus de Gournai. Mais si elle avait réussi , 
le plan de campagne de Philippe eût entièrement échoué, 

(5o) Ce départ de Jeanne , de Compiègne , à la veille d'un 
siège, paraît d'abord singulier. Mais tant que Soissy n'était pas 
pris , il était difficile de connaître précisément les projets de 
Philippe. En passant par Soissous, que le gouverneur Bournel 
venait de lui vendre {Berry^ 38 1 ; Chron. de France ^ 345 ) , il 
pouvait se porter sur Lagny, que son parti avait déjà essayé plu- 
sieurs fois d'enlever à Charles vil. Le voyage de Jeanne à Lagny 
explique d'ailleurs une de ses réponses ( Voy. Belleforêt dans la 
Chronique ^ f. 35^ ) , où elle dit que le tribunal de Lagny em- 
ploya quinze jours au procès de Franquet. Or, si elle ne fût pas 
revenue à Lagny après l'expédition de Noyon , il eût été impos- 
sible qu'elle s'y fût trouvée à la fin du procès.... Enfin Chartier, 
p. 42, et la Chronique de France, f 345, disent positivement 
qu'elle partit de Lagny pour Compiègne, lorsqu'elle apprit que 
cette ville était déjà un peu à Vestroit. 

(5i) Voyez la fin de la note précédente ; et , quant à la roule , 
le commencement de la note 48, p. 268. 

(52) D'après ce qu'on a observé ( note 5o , à la fin ) , Jeanne 
fut peut-être obligée de livrer un combat pour s'introduire dans 
Compiègne. Le jour même de son arrivée {Fïtlaret^ xv, 18) 



CARTE DEUXIEME. 27 1 

§ 9. Piésumé. 

Les voyages ou expéditions de Jeanne d'Arc , rela- 
tifs à son projet de sauver la France, ont commencé à 
la fm de février 14.28 ( Voy. ci-dev. § 2 , n« 5, p. 253 ) ; 
ils se sont terminés au 24 mai i4-3o : ainsi , ils ont duré 
en tout quinze mois (53). 

Nous avons mesuré , avec exactitude , l'espace com- 
pris , à vol d'oiseau, entre chacune des stations indi- 
quées depuis le même numéro jusqu'à la dernière expé- 
dition de Compiègne (n" Sy ), et nous avons trouvé que 
Jeanne d'Arc a parcouru , dans ce court intervalle de 
quinze mois , plus de neuf cents lieues ( de 2 5 au degré ). 
Si l'on réfléchit maintenant qu'à cette époque les 
grandes routes n'existaient point encore ; qu'il n'y 
avait qu'un très-petit nombre de ponts; que le terri- 
toire parcouru était semé de places eimemies ; que des 
partis battaient sans cesse la campagne on sen- 
tira que ce n'est pas exagérer que de porter à un tiers 
de la distance, à vol d'oiseau , l'espace compris dans les 
détours que nécessitèrent ces divers obstacles : de sorte 
qu'au lieu de neuf cents lieues, Jeanne a dii en par- 
courir au moins douze à treize cents ^ et cela sans 

elle fit la sortie où elle fut prise , lorsque pendant la retraite elle 
fermait l'arrière- garde. 

(53) Remarquons de nouveau combien la comparaison des 
calendriers est nécessaire à l'intelligence de l'histoire ancienne. 
Si , en effet , on s'en rapporte uniquement à l'ancien calendrier, 
comme ces voyages ont commencé ( Voy.^ même n^ 5 ) à la fin 
de février i4-^ » et ne se sont terminés qu'au 24 mai i43o, on 
serait porlé à croire qu'ils ont duré çHngt-sept mois au lieu de 
quinze. 



272 EXPLICATION DES CARTES. 

parler des voyages qu'elle dut faire pendant les trois 
mois et demi (Voy. ci-devant note 4-3, p. 266), à 

regard desquels nous n'avons aucune notion (54-) 

Enfin , remarquons que dans le petit intervalle où elle 
fit ces longues excursions , elle prit part à plus de vingt 
batailles, ou combats, ou sièges, ou levées de siège, etc. 
Il nous semble que ce simple xésumé suffirait à l'é- 
loge de Jeanne d'Arc. 

{5^) Si Jeanne suivit alors la cour, comme on le présume 
dans celle note , il faudrait ajouter plus de cent lieues au calcul 
précédent. 



CARTE DEUXIÈME. 2y3 

ARTICLE III. 

Table alphabétique des {>illes, bourgs, villages et châteaux 
désignés dans /û 2™^ Carte. 

N. B. Afin d'en faciliter la recherche, on donne ci-dessous 
leurs degre's de longitude et de latitude. 

Les chiffres les plus rapproche's des noms sont ceux des pages 
de l'ouvrage où il en est question .... Les mots V. Tab. in- 
diquent les villes, etc. , dont il est fait mention dans la dernière 
table alphabe'tique. 

On a aussi indiqué ci-après quelques bourgs que le de'faut 
d'espace a empêché de placer sur la carte; mais on a désigné 
en même tems les lieux de la carte dont ils sont le plus rap- 
prochés. 

Long. Lat. 

Abbeville, iSg. 19 5o 

Alençon, 83, i38. 17 4.8 

Amiens. 19 ^9 

Angers ^^ i38. * 17/^7 

An thon. V. Tab. 22 4^5 

Arras,2i9. 20 5o 

Auxerre, i^o , 254 , 255. 21 ^7 

Azincourt. V. Tab. 19 5o 

Baron, 261. 20 ^9 

Bar-sur-Ornam,ouBar-le-Duc, i85. 22 4^8 

Baugé. V. Tab. 17 f^j 

Beaugenci. V. Tab, 19 It-'j 

Beaurevoir, 22g. 20 5o 

Beauvais, 262. 19 4^9 

Besançon. 23 l^.'j 

Blois, 255, 256. I 19 4.7 

Bony. V. Tab. 20 ^7 

Boulogne, iSg. 19 5o 



•i74 



EXPLICATIOIVI DES CARTES. 



Bourges, 20 , ^5, 127 , 263 à 266. 

Bray , 260 , 263. 

Calais , 1 , 82 , 268. 

Ghâlons-sur-Marne , 238. 

Châlons-sur-Saône. 

Chappe, F". Tab. 

Chartres, i45 , 160. 

Châteaudun ,160. 

Château-Neuf, 77, 160. 

Château-Renard, 263. 

Château-Thierry, 260 , 261 , 268 à 270. 

(^haumont. 

Cherbourg, 109, i25. 

Chinon, 61 , 176 , 184. , 194» ^53 et suiv. 

Choisy. Voy. Soissy. 

Compiègne, 79 , 261 , 268 et suiv. 

Corbeil, 260. 

Corbéni. V. Saint-Marcoul. 

Cosne,3o, 139, i45. 

Coulommiers , 260. 

Courtenay, 263. 

Crécy en Ponthieu , 39. 

Crécy en Brie j 260. 

Crépy, 261 , 268 et suiv. 

Crevant ou Cravant. V. Tah, 

Dammartin, 261. 

Dijon. 

Domréml , 1 78 et suiv. , 253. 

Estampes, i4i- 

Evreux, i44î 21 3. 

Fierbois ( Sainte-Catherine de ) , 254- 



Long. 


Lat. 


20 


47 


20 


48 


19 


5o 


32 


48 


22 


46 


21 


48 


19 


48 


18 


48 


»9 


47 


20 


47 


21 


49 


22 


48 


16 


49 


^7 


47 


20 


49 


20 


48 


20 


47 


20 


48 


20 


48 


'9 


So 


20 


48 


30 


49 


21 


47 


30 


49 


32 


47 


23 


48 


19 


48 


18 


49 


18 


47 



CARTE DEUXIÈME. 275 

Long. Lat. 
Genève. 23 4^ 

Gergeau. V. Jargeau. 

Germigny , 93 , 238. ^ 20 4^9 

Gien , 77 , 78, 258, 259, 263, 266. 20 4^7 

Gournay-sur-Aronde est un peu au N. 

O. de Noyon. V. ce mot, et 267 ,268. 
Gueret. 19 46 

Guines, 220. 19 5o 

Harfleur, 23 , i3o. 17 ^9 

Ivry,39. 19 48 

JanvlUe , ou Jenville , ou Yenville , 76, 

160. 19 48 

Jargeau , ou Jergeau , ou Gergeau. 

Foy. Tab. 
Labusslère. V. Tab. 
La Chapelle est près la Vilietle. V. ce 

mot, et 262. * 

La Charité, 265. 
La Croisette. V. Tab. 
La Ferté-Hubert ou la Ferté-Senne- 

terre , 160, 2i3. 
La Ferté-Milon , 261. 
Lagny, 262 , 267 et sulv. 
La Gravelle. V. Tab. 
Lamotte-Nangis , prèsNangis. V. ce mot. 
Langres. 
Laon , 260. 
La Rochelle. 
Laval, 148, i55. 
Lavillette ,262. 
Le Coudray, 254- # 



'9 


47 


a2 


46 


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47 


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48 


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47 


20 


49 


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48 


16 


48 


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47 


21 


49 


16 


46 


16 


48 


20 


48 


18. 


47 



.76 



EXPLICATIOÎ^ DES CARTES. 







Long. 


Lat 


Lé Crotoy, 229. 




ï9 


5o 


Le Mans, i55. 




17 


48 


Lille, 33. 




20 


5o 


Loches, 73, 210, 257. 




18 


^7 


Lyon, 32. 




22 


45 


Mâcon, 39, 14.7. 




22 


46 


Marches de Berry, 266. 




19 


46 


Marchenoir, 160, 214. 




19 


47 


Meaux. V. Tab. 




20 


48 


Mehun-sur-Loire. V. Tab. 




19 


47 


Mehun-sur-Yèvre , 264. , 265. 




^9 


47 


Melun , 137 , 260 , 266. 




20 


48 


Metz. 




23 


49 


Meulan. V. Tab, 




^9 


49 


Mitry est un peu au S. O. de D 


ammar- 






tin. V. ce mot et 261. 








Montargis, i55, 263, 266, 




20 


47 


Montdidier, 267. 




20 


49 


Montereau. V. Tab. 








Montpiloy est un peu au N. O. 


de Ba- 






ron. r. ce mot et 261. 








Mont-Pipeau , à 2 lieues N. de Mehun- 






sur-Loire. V. ce mot et 160 , 


214. 






Moulins. 




20 


46 


Nancy, 181 , 184. 




23 


48 


Nangis , 260. 




20 


48 


Nantes. 




16 


47 


Neufchâteau, 181. 




23 


48 


Nevers. 




20 


46 


Nogent-le-Roi , 160, 




19 


48 


Nogent-le-Rotrou, 160. 




18 


48 



CARTE DEUXIEME. 




277 




Long. 


Lat. 


1,217. 


21 


48 




20 


49 


'' 


^9 


47 




20 


48 




19 


48 




20 


49 


r, 160. 


19 


48 




18 


46 



Nogent-sur-Seine , 217. 

Noyon, 268, 26g. 

Orléans. F. Tab» 

Paris. F. Tab. 

Pathay. V. Tab. 

Péronne, 267. 

Pluvier ou Pelivier, 160. 

Poitiers, Sg , 187. 

Pont-à-Soissy. V. Soissy. 

Ponl-rEveque , bourg à 600 toises au 

midi de Noyon. ^. Noyon. 
Pontorson, 42. 
Provins , 260 , 262. 
Puiset ouPuiseaux, 160. 
Rambouillet, 160. 
Rennes. 
Reims. V. Tab, 
Roanne. 
Rochefort , 160. 
Romorantin, 254, 257. 
Rosbecq. V. Tab. 
Rouen, 33, i34, i38, 244- 
Rouvray. V. Tab. 
Roye , 238. 

Saint-Aignan , 255 , 257. 
Sainl-Benoît-sur-Loire , 258. 
Saint-Denis, 261 , 262. 
Saint-Florent, ig4. 
Saint-Florentin , 25g. 
Saint-Jame-de-Beuvron. V. Tab. 
Saint-Marcoul , ou Corbéni, 260. 



16 


48 


20 


48 


20 


48 


ï9 


48 


17 


48 


21 


49 


21 


46 


19 


48 


ï9 


47 


21 


Ko 


18 


49 


ï9 


48 


20 


49 


ï9 


47 


20 


47 


20 


48 


16 


47 


31 


47 


16 


48 


21 


49 



2?^ EXPLICATION DES CARTES. 



totiR. Lat. 



20 


ic 


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22 


48 


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20 


^9 


20 


48 


21 


^9 


20 


4-> 



20 ^9 



Saiiil-PJerre-Ic-Moutlers, 79, 3G4. 

277. 

Saint-Riquier. T. Tah, 

Saint-lJrbaiu,253, 25^. 

Sainie-(]athcrine. V. Fierbois. 

Selles , 254, 257. 

Seiilis, 261. 

Sens , 137 , 263. 

Sopsaux , 259. 

Soissons , 2G0 , 268 et siiîv. 

Soissy, ou Pont-à-Soissy, on Cholsy- 
le-Bac, ou Choisy-sur-Oise , 267 
à 2G9. 

SuJly, 77, 160, 258 , 266. 30 Y 

Thoury, à une lieue E. de Jeuville. / ". ce 

mot et iGo. 
Toucques, i32. 
Toul, 181 , 253. 
Toiîivs, 14.5, 255. 
Troyes , i36 , 2i5 , 209. 
Vailly, 260. 

V^iucouleurs, 181 à i85, 253> 
Vaudemont, i85. 
Verdun. 

Verneuil. /'. Tah, 
Vezelay, i4^o. 
Viei7:on, 366. 
Ycnville. J . Janvilie. 

FIN DE l'explication P£S CARTES 



17 


•'^9 


23 


48 


18 


47 


\ 


48 


21 


49 


23 


48 


23 


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23 


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21 


47 


^9 


47 



pip:ces justificatives. 

*/w%/v*. ■«/vx/vw •vx'V'wx 

PREMIÈRE PIÈCE. 

Notice d'un Manuscrit inédit de la Biblio- 
thèque publique de Grenoble , contenant les 
Poésies d'Ant. Astezan , d'Âst en Piémont. 

N. B. Cette notice , lue au Jycee de Grenoble en 1800, a 
été imprimée dans le Magasin encyclopédique de M. Millin , 
8* année ou 1802, tome i»"" (i) ; mais il i'y était glissé Leau- 
coup de fautes, et nous y avons fait aussi plusieurs additions. 

Nous l'insérons ici parce qu'on y trouve divers détails, 
soit sur Jeanne d'Arc , soit sur divers personnages ou évé- 
nemens dont nous avons fait mention ci-devant. 



PREMIEPtE PARTIE. 

Description du Manuscrit, 

A la première colonne de la première page de ce ma- 
nuscrit, on lit ce titre , écrit en lettres routes: 

Ad illuslrissimum principem et excellentissimum domi- 

(i) Elle fut aussi adressée à la classe de littérature et beaux- 
arts de l'Institut, dont le secrétaire , M. Viliars, répondit, le 
i^ avril 1802 : " La classe a lu avec beaucoup d'intérêt votre 
i> notice.... On a même arrêté qu'elle serait renvoyée à la com- 
)» mission chargée d'examiner et recueillir les notices et extraits 
» des manuscrits que doit publier l'Institut. C est une justice 
» qu'on a rendue a un travail bien fait et digne d'être mis au 
* jour. >* 



28o 



PIECES JUSTIFICATIVES. 



niim^ dominum Karohim^ ducem Aurelianensem et Me- 
diolanensem Antonii Astezani chls Astensis Uhellus incipit 
de admirabili terre motu qui in regno NeapoUtano acci- 
dit anno Christi millesimo quadringenlesimo guinf/uagesimo 
sexto ^ die quarto derembris, nec non de apparitione cru- 
cijîxi apud Capuam dicti regni cioiiatem. 

Ce titre n'est point le titre propre de tout le manus- 
crit, mais celui seulement de l'une des pièces qu'il 
contient, pièces dont voici la table : 

1. Du tremblement de terre du royaume de Naples, 
et de l'apparition du crucifix à Capoue. Feuillet i 

2. Félicitations sur l'acquisition de Gênes, adres- 
sées à Charles vu , roi de France. 6 

3. Traduction des poésies du duc d'Orléans. 9 
4.. Quatre livres d'élégies. ii3 

5. Trois livres d'épîtres héroïques. i35 

6. Un livre sur l'apparition de la croix à Bayonne. i53 

7. Un livre intitulé De refunerea. i55 

On donnera à la troisième partie une notice de ces 
divers ouvrages. 

A la Jtête de la deuxième colonne de la première 
page, on lit ces mots : Ex ïihris Claudii Expilly (avec 
paraphe), 1607; ce qui. annonce que le manuscrit 
a appartenu à Expllly, président au parlement de Gre- 
noble (2) , dont la bibliothèque existe en grande partie 
dans celle de ta ville de Grenoble , formée par les soins 

(2) Expilly a pu se procurer ce manuscrit pendant divers 
voyages qu'il fit en Piémont, et notamment en 1606, époque 
où il fut un des commissaires chargés de régler les limites de la 
France et du Piémont du côté du marquisat de Saluées. (Voy. 
sa çùe ■; par Boniel; p. 58.) 



PREMIERE PIÈCE. 28 I 

du savant évêque Caulet, et acquise de ses héritiers par 
plusieurs de nos concitoyens. 

Le manuscrit est en très-beau parchemin de 32 cen- 
timètres de hauteur sur 24. de largeur. Il contient i58 
feuillets ou 3 16 pages ; chaque page est divisée en 2 co- 
lonnes de 32 à 34 lignes; les alinéa y sont en général 
séparés par un assez grand espace. Les marges des côtés 
ont 13 2 centimètres de largeur; la marge supérieure 
en a 3 , la marge inférieure 7. 

Les premières pages de la plupart des livres que nous 
avons cités sont entourées d'un filet d'or et d'une bro- 
derie en fleurs peintes en or et en diverses couleurs. 
Quelques autres n'ont une broderie que dans un des cô- 
tés ou à la marge supérieure et inférieure. Les premières 
lettres des principaux alinéa sont de grandes majuscules 
dorées et peintes alternativement en rouge et en bleu ; 
celles des autres alinéa sont des majuscules moyennes 
en bleu et en rouge sans dorure ; celles de chaque ligne 
sont de petites majuscules écrites à l'encre ; enfin les 
lettres ordinaires ont 2 millimètres de hauteur. 

On n'y remarque aucune figure, à l'exception d'un 
ange supportant les armoiries de la maison d'Orléans, 
écartelées avec celles de Valentine de Milan (3); d'un 
paon et de deux oiseaux de chasse. L'ange se trouve 
àans la première lettre de la traduction des poésies 
d'Orléans , et les oiseaux dans la broderie servant de 
cadre (feuillet 9). 

Il ne peut guère y avoir d'incertitude sur l'âge de ce 

(3) Epouse de Louis, duc d'Orle'ans, frère de Charles vi , 
dont nous avons parlé ci-devant, p. 10. Elle e'tait fille de Jean 
et sœur de Jean- Marie et Philippe- Marie, derniers ducs de 
Milan, de la maison Galeas-Visconli. (Voy. aussi p. i53.} 



282 PIÈCES J/USTIFICATIVES. 

manuscrit. La dernière page contient deux e'pitaphes de 
Charles vu, roi de France, mort en i4-6i ; l'impri- 
merie était déjà inventée. Il n'est pas vraisemblable 
qu'il soit beaucoup postérieur à cette époque. 

Quoiqu'il y ait dans ce manuscrit, comme dans ceux 
du quinzième siècle , un grand nombre d'abréviations y 
avec un peu d'attention , on le lit très-aisément , parce 
que les lettres sont bien formées et très-distinctes les 
unes des autres. 

Toutes les recherches qu'on a faites jusqu'à présent 
annoncent que ce manuscrit est original. Ce qui sem- 
blerait le prouver, c'est que Muratori , dans sa notice 
des œuvres d'Astezan {Scripior. rer. italicamm, t. i4. ♦ 
p. 1008), ne fait aucune mention de celles que nous 

allons analyser Nous ne croyons pas non plus qu'on 

ait publié quelque notice de ce manuscrit. 

SECONDE PARTIE. 

Notice sur Antoine Astezan et ses Ouvrages. 

Muratori a publié dans son grand ouvrage (4-) «n 
manuscrit d'Astezan , intitulé De varietate foriunce (5 ) , 
et Ta fait précéder d'une notice sur la vie et les ouvrages 
de ce poète, notice qu'il a extraite de ce même manus- 

(4) Rerum italicarum scri'ptores, t. i4 , p. 1007. Muratori fit 
des recherches sur Astezan, d'après un passage de l'histoire de 
Savoie , où Guichenon met , au nombre des écrivains d'Ast , 
Antoine Astezan , poète qui a e'crit en çers élégiagues. 

(5) La bibliothèque de Turin possède un 2^ exemplaire de ce 
manuscrit. Il s'y trouve quelques différences de copie!, qu'on a 
notées dans la table des Mss. de cette bibUolhèque , t. 2. 



PREMIÈRE PIÈCE. 283 

crit. Nous en allons donner un précis, auquel nous join- 
drons quelques observations. 

Antoine Astezan, poète recommandable pour le tems 
auquel il écrivait, naquit en i4-i2 , à Villeneuve-d'Ast , 
où ses ancêtres, chassés d'Ast par une faction , s'étaient 
réfugiés depuis iSag. S'il faut en croire ce poète, sa 
famille, avant cette époque fâcheuse (6) , était distin- 
guée," et par sa noblesse, et par son opulence; mais 
elle déchut bientôt de sa splendeur. Pierre Astezan, 
son père, scribe public, c'est-à-dire chancelier ou 
notaire de l'université de Villeneuve , et qui professait 
en même tems la grammaire et les mathématiques, l'en- 
voya, en 1^27, à Turin, et, en 1^29, à Pavie, pour 
y apprendre la grammaire et la rhétorique. Les institu- 
teurs d' Astezan furent Yalla , Yeggio et Antoine Fer- 
rari, religieux carme. Les deux premiers étaient des 
littérateurs célèbres dans leur siècle. 

Astezan , craignant d'être attaqué de la peste , quitta 
Pavie en i43i ; mais le même motif l'écarta bientôt de 
Gênes, son nouveau séjour. 11 vint alors, suivant le 
conseil de son père, se fixer à Ast, où il enseigna la 
littérature. 

Muratori ajoute qu'il ne voit pas bien clairement 
quelle fut ensuite la destinée du poète d'Ast. îl induit 
d'un passage de son li^Te que le duc d'Orléans, ayant 
recouvré la ville d'x\st vers i/f^y? le nomma capitaine 
du château de Mont-Raynier, et son premier secrétaire 
tlans cette ville. Enfin il pense que le pocme De varie- 
iateforiunœ a été composé vers Tan i4.5o. 

Nous allons faire quelques observations sur cette notice. 

(6) C'est à cette même époque que cette famille fut appele'e 
du ncm à' Astezan ^ à cause de la vijle d'où elle e'talt originaire. 



284 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

i» Astezan paraît effectivement être né en 14.12. Dans 
notre manuscrit ( à la fin du i^"^ livre des élégies , f*^ 122 ) , 
il annonce qu'il a atteint sa trentième année, et l'épi- 
logue où il fait cette annonce est datée de il^.l^.i. 

2"* Dans lépitaphe de Pierre Astezan, son père 
QMss.,f° 1 58), Antoine nous confirme que Pierre était 
de famille noble, et professeur à Villeneuve. Il ajoute 
qu'il laissa plusieurs filles et quatre fils tous très-écl aires. 

3" Antoine Ferrari , religieux carme , Tun des insti- 
tuteurs d' Astezan, dont il était compatriote, venait 
d'être nommé évêque de Tortone, lorsqu'il mourut 
{Mss., fi iSS). 

4." Notre manuscrit nous donne sur la vie d' Astezan 
quelques détails que Muratori ignorait. C'est à Pavie 
qu'il composa la plupart de ses poésies légères (M55. , 
fi 122). Il abandonna le genre badin en i44-i -, époque 
à laquelle il se maria à la fille de Barthélémy Carrari , 
chirurgien d'Ast {ihîd. et i56). Il fit un voyage en 
France vers i4-5o , et il y resta (principalement à Blois 
et à Tours) pendant les années i45i et i452 , ainsi que 
nous l'apprenons de plusieurs lettres héroïques que 
nous analyserons à la troisième partie. Retourné dans 
son pays, il y vivait encore à la fin de i46i , puisque 
notre manuscrit est terminé par plusieurs épitaphes de 
Charles yii, mort le 22 juillet de la même année. 

5° Muratori se trompe lorsqu'il dit (p. 1008) que le 
livre De iHirieiate fortimœ a été composé par Astezan 
vers i45o. Dans le chapitre 9*^ du livre i«^ de cet ou- 
vrage (p. 1019), Astezan fait des reproches aux Génois 
sur ce qu'ils souffrent que leurs filles soient très-fami- 
lières avec les garçons. Il leur cite une aventure dont 
il a été témoin en France , auprès d'Orléans. Quod ego 



PREMIÈRE PIÈCE. 285 

çîdi per gallica rura Ager Aurelianensi paiilum semotus 

ab urbe. Comme , ainsi que nous l'avons dit , il était en- 
core en France en 1^52 , le poème publié par Mura- 
tori est d'une date postérieure. 

G'' C'est encore après cette époque qu'Astezan a fait 
sa traduction latine des poésies du duc d'Orléans , poé- 
sies qu'il ne connut (ainsi qu'il le dit, feuillet 9) que 
pendant son voyage en France. 

^'^ Astezan n'a pas seulement écrit envers élégiaques, 
mais encore en vers héroïques. Dans notre manuscrit, 
ceux de sa traduction des poésies d'Orléans, des quatre 
livres d'élégies, du livre De refunerea^ de la description du 
tremblement de terre de Naples, et de Tépître à Char- 
les VII sur l'acquisition de Gênes , sont de la première 
espèce. Ceux des trois livres de lettres héroïques, et de 
l'apparition du crucifix à Baïonne , sont de la seconde. 

8^ Le marquis de Monlferrat (ci-après, note 16) 
l'avait chargé de faire un poëme sur l'histoire de la mai- 
son de Paléologue. Celte commission excita l'envie 
d'un jeune poète , dont les calomnies déterminèrent 
Astezan, du moins il le dit, à suspendre son travail déjà 
commencé vers 14.48. Réfléchissant ensuite que ses vers 
avaient l'approbation de plusieurs littérateurs célèbres , 
tels que Veggio , Philelphe et Guarini , il le reprit bien- 
tôt (il parle de tout cela dans la 7* épître, liv. 4 ^es 
élégies, feuillet 129). Il n'est pas néanmoins probable 
qu'il l'ait achevé , car on trouve dans une de ses épîtres 
(ci-après, note 3g) un fragment sur la même famille, 
qu'il n'y a placé , selon toute apparence , que pour 
tirer quelque parti de ce qu'il avait fait. 

9° Nous allons à présent hasarder notre opinion sur 
le mérite littéraire de l'auteur du manuscrit. 



286 PIÈCES JUSTIFiCAïiVES. 

Aslezan nous a paru un bon et facile versificateur, 
mais un poète au moins médiocre. Ses ouvrages sont en 
général aussi abondans en mois que pauvres en idées. 
11 se plaît sur-tout à répéter et à reproduire sous un 
grand nombre de formes la même pensée , quelque 
commune qu'elle soit. 11 n'emploie pas avec moins de 
complaisance les comparaisons, sans s'inquiéter si elles 
sont ou ridicules , ou disparates , ou fausses , et les 
siennes le sont presque toujours. Un citoyen obscur, 
ou tout-à-fait inconnu de Gênes, sera, par exemple, 
mis bien au-dessus des Pompées , des Scipions , des 
Crassus; les vers du duc d'Orléans vaudront mieux 
que ceux d'Ovide; les peintures du premier barbouil- 
leur de vitraux d'églises sont au moins dignes d' Ap- 
pelles , etc. (7). 

Malgré ces défauts , nous pensons avec Muratori 
qu'Astezan est un écrivain recommandable pour le tems 
où il vivait. 

Observons aussi qu'il était versé dans la littérature 
latine ; les ouvrages des poètes lui paraissent sur-tout 
très-familiers. 

TROISIÈME PARTIE. 

Notice des diverses Poésies d'Astezan contenues dans ce 
manuscrit. 

N° I. Livre sur le tremblement de terre qu'éprouva le 
royaume de ISaples, le 4 décembre i4.56, et sur l'ap- 
parition du crucifix à Capoue (i^"^ feuillet). 
Du Tremblement de terre. 
^ Il n'y a point eu, dit Astezan, de si grand désastre 

(7) Ces comparaisons sont aussi très-souvent tirées de la my- 



PREMIÈRE PIÈCE. 287 

depuis le déluge : plusieurs villes ont été détruites ; plu- 
sieurs milliers d'hommes ont péri. Nous rapporterons 
les noms de toutes les villes qu'il annonce avoir été ren- 
versées ou submergées. Cette notice peut être utile 
pour l'histoire de Naples (8). 

« Urbs Arianensis , Aliphi , Boiani , Sancta-Agatha , 
» Asculus, PaduUarum-Terra, Castellonus, Sanctus- 
3) Maximus, Fornellus, Guardia, Cerritum, Fiesso- 
» lonum, Rocha-Vallis-Obscure , Voltorinum, Cas- 
j) trum— de -Sanguine , Sanctus- Angélus, Peschum, 
» Castrum-Caramanici, Turris-Comara, Civitella , 
j) Locus-Rippe , Sanctus-Luppus , Casetinum , Locus- 
i* Carpinonum, Bicheri, Campus-Bassus, Gomitatus 
» ( pêne totus ) NoUisii , etc. » 

Noms des pilles à qui ce tremblement a causé de grands 
dommages. 

« Mechera, Morchona, Acerre , Sanctus-Germa- 
y» nus, Olivetum, Pezolum, Meon, Capua, Quinque- 

thologie. « Alcyone et Ceyx, dit-il à Florida ( ci-après , ëpît. i6, 
du no zj, ) , ne se séparaient pas avec autant de douleur que je 
me sépare de vous. » 

« Ceyx , dit-il à Silanus ( ci-après , ép. 3 , du n^ 5 ) , n'aimait 
pas tant Alcyone , ni Yphise Yanthe , ni Perse'e Andromède , 
ni Orphée Eurydice , que Philostrate aime Phanie. » 

(8) Nous avons parcouru beaucoup de vieux historiens d'Ita- 
lie. Aucun ne donne sur ce tremblement de terre d'aussi grands 
détails qu'Astezan. Ils disent en général qu'il y eut un grand 
nombre de villes détruites, et ils se bornent à en citer quel- 
ques-unes. ( Voy. à ce sujet Annales P lacent inl ab Antonio de 
'Mipalta, dans Muratori , t. 20, p. 900 ; Annales Bonincontru , 
id., t. 21, p. iSg ; Giornali Napolitani ^ id., p. ii32; Annales 
Forolmenses, llîid., t. 3i, p 2a4 ? Histon'aNapolitana Ludovici 



288 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

j) Alte -Ville - Comltis , CoUella- Sancli - Framondi , 
n Bénévent,.. « 

Quid Beneoentanam memorabo cersiôus urbem 
Cui fuit ex tanta parte ruina data 
Ut non immerito Maleventi nomine diii 
Possit ut antiquo t empare dicta fuit, 

« Arpinum (à qui il ne put rien servir d'avoir pro- 
w duit Cicéron et Marius) , Nola, Sora, Salernus, la 
i> ville fondée par Enée , Canne , Sulmo , la ville où 
j> est né Ovide. » 

Le tremblement commença deux heures avant le 
jour, et decimo unius hore dur a vit. 

La ville fut presque entièrement détruite. Astezan 
cite , entr'autres édifices renversés , plusieurs églises 
et un mur construit par les Romains , mur le plus an- 
cien qu'on connût. 

Eveillés par la commotion , les habitans se sauvèrent 
dans la campagne , sans se donner le loisir de prendre 
leurs vêtemens. Dans le même tems une tempête af- 
freuse brisa la plupart des vaisseaux qui se trouvaient 
dans le port; et les eaux des puits les plus profonds 
versèrent.... Il remarque aussi que de toutes les cloches 
de la ville il n'y en avait plus que septc^n pussent rendre 
des sons. 

Tu m Pedicatus detestahantur iniçui ^ 
Turpe scelus , Domine , crimen et horriliîe ; . 
Iratumque Deum clamabant esse supremum , 
Propter id, atque urbem perdere veïle suam 

de Rainio, id., t. 23, p. a3i.) Plusieurs autres chroniques du 
tems ne parlent point de ce fle'au , mais les auteurs ci-dessus 
s'accordent à le peindre comme le plus épouvantable dont on 
eût mémoire et dont l'histoire fil mention. 



PREMIÈRE PIÈCE. 289 

Sicut et antiquo submersit tempore binas , 
Urbes ob tantum crimen et acre s celas (9). 

Il y périt cent mille âmes. 

Apparition du Crucifix. 

A la même époque (au mois de décembre ) le Christ 
apparut dans les airs à plus de vingt mille hommes qui 
faisaient une procession à une lieue de Capoue. Il était 
attaché sur la croix sainte ; sa mère était à ses côiés!.... 
Qui p'urrait révoquer en doute une apparition dont 
furent témoins, pendant quatre heures, tous les habi- 
tans d'une grande ville (10)? 

A cette occasion, Astezan chante une espèce de can- 
tique où il rappelle la plupart des miracles que l'Ecri- 
ture nous apprend avoir été opérés par l'Eternel. 

Il revient ensuite au tremblement de terre de Naples, 
qu'il attribue à la colère céleste , excitée par les trois 
causes suivantes : 

i^ Les vices du peuple : 2° le parjure du roi, qui ne 
s'est pas servi , contre les infidèles, des décimes accor- 
dées par le pape ; 3° son usurpation du royaume de 
Naples sur René (11), à qui il appartenait. 

(9) Ce passage , et plusieurs autres que nous citerons en don- 
nant l'extrait des livres suivans (entre autres du liv i^r Elegoruntj 
n° 2 ; liv. 2, nf"s 3, 4 e* ^> etc.) montrent que les mœurs de 
ces lems étaient plus corrompues que certains auteurs ne le 
pensent. 

(10) Un autre auteur parle de cet éve'nement, et il le pré- 
sente plutôt comme un phe'nomène que comme un miracle. 
Apparuere , dit-il , quatuor stellœ mirabiles ab oriente in occiden-r 
tem fortiter pergentes^ et erant quasi in modum crucis. ( Annales 
de Ripalta , dans Muratdri , t. 20, p. goS.) 

(11) René d'Anjou, que Jeanne 11, reine de Naples, avait 

19 



200 PIECES JUSTIFICATIVES. 

Il exhorte enfin Alphonse à accomplir son vœu et à 
restituer les Etats par lui usurpés , et les Napolitains à 
renoncer à leur vie criminelle. Peuvent-ils se plaindre 
d'un désastre dont ils avaient été prévenus ainsi que 
les Ninivites le furent du leur par Jonas? N'ont-ils pas 
vu plusieurs fois cette année une comète ? La queue d'une 
comète n'est-elle pas, selon tous les devins, un signe non 
équivoque de menaces ? 

Cette pièce est terminée par un envoi au duc d'Or- 
léans, et est datée d'Ast, le i" avril i^^J. 

N° II (feuillet 6).Epître de féhcitation adressée à Char- 
les VII, au sujet de l'acquisition de Gênes, et datée 
d'Ast, le 23 mai i4.58. 

Il annonce que plusieurs Génois puissans , exilés par 
la faction de Frégose , doge de Gênes , qui dominait 
alors dans cette ville, avaient invité le roi d'Aragon 
(Alphonse ) à venir s'en emparer ; mais que la flotte de 
ce monarque avait été prévenue par celle de France , 
commandée parle duc de Calabre (Jean , fils de René 
d'Anjou) ; que la plus grande partie des habitans ap- 
pelaient les Frc^giçais , et que ceux-ci leur ayant apporté 
des vivres (la famine y régnait) , avaient été très-bien 
accueillis ; que le doge Frégose leur avait remis tous 
les forts, etc. C'est le 9 mai soir qu'eut lieu cette 
occupation. 

Quelques jours après arriva la flotte du roi d'Aragon. 

appelé à la succession de ses états. Alphonse , roi d'Aragon, 
s'en empara sur lui en ï44i- 

René d'Anjou était en même tems duc de Bar; c'est lui dont 
ona parlé ci-devant , note 243, no 10, p. i85. 



PREMIÈRE PIÈCE. 29 I 

Astezan prédit à son amiral qu'il échouera dans ses pro- 
jets, et il l'exhorte à s'en retourner dans ses ports (12). 
Cependant Thistoire nous apprend que Gênes n'évita 
d'être prise que grâce à la mort d'Alphonse , arrivée 
le 23 juin suivant. 

N» III ( feuillet 9 ). Traduction en vers latins des 
poésies du duc d'Orléans (i3). 

Cette traduction est précédée d'un prologue où As- 
tezan fait le plus pompeux éloge du duc d'Orléans , 
pour avoir composé en prison la plus grande partie 
d'un si bel ouvrage. Il avait souvent , dit-il , admiré 
Ovide , qui avait fait ses vers en exil ; son admiration 
cesse lorsqu'il lit ceux du duc d'Orléans. Il se félicite 
ensuite de Ihonneur que lui procurera sa traduction. 

Nous ne dirons rien des poésies duduc d'Orléans(i4.). 
Il en existe un manuscrit à la Bibliothèque royale ; et 
plusieurs ouvrages très-répandus en ont donné des no- 
tices (i5). La traduction d'Astezan est assez fidèle ; 

(12) Nous avons fait menlion , ci-devant p 82 , et note 34g, 
p. 223, de l'expulsion des Français et de leur rentre'eà Gènes- 
( Voy. aussi Réi'olut. de Gènes y i^So , t. i, p. 270. ) On y fixe ce 
dernier événement au 11 mai i458. 

(i3) Charles d'Orléans, fils de Louis, petit-fils de Charles v, 
père de Louis xii , et grand-oncle de François i^»^. Fait prison- 
nier à Azincourt (ci-dev. p. 22 et 129), il ne recouvra sa li- 
berté qu'en \l\^\o. Il avait des droits au duché de Milan, comme 
fils de Valentine; mais il ne put obtenir que le comté d'Ast (vers 
1447)' — Voy. Villaret^ xv, 299, l^\^ , et-ci-après note 39. 

(i4) Elles sont écrites en regard de la traduction. 

(i5) Académie des ïnscriplions, t. i3: Bibliothèque fiançaisf? 



392 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

mais elle n'a ni la précision ni les grâces de l'original. 
Le passage suivant ( feuillet 78) mettra à portée d'en 
juger : 

Le temps a laissié son manteau 

De vent de froidure et de pluye 

Et s'est vestu de broderie 

De soleil raiant clei* et beau 

Il n'y a beste ne oiseau 

Qui en son jargon ne chante ou crye 

Le temps a laissié son manteau 

Rivière fontaine et ruisseau 
Portent en llurée jolye 
Gouttes d'argent d'orfèvrerie 
Chascun s'abille de nouveau 
Le temps a laissié son manteau 

Tempus çuod régnât clamidem dimisit acerham 

Ventorum nec non frigo ris ac plucie. 

Et comptas Claris radiis solaribus atque 

Formosis. Vestes induit inde novas 

Non est nunc aies ; non est nunc bellua , quœ non 

Cantet vel clamet more sonoque suo : 

Tempus quod régnât clamidem dimisit acerham 

Ventorum nec non frigoris ac plucie. 



de Goujet, t. 9; Annales poétiques, t. i; Nouvelle Bibliothèque 
des Romans, 2e année, t. 3, p. 104. 

N. B. Depuis la première édition de cette notice , M. P. V. 
Chalvet, professeur d'histoire et bibliothécaire de Grenoble, 
dont les lettres et l'amitié pleurent la mort prématurée (1807), a 
publié les Poésies de Charles d'Orléans , telles qu'elles sont dans 
notre manuscrit (in-12, Grenoble, i8o3) Le passage ci- 
dessus est à la page îDy. Au commencement du volume est un 
précis sur la vie de Charles. 



PREMIÈRE PIÈCE. 290 

Et fluçii ei fontes et rivi in signa jocoste 
Latitiœ varia nunc tcgumcnta ferunt. 
Argenti çario textas ex ordine guttas. 
Assumil i^esies nunc sibi quisque nôças. 
Tempus quod régnât clamidcm dimisit acerbam 
Ventorum nec non fn'goris ac pluvie. 

La traduction de ces poésies occupe les deux tiers 
du manuscrit; l'autre partie contient quatre-vingt-quinze 
pièces de vers sur différens objets. La plupart d'entre 
elles ne méritent pas une notice , il suffira d'en indi- 
quer le sujet; nous ne nous arrêterons qu'à celles qui 
offriront quelque passage remarquable. 



N° IV (feuillet ii3). Elégies. Livre i". 16 Pièces. 

I. Epître à Jean-Jacques, marquis de Montferrat (16), 
à qui Astezan adresse ses poésies dans l'objet d'exciter 
sa gaîté. 

. . . Lege et risum cape prestantissime princeps 

Si mea sunt risu carmina digna tuo. 

2 A Florida de Pavie, sa maîtresse. Invitation de céder 
à l'amour. «Ne crains point, lui dit-il, qu'on s'aperçoive 
de notre affection : je trouverai quelque vieille matrone, 

(16) Jean- Jacques Pale'ologue, d'une branche cadette de la 
maison impe'riale de Constantinople, souveraine du Montferrat 
depuis i3o6. Il était fils de The'odoie 11, dont nous avons parlé 
note 349, p- 223. De'pouille' de ses e'tats en i43i , par Philippe - 
!Marie Visconti ( ci-dev. note 3, p. 281) , il les recouvra en i433j 
et mourut en i445. Astezan (11 l'annonce, feuillet 127) lui de'dia 
le i<=i" livre des éle'gies, et les trois autres à Jean , Théodore et 
Bonifare , ses enfans ( ci-après /?tf/<?j- 18, 19 et 20),.. Les dédicaces 
sont dans les premières épîtres de chaque livre. 



'2g 4 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

rusée et fidèle , qui, séduite par mes présens, pourra 
servir d'intermédiaire à notre correspondance. » 

Ne super hoc timeas. Vetulam cautam aiguë fidelem 

Inçeniam , precio protinus ïpse meo , 

Quœ mandata gueat nostrum utriusque referre. 

3. Au jeune Gallus. Il lui apprend comment il doit 
se conduire pour se faire aimer de Philomène. Il lui 
conseille sur-tout d'user de ruse , et de se méfier de sa 
belle lorsqu'elle lui demandera de l'argent. Il lui ra- 
conte à ce sujet une aventure plaisante arrivée au cé- 
lèbre Crassus. 

L'épouse d'un pauvre laboureur, dont il était épris , 
lui accorda un rendez-vous, du consentement de son 
mari. Elle exigea seulement qu il lui payât d'avance les 
cent sesterces , prix de son infidélité , et qu'il quittât 
ses habits en arrivant chez elle. Le laboureur revêtit 
les habits de Crassus, et se rendit à son palais au mi- 
lieu de la nuit. Il éteignit avec adresse les flambeaux 
qu'une esclave apportait à son arrivée. Craignant en- 
suite que le son de sa voix ne le dévoilât à l'épouse du 
riche luxurieux, il la forr.a de se taire en répondant 
par quelques coups aux douceurs que dans son erreur 
elle lui débitait. Il vint remettre enfin à leur place les 
habits dérobés , avant que Crassus eût quitté le lit qu'il 
souillait. Crassus ne se douta de la revanche qu'on ve- 
nait de prendre qu'aux questions ingénues que lui 
adressa son épouse sur son silence obstiné , sa colère 
et ses transports amoureux de la nuit précédente. 

4-. Epitaphe de la chienne de Jean-Jacques, mar- 
quis de Montferrat. 

5. Epitre à Sorica , qui méprisait son amant. 

6. Epitaphe du singe de Barthélemi Vicomte , évêque 



PREMIÈRE PIÈCE. 295 

de Nôvare, (nommé en 1^29, mort en 1457... Voy. 
Italia sacra ^ ci-dessous, note 17 )• 

7. Epître à Jean Mutias, de Gênes, ami d'Astezan. 

8. A Philomène, sur ce qu'elle ne Toalaitpas regar- 
der G allas , son amant. 

9. Salut à la maison de Florida. 

10. Epître à Florida. Remercîmens de ce qu'elle 
a reçu les présens et porté les bouquets de lauteur... 
Vœux pour la matrone qui a persuadé Florida. 

11. A JEnéas Silvius Piccolomini, de Sienne, poète 
et orateur. 

<f Pendant qu'éloigné de nos pays, lui dit-il, vous êtes 
absorbé par les affaires les plus importantes , Cintbie , 
votre maîtresse , que vous préférez à toute autre (17) y 

(17) ^néas Silvius, né en i4oo, à Corsiniano , près de Sienne, 
fut secrétaire de plusieurs prélats au concile de Bàle , et notam- 
ment de l'évêque de Novare , dont notre poète a loué ci-devant 
\e singe. Il revint avec lui à Novare, où il est probable qu'il se 
lia avec Astezan. Après avoir été employé dans une foule d'af- 
faires importantes , il fut successivement évêque , cardinal , et 
enfin pape en «458, sous le nom de Piz il. (Voy. Italia sacra , 
Rome, i652, t. 4, p- 981; Gesta pontificum ^ par Pabtjus, Ve- 
nise, 1688, t. 3 , p. 583; PU II Commentarii ^ etc., par Jean 
Gobelin , i6i4 , p- 2 ) 

La petite épitre d'Astezan nous apprend une anecdote que 
nous avons vainement cherchée dans la vie de cet homme cé- 
lèbre , et dans plusieurs ouvrages relatifs à l'histoire des papes... 
Il parait même, par les expressions d'Astezan, que Cintliie 
n'était pas la seule maîtresse d'^ïneas.. . ]Mais il est juste d'ob- 
server que cela se rapporte à une époque { vraiseraLlablemeut 
de i43o à i44o) où M.i\izs Silvius n'avait pas été promu et ne 
devait guère espérer de parvenir aux dignités ecclésiastiques, qu'il 
remplit avec tant d'éclat dans la suite. 

Rappelons aussi qu'/Enéas Silvius a fait l'éloge de Jeanne 
d'Arc (Voy. ci-dev. note 384, P- 23;.) 



296 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

a été atteinte d'une maladie dangereuse à laquelle elle 
a échappé , grâce à mes soins. » 

12. Contre un orfèvre qui, par ses mauvais propos, 
troublait Astezan dans son amour pour Florida. 

Bacchus voulut que tout ce que toucherait Midas se 
changeât en or : <f Puisse, s'écrie le poète, puisse Cupi- 
don tinfliger un supplice inverse , et que tout l'argent 
ou or que tu travailleras se change en fumier! » 
In çilem çcrlat mox tua dextra Jimum ! 

i3. Eloge de la belle et jeune Hippia. 

i4^. A Cupidon... Plainte de ce qu il est malheureux 
dans son amour pour Florida. 

i5. A la jeune Adamas... Après des détails sur sa 
beauté , est-il étonnant , lui dit-il , qu'on vous nomme 
D/a772tt«/ (Adamas) ? Veuillez au moins ne pas avoir la 
dureté de cette pierre précieuse , dureté qui est si 
grande, qu'aucun métal ne peut briser le diamant. ( Il 
n'y a, ajoute-t-il, que le sang de bouc qui ait la propriété 
de le dissoudre.) 

16. Plainte sur le départ de Florida. 

N" V (feuillet 117). Livre 2. 7 Pièces. 

1. Epître à Jean, fils aîné de Jean-Jacques, mar- 
quis de Montferrat (18). Astezan lui envoie ses vers 
pour le distraire des soins du gouvernement. 

2. Fable adressée à un goutteux... Il a pour but d'y 
prouver que la goutte attaque ordinairement les riches. 
Il y délaie dans cent vingt vers l'ancienne fable de 
la goutte et de l'araignée , si bien rendue depuis par La 
Fontaine avec trois fois moins de mots. 

(18) Jean iv, marquis de Montferrat après son père Jean- 
Jacques. Il mourut en i4^4- 



PREMIÈRE PIECE. 297 

3. Fpître au jurisccn>ul e Sllanus. Il l'entretient du 
mariage de Phanie et Philostrate , qui s'aimaient ar- 
demment. 

4.. Epître au prince Boniface de Montferrat (19) , 
contenant le récit de ce qui s'est passé aux noces de 
Cassius et de Sentiola. 

Un ami de Cassius le fit cacher après le repas dans 
la chambre de son beau-père, où sous un prétexte 
adroit il engagea Sentiola à se réfugier. Le frère de 
l'épouse, instruit de l'aventure, présenta une jeune 
et belle sei^ante aux conviés, nolens sodales expertes ve~ 
neris esse siios. Il paraît qu'Astezan était du nombre. 

5. Epître au médecin Bombelle de Ceva Récit 

d'une autre anecdote. 

On envoya des troupes à Ceva, qu'on craignait de 
voir attaquer. Cette ville jouissait depuis long-tems d'une 
paix profonde. Un nommé Cormitus, qui n'avait jamais 
vu des getis de guerre , s'imagina à l'aspect des nou- 
veaux-venus qu'ils sortaient armés du sein de leur mère. 
Charmé de cette décoration , il désira vivement d'a- 
voir un enfant qui en fut revêtu. Dans cet objet , il 
prie un soldat 

Uxorem graçîdam reddat ut ipse suam. 

Le soldat crut d'abord que c'était une plaisanterie, 
et il n'accepta la proposition que lorsque Cornutus lui 
eut donné de l'argent. 

Uxor cui notas s impie x erat ipse maritus 
Gaudei in ampîexus posse subire novos. 
Presertim quoniam informis gracilisque maritus 
Non pot erat çenerem sat satiari suam. 

(19) C'est vraisemblablement Boniface y, marquis de Mont- 



298 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

Mais , pour obtenir cet enfant désiré , il fallait en- 
core que la femme se soumit à une condition difficile : 
qu'elle résistât pendant deux jours à un besoin im- 
périeux. 

Miles Comuto dicit : ui uxor 

Concnbitu pregnans sit sua fada nopo 
Ut puerum armatum paritura. Sed est necesse 
Per biduum conjux mingat ut l'psa nihil ^ 
Nam si fors conjux urinam emiserit y unà 
Emittet pueri se mina jacta sui 

Fidèle à cet avis, le howComutas ne perd pas de 
vue sa femme. Malheureusement il est obligé de sortir 
avant la iin du deuxième jour, et sa femme va satis- 
faire dans son jardin le besoin dont elle était tour- 
mentée. Un limaçon venait de naître au même lieu. 
Cornutus ^ à Taspect de ses cornes, simagine que c'est 
le fruit qu'il attendait; il se désole sur ce que le même 
instant a vu naître et périr son enfant armé. Il mande 
tous les prêtres de Céva pour célébrer ses funérailles; 
les prêtres , irrités, et croyant que Cornutiis les joue, se 
saisissent de Timbécille et lui infligent un rigoureux 
supplice. 

6. A l'abbé de Saint-Quentin. Fable dont voici le 
sujet : Pourquoi la fortune est si favorable à certains 

hommes, et si contraire à d'autres? Elle n'a pas 

moins de cent cinquante-quatre vers. 

7. Titre de cette pièce : /« pcdicones. Quod pedica- 
ius virîum non sohim In homine sed etîam in helluaturpe est. 

« Comment, s'écrie Astezan, éviteraient-ils la puni- 
tion due à leur crime , lorsque Dieu l'inflige aux ani- 

ferr:^t en i483, après ses frères Guillaume vii et Jean iv, et 
par conse'quent troisième fils de Jean-Jacques Paléologue. 



PREMIÈRE PIÈCE. 291) 

maux mêmes qui s'en som rendus coupables ? Et il cite 
à ce sujet magnus qui geminos asimis vitiârai aselLos ^ 
qu'un énorme morceau de grêle tua sur la place.... 
Cela est arrivé récemment , dif-il, au mois de juillet , 
la septième année du pontificat d'Eugène lY (en 
i438). » 

8. Astezan avertit que s'étant marié en i4.4i 1 <^t 
ayant atteint sa trentième année , il abandonne la poé- 
sie gaie pour la poésie sérieuse. 

N« VI (feuillet 122). Livre 3^. 26 Pièces. 

i.Epître à Théodore de Montferrat , protonotaire 
du Saint-Siège (20)... Il lui annonce qu'il avait adressé 
un grand nombre de vers à un grand nombre de personnes, 
pour se faire nommer professeur de rhétorique à Gênes, 
ou être chargé , sous une récompense , de chanter les 
grands hommes de cette ville célèbre. Le duc d'Or- 
léans est heureusement venu dans ce pays (21). La 
réputation d'Astezan a pénétré jusqu'à ce prince, qui 
n'a pas voulu que le poète en fût réduit à être obligé de 
quitter sa patrie ; mais l'a mis en état , par ses lar- 
gesses, d'habiter où bon lui semblerait. 

Les 25 pièces qui suivent sont adressées au doge , 
au capitaine , au chancelier , à plusieurs sénateurs , no- 
bles (22) , et jurisconsultes de Gênes. Il fait l'éloge de 

(20) Théodore, quatrième fils de Jean- Jacques Paléologue , 
fait cardinal en i4<î4 > mort en 1481. (Voy. Fasti Cardinalium , 
Venise, 1701, t. 2, p. 35i.) 

(21) II était dans le comté d'Ast vers 144? et i448. (Voy. Vîl- 
iarei , xv, 44^; Monstreîet ^ 1. 3, f. 5.) . 

(22) Tels que les Doria , les Fiesque, les Fre'gose , les Lo- 
mellini , les Spinola , les Vivaldi. 



3oO PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

tous ; il les compare aux Grecs et aux Romains les 
plus célèbres ; il leur dit qu il leur porte la plus vive 
affection ; mais bientôt le bout d oreille perce : c est un 
emploi de lecteur , de professeur ou d historien qu il 
réclame. Et enfmil se restreint à obtenir au moins des 
secours qui le mettent en état de faire le voyage de 
Gênes (23) , ou qui réchauffent sa muse. Reconnais- 
sant de leurs services , il portera jusques aux cieux les 
noms de tous ces Génois, les rendra immortels par 
ses vers, en fera des milliers pour eux, etc. (24). 

Aucune de ces pièces ne mérite une mention parti- 
culière (25). 

(23) Il invite (f. 126) les sénateurs, s'ils lui accordent une place, 
à l'en informer d'avance, afin qu'il mette ordre k ses affaires: 

Tante namque vie nolim perferre laborem 
Aut sumptum , nisi sim certior ante rei. 

Et il ajoute plu; bas: 

Vercor si hâc tempe state çenirem 
Ne frustra tantum conficeretur iter. 

C'est le passage des Apennins, qui parait si effrayant au poète; 
Il a de'crit dans la suite ce passage au poé'me De Varietate For- 
tunée y lib. I, cap. II, et il y reproduit les mêmes idées. 

Heuï heu\ quale mihi tumfuit illud iter. 
Credo me tantos nunquam potuisse labores 
Nec tam difficiles sustinuisse vias. 
Cependant il n'y a qu'une vingtaine de lieues d'Ast à Gênes. 

(24) Te carminé ad astra feram . . .faciam arbitrio carmina mille 
tua Ces offres sont presque à chaque feuillet des livres 3^ 

et 4'=- 

(aS) On pourrait néanmoins citer une maxime dont il se 
sert (feuillet 124) pour consoler le doge des attaques de l'en- 
vie : « On ne peut jamais obtenir de la gloire sans y être ex- 



* / 



PREMIERE PIECE. JOI 

N» VII (feuillet 128.) Livre 4.^ 14. Pièces. 

La plupart des pièces de vers contenues dans ce 
livre renferment aussi des demandes de secours , des 
protestations d'amitié et de soumission, des éloges, etc., 
adressés à des Génois, au marquis de Montferrat (26), 
au comte d'Angoulême, au cardinal de Chypre (27), 
au prince de Piémont , au chancelier de Savoie , ant 
duc d'Orléans , à l'envoyé des Milanais.... Dans les 
deux dernières, dont l'une fut débitée au même duc, 
à Villeneuve d'Ast, le poète félicite les habitans 
d'Ast et de Milan ; les premiers, de ce qu'ils ont ac- 
quis le duc d'Orléans pour souverain ; les seconds , de 
ce qu'ils veulent le reconnaître. 

Ce 4-*^ livre est daté d'Ast, en 14.4.8 (28). 

!N° VIII (feuillet i35). Lettres héroïques. Liv. 1". 
3 Pièces. 

I. A Charles VII. Eloge de ce prince.... Astezan lui 
dédie ce livre , et le félicite de ce qu'il a recouvré dans 

posé ; elle s'attache à la gloire comme la rouille au vieux fer. >» 

£7/ sequitur ferrum mordax rubigo çetustum , 
Virtutem liçor sic solet ipse sequî. 

(26) C'est dans celle-ci qu'il parle du poëme indiqué ci-dev. 
partie 2 , n» 8, p. 285. 

(27) Jean, comte d'Angoulême, fils de Louis, et frère cadet 
de Charles, duc d'Orle'ans (ci-dev. note i3 , p. 291) , et grand- 
père de François l^"^. (Voy. Anselme, Généalogies de France, 
1726, t. I, p. 209.) 

Hugue de Lusij^nan , frère du roi de Chypre , cardinal en 1426, 
mort en i44^' ( ^ oy- Fasti Cardinalium ^ 1701, t. 3, p. 2o3.) 

(28) Ici et dans les lettres suivantes Astezan prend la qualité 
de premier secrétaire du duc d'Orléans. 



3o2 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

une année la Normandie et tout récemment la Guien- 
ne (29)... II espère que bientôt par la prise de Calais , 
il purgera d'ennemis le territoire français... 

2. Au duc d'Orléans. 

Cette épître contient une histoire abrégée de la vie 
de Jeanne drArc jusqu'au siège d'Orléans. Nous nous 
y arrêterons beaucoup plus qu'aux autres ouvrages 
d'AstezanÇparce qu'elle sert en quelque sorte de pièce 
justificative à plusieurs points du nôtre. Le témoignage 
d'Astezan peut être de quelque importance : il écrivait 
en 1^35, cinq ou six ans après les aventures de Jeanne 
d'Arc, et sa place de premier secrétaire du duc d'Or- 
léans le mit dans la suite à portée de s'assurer de l'exac- 
titude de son récit. 

Jeanne d'Arc naquit le jour de l'Epiphanie , dans 
un village situé auprès de la frontière de Champagne , 
de parens honnêtes et pieux. Ce jour même les ha- 
bitans de ce village , agités d'une joie dont la cause 
leur était inconnue , coururent çà et là et chantèrent 
pendant deux heures. On donna à la Pucelle le nom 
d'une fontaine sainte du lieu. 

Son père lui confia de bonne heure (à sept ans ) la ' 
garde de ses troupeaux. Elle s'acquittait un jour de ce 
soin ( elle avait alors douze ans ), lorsque , à l'invitation 
d'une bergère , elle se rendit dans un pré où ses com- 
pagnes se défiaient à la course. La sienne fut si rapide 
qu'on s'écria d'une commune voix que ses pieds ne pa- 
raissaient pas toucher la terre. Pendant qu'elle se repo- 
sait de ses fatigues , un jeune homme lui apparut et lui 

(29) La Normandie fut recouvrée en i449 c* i45o, et la 
Guienne en i45i. ( Voy. ci-dev. note 34? j P- 222 ; Villaret, \v, 
455 et suiv. ; xvj , 27 et suiv.) 



PREMIÈRE PIÈCE. 3o3 

dit de se rendre auprès de sa mère, qui la demandait. 
Persuadée que c'était son frère ou quelque voisin qui 
lui transmettait cet ordre , Jeanne s'acheminait vers la 
maison paternelle, quand tout-à-coup sa mère lui 
vint au-devant et la querella de ce qu'elle abandonnait 
son troupeau. Jeanne , surprise , retourna sur ses pas. 
A l'instant les nuées devinrent étincelantes , et une 
voix en sortit qui lui dit qu il fallait changer de vie : 
que Dieu T avait choisie pour sauver le royaume de 
France , qu'elle eût à se rendre auprès de Charles vu, 
et à lui enjoindre de se conformer à ses avis. 

Jeanne , étourdie de cette vision , qu'elle se rap- 
pela souvent, garda néanmoins le silence pendant près 
de cinq ans (3o). Sur ces entrefaites, les maux des Fran- 
çais parvinrent à leur comble ; la même voix se fit 
encore entendre et adressa à Jeanne des reproches sur 
sa négligence. 

Quelque positif que fût cet ordre , Jeanne était in- 
décise. Elle repassait dans son esprit les obstacles 
qu'elle aurait à surmonter: par exemple , elle ne con- 
naissait ni le roi , ni le chemin qu'il fallait suivre pour 

arriver jusqu'à lui « Dieu le veut ainsi, s'écrie 

« alors la voix: va-t'en dans la ville de Champagne , 
w la seule qui soit restée fidèle au roi ; le gouverneur 
» te conduira à ce prince (3i). » 

(3o) Ainsi, selon Astezan , elle avait dix-sept à dix- huit ans 
lorsqu'elle se rendit auprès de Baudricourt ; ce qui s'accorde 
avec sa déclaration. (Voy. ci-devant no/e 242, n» i, p. 177.) 

(3i) Ce re'cit des visions de Jeanne est différent de ceux des 
auteurs et des procédures : nouvelle preuve que le merveilleux 
qu'on a mêlé à son histoire était le fruit de l'imagination de se* 
contemporains. (Voy. ci-dev. noU ^43, n" i4, p- iBS) 



3o4 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

Jeanne cède enfin. Elle se rend auprès du gouver- 
neur , qui , soit qu'il fût mû par un motif d'humanité , 
soit qu il eût élé averti par quelque ordre divin , lui fit un 
bon accueil (82) , et la conduisit au roi sans qu'il lui 
arrivât le moindre accident, quoiqu'il eût pris son che- 
min à travers les ennemis (33). 

Illius adçenfum rex senserat. Aique suorum 
Consilio procerum minime decreçerat il' a m 
Audire an le dies très (34) dum venisset ad ipsum. 

A peine Jeanne approche, que les cœurs de tous ces 
conseillers ^ont changés : elle est approuvée par des 
théologiens. 

Post hœc rex prudens astutè fungitur ej'us 
Colloguio ut meliits nympham dignoscere passif. 
Mox per non nullas mulieres queerit honestas 
Ipsias mores agnoscere çirginis omnes. 
Omnibus in rébus virgo reperitar honesta. 

Non content de cette enquête , Charles ordonne 

■ Quadraginta diebus 

Illam sen>ari mulieres inter honestas. 

Et l'on reconnaît que Jeanne 

Nulla penitus leçitate movetur (35). 

Il l'envoie alors secourir Orléans, assiégé depuis long- 

(32) Au contraire ; il la rebuta d'abord. ( Voy. ibid. , n© 8 , 
p. 184.) 

(33) Ce ne fut point Baudrîcourt qui la conduisit, (Voy. ib.^ 
n» 10.) 

(34) Ceci confirme l'observation pre'sentée à la fin de la 
note 257 ci-devant, p. 194, où même Ton ne parle que de deux 
jours. 

(35) Voy. sur-tout ce passage j note 243 , n© 13, ci-dev. p. 186. 



PREMIÈRE PIÈCE. 3o5 

lems. Elle sauve cette ville , quoique les ennemis fus- 
sent très-nombreux et qu'elle eût peu de monde avec 
elle. Beaucoup furent tués ou s'enfuirent, et elle fit 
un grand nombre (//2«î/mm) de prisonniers. 

Elle retourne alors auprès du roi , qui lui vient au- 
devant , l'accueille avec transport , la fait asseoir quel- 
que tems à ses côtés (36). Elle le supplie de la ren- 
voyer combattre le reste des ennemis. On lui donne 
des troupes. Elle leur enlève des villes , les combat , 
les défait, en prend un grand nombre , met en fuite 
des chefs aguerris , recouvre en peu de tems une vaste 
étendue de territoire ; enfin , tout le monde lui attribue 
le salut de la patrie. 

Tanins eral pudor Ituic et ianta modestia ut l'psa 
Esse fidereturmirœ Lucrecia famœ (3 7). 

Elle buvait , mangeait -et dormait peu. Elle passa six 
jours et six nuits sous les armes, sans se reposer. Elle 
se tenait bien à cheval, se plaisait à l'entretien des 
hommes , et méprisait celui des femmes. ( Verha (>ana 
fugiens. ) 

Dieu voyant enfin que la France pouvait se soutenir 
par elle-même, la priva du secours de Jeanne. 

Cette épître , datée d'Ast, en i435, est terminée 
par un éloge du duc d'Orléans , une exhortation faite 
à ce prince de supporter patiemment sa captivité, etc. 

3. Epître à Biaise de Asireo , amiral génois. Il le fé- 
licite de ses derniers exploits , et sur-tout de la victoire 



(36) Les auteurs ne parlent point de ceà circonstances , quî 
néanmoins ne sont pas improbables. 

(37) Voy. note 383, ci-dev. p. 236. 

20 



3ob PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

qu'il a remportée sur le roi d'Aragon (38). Cette épîlrç 
est datée de Pavie , en i436. 

N» IX. (feuillet i4-o). Lettres héroïques, Liv. 2^ 
5 Pièces. 

Les trois premières lettres de ce livre sont datées 
d'Ast, en i4.4^^t i44^7 c* adressées au marquis de Sa- 
luées , au comte de Dunois , et au doge de Gênes. Elles 
ne contiennent que des éloges ou des offres de célé- 
brer leurs hauts faits, etc. 

La 4-^ , datée de i448 , est adressée aux sénateurs et 
principaux citoyens de Milan. Elle contientunlong éloge 
du gouvernement monarchique. Astezan soutient que 
Jésus- Christ lui-même préfère ce régime , puisqu'il 
n'a pas voulu naître sous la république romaine , mais 
bien au commencement de l'empire , après la clôture 
du temple de Janus. 

Il demande alors aux Milanais pourquoi ils diffèrent 
de se soumettre à la domination de son prince et maître, 
le duc d'Orléans , dont il expose les droits héréditaires 
comme fils de Valentine , etc. (39) , et dont il fait en- 

(38) Alphonse v, roi d'Aragon , qui fut battu et fait prison- 
nier le 5 août 1435, dans une grande bataille navale que lui li- 
vrèrent les Génois , alors soumis à Philippe - Marie , duc de 
Milan. ... Ils prirent aussi le roi de Navarre , le prince de Ta- 
rente, etc. Mais Philippe les renvoya tous sans rançon. (Voy. 
Résolut de Gènes ^ 17S0, t. i , p. 249: Aslreo y est appelé 
Asseretlo.) Astezan e'gale ici Aslreo aux Déclus , aux Scipion , 
aux Alexandre, aux Pompe'e , etc. 

(34) Il rappelle que Jean Gale'as (ci-devant noie 3 , p. 2B1 ) 
avait assure' , en cas d'extinction de sa postérité masculine , le 
duché de Milan aux cnfans de sa fille C'était en effet une 



PREMIÈRE PIÈCE. Soy 

suite l'éloge.... Il dit entre autres qu'il est le prince le 
plus religieux du monde. 

... Hic etenim patitur jejuni'a tanta 
Totgue prcces supcris et çerba precantia dicit 
Quotidie , ut nullus faciat se plura sacerdos. 

Il loue encore sa générosité. 

Argentum large large consumpsH et aurum. 

Et néanmoins ( malgré sa longue captivité ) 

Non çendidit oppida terre 

Nil cuiquam reddere débet 

Quin imb multi reges ducesque patentes 
Penè sibi innumerum sese debere fatentur 
Aurum. Quod tribuent sibi dum res exigit ipsa 
Aut aurum dantcs aut ipsius arma juçantes , etc. 

Il ajoute qu'il leur procurera la paix , et qu'ils se cou- 
vriront de gloire en le reconnaissant , etc. 

5. A Juvénal des Ursins , chancelier du roi 
Charles vu (4.0). 

Après des protestations d'amitié, ill' exhorte à pro- 
téger les poètes. 

Quamçis sint muneris aurî 

Argentique inopes 

Par eux seuls on peut acquérir de la renommée. 

disposition du contrat de mariage de Valentine. ( Voy. Villaret, 
XV, 416.) 

Il ne faut pas rejeter, a-t-ildit aupai'avant, ceux qui ne suc- 
cèdent que par les femmes, et il a cité pour preuve la maison 
Palëologue , qui acquit de cette manière la souveraineté du 
Montferrat (par le mariage de l'empereur Andronic avec Yo- 
lande , he'ritière de ce marquisat). 

(4o) Frère de l'auteur de l'histoire indique'e ci-devant note i, 
n^'s 5 et 7, p. io3. 



3o8 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

( Idée qu'il met en avant dans presque tous les ou- 
vrages ci-dessus. ) 

En vain quehjues philosophes ont-ils dit qu il fallait mé- 
priser la gloire , leur nom , écrit à la tête de leurs traités , at- 
teste qu'ils étaient aussi jaloux de vivre dans la posté- 
rité que tous les autres hommes , qui ont toujours ce 
but en vue (4ï)- 

|;i II finit par demander à Juvénal de lui faire accorder 
assez de biens pour qu'il puisse s'occuper uniquement 
de chanter les hauts faits des Français , qui ne seraient 
connus que d'eux-mêmes s'ils étaient célébrés dans 
leur langue , tandis que le latin en instruira toutes les 
nations. 

A Blois, i4-5o. 

JN» X (feuillet ilfi). Lettres héroïques. Liv. 3«. 

Ce livre ne contient qu'un prologue adressé au 
comte d'Angouleme, et une longue lettre dans la- 
quelle il décrit au marquis de Montferrat (Jean iv) 
les choses admirables qu'il a vues en France , et qui 
sont si nombreuses que Virgile ni Homère ne pour- 
raient suffire à leur description. 

§ I". Paris. La plus belle ville du monde. Voici 
les principales choses qu'il y a admirées : 

1. Ses ponts superbes, couverts de maisons, ponts 
qu'on traverse sans croire passer sur un fleuve (il y a 
été trompé lui-même). 

2. Les palais des rois et de la famille royale. 

3. Le Palais de Justice. Il y admire sur-tout les di- 

(4i) Celte pensée est tirée de Cicéron : pro Archiâ poctâ^ 
d[i. 26. 



PREMIÈRE PIÈCE. 3o9 

verses espèces de marchandises qu'on y vend, lin, 
îaine , soie , or, argent, fer, toute espèce de métal et 
d'habillement. 

Dhersosgue libros diçcrsis artibus aptos. 
Des joujous pour tous les âges. 

Non desunt pupee gratis sima dona tenellis 
Virginibus miro cultu formâgue decorâ 

Ily a des monumens de la victoire de Godefroy sur 
le dragon. 

Cujus pellîs adhiic muro est affxa palatii (42). 

4.. La Bastille. 

5. Les églises très-riches et les peintures de leurs 
vitrages. 

6. La Sainte-Chapelle, où il remarque sur-tout une 
patène d'or transparente comme du verre , et les re- 
liques qui sont fermées sous trois clefs -, une de ces 
clefs est confiée au grand-chambellan, le comte de 
Dunois; la deuxième, au recteur; la troisième , à l'or- 
fèvre du Roi , pour vérifier et réparer les bijoux. On dit 
qu'il s'y trouve le fer de la lance de saint Longin, qui 
a percé Jésus-Christ ; l'habit sans couture qu'il a porté 
dans son enfance , habit fait des mains de la Sainte- 
Vierge , qui occulté crescehat taniînn (juantiim corpus su- 
blime gerentis ; l'éponge qu'on lui présenta sur la croix ; 
un des trois clous dont il fut également percé ; sa 

(42) L'histoire des croisades fait mention d'un ours e'norme 
tué par Godefroy de Bouillon, et d'un serpent dont Geoffroi 
de la Tour débarrassa un lion que ce monstre étouffait de ses 
replis. (Voy. Ma/mbourg, 1686, t. 2, p. i-o3 et 160.) Ce dernier 
événement semble être celui dont parle le poète ; cependant les 
mots Gothofredus eXprinceps qu'il emploie se rapportent mieux à 
Godefroy de Bouillon, 



3 10 



PIECES JUSTIFICATIVES. 



couronne d'épines , ( c'est bien la même , dit Astezan , 
puisqu'eile a des fleurs et qu'on sait que cette cou- 
ronne Oeuril au jour de la mort de Jésus-Christ); 
le saint- suaire ; une partie du linge avec lequel 
Joseph Tensevelit; celui dont Jésus -Christ se cei- 
gnit lorsqu'il lava les pieds des apôtres; son- sceptre; 
une partie de son tombeau; sa chaîne; le bois de la 
vraie croix ; le lait de la Vierge , et une partie des poils 
qui ont précédé ses cheveux; les chefs des saints Biaise , 
Clément, Siméon, etc, etc. 

7. L'ègiise de Notre-Dame ; ses admirables sculp- 
tures, qui représentent l'Kistoire sainte; le colosse 
de saint Christo-^he. 

8. Les Gélesiins , où se trouve la chapelle du duc 
d'Orléans , qui contient des tableaux dignes d'Apelles ^ 
et le tombeau de son père Louis. Ce dernier a comblé 
de bienfaits cette église ; il a , entre autres , fondé une 
messe solennelle qu'on dit chaque jour pour le repos 
de son ame. (^^^oy. ci-dev. p. 10 et suiv. ) 

9. L'Hôpital , auquel sont attachés un physicien , un 
chirurgien , deux médecins , et un pharmacien qui 
prépare et administre ce qui est prescrit par les mé- 
decins. 

10. L'Université, où l'on enseigne, entre autres, la 
théologie et le droit canonique ; mais non pas le droit 
civil. 

11. Quatre-vingts collèges , où il y a des bourses. 

12. Le Parlement, dont la réputation d'équité est 
si grande , que les étrangers , les païens même lui 
soumettent quelquefois leurs causes. 

i3. Les ouvriers, en général très-habiles. 

14. La multitude incroyable d'habitans , de prêtres^ 



PREMIERE PIÈCE. 6 I t 

et de chevaux. Pour donner une idée du nombre des 
derniers, ii dit qu'il n'a jamais passé sur les ponts où 
habitent les orfèvres et les bijoutiers , sans rencontrer 
des chevaux blancs et des moines noirs. 

Miror et innumeras forma pressante puellas 

Tarn lascivo habita cuitas adeoguc facetas 

Ut Priamum aut Vetercm succendcre Ncstora possint (43). 

§ 1. La forêt de ViNCENNES. Son château entouré 
d'un triple et quadruple rang de fossés et de murs. Son 
temple, qui entretient quinze prêtres ; son parc , si pro- 
pre à la chasse et si fourni de gibier de toute espèce , 
sangliers, daims, cerfs, lièvres, lapins (on en voit 
quelquefois rassemblés par milliers). 

§ 3. Le bourg de Saiist-Deîsis , où le corps du saint 
a été transporté à l'aide d'un miracle. 



lies mira est caput ipse saura Dionisius illuc 
Truncatum portons reguiet>it in illo. 

On croit aussi que l'église de Saint-Denis a été sacrée 
de la propre main du Christ, selon le témoignage 
d'un lépreux qui avait couché dans l'église , et dont 
le Christ transporta la lèpre aux murs de Féglise pour 
qu'il ne doutât pas de la réalité de sa vision. Aussi a- 
t~on recueilli et conserve-t-on encore avec soin cette 
lèpre. 

11 admire encore les tombeaux des rois et les trésors 
qui y ont été conservés miraculeusement. Le pontife 
les cacha dans la terre , et les Anglais les cherchèrent 

(43) On trouve la même comparaison dans son poëme De 
Varictate Fortunes , 11b. I, cap. 8 ; Murafbri , t. i4, p. iOi6. 

Ut çuicumçue senex incendi possit amore , 
Ut Friamus valcat , Nestor et ipse capi. 



3l2 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

vainement. Les Anglais ont tres-peAi ou même nont point 
de religion; ils ne se font aucune peine de profaner les 
temples ; aussi Dieu les a punis et les a fait écraser 
par Charles vu , roi le plus religieux <^.e ce tcms. 

Ils ont étrangement dévasté Saint-Denis, qui était le 
premier bourg de France , comme Paris la première 
des villes; le Roi commence à le rebâtir. 

§ 4- CoucY , château du duc d'Orléans, situé sur 
les frontières de Picardie, à cinq lieues à Touest de 
Laon.... Astezan le nomme Conciacum, et le diction- 
naire géographique , Codiciacum. 

Sa tour est la plus haute de France ; on compte dans 
son escalier deux cent vingt-deux degrés ; elle a trente- 
trois grandes brassées de hauteur et autant, dit-on , 
dans les fondations ; ce qui est possible , puisque son 
puits a plus de quarante brassées. Elle contient un 
moulin à bras et un four. Elle est ronde et a soixante 
brassées de tour. Ses murs ont vingl-cinq pieds d'é- 
paisseur ou quatre brassées et demie. Elle a dans l'in- 
térieur cinquante pieds de large et quatre-vingt-six 
vers son sommet. Elle est couverte de plomb. On 
conserve sur le toit des poissons comme dans un vi- 
vier. (Miracle semblable à ceux de Deucalion.) Sur 
la porte on voit les portraits de deux princes , dont 
l'un l'avait fait bâtir , et l'autre avait tué un lion qui 
dévastait tout le pays. La figure du lion y est aussi. 

Il y a quatre tours un peu moins grandes, dans cha- 
cune desquelles sont trois chambres surmontées de 
voûtes admirables. Au rez-de-chaussée est une prison 
(^Junnanus carcer') assez douce pour les petits délits; 
pour les crimes , il y a sous terre un affreux cachot. La 
chapelle contient plusieurs bustes, et sa voûte est ornée 



PREMIÈRE PIÈCE. 3l3 

de plusieurs peintures. Celles des vitrages surpassent 
tout ce qu'on peut imaginer. Elles représentent plu- 
sieurs sujets tirées de l'Histoire sainte et moderne , 
mais elles ont été détruites en partie dans les dernières 
guerres. (La trahison avait livré cette tour (44) qui est 
imprenable.) Jean, duc de Berri (45), offrait douze 
mille écus d'or de ces peintures. 

La salle du château est superbe ; deux cents pieds 
de long sur cinquante de large; une voûte très-élevée ; 
beaucoup de grandes fenêtres; quatre belles cheminées, 
dont deux fort bien décorées, sont à la tête de la salle. 
Entre ces deux cheminées est une tribune élevée et 
remarquable par la beauté de ses ornemens. Toutes 
les figures sont faites de la même main , et si je ne 
l'eusse vu de mes propres yeux , je n'aurais pu croire 
qu'on pût sculpter sur une pierre très-dure les feuilles 
et les fruits des arbres , et autres objets très petits. 
De cette tribune, les seigneurs, séparés du peuple , 
peuvent voir les jeux qui ont lieu dans la salle. Les fi- 
gures de Josué , Judas Machabée , David, Hector, 
César, Alexandre , Arthus , Charlemagne et Godefroy 
de Bouillon , que les Français appellent noveni viri 
prohi , y sont sculptées sur de la pierre blanche. Louis , 
duc d'Orléans (^Voy. ci-devant note i3, p. 291 ), père 
de Charles, qui a beaucoup augmenté ce château, leur 
a joint le portrait de Duguesclin ( de Claschin) , le plus 
grand guerrier de son tems. 

(44) Monstrelet, t. i, ch. 2o3, f. 270, année i4 18 , donne les 
détails de la surprise de ce château, dont Sainlrailles était gou- 
verneur pour le duc d'Orle'ans. 

(45) Celui dont il a été question ci-devant , p. 6 et suiv. 



3l4 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

Dans une autre chambre sont novem muUeres probcc : 
Sémiramis, Thomirys, Deïphile, Lampedo , Mena- 
lippe , Marpesie , Orithée, Penthasilée et Hippolyte. 
Toutes ces figures sont admirables. Deux cheminées, 
artistement travaillées, ornent encore cette chambre; 
il y a un cabinet caché dans le mur, où le prince peut, 
en secret , assembler son conseil et faire tout ce qu'il 
veut. 

Je passe sous silence la cuisine, digne de Néron ; les 
écuries ; les escaliers pris dans le nmr; le portail; la 
cave , dont l'escalier a 40 marches , et à côté de la- 
quelle est un souterrain propre à surprendre les enne- 
mis ; un puits , au bas duquel est un autre souterrain où 
le seigneur de Couci cachait ses trésors et bijoux; la 
porte du château, etc. 

§ 5. Lyon, jadis le siège de la rhétorique. La Saône 
la divise en deux parties. Le Rhône baigne ses murailles, 
et sépare la France de l'Empire (4^)- Ces deux fleuves 
rendent la terre fertile ; les monts qui la défendent por- 
tent du vin et des fruits; sur ces monts on voit deux 
temples, des tombeaux de martyrs, une partie de la co- 
lonne à laquelle fut attaché Jésus-Christ. 

La Saône {Sangona) a reçu son nom du sang des 
martyrs qui en a teint les eaux. Auprès de la ville est 

Bustum 

Qui tmïgo iumulus geminorum fertur amnnfium. 

On dit que ces deux amans sont Hérode et sa femme. 
On dit aussi que Pilate est né à Lyon d'un commerce 
illégitime. Son père , très-illustre, s'appelait Tus^ et sa 

(46) Au tems d'Astezan, le Dauphiné était encore regardé 
comme terre de l'Empire. 



PREMIÈRE PIÈCE. 3l5 

mère , filie d'un meunier, se nommait Fila , d'où vient 
le nom de Pilaius. 

Le temple de Saint-Jean a cent chanoines. La ville 
est dominée par un château. ïi y a tant de jeux et de vo- 
lupté , qu'on pourrait l'appeler la ville d Epicure. 

g 6. Bourges. Jean , duc de Berri , y a fonde une 
chapelle dont les figures sont peintes avec tant d'art 
qu'elles paraissent vivantes. Je ne parle ni des fenêtres 
peintes , ni des reliques renfermées dans des caisses d'or 
et d'argent , des pierres précieuses , d'une croix d'or, du 
temple magnifique de Sainl-Etienne , qui renferme , 
dit-on , le corps de ce saint ; du palais du prince , aussi 
riche que celui de Crassus. Quoiqu'il ne soit pas fini, on 
y a déjà employé cent mille écus d'or (^l^']'). 

§ 7. Blois. Il y a , près de la Loire , sur une colline , 
un château fort et si vaste , qu'il peut loger plusieurs 
milliers d'hommes et de chevaux. Il renferme un temple 
également très-vaste, auquel sont attachés beaucoup 
de prêtres. On y admire un orgue (le plus grand que 
j'ai vu) qui a, dit-on, quatorze cents tuyaux d'élain , 
dont j'en ai observé de si larges qu'un homme pourrait 
y passer. Au milieu du bourg est une fontaine qui suffit 
à tous les habitans. Les filles ont un teint naturel très- 
coloré; je les préfère aux filles de Lombardie. La terre 
est fertile , très-riche en vignes, forêts , prés et eaux. 

§ 8. Orléans. Cette ville est très-peuplée , sur-tout 
d'ouvriers ; son université supplée à celle de Paris pour 
l'étude du droit. On y voit le couteau dont Jésus perça 
l'agneau; les vases dans lesquels on versa le poison des- 

(^7) Voyez, au sujet de tout ceci, ci-devant p. 6 et suiv., et 
notes 25 et suiv. , p. ii4« 



3l6 PIÈCES JUSTIFfCATIVES. 

tinc à s. Jean , poison qui , grâce à Dieu , ne lui fit aucun 
mal. Ce canton produit du blé , du vin , des pommes , 
des noix. Il y a des prés et des forets. La Loire fertilise 
Orléans, Tours, Blois, Baugenci, etc. On la traverse 
sur plusieurs ponts fortifiés de tours ; celui d'Orléans 
est le plus beau d'entre eux. Le palais des ducs est auprès 
de la rivière. 

§ g. Tours. Charles \'II y a bâti un très-beau palais. 
C'est là que , depuis sa fuite de Paris , saisi d'un juste 
courroux, il fait le plus souvent sa résidence (4^8). La 
ville de Tours est très-riche -, le terrain très-fertile. On 
y voit le corps de S. Martin , et Tépée avec laquelle il 
coupa son habit pour le partager avec un pauvre; les 
rorps des sept dormons. 

§ lo. INoYON , ville de S. Eloi , dont Astezan y a vu 
les instrumens , le marteau et Venclume. 

§ II. Senlis et CoMPiÈGT^E. Il passe sous silence la 
première, ainsi appelée {Si/oanectum) parce qu'elle est 
entourée d'une forêt. 

Le bourg de Compiègne a été engraissé parles inon- 
dations. On y voit l'anneau et le voile de la Sainte- 
Vierge, 

§ 12. Lâon, ville très-forte, située sur une montagne; 
pays très-fertile en vins et autres fruits. Il y a une très- 
belle église. Non loin de là (à trois lieues) est le temple 
si connu de tous les Français, dédié à Notre-Dame-de- 

(48) Ce passage d' Astezan est pre'cieux. Il supple'e au silence 
des contemporains sur les motifs de Charles, qui, en effet, de- 
puis qu'il eut recouvté Paris (ci-devant no/e 346, p. 221) , vint 
très-rarement dans cette ville ; son ressentiment était juste, 
mais sa conduite était-elle politique? 



PREMIÈRE PIÈCE. SlJ 

Liesse , qui fait assidue des miracles célèbres dans tout 
l'univers. 

§ i3. SoissoNS. Il est traversé par une rivière qui fer- 
tilise sa vallée , et près des bords de laquelle est un châ- 
teau fort du duc d'Orléans, qui domine la ville.... Le 
coi'ps de S. Sébastien est dans son église. 

§ i4. iVMiEiss. Une partie de la ûice de S. Jean- 
Baptiste est à Amiens-, la partie supérieure de la tête à 
Saint-Jean-d'Angely (^9) ; son menton à Lyon, et les 
cendres de son corps à Gênes. Le temple d'Amiens est 
le plus beau de France , quoique plusieurs lui préfèrent 
celui de Chartres. On doute que celui de Milan les sur- 
passe , quand même on le finirait. S'il a tant parlé de 
temples et de reliques, contre Tusage des poètes, ajoute 
Astezan , c'est que la France seule lui a paru surpasser 
la Lomhardie dans ce point. 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les 
villes de France. Ecrit à Blois en 14.01. 

N° XI (feuillet i53). Livre sur l'apparition de la croix 
à Baïonne, dédié à Charles vu. 

L'Aquitaine tire son nom des fleuves , étangs et lacs 
dont elle est remplie. Clovis soumit le premier la Gas- 
cogne. Les Anglais , 

Barbara gens . aliéna pctens et semper anhelans 
Et nusquam contenta suo 

l'enlevèrent et la conservèrent long-tems. Charles vu , 
après avoir soumis la Normandie dans l'espace d'un an, 
reprit la Gascogne en un été (Astezan voudrait célé- 

(49) On prétend même y posséder toute la tête. (Voy Des- 
cription de la France^ par l'abbé de Longuerue, partie i^'e, p lôo ) 



3l8 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

brer ces guerres merveilleuses ; la pauvreté ne lui en 
laisse pas le loisir), et fit ensuite assie'ger Baïonne avec 
une armée formidable (5o). 

La sainte croix apparut tout-à-coup pendant plus 
de deux heures dans les airs. Le ciel était pur. Elle était 
petite, fixe et entièrement blanche. Elle fut vue par les 
citoyens de Baïonne , par la garnison anglaise , par les 
troupes de Charles, et parleurs auxiliaires, les Espa- 
gnols, les Ecossais.... LesBaïonnais, fondant en pleurs, 
se rendirent aussitôt à Charles vu. Ce signe miracu- 
leux, et sur-tout la couleur de la croix (5i), leur an- 
nonçait que le Ciel se déclarait en sa faveur Im- 
précations du poète contre les Anglais; éloges de 
Charles vu Astezan le prie de lui accorder du re- 
pos , c'est-à-dire les moyens de célébrer ses exploits. 
A Tours, février i4.52. 

N*^ XII (feuillet i55). Livre De Refunerea. 27 pièces. 

Ce livre est adressé à Thomas Francus, Grec, phy- 
sicien royal (médecin du Roi). Il contient deux épi- 
grammes et vingt-quatre épitaphes dont nous allons 
donner la notice. 

(5o) Au mois d'août i45i.. . . L'armée était commandée par 
les comtes de Foix et de Dunois. . . . Baïonne se rendit le 26. 
(Voy. Slonstrelet, t. 3, f. 38 à 4o; Fillaret, xvj , 38 à 42.) 

(5i) Les Français portaient la croix blanche, et les Baïon- 
nais la croix rouge. {\oy. Monsirelef , ibid.) Selon lui, la croix 
apparut seulement une demi-heure. Ni lui ni Astezan ne disent 
comme Villaret, l'ùid., qu'elle fût surmontée d'une couronne, 

et que celle-ci se soit changée en fleurs de lis Au reste , 

Astezan assure que les députés de Baïonne racontèrent cet évé- 
nement à Charles vji , en présence d'un grand nombrede sei- 
gneurs, de magistrats, etc. 



PREMIÈRE PIÈCE. JI9 

1° L'épitaphe de Guarlni de Vérone (52) que l'on 
croyait mort (sa réponse à Astezan suit cette épitaphe) ; 
2^ de Ferrari , d'Ast , carme, éveque élu de Tortone ; 
3° Louis Tition, conseiller et secrétaire du marquis de 
Montferrat ; 4^° de Barth. Caprée, chanoine de Novane; 
5» trois de Jean-Jacques, marquis de Monlfen at ; 
6'' Louis Guascho ; 7° Jean Percival Pvotarius ; 8^ Pe- 
trlna, jeune fille ; 9° Argenline , femme de Jean Be- 
noît Rotarius, d'Ast ; 10° Trinia , jeune fille ; 1 1^ Angia ; 

Animi femina vilis erat 

Dégénères démens hœc preponebat amantes 

Nobilibus ; famulos anieferebat hen's. 
Nemo siui gratus prestans ç'iriute , sed omni's 
Scn'us , et acceptas rusticus omnis erat 

12° Jean Yelsecher, général autrichien ; iS" Bartli. 
Carrari , chirurgien d'Ast , beau-père de l'auteur ; 
14° Gérard Macheto, éveque de Castres, confesseur du 
V\o\ (53); i5» Elisabeth, duchesse d'Orléans, et veuve 
du roi d'Angleterre (5^) ; 16^^ deux, faites par anticipa- 

(Sa) Un des plus savans hommes du quinzième siècle, et un 

des restaurateurs des lettres en Italie C'est le bisaïeul de 

l'auteur du Pastor fido Il mourut en 1460. ( Voy. Bayle ^ 

mot Guarin.) 

De telles liaisons annoncent qu'Astez>?n jouissait d'une grande 
ve'putation. 

(53) Confesseur de Charles vu et conseiller-d'état, mort 
en 1448. 

(54) Elisabeth, ou Isabelle de France, fille de Charles vi, 
veuve de Richard il (ci-devant note 84, p. ï^^), épousa en 1^06 
Charles, duc d'Orléans. Elle mourut en 1409, laissant une fille 
qui fut mariée en 1421 {jubente pâtre ^ dit Astezan) à Jean, duc 
d'Alençon, dont nous avons parlé plusieurs fois Le P. Anselme 
{Généalogies ^ t. i, p. 208 et 2-3) observe que ceile-ri , morte 



320 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

tion, pour le tombeau de Charles, duc d'Orléans, et d'a- 
près ses ordres ; précédées d'un envoi à Jean , marquis 
de Saluées; 17° Pierre Astezan père, professeur (55) ; 
iS*^ Andrionus de Brena, d'Ast; 19» trois de Charles vu, 
mort en 14.61. Dans la première, il dit, entre autres, 
que Charles délivra la France de ses ennemis : 

Auxilium imprimis illi p restante Johanna 
Virgine : guœ cœli nuncia régis erat. 

ce qu'il répète à-peu-près avec les mêmes expressions 
dans la seconde A la fin de la première, on lit en- 
core : 

At succès sorem (Louis xi ) tantâ virtute rel///u/i, 
Ut de se non sit spes capienda minor. 

Il règne dans toutes ces épitaphes le même ton de 
louanges. Les morts célébrés sont presque toujours au 
moins égalés aux personnages les plus fameux de l'his- 
toire ancienne ou de la mythologie. 

La chapelle du cardinal Ardicin de La Porte, de No- 
varre (56) , et celle du beau-père d' Astezan , sont le 
sujet des deux épigrammes ou plutôt des deux inscrip- 
tions de ce livre. 

en 1432, lie laissa point d'enfans ; cependant Astezan dit ex- 
pressément que le duc d'Alençon en eut ires pan>o tempore naios. 
Après la mort dlsabelle, Charles e'pousa Bonne, fille du con- 
nétable d'Armagnac. 

(55) Celle-ci est termine'e par ces vers touchans : 
Lector ab his paucis multas inteliige laudes ; 

Pressa dolore manus scribere plura neguit. 

(56) Savant jurisconsulte, fait cardinal en 14^6, mort en 
1434. (Voy. Fasti cardinalium ^ t. 3, p. 2o3.) 



PIÈCES JUSTinCATIVES. 021 



DEUXIEME PIECE. 

I)e V expédition projetée en i43o par le prince 
d'Orange contre le midi de la France , et 
terminée par la bataille d'' Anthon. 

N. B. Nous avons tiré ce fragment de l'histoire ine'dite de 
Thomassin ( Voy. ci -devant note i, No IV et 22 ; et note 887, 
page io5 et 238 ) , et nous y avons joint des notes explicatives 
et supplétives, dont plusieurs ont été extraites des pièces justi- 
ficatives de \ Histoire du Dauphine, par Valbonnais, t. I, p. 62 
et suivantes. 



« MESSlRELoysde Challoiis, seigneur d'Arlay et prince 
d'Orange homme et vassal du Daulphiné comme des- 
sus est déclaïré , voyant le royaulme bien au bas et petit estât 
et que le roy daulphin avoit petite puissance, voyant aussi 
que tous les nobles du Daulphiné portant armes estoient 
demourés à la bataille de Vernueil comme dessus est dict 
et que le Daulphiné pour lors estoit de petite et poure 
défense, mit en son dampne propos et délibéra de con- 
quérir et usurper le Daulphiné, et voyant qu'il n'avoit 
point de port sur la rivière du Rosne pour entrer au 
Daulphiné procura et fit tant que la reîessée (veuve ) de 
feumessire Bertrand de Saluées qui estoit mort en ladicte 
bataille de Vernueil lui remit et transporta tous les 
droits et actions qu'elle pouvoit avoir au chasteau d' An- 
thon, et aux chasteaux de Colombier et Saint-Ro- 
main (i) , où ladicte reîessée n'avoit point de droit. 

(i) Anthon-sur-le-Rhône ( Voy. la 2e carte ).... Colombier, à 
3 lieues au sud , et Saint-Romain , à 2 lieues au sud-est d' Anthon, 

31 



322 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

>i Et soubs couleur dadict transport l'an 1^28 , près de 
la fm du mois d'avril , ledict prince envoya de ses gens 
devers ladicle relessée , qui estoit dedans ledict cliastel 
d'Anthon qui les mit dedans et s'en alla. Tantost après 
ledict prince y envoya deux cents hommes d'armes les- 
quels passèrent par le port d'Anthon et fournirent le 
chastel de gens d'armes et de traits ; puis prinrent ledict 
Colombier et Saint-Romain et les garnirent aussi de gens* 
Paravant ledict prince avoit mis grosse garnison au chas- 
teau d'Aulberive (2) près de Vienne. Après qu'ils eurent 
ainsi garni secrettementlesdictes places ils les firent fort 
fortifier, puis coururent par les mandements desdictes pla- 
ces et aultres du pays voisines , en prenant prisonniers, 
bestes et aultres biens de ceulx du pays et firent forte guerre 
auDaulphiné (3) qui dura jusqu'à la bataille d'Anthon. 
Au Daulphiné n'avoit point de gouverneur, car quand 
messire Mathieu de Foix, comte de Comminges, gou- 
verneur du Daulphiné lequel estoit compagnon d'arme$ 
dudict prince, sceut que ledict prince vouloit faire guerre 
au Daulphiné , laissa le pays et résigna son office à mes- 
sire Raoul y seigneur de Gaucourt^ lequel vint à Grenoble 
pour prendre possession dudict office ; et après ce qu'il 
l'eut prinse vinrent nouvelles que du tout la guerre estoit 
oincte, dont il fut bien esbahy, disant fauldra-il que le 
pays se perde en mes mains ? fut mise la chose en délibé- 
ration qu'il estoit de faire. La chose estoit ainsi comme ea 

(2) Auberive , à 3 lieues au sud de Vienne , 12 lieues au sud- 
ouest d'Anthon. 

(3) Ils s'emparèrent de divers châteaux, et notamment: 1° de 
ceux de Puslgnan et d'Azieu, près Gênas, à 2 et 3 lieues au 
sud' ouest d'Anthon; ao de Falavier, près la Verpillière , à 6 
lieues au sud. 



DEUXIÈME PIÈCE. 3 23 

désespoir veu qu'on avoit souvent escrit auroy daulphin 
qu'il y voulsist pourvoir, et qu'il aVoit rescrit que consi- 
déré les grans affaires qu'il avoit , qu'on fist le mieux 
qu'on pourroit, veu aussi que le pays estoit dépourveu de 
gens de défense. Toutefois fut délibéré qu'il estoit expé- 
dient que ledict gouverneur incontinent se transportast à 
la côte S.-Andrieu (4) près desdicts ennemis , et qu'il 
menast avecques lui messire Jehan Girard son lieute- 
nant, messire Jehan Dury, messire Loys Portier, Jehan 
de la Barre trésorier et mol conseiller dalphinal e^i des no- 
bles ce qu'il pourroit avoir et que là on avisast au mieulr 
qu'on pourroit sur la défense du pays ; et fut dict que 
pour les avoir falloit faire empruncts parmi le pays pour 
avoir argent promptement et puis on feroit une taille 
pour restituer. Tout ainsi fut faict(5). Monsieur le gou- 
verneur après lad. délibération alla au royaulme et au 
paysdeVellay (6) où estoit ung capitaine appelé Rodri- 
gues de Yillendras du pays d'Espagne , lequel il amena 
avecques ses gens et leur fut baillé argent pour passer, et 
passèrent sur le port de Vienne (7). Messire Humbertde 
Grollée mùtre^c/zû/duDaulphiné, capitaine des frontières 
de Lyonnois et de Masconnois fit amas de gens ce qu'il 
put tant du Daulphiné que d'ailleurs , lesquels avec les 
gens dudict Rodrigues , mesdits seigneurs gouverneur et 

(4) La côte Saint- André , à 10 iieues au sud d'Anthon. 

(5) On résolut de lever cinquante mille florins. On envoya 
aussi , mais sans succès , deux ambassades au duc de Savoie 
( Ame'de'e viii) pour le prier de ne fournir aucun secours au 
prince d'Orange... Celui-ci avait au contraire dans ion arme'e 
cinq capitaines savoisiens. 

(6) A Annonay 

(7) Le 26 mai i^So. 



B^i PlÈCiES JUSTIFICATIVES. 

mareschal, tout droit menèrent devant Aulberive et y 
donnèrent l'assault (8). Ceulx de dedans au comnnence- 
ment vaillamment se défendirent , puis eurent le cœur 
failly et se rendirent, leurs biens saulves, après ce qu'ils 
eurent rendu la grosse tour. L'on fut esbahy comment ils 
avoient esté si lasches de aussitost se rendre attendu que 
la tour estoit forte et de grande défense et qu ils estoient 
beaucoup de gens bien habillés. Ils s'en allèrent ungbâton 
au poingt. Après ce que la dernière tour fut rendue , 
monsieur le gouverneur en fit abattre lapluspart; l'aultre 
demourant y est encore, en signe que la place et le sei- 
gneur ont esté rebelles à leur prince et inféaux et de ce 
doit-on avoirgrande souvenance et mémoire perpétuelle. 

j> De ladicte place d' Aulberive M, le gouverneur et 
M. le mareschalavecquesladictecompaignie s'en allèrent 
par toutes les places que les Bourguignons tenoient et 
les prinrent toutes (9) jusqu'au chastel de Colombier qui 
estoit très bien fortifié et y avoit bonne garnison. Là mi- 
rent le siège etdedans peu de temps après donnèrent plu- 
sieurs assaults , finalement ledict chasteau fut prins et 
tous ceulx qui estoient dedans ; ce fut le samedi 10 juin 
i4-3o. 

» Ledict prince partit de Bourgongne à grande et no- 
ble armée tant pour renforcer ses gens qui desjà estoient 
en Daulphiné comme pour le conquester et passa le 
Rosne au port d'Anthon ledict jour ignorant que ledict 
Colombier fust prins; et quand il fut dedans le chasteau 
d'Anthon il se fit appeler daulphin de Viennois et donna 
les offices du pays, et des chaste aux, villes et aultres biens 
dudict pays il disposa à son plaisir; et les distribua debou- 

(8) Le 28 mai. 

(9) Entre autres Pusignan, le 7 juin, et Azieu, le 8. 



DEUXIÈME PIÈCE. 3 2 5 

che à ceulx qui estoient avecques lui , en soi moult glo- 
rifiant et disant qu il les feroit tous riches ; mais sa gloire 
ne dura guière dieu merci. 

» Mesdicts seigneursgouvemeuretmareschaldésirant 
tirer à Anlhon pour mettre le siège devant et pour des- 
chasser ceulx qui y estoient, ignorant que le prince y fust 
arrivé, y envoyèrent Daulphin le hérault pour savoir du 
commis des Bourguignons. Quand il fut là il trouva le— 
dict prince. Il fut prins et détenu, et par lui il (le prince) 
sceut comment C olombier étoit prins et pour ce il fit son- 
ner ses trompettes et à toute son armée que moult faisoit 
beau voir à belles bannières et estendards déployés, des- 
marcha dudict Anthon pour tirer audiet Colombier en 
belle bataille bien ordonnée ; et envoya deux gentils- 
hommes devant pour savoir comment il estoit de Co- 
lombier : lesquels furent prins et interrogiés où estoit le 
prince et respondirent qu'il estoit près de là au rivage 
d'ung bois oùii faisoit des chevaliers pour donner la ba- 
taille. Lors mesdicts seigneurs gouverneur et maresclial 
mirent en délibération qu'ils dévoient faire et plusieurs 
grans difficultés y avoit de donner bataille sans le sceu 
et commandement du roy daulphin, mesmement consi- 
déré qu'ils estoient peu de gens au regard des ennemis et 
si la bataille se perdoit tout le pays seroit perdu sans 
nul contredict et en après tout Languedoc et Lyon- 
nois.Par ainsi le demourant du royaulme seroit en branle 
d'être ainsi du tout perdu : et puis fut dict au contraire 
que attendre la licence et secours du roy ce estoit néant 
veu que le prince estoit si près et en si grande armée ; 
d'aultre part de non donner bataille «t laisser aller par 
le pays Tarmée du prince et défendre les places que ce 
ne seroit que guerre guerroyable pour gaster le pays e| 



326 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

à la fm le perdre. Et pour ce fut délibéré et conclu de 
courre sur lesdicts Bourguignons et les surprendre etpar 
celui moyen à Taide de Dieu on viendroit au-dessus et 
seroit saulvé le pays veu que le prince avoit très mau- 
vaise querelle et venoit contre son scel , ses promesses 
et son serment , et contre les appoinctements qui para- 
vant avoient esté prins avecques lui de non faire guerre 
ni donner dommaige au pays. Geste conclusion prinse 
Rodrigues dict: mes gens sont estrangiers et de diverses 
nations, je ne me oserois pas bien fier en tous. Pour ce 
je vous prie que me fassiez cest honneur que j'aie l'a- 
vant-garde et à l'aide de Dieu je m'y porterai tellement 
que vous en serez bien contents. Mesdicts seigneurs gou- 
verneur et mareschal eurent considération aux paroles 
dudict Rodrigues et à ce qu'il estoitestrangier et avoit li- 
béralement octroyé de venir au secours du pays lui pas- 
sèrent sa requeste dont il les remercia et en fut très 
joyeulx. Ce faict fut crié que incontinent chascun fust 
monté et habillé (lo) ; que Ton oyst messe et se mist 
chascun en bon estât et puis bust légièrement. Après fut 
dict publiquement que s'il y avoit personne qui eust 
point de pour, qu'il se retirast. Lors chascun respondit 
qu'il avoit bon cueur, puis leur fust dit vous serez tous 
riches en ceste journée ; le prince d'Orange nous vient 
assaillir en nostre pays à son très grand tort et nous 
avons juste et raisonnable cause de nous défendre ; Dieu 
nous aidera. Pour ce ne soyez esbahys s'ils sont plus 
que nous. L'avant-garde , la bataille et les ailes selon le 

(lo) Qu'on pansât les chevaux, qu'on mît les selles, que 
chacun montât et s'allât placer près de l'étendard de son ca- 
pitaine ( ces proclamalions se firent au son de la trompette )- 
V, Processus super insulta guerres Anihonis , dans Valbonnais , il> 



DEUXIÈME PIÈCE. S2-J 

peu de gens qu'il y avoit furent très-bien ordonnées et 
chascun avoit très grand cueur et joyculx de bien faire 
son devoir. Et ainsi se départirent (ii) dudicl lieu de 
Colombier pour aller au-devant dud. prince qui desjà 
estoit en une grande plaine entre Anthon et Colombier 
faisant ses chevaliers comme dict est ; et quand il vit les 
Dalphiniens il n'en fit pas grand compte veu le petit 
nombre qui estoit au regard de ses gens et ne tenoit pas 
moins que quand viendroit à l'assemblée, que Rodrigues 
et ses gens ne s'enfouyssent et que du demeurant tantost 
en viendroit au-dessus (12). Quand nos gens furent près 
à coup subitement et à grands cris frappèrent dedans les 
gens du prince tant qu'ils les rompirent et mirent en dé- 
sarroy (i3) et à donc le prince honteusement s'enfouyt 
et fut poursuivi jusques au port d' Anthon (i4-) où il passa 

(11) Sono iubœ repelito. . .. On laissa auparavant des gens de 
traits et fantassins à la garde des bagages ; et le gouverneur, (^ene- 
rabili signo sanctœ crucis prœmisso ^ se mit en inarche vers midi 
Voy. Processus , etc. 

(12) A l'aspect de l'arme'e du prince , Gaucourt rangea 1.» 
sienne et lui fit une exhortation; Grollëe se jeta à genoux, et 
invocjua Dieu à haute voix. . . l^a mèle'e commença au son d'un 
grand nombre de trompettes. Voy. Processus, etc. 

(i3) Beaucoup, après avoir abandonné leurs chevaux, s'en- 
fuirent comme des lièvres. Les uns se cachèrent dans les blés ou 
bois voisins, où ils furent découverts, dépouillés et tués par 
les paysans; d'autres, au nombre de plus de deux cents, se 

noyèrent en traversant le Rhône La bataille fut finie vers 

deux heures après midi. Voy. Processus y etc. 

(i4) II reçut plusieurs blessures — Il était tellement couvert 
de sang qu'on ne pouvait le reconnaître. ... II s'enfuit à toute 
bride , et se ferma dans Anthon. . . Mais, au milieu de la nuit, 
encore effrayé, il passa le Rhône tanquam latro avec quelques 
soldats, abandonnant à Anthon son artillerie, ses traits, et des 



328 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

et laissa sur la place sa bannière et son estendard et toute 
son armée de laquelle y en eut plusieurs morts et en espé- 

cial le comte de et sa compaignie d'Allemands qu'il 

menoit. Là fut la plus grande mortalité et des vifs la plus- 
part fut emprisonnée et les autres s'enfouyrent (i5). La- 
dicte desconfite par la grâce de Dieii fut faictel'an i4.3o, 
le 1 1 juin , qui estoit dimanche , et fête de la S.-Trinité 
et de S. Barnabe apostre; en bon jour bonne œuvre. 

» Long-temps paravant en Viennois on avoit accous- 
tumé de dire Dieu : te conduise et le marqhé d'Anlhon, 
pource qu'au marché d'Anthon.chascun n'y gaignoit pas. 
Aussi ne fil ledict prince sur ceste desconfite. Doresna- 
vant les joennes gens duDaulphiné réduiront leur mé- 
moire et leur aage comme faisoient paravant les anciens 
quand ils estoient interrogiés de leur aage et mémoire, 
ils disoient quil leur souvenoit des Bretons (ce fut une 
compaignie de gens d'armes qui passèrent par le Daul- 
phiné et y firent plusieurs maulx). 

y> De là on alla à Anthon où Tonne trouva pas grande 
résistance (i6). Ainsi parla grâce de Dieu et miracu- 
leusement tout considéré le Daulphiné fut délivré des 
mains des ennemis et eschappa le grand péril auquel il 

vivres pour deux ans, etc. Voy. Processus^ etc.... Chorier^ t. II, 
p. 427, dit au contraire qu étant poursuivi après la bataille, il 
s'élança à cheval dans le Rhône, et traversa ce fleuve la lance 
à la main. 

(i5) Il y eut plus de 5oo prisonniers, tant Bourguignons que 

Savoisiens ; plus de 460 tués On prit 1200 chevaux , dont la 

plupart furent vendus trois jours après à Crémicu (à trois lieues 
au sud-est d' Anthon). Voy. Processus y etc. 

(16) Le lendemain , 12 juin.... Et le i5 on prit Falavier.... 
On confisqua en même tems plusieurs châteaux apparlenans au 
prince d'Orange, dans le Gapençais et les Baronnies. 



DEI'XIÈMF, PIÈCE. 320 

cuyda estrc et pour ce de ceste bataille le Daulphiné à 
tous temps en doit faire grande joie en remerciant Dieu. 
Mesdicts seigneurs le gouverneur et mareschal, pour 
prier Dieu pour les morts et pour perpétuelle mémoire 
de ceste louable besongne ordonnèrent qu'au cbamp où 
avait esté faicle la bataille l'on fistune belle cbapelle bien 
rentée pour y dire messe tous les jours, mais rien ne 
s'y est encore faict et Dieu en pourroit estre mal content. 
L'on a bien faict et très-bien faict aucunes peinctures , 
messes et commémoration pour ceulx qui moururent à 
Yernueil comme dict est. Ceste bataille estoit et doit es- 
tre de plus grande commémoration pour remercier Dieu 
et à Thonneur de tout ce ; car si le prince eust obtenu vic- 
toire plus grande mortalité y eust eu et sans comparaison 
que audit Vernueil (17), tant de ceulx qui estoient en 
ladicte bataille comme des ault res que l'on eust tués après 
et sans les aultresinnumérables inconvénients et qui pis 
est on eust perdutout le pays avec les aultres pays comme 
dict est. Pour ce y doivent adviser ceulx du Daulpbiné de 
faire leur devoir et qu'ils ne soient pas ingrats envers Dieu 
car grand et périlleux péché est que ingratitude. Si Ton 
a faict commémoration de ceulx qui sont morts à Ver- 
nueil Ton doit mieulx faire commémoration pour la 
grande grâce que Dieu afaicte de saulverles corps et les 
âmes avecques leurs femmes et enfants, et tous leurs biens. 
» Ladicte bataille comme dict est fut faicte entre Anihon 
et Colombier et plus près de Colombier que d'Antbon. 
Du costé du prince avoit environ 800 chevaliers et 
escuyers sans aultres gens. Il y mourut ung très bel et 

(17) Thomassin veut dire sans doute q^'il y eût plus pe'ri de 
Dauphinois qu'à Verneuil , où il y en eut 3oo de tues ( Choiier^ 
liist. du JDaup/uné y t. Il, p. 422). 



33o PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

notable chevalier de Bourgongne appelé messire Loys 
de la Chapelle , qui fut porté à Crémieu et là est se- 
veliau couvent des Augustins. Tous les aultres notables 
en bien grand nombre furent prisonniers et ont payé 
de grans rançons. La journée fut très bonne pour les 
gens de nostre part et bien a esté raison et oultre ce on 
les doit avoir fort en mémoire perpétuelle car ils ont 
mis leur vie pour la défense de la chose publique du 
Daulphiné et aussi duroyaulme ; le roi n'a pas mis cel- 
lui-ci service et les auUres quelles bons et loyaulx 
Dalphiniens ont faicts au temps passé comme sera dict 
ci-dessous sur monseigneur qui est à présent (i8). 

Lcdicl prince en ladite bataille laissa sa bannière que 
ledit Pxodrigues fit porter en son pays , et aussi y laissa 
son estendard grand et bien pompeux ; la moitié rouge 
et Taoltre perse : au plus hault ung soleil d'or qui estend 
ses ravs au long de l'est endard jusques au bas. Il fut 
porté à (Grenoble et là est encore en la chapelle de 
messieurs les Daulphins. Les aultres bannières et esten- 
dards des capitaines pareillement y demeurèrent. L'es- 
tendard du seigneur de Salleneuve, blanc et rouge, fut 
porté audict Grenoble et mis en la grande église ; les 
aultres furent portés en d'aultres lieux. 

. Par ceste manière onpeultcongnoistre comment il en 
prend aux présomptueux et gens outrecuidés et or- 
gueilleux. Ledict prince fit une très grande despense pour 
mettre à exécution son mauvais et dampne propos et 
tout perdit en une heure et qui pis son honneur, il estoit 
de Tordre du duc de Bourgongne laquelle lui fut ostée 
pour ce que honteusement s'en estoit fouy et con- 
damné de jamais avoir bannière ne estendard jusques à 

(i8) Louis, daiiplilri, depuis Louis Xi. 



DEUXIEME PItr.E. 00 1 

ce que les aie recouvrés en aullrc juste et raisonnable 
et honorable bataille. Mais jamais ne le fera car il est 
vieulx et pour ce porte en sa devise non plus , laquelle 
j'ai veue depuis sur le portail de Lyon-le-Sauhiier , où 
estlahoreloge. Monseigneur m' a envoyé souvent devers 
lui et lui ai ouy dire que si la chose estoit à faire , que 
jamais ne la feroit et de l'avoir faict fort se repent ; mais 
c'est trop tard. Je me voulus enquérir pourquoi il por- 
toit cette devise et depuis quand Tavoit prinse; il me fut 
dict qu'il Tavoit prinse depuis ladicte bataille, etl'avoit 
prinse pour ce que monseigneur de Bourgongne lui dit 
qu'il falloit qu'il retournast à Anthon en Daulphiné pour 
recouvrer ce qu'il avoit perdu ; mais il lui respondit non 
plus , et depuis a porté cellui mot. D'aultre part ledict 
prince a faulsé son hommage , sa foi , ses promesses, 
son scellé et son serment, dont il est crimineulxen plu- 
sieurs cas et digne de grande pugnition au regard de sa 
personne ; et se doivent confisquer tous les biens qu'il 
tient à hommage du seigneur Daulphin ; et avec ce il 
est tenu à grands intéresJs pour les grands dommages 
que monseigneur le Daulphin et le Daulphiné ont souf- 
ferts par ladicte guerre. J'ai fairl ungtrailiépar manière 
de mémoire , du commandement exprès de la bouche de 
monseigneur et lui en ai envoyé le double qui se com.- 
mence ainsi : S'ensuivent les mémoires^ etc. Il seroit trop 
long pour mectre ici ; toutefois n'est-il pas de mectre en 
oubli ; une fois justice se remectra sus. 

» Avecledictprinceavoitlesplns espéciaux et vaillants 
de Savoie et qui pis est des terres qui sont de Thom- 
mage du Daulphiné. Ils n'y allèrent pas sans le congé et 
vouloir de leur seigneur le duc de Savoye dernièrement 
mort qui estoit consentant de ladicte enlreprinse et avoit 



3o2 



PIECES JUSTIFICATIVES. 



certaines paches et convenances avec ledict prince. De 
ceste matière j'en ai faictungauitre Iraitié lequel se com- 
mence ainsi : Pour remontrer^ etc. , qui ne se doit pas 
mectre en oubli , comme a esté dict de l'autre. 

« Tantost après ladicte bataille mesd. seigneurs gou- 
verneur et mareschalavecques leur armée s'en allèrent en 
la principaulté d'Orange et d'assaultde bonne et juste 
guerre conquirent la ville et le chastel (19) et toutes 
les aultres places de la principaulté. Ceste matière est 
comprinse bien au long aud. traitié du prince d'Orange. 

j> De ladicte bataille d'Antbon s'en est suivi unggaige de 
bataille de l'an i4.3i entre ung gentilhomme de Bour- 
gongne nommé Loys de Maulpre appelant et ung autre 
gentilhomme du Daulphiné nommé Pierre Pèlerin dé- 
fendeur et appelé. La journée dud. gaige devant mon- 
dict seigneur le gouverneur esleu à ce par lesdictes parties 
fut tenue à Vienne le dixième jour de juillet l'an que 
dessus, et là se trouvèrent environ de 7 à 800 chevaliers 
et escuyers tant du royaulme de l'obéissance du roy que 
du Dauphiné , dont les Anglois et Bourguignons furent 
bienesbahys, car ils ne cuidoient pas que attendu les 
pertes que le roy avoit faictes l'on peust encore trouver 
si notable et belle compaignie en l'obéissance du roy, la- 
quelle chose porta depuis grand prount au roy daulphin 
etpourlacause que je fus présent j'en ai faict ung traitié 
et procès-verbal qui se commence ainsi : Au nom de notre 
seigneur, etc. auquel au temps advenir ceulx qui voudront 
faire gaige de bataille pourront avoir recours pour 
avoir advis comment ils se devroient maintenir et pro- 
poser le cas d'ung costé et d'aultre. J'en ai faict ici men- 
tion pour ce que c'est Thonneur du Daulphiné et tous 

(19) Orange fut assiégé le 29 juin , et pris le 3 juillet. 



DEUXIÈME PIÈCE. 333 

ces trahies se doivent mectre en la chambre des comptes 
avecques ce registre* « 

Remarque concernant Thomassin. 

Nous avons dit, note 24^1, page lyS, que le té- 
moignage de Thomassin , quant au projet attribué à 
Charles VII de se retirer en Dauphiné, nous paraissait 
d'un très-grand poids. Il faudra peu d'observations pour 
justifier notre opinion. Thomassin est non-seulement 
un auteur contemporain , mais il a été à portée , par 
ses emplois , de vérifier beaucoup de fails secrets de 
l'histoire de son siècle. Il était dans la force de 1 âge (20) 
et pourvu de la charge de conseiller au conseil delphi— 
nal (21) lors du siège d'Orléans. Il avait en outre fait 
plusieurs séjours dans cette ville ou à Paris (22). Quel- 
ques années après que Louis xi eut obtenu de Charles vu 
(en i44o) Tadministralion du Dauphiné, il chargea 
Thomassin , comme le plus ancien de ses officiers (23), 
et comme ayant beaucoup de lumières et d'expérience , 
de composer le recueil manuscrit d'où nous avons tiré 
le fragment précédent. Ce recueil est donc officiel, et 
tout annonce que les relations qui y sont faites eurent 
l'approbation de Louis xi. 

(20) Il annonce dans son manuscrit, f. 86, cju'à l'âge de seize 
ans, à la Saint-Jean de 14^75 il alla étudier à l'université d'Or- 
léans. Il avait donc environ trente-sept ans à l'époque du siège. 

(21) Voir le fragment pre'ce'dent , page 323. D'après son ma- 
nuscrit, f. 162 , des 1426, il avait été commissaire pour im rè- 
glement de limites entre le roi et le comte de Savoie. 

(22) Voir la note 20 ci-dessus , et la nole^^ , ci-devant p. i3o, 

(23) C'est ce qui est exprimé dans les lettres-patentes de sa 
commission, datées de Romans le ao mai i456. Mss.y f i^f. 



334 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

TROISIÈME PIÈCE. 

Lettre de Jeanne d'' Arc au duc de Bourgogne , 
jusqu'à présent inédite ; suivie de ses lettres 
aux Anglais et au comte dArmagnac. 



I. Un nous a procuré, pendant l'impression de notre 
ouvrage , une copie figurée de cette lettre (i) , qui est 
conservée dans les archives de Lille. Quoique Jeanne 
d'Arc, ne sachant ni lire, ni écrire (2), fut réduite à 
dicter ses lettres (3) , qu'il fût par-là facile de lui 
en attribuer auxquelles elle n'aurait point eu de part, 
ou d'altérer celles qu'elle aurait dictées (4), qu'enfin 
aucun auteur contemporain ne fasse mention de celle- 
ci, cependant nous sommes persuadés de son authenti- 
cité. Nous nous fondons entre autres sur la conformité 
de son style avec celui des lettres écrites aux Anglais (5) 
et au comte d'Armagnac, que l'on produisit pendant le 
procès de Jeanne, et sur l'exactitude de ce qu'elle y 
énonce relativement au sacre de Charles vu. 

(1) Nous la devons à la complaisance de M. D*, homme de 
lettres, recteur de l'académie de ***. 

(2) Voy. ci-devant note SçjS , no i5 , p. a33. 

(3) Thomassin ^ f. tjS , dit positivement qu'elle dictait ses let- 
tres : « Fil escrire des lectres qu'elle-mesme dicta. ...» 

(4) C'est ce qui est arrivé... Voy. ci-après notes 10 à i5, 
pages 337 et 338 , et ci-devant note 33^ , p. 235. 

(5) Lenglet et Tripaut n'en donnent qu'une. Thomassin , 
f. 95 et 96, en rapporte quatre , dont il avait vu lui-même les 
copies, mais qui ne semblent que des fragmens de celle qu'on 
va rapporter (ci-après n» IV, p. SSj),. où ce qui est énoncé dans 
tes quatre se trouve compris. 



TROISIÈME PIÈCE. 335 

ÎI. Considérée quant à son étal matériel , la lettre 
est écrite en caractères gothiques, avec beaucoup d'a- 
bréviations; mais elle se lit très-aisément. Elle a dix- 
sept lignes et demie, qui ont chacune deux cent soiîtante- 
dix millimètres de longueur. Elle est pliée à-peu-près 
comme nos lettres ordinaires , mais sous un format assez 
grand et presque carré, de centquarante-neuf sur cent 
trente-cinq millimètres. Vers le bas de la partie exté- 
rieure pliée , il y a pour toute adresse : Au Duc de Bour^ 
goin^ne. 

III. Voici ce que contient l'intérieur : 

f Jésus Maria (6) 

Hault et redouble prince Duc de Bourgoi'ngne Jehanne la 
pucelk vous retjui'ert de par le roy du ciel mon droilurier 
et souuerain seigneur que Le roy de France et vous faciez. 
bonne paix ferme qui dure longuement^ pardonnez lun a 
lautre de bon cuer entièrement ainsi que doiuent faire loyaulx, 
christians , et sil vous plaist a guerroier si alez sur les Sar- 
razins. Prince de Bourgoingne je vous prie supplie et requiers 
tant humblement que requérir vous puis que ne guerroiez plus 
ou (au) saint royaume de France^ etfailtcs retraire incontinent 
et hriefment voz gens qui sont en aucunes places et foriesses 
(forteresses) dud, saint royaume^ et de la part du gentil roy 
de France il est prest de faire paix a. vous sainte son hon- 
neur sil ne tient en vous et vous fais a sauoir de par le roy du 
ciel mon droiturier et souuerain seigneur pour votre bien et 
pour votre honneur et sur voz vie que vous ny gaigncrez point 
bataille a lencontre des loyaulx François, et que tous ceul% 
qui guerroient ou (au) saint royaume de France guerroient 

(6) Le mot Jésus est ainsi écrit: Jhus. 



336 PIECES JUSTIFICATIVES. 

contre, le roy Jhus ( Jésus ) roy du ciel et de tout le mondg 
mon droiturier et souuerain (y) seigneur et vous prie et re- 
quiers a jointes mains que nefaittes nulle bataille ne neguer- 
roiez contre nous vous voz gens ou subgiez et croiez seurement 
que quelque nombre de gens que amenez contre nous quih 
ny gaigneront mie et sera grant pitié de la grant bataille et 
du sang quy y sera respendu de ceulx qui y vendront (vieiî- 
dront) contre nous, et a trois sepmaines que je vous auoye es- 
rript et enuoie bonnes lettres par (8) ung herault que /eussiez 
au sacre du roy qui aujourduy dimenche xvij'"^ jour de ce 
présent mois de juillet ce fait en la cite de Reims (9) dont je 
nay eu point de réponse ne nouy oncques puiz nouuelles dud. 
herault. A Dieu vous commens et soit garde de vous sil luy 
plaist, et prie Dieu quily mette bonne paix. Escript aud. lieu 
de Reims led. xvif^^ jour de juillet. 

(7) Droiturier et souverain seigneur. . . Ces expressions ue sont 
pas dans les lettres suivantes ; mais Jeanne s'en est servie dans 
ses interrogatoires. Voy. Lai>erdy^ p. 44- 

(8) Les auteurs ne font non plus aucune mention de cette pre- 
mière lel[re adresse'e à Philippe-le-Bon , ni de l'arrestation du 
héraut de Jeanne. Elle fut e'crite probablement de Sully, de Saint- 
Benoit , ou de Cliâteauneuf, villes où la pucelle était vers la 
fin de juin , et où Texpédition du sacre fut définitivement ré- 
solue. Voir ci-devant le texte ^ P- 77 î ^t V itinéraire^ p. 258. L'ar- 
restation du héraut est une preuve que Philippe n'avait point , 
comme certains auteurs l'ont pensé , tacitement consenti à ue 
mettre aucun obstacle à l'expédition de Reims. S'il eût été en 
bonne intelligence avec Charles, il n'aurait pas, contre toutes 
les lois de la guerre , retenu le héraut. 

(9) Ce passage est précieux. Voilà enfin un monument au- 
thentique de l'époque précise du sacre de Charles vii. Il con- 
firme ce que nous avons observé à ce sujet, ci-devant note 332, 
page 2i6 (imprimée loug-tenis avant que nou.* connussions (a 
lettre ). 



TROISIÈME PIÈCE. 33 7 

IV. Nous allons maintenant rapporter comme pièces 
de comparaison les lettres aux Anglais et au comte d'Ar- 
magnac, telles qu'elles nous sont données par Lenglet, 
tome h" (10). Nous y joindrons les notes où il remarque 
les altérations qui y furent faites. 

Lettre aux Anglais. 

\ Jésus Maria, f 

îioy d' Angleterre , et vous duc de Bedfort , qui vous dictes 
régent le royaulme de France : vous Guillaume de, la Poule y 
comte de Suffort , Jehan sire de Tallebot , et vous Thomas 
sire d' Esclaves ( Esc ailes), ^m/wm* dictes lieutenants dudict 
duc de Bedfort , failles raison au roy du c^W rendez à la pu- 
celle (11) qui est ici envoyée par Dieu le roy du ciel 
les choses de toutes les bonnes villes que vous avez prises et 
violées en France : elle est ici venue de par Dieu pour récla- 
mer le sang royal ; elle est toute prête défaire paix si vous 
lui voulez faire raison ; par ainsi que la France vous mettez, 
sus et payerez ce que vous l'avez tenue. Etentre vous archiers , 
compaignons de guerre gentils et aultres (jui estes devant la 
ville d'Orléans^ allez vous-en en voire pays de par Dieu, et 
si ainsi ne lefaittes , attendez les nouvelles de la pueelle^ qui 
vous ira férir briefment à vos bien grands dommaiges : roy 

(10) La lellre aux Anglais est dans d'autres auteurs , tels que 
ïrlpaut, 6g, mais avec quelques variantes. Nous nous sommes 
aussi servis de la leçon de Laverdy , Si à 85 , qui ne diffère de 
celle de Lenglet que dans un très-petit nombre de mots. 

(11) Ce qui est ici en romain a été changé et altéré par les 
juges. Au lieu de rendez à la pucel/e, etc., il y avait , dans la 
lettre originale, rendez au roy les choses de toutes , etc. Interro- 
gatoire du 22 février i43i. ( Note de Lenglet. ) 

22 



338 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

d 'Angleterre^ si ainsi ne lefailtes\e suis chief de guerre (12) 
et en qiœlcjue lieu que je attendrai {\ù) vos gens en France^ je 
les ferai aller ^ oeuillenl ou non oeui lient ; et si ne veulent obéir 
Je les ferai fous occire. Je suis ici envoyée de par Dieu le roy 
du ciel cor^s pour corps (i4) P^^^'f ^^^us bouter hors de foute 
France ; et si veulent obéir ^ Je les prendrai â mercy ; et n'ayez 
point en votre opinion . car vous ne tiendrez point le royaulme 
de France; Bien le roy du ciel., fils de sainte Marie (i5) : 
aifis le tiendra le roy Charles vray héritier; car Dieu le roy 
du ciel le veut , et lui est révélé par la pucelle , lequel entrera à 
Paris en bonne compaignie. Si ne voulez croire de par Dieu 
les nouvelles de la pucelle., en quelque lieu que vous trouverons^ 
nous fér irons dedans, et y ferons ung si grand hahay, que en- 
core a-t'ilmil ans que en France ne fut si grand; si vous ne 
faittes raison, croyez en fermement que le roy du ciel envoyera 
plus de force à la pucelle que vous ne Vy sauriez mener de 
fous assaulx à elle et à ses bons gens d'armes, et aux horions 
i>erra-t-onqui aura meilleur droit du roy du ciel. Vous, duc de 
Bedfort , la pucelle vous prye et vous requiert que vous ne vous 
fassiez mie destruire : si vous lui faittes raison , encore pour- 
rez vous venir en sa compaignie , ou que les François feront 
le plus belfaictque onCquesfutfaictpar la chresiienté; et faittes 
responses si vous voulez faire paix en la cité d'Orléans; et si 

(12) Je suis chief de guerre : Ces mots ne sont pas dans l'ori- 
ginal. ( Note de Lenglef. ) 

(i3) Il faut lire attindrai. ( Note de idem. ) 

(i4) Corps pour corps , et chief de guerre* Nie que ces mots 
soient dans l'original de ses lettres. Interrogatoire du 22 février 
i43i. ( Note de idem. ) 

(i5) Ceci paraît une espèce d'attestation <îu nom de Dieu. 

( Note de Laçerdy^ 83. ) 



TROISIÈME PIÈCE. SSq 

ains ne îe f alites ^ de vos biens grands domaiges vous sou- 
vienne ôriefment. Escrit ce samedy semaine sainte (16). 

V. La lettre suivante est une réponse à une lettre 
dans laquelle le comte d'Armagnac consultait Jeanne 
sur lefaici des papes , dit-il; observant qu il y avait alors 
trois contendans à la papauté : le premier, Martin-Çw/w^, 
auquel il avoue que tous les rois chrétiens obéissent ; le 
deuxième, Clément yii (17), demeurant à P^niscelle , 
au royaume de Valence , en Espagne ; elle tiers,, qu'on, 
ne sait où il demeure , Benoît xiv. 

Lettre au comte d' Armagnac . 
Jésus f Maria. 
Comte dJrmignac^ mon très cher et bon amy^ Jehanne la 
pucelle vous fait sçavoir que votre message est venu par devers 
moi,, lequel m 'a dîct que l'avez envoyé par deçà pour sçavoir de 
moi auquel des trois papes que mandez par mémoire vous 
deviez croire ; de laquelle chose ne vous puis bonnement faire 
sçavoir au vrny pour le présent, jusques à ce que je sois à Paris 
ou ailleurs à requoy ; car je suis pour le présent trop empes- 
chée aux faicts de la guerre ; mais quand vous saurez que je 
serai à Paris, envoyez-moi ung message par devers moi,, et je 
vous fer ai sçavoir tout au vrai auquel vous devrez croire (18), 

(16) Dans Tripaut, 70, et Thoniassin, f. 95, la date est du 
mardi. Voy. ci-devant, note 11 de l'itinéraire, page 255. 

(17) Tel est le nom que le comte donne à cet anti-pape. Si 
on l'eût reconnu comme pape légitime , on Tappeileroit , dans 
l'ordre de l'histoire , Clément viii. 

(18) Jeanne s'est plainte , dans le cinoulème interrogatoire, 
qu'on avait altéré ses lettres. Il paraît que ce fut sur-tout cette 
réponse , où elle semble en doute sur le pape auquel ou doit 
obéissance. Elle dit qu'elle obéissait au pape séant à Rome 



34o PIÈCES JUSTIFICATIVES. 

et que en aurez sçu par le conseil de mon souverain seigneur le 
roy de tout le monde , et que en aurez affaire à tout mon pou- 
voir . A Dieu vous commens ; Dieu soit garde de vous. Escrit 
à Compiègne (19) /e xxij'^^ jour d'août (14.29). 

( Martin v, élu par le concile de Constance après l'abdication 
de Grégoire xii , et la déposition de Jean xxiii et de Be- 
jioît XIII ) , et que telle était la réponse qu'elle avait faite au 
messager du cornle d'Armagnac. ( Obserçation de Lenglet. Voy. 
aussi Laçerdy, 44- ) 

N. B. Ce comte d'Armagnac était Jean iv, fils du fameux 
connétable dont nous avons parlé plusieurs fois. . . . Voyez ci- 
après la table, p. 35 1, mol Armagnac. 

(19) Ceci prouve que, comme on l'a remarqué à la note 35 
de l'itinéraire , ci-devant p. 262, le roi entra à Compiègne le 
22 août , puisqu'il était ordinairement accompagné de Jeanne 
d'Arc. 



Flî^ DES PIECES JUSTIFICATIVES. 



TABLE CHRONOLOGIQUE 

Bes principaux faits dont il est question dans 
cet ouvrage. 



T. signifie texte , n. note , p. page. 

i38o. Etat florissant de la France à l'avènement de 
Charles vi.... Ses relations, alliances, e\.c, ■— Texte ^ 
page I à 4 ; note 2 à i3 , page 1 08 à 1 1 1. 

i38o. Régence du duc d'Anjou , oncle du roi. — T., 

^. 5; w. 14. à 20, ;?. III. 

i382. Administration de Philippe-le-Hardi , duc de 
Bourgogne, et de Jean, duc de Berri, oncles du roi. 
— T., p. 6; n. 21 à 3i, p. 112. 

i388. Administration de Charles vi et de ses minis- 
tres; sadémence. — r.,/>. 8; /2. 32 à 38, /9. 116. 

1392. Deuxième administration de ses oncles. — T. , 

p, 9; n. 39 à 4.1,;?. 117- 

1398. Idem , des mêmes et de Louis , due d'Orléans , 
frère du roi, et de la reine Isabelle de Bavière. — T., 
p. 10; n. 4-2 à 56, p. 117. 

i4o4.. Mort de Philippe.... Intervention de Jean- 
Sans-Peur, duc de Bourgogne. — r., /?. 12; n. 57 à 

62 , P' 120. 

i4o5. Divisions entre les princes, la reine, etc.— 
T., p. i4; ri.^?> à 65,/?. 121. 

1407. Meurtre du duc d'Orléans.... Apologie et do- 
mination de Jean.- T. , p. i5 -, n. 66 à 71, p. 121. 

i4io. Guerres civiles.... Partis des Bourguignons et 



342 TABLE CHRONOLOGIQUE 

des Armagnacs.... Bouchers et écorcheurs.... Proscrip- 
tion des Armagnacs. — T. , p, 16; n. 72 à 77, p. 122. 

i4.i3. Partis des modérés et du dauphin Louis. Ils 
se saisissent de Paris et se lient aux Armagnacs.... Op- 
pression des Bourguignons. — T.^ p. 17 ; «.78 à 83 , 

p. 123. 

i38o à i4i2. Belations de la France avec l'Angle- 
terre : 1° sous Richard 11 (i38o à iBgg). Trêves et 
traités. — T., p- 18; n. 84.,/?. 124. 

2°. Sous Henri tv ( i4o2 à i^-io ). Excursions sur les 
côtes; combats partiels sur mer, etc. — T.^p. 18; n. 85 
et 86 , p. 125. 

3°. Idem (i4ii, 1412).... Traités horlleux du duc 
de Bourgogne, et ensuite des autres princes français 
avec Hpiri iv.... Son armée ravage la France. — T., 
p. 19 ; n. 87 à 92 , p. 126. 

i4i3. Mort de Henri iv. Portrait, projets et con- 
duite de Henri v. — T.^ p. 21 ; n. gS à gS, p. 128. 

i4i5. Bataille d'Azincourt.... Factions diverses en 
France.... Mort du dauphin Louis.... Le comte d'Ar- 
magnac nommé connétable. — T., p. 22 ; n. 96 à 102, 
p. 128. 

i4^6, 1417- Traité ignominieux de Jean, duc de 
Bourgogne.... Mort dti dauphin Jean et du duc de 
Berri.... Le nouveau dauphin (Charles vu) appuie le 
connétable.... Administration tyrannique de celui-ci.... 
Sa conduite imprudente envers Isabelle.... Conquête 
de la Normandie par les Anglais.... La France est sac- 
cagée.— T., jo. 23; n. io3 à III, p. i3o. 

î4i'3 , 1419. On livre Paris au duc de Bourgogne.... 
Massacres des x\rmagnacs.... Il négocie avec le dauphin 



DES PRINCIPAUX FAITS. 343 

Charles.... Il est ensuite massacré. — T. , p. 2S ; n. 112 
à 122, p. i32. 

i4i9î 1^20. Philippe -le -Bon , nouveau duc de 
Bourgogne.... Désastres du dauphin Charles.... Il est 
déshérité.... Traité de Troyes.... La couronne de France 
est donnée à Henri v.... Son voyage en Angleterre.... 
Bataille de Baugé.... T. , p. 28; n, i23 à i3i,y3. i35. 

i^ai, i4-22. Belour de Henri..,. Ses conquêtes.... 
Celles de Philippe.... Bataille de Saint-Riquier.... Le 
dauphin lève le siège de Cosne.... Mort de Henri.... Le 
duc de Bedfort, régent.,.. Le duc de Glocester, prolec- 
teur en Angleterre Mort de Charles vi. — T. , /o. 29 ; 

n. i32 à 14.1, p' i38. 

1422. Charles vu est appelé roi de Bourges.... Etat 
des deux partis ; leurs provinces , richesses , commerce , 
alliés (les Ecossais sont ceux de Charles), troupes , gé- 
néraux, finances , revenus.... Talens des ducs de Bour- 
gogne et de Bedford.... — T., p. 3i ; n. 142 à i5i , 
/?. i4i. 

1422. Conduire de Charles vu dans sa jeunesse 
(i4i8 à 1422. — T. ^ p. 35; et n. i5i bis, p. i45).... 
Idem depuis son avènement.... Crédit, tyrannie, pil- 
lage, etc., de ses favoris.... Perte de Meulan. — T., 
p. 35 ; n. i52 à i58, ys. 145. 

1428. Le duc de Bretagne se joint aux Anglais.... Les 
Ecossais et les Milanais envoient des troupes à Char- 
les VII.... Batailles de Crevant, de la Gravelle et de la 

Bussière Mariage de Bedfort. — T. , p. Sj ; n. iSg à 

164 , p. i46- 

1424, i425. Bataille de Verneuil.... Conquêtes des 
Anglais.... Diversions heureuses opérées par deux dif- 



344 TABLE CHRONOLOGIQUE 

férents de Glocester avec le duc de Bourgogne (relati- 
vement à Jacqueline de Hainaut) et avec l'évéque de 
Winchester.... Long voyage de Bedfort en Angleterre. 

— T. ^ p. 39 ; n, i65 à 175, p. i48. 

1424 à 1426. Divisions de la cour de Charles vu... 
Bichemont , connétable , lui procure l'alliance du duc 
de Bretagne et fait renvoyer les ministres.... Il prend 

Pontorson Les manœuvres de Giac , favori de 

Charles , le font battre à Saint-James-de-Beuvron.... 
Exécution de Giac et de Beaulieu, son successeur..., La 
Trémouille , nouveau favori.... Dunois fait lever le siège 
de Montargis. — T. , p. 4i ; «• 176 a 188 , p. i52. 

1427. Betour de Bedfort.... La Bretagne et la Navarre 
accèdent au traité de Troyes. Troubles et guerre civile 
dans le parti de Charles vu , excités par la Trémouille. 

— T. y p. 45; n. 189 et 190, p. i55. 

1428. Etat des deux partis, leurs provinces, troupes, 
alliés , etc.. Buine de la France (ses expéditions à 
l'étranger, de i382 à i4i6; n. 201, p. i5(S); favoris et 
indolence de Charles vu ; rapacité des courtisans , etc. 
^-T. , p. 45; n. 191 à 2o5, p. i56. 

1428, juinet à octobre. Ouverture de la campagne.... 
Conquêtes en Champagne.... Prises des villes voisines 
d'Orléans; leurs garnisons se joignent en partie aux 
Anglais. — T. , yo. 5i ; n. 206 à 208 , p. 160. 

1428, octobre. Siège d'Orléans.... Sa garnison.... Sa 
situation.... Les tournelles.... Approche de l'armée an- 
glaise , commandée par Salisbury ( sa mort ). — T. , 
/?. 5i ; n. 209 à 2i5, jo. 161. 

1428, octobre. Incendie des faubourgs et églises 

Attaque et prise des tournelles.... Béparations et cons- 



DES PRmCIPAUX FAITS. 34"^ 

truclions réciproques de boulevarls sur le ponf. — T. , 
^. Sa; «. 216 à 222 , p. i63, V. aussi carie visuelle, ex- 
plication , ^ ^ , p. 2^-j. 

1^28, octobre à janvier. Description de la circonval- 
latlon d'Orléans, bastilles (leurs noms et positions, 
n. 223 et même explicai.^ § ^ iP- ^i^) 1 fossés, ponts , etc. 
Sorties , détresse des assiégés , etc. — T. , p. 53 ; n, 223 à 
22g, ;?. i65. (Traité avec les Ecossais , 72. 14.7 et 24.1*, 
p. 14.3 et 176; aide accordée par les Etats, V, d. n. 24i *, 
p. 176.) 

1428 .février. Convoi amené aux Anglais par Fastol... 
Sortie d'Orléans.... Journée des Harengs.... Orléans of- 
fert au duc de Bourgogne.... Consternation de la cour 
de Charles vu.... Le duc de Bar l'abandonne.... On 
propose de se relirer en Dauphiné. — T". , ya. 54 j n. 200 
à 241 •> p- 171- 

1428, mars. Arrivée et promesses de Jeanne d'Arc. 
{T. ^ p. 56 ). Discussions sur son âge (18 ans ) et sa pro- 
fession (bergère). (iV. 242,;?. 177). Digressions sur ses 

premières années Son éducation, ses occupations; 

ses voyages à Neufchâteau , Nancy, Toul et Vaucou- 
leurs(/2. 2^3 , n° I à g, p. kSo). Troisième voyage à 

Vaucouleurs, et voyage de Vaucouleurs à Chinon 

Elle ne fut point un instrument de la cour... {^Ibid. n° 10 
« if^., p- 184. V. aussi explication de la 2^ carte, n. 5 à 8 , 
p. 253. ) La cour n'eut d'autre mérite que de lui four- 
nir des occasions d'exercer son courage. Réponse aux 
objections des Anglais et autres.... Secret prétendu dé- 
couvert à Charles... Motifs du merveilleux qu'on em- 
ploya... Superstition de son siècle. ( T. , /?. Sy ; n. 244 ^ 
255 , p. 189.) Son adresse à l'exercice de la lance, et son 
éloquence. — T. , ^. 60 ; n. 256 à 260, p. igS. 



346 TABLE CHRONOLOGIQUE 

14.28, 7nars^,el i^ag, ai>riL Instances de Jeanne d'Arc 
auprès de la cour.... Son influence sur les soldats fran- 
çais et anglais (ceux-ci la traitent de sorcière). Convoi 
conduit à Orléans.... Son entrée dans cette ville.... Ses 
reconnaissances des bastilles.... Sommations aux Anglais. 
— T. , yo. 62 ; 72. 261 à 273 , p. 196. V. aussi explication 
de la 2^ carte ^ n. 11 et i3 , /?. 255 et 257. 

14.29, mai. Le 4, 2« convoi.... Découragement des 
Anglais.... Sortie des Français du côté de Saint-Loup.... 
Ils sont repoussés.... Jeanne les secourt et les ramène 
au combat.... Attaque de la bastille de Saint-Loup.... 
Talbot veut la secourir.... Il est contenu.... Prise de la 
bastille et du clocber de Saint- Loup. — T., p. 64.; 
n. 274. à 287 , p. 199. 

1429 , mai. Le 5 , conseil et préparatifs.... Le 6 , 
passage de la Loire pour attaquer les bastilles de la rive 
gaucbe.... Evacuation de Saint Jean-le-Blanc... Attaque 
des Augustins.... Les Français se replient..,. Jeann^ les 
ramène.... Prise des Augustins.... Conseil..,. Investisse- 
ment des tournelles... Bivouac de Jeanne... Evacuation 
de la bastille de Saint -Privé. — T., p. 68; n. 288 à 
3oo, /?. 2o3. 

1429, mai. Le 7, attaque du boulcvart et du fort des 
tournelles.... Jeanne est blessée.,,. On ordonne la re- 
traite.... Jeanne ramène les Français au combat.... 
Prisedes tournelles.... Glacidas et les Anglais se noient.... 
Le pont est rétabli.... La nuit, nouveau bivouac de 
Jeanne.... Le 8, évacuation des autres bastilles.... Re- 
traite des Anglais.,.. Résumé des succès obtenus. — T., 
p. 70; n. 3oi à 3io, p. 206. 

1429 , mai et Juin. Indolence de Charles Yll... Voyage 



DES PRilSCIPAUX FAITS. 347 

de Jeanne à Loches.... Proposition du sacre... Expédi- 
tion de l'Orléanais.... Attaque de Gergeau.... Jeanne 
est blessée et renversée.... Elle encourage les soldats.... 
La ville est prise ainsi que Suffolk, son gouverneur.... 
Prise de Meun , de la ville et du château de Beaugency, 
— T. !f p. 78; «. 3ii à 822, p. 208. V. aussi explication 
de la 2^ carie ^ n9^ 12 à \% et leurs notes ^ p, 2.S']. 

i/^t^g^juin. Bataille de Pathay... Défaite des Anglais ; 
prise de Talbot.... Fuite de Fastol.... Reddition de 
Jenvllle, etc. Voyage de Jeanne à Sully, auprès de 
Charles vu.... Prières pour Richemont.... Apathie de 
Charles.... Le sacre est résolu. — T.,p, 'jS; n. Sso à 
328, p. 2i3; explication de la 2^ carte ^ n^^ 19 à 22 et 
note 1 1 , sur idem , p, 258. 

1^29, 2 (^ juin au i^ juillet. Expédition du sacre.... 
Attaque ou soumission d'Auxerre , Saint-Florentin, 
Troyes , Châlons , Sepseaux , Reims.... Sacre. — T., 
p. 77; n. 329 à 333, p. 2i5 ; même explication^ § ^» 
p. 269. 

14.29, juillet (le 20) à octobre. Expédition de Tlle- 
de- France , de la Brie et environs.... Prise ou soumis- 
sion des villes suivantes : Saint-Marcoul , Vailly, Sois- 
sons, Laon, Château-Thierry, Crécy, Coulommiers , 
Provins, Nangis (bataille offerte aux Anglais), la 
Ferlé-Milon , Crépy, Dammarlin (bataille offerte iW.), 
Compiègne , Beauvais , Lagny, Saint-Denis, etc., etc. 
Attaque de Paris.... Troisième ou quatrième blessure 
de Jeanne. Ensuite retour à Bourges, par Bray, 
Courtenay, Château - Renard , Montargis et Gien.... 
Trêve avec le duc de Bourgogne. — T. , p. 78 ; n. 334^ 
à 337 bis, f. 217 ; sur-tout même explication , § 6 , et 
notes. 25 à 39 de id. , p. 259. 



348 TABLE CHRONOLOGIQUE 

1429,^/2 d'octobre aux, premiers jours d'avril. Expé- 
ditions ou excursions du Berri eL environs... Attaque et 
prise (le Saint-Pierre-le-Moutier... Courage de Jeanne.. 
Siège de la Charité.... Voyages de Gergeau et autres.... 
Jeanne est ennoblie , etc. — V. même explication , § 7, 
et les notes 4.0 à 4-5 , de id. , p. 264. 

i43o , ^rt d'avril jusqu'au 2^ mai. Expéditions de 
Lagny.... Jeanne défait et prend Franquet.... Id. de 
Soissons, Noyon et Compiègne.... Courage et prise de 
Jeanne. (T., p. 79; n. 338 et 339, p. 218; sur-tout 
même explication^ § 8 et notes {6 kS2 de id. , yo. 267). Ré- 
sume des voyages , expéditions , etc. , de Jeanne. — K. 
D. explication , § 9, /?. 27 i. iV. fi. D'autres faits de i43o 
et 143 1 sont indiqués ci-dessous, à la fin de cette table. 

i43o à i436. Apathie de Charles... Nouvelles dissen- 
tions de sa cour.. . Les Français se rangent d'eux-mêmes 
à leur devoir Traité (i435) avec le duc de Bour- 
gogne.... Soumission ( i43G) de Paris.... Triomphe de 
la France assuré. — T. , /?. 80 ; n. 34o à 346 , /?. 219. 

1437 à 1461. Charles change de conduite.... Eloge 
de son administration et énumération des bienfaits dont 
la France lui est redevable, sur-tout de la formation des 
troupes réglées, de la dispersion des bandes qui rava- 
geaient la France, de l'expulsion des Anglais, etc. 
Tableau de leurs ravages et de nos malheurs , etc. ; 
ensuite de la puissance et du bonheur de la France, etc. 

— T., p. 82 ; n. 347 à 374» P- 222. 

i43oet i43i. Procès, persécutions, condamnation 
et supplice de Jeanne d'Arc. Son éloge, ses vertus , etc. 

— T., p. 89; n. 375 à 386; sur-tout n. 878 oCi est l'a- 
nalyse des procédures , p. 229. 



DES PRITSCIPAUX FAITS. 349 

Inaction de Charles.. Au lieu de proposerun échange 
des prisonniers faits à cette époque aux combats d'An- 
thon , de Germigny, de la Crolselle et de Chappe , ou 
bien de racheter Jeanne , etc. , on- se borne , vingt-cinq 
ans après, à faire la révision de son procès. '— T. , 
p. 92; n. 387 à jqi , p. 238. 

Kéfulation des calomnies des écrivains modernes.... 
Honneurs rendus ou à rendre à Jeanne d'Arc. — T. ^ 
p. 94 ; n, 392 à 394, P' 24 1- 



im DE LA TABLE CHRONOLOGIQUE. 



TABLE ALPHABETIQUE 

DES MATIERES. 



ytîiNEAS SiLVius OU Pie II , pape , fait 1 eioge de Jeanne d'Arc , 
pages 237 et 296 ; anecdote inconnue le concernant, 295 ; 
autres faits , l'bid. 
Albret ( Guillaume d' ), officier tué à Rouvray, 173. 
Alençon ( le comte d' ), prince du sang; traité, 20. 

( le duc d') , fils de idem; sa rançon; commande Tarajée , 

212 ; sa condamnation, 223 ; autres faits, ig4, 212, 241, 319. 
Alliances . .. VoyezTvz\\és. 
Alphonse s, roi d'Aragon, s'empare du royaume de Naples, 289; 

est défait prt-s de Gènes , 3o6. 
Amédée VIII ^ duc de Savoie, secourt le prince d'Orange, 323. 
Amiens , choses remarquables dans cette ville, Si;. 
Anglais ^ défaut de religion , ambition , etc. , 3i2, 3 17 ; courage , 

197; est abattu à l'arrivée de Jeanne d'Arc, ibid. 
Angleterre. Son état à la mort de Charles v, i ; de Charles vi, 
3i ; au tems du siège d'Orléans, 49 5 divisions des princes , ré- 
gences, etc., 3, 32, 110; autres faits, 82, i43. — K. aussi 
Bedfort , Henri , Richard , etc. 
Angouléme ( Jean, comte d' ) , aïeul de François ic, 127, 3oi. 
Anjou ( Louis, duc d' ) , régent de France ; administration , ex- 
pédition à Naples , sa mort, 4 > 1 1-- — Louis et René j ses pti- 
tits-fils. . . V. Sicile 
Anselme (le P. ) , réfuté ,319. 

Anihon. Bataille, 93, 238; récit détaillé, faits qui la précédè- 
rent et suivirent , etc., 321 et suiv. 
Argens ( le marquis d' ), réfuté , 242. 
Armagnac (le comte d' ). Portrait; sa conduite tyrannique et 

celle de son parti, i6 et suiv. ; laS et suiv. ; sa mort , i33. 
Armagnac ( le comte d' ) , son fils , consulte Jeanne , 339. 
Armagnacs ( parti des ). Leur nom est donné long-temps au 

parti de Charles vil, 242. — V. Armagnac 
Armée de Charles Yii, 33, 46, 157. 



352 TABLE ALPHABÉTIQUE 

Arondel^ général anglais, i44« 

Artigny ( l'abbé d' ) , ouvrage , 107 ; opinions citées , disculées ou 
réfutées , 107 , 242. 

Asiréo^ amiral génois, victoire navale, 3o5. 

Ast^ recouvré par Charles, duc d'Orléans, 283. 

Astezan. Notice sur son manuscrit , 279 et suiv. ; sur sa vie et 
ses ouvrages , 282 et suiv. 

Auberhe ^ château , pris et repris, 822, 324. 

Auteurs cités dans notre ouvrage ( liste des ) , 102 et suiv. 

Autorités des faits cités dans notre ouvrage, 98. 

Azafy château, assiégé par Charles VII, i45. 

Atieu^ château, pris et repris, 822, 324. 

^zZ/z^oa/-/. Bataille , 22, 128. 

Bar ( René , duc de ) adhère au traité de Troyes , 176 ; autres 
faits, i85, 290... /^.Sicile. 

Barbazan ; son éloge; pris à Melun ; quand délivré, i3G; 
vainqueur à la Croisette et à Chappe ; 98; 239. 

Bastilles des Anglais au siège d'Orléans; noms et position, i65 
et suiv. et 246 ; i^^ de id. , i64; leurs attaques, prises et évacua- 
tion, 66 et suiv., 201 et suiv.; leur force, 65, i63, 201 , 2o5, 208. 

Batailles ou combats... V. Anthon, Azincourt , Baugé , Cas- 
tlllon , Chappe, Crevant, Germlgny, Harengs, la Bussière, 
la Croisette, la Gravelle , Pathay, Rosbecq, Rouvray, Saint- 
James, Saint-Riquier, Verneuil. 

Baudot de Juilly. Histoire et opinions discutées ou réfutées, 
108, i34, 166. 

Baudricûurt rebute et ensuite accueille Jeanne d'Arc, et l'en- 
voie à Charles vii , 184 et suiv. , 243 , 3o4. 

Baugé ^ bataille, 29, i38. 

Baïonne ^ assiégé et pris par Charles vil , 3 18. 

Beaugency ^ pris, 160; repris, 75,211, 258. — ^. aussi 2i3. 

Beaulieu , favori de Charles vu , 4^ > 44- 

Beaumarchais , réfuté ,242. 

Beauvais ( Pierre Cauchon , évêque de ) , fait acheter Jeanne 
d'Arc, dirige et instruit son procès, la persécute, fait brû- 
ler, "etc. ; .90 et suiv. ; 23o et suiv, — Il n'était pas son juge 
naturel , 23.4. 



DES MATIÈRES. 353 

Bedfort {\e duc de), oncle de Henri vi. Eloge, talens , 34, 
49 et 236; nommé re'gent de France, i4i ; victoires, 23 et 
Sg; mariage, 38 et 147 ; voyage en Angleterre, 4» et i5i ; 
sa mort, 223; le supplice de Jeanne est une tache à sa me'- 
moire, 236; autres faits, 34, 87, 45,54,75, i4o, i4i , i56, 
109 , 162 , 2i3 , 260 à 262. 

jÇ^'m (Jean, duc de), oncle de Charles vi. Portrait, de'pre'- 
dations , 6 et suiv. , ii4ct suiv. , 3i5; traité honteux , 20 ; sa 
mort, i3i ; il laisse beaucoup de reliques, ii4; autres faits, 
3i3,3i5. 

Berthier (le P. ) , opinion citée , 188. 

Béziers , assiégé par Charles vu , i45. 

Beuil^ officier, 161. 

Blois, Choses remarquables à id. , 3i5. 

Bony ^ pris par Culant , 259. 

Bordeaux , i , 33. 

Bouchers. Leurs massacres et liste de proscription, 17, i23. 

Bourbon ( le duc de ) , traité honteux , 20. 

Bourdon^ favori d'Isabelle, noyé, i32. 

Bourges. Choses remarquables, 3i5. 

-5i?z^/-^c^;7^ (Philippe-le-Hardi , duc de), oncle de Charles vi. 
Portrait, ambition, déprédations, puissance formidable, etc., 
6 à 12 , 112 à 120 ; il meurt insolvable , ii4 et 120. 

Bourgogne ( Jean-sans-Peur , duc de ) , fils du précédent. Por- 
trait, intrigues; est aimé des Parisiens; guerres civiles; fait 
assassiner le duc d'Orléans; protège les bouchers, i3 à 18, 
120 à 123 ; traités honteux avec l'Angleterre, 20 à 23, et 
i3o; sanctionne les massacres des Armagnacs, 26 et i33 ; 
s'unit avec Isabelle ; traite avec Charles vu et est massacre , 
27 et 134. 

Bourgogne ( Philippe-le-Bon , duc de ). Eloge , portrait , 28 et 
34 ^ victoire, 3o et 139; rupture heureuse avec Glocester, 
4o, 49 et i5o ; ou lui offre Orléans, 55 et 174 ; fait une trêve 
avec Charles , puis reste uni aux Anglais , 78, 217, 263 et 336 ; 
expéditions de Soissy et Compiègne , .267 et suiv. ; il traite 
enfin avec Charles vu , 81 , 83 et 220 j autres faits , 42 ? 3» » 
23o , 240 , 264. 

23 



354 TABLE ALPHABETIQUE 

JOouniel , gouverneur de Solssons , 270 , 26S. 

Brabani ( le duc de ) , 4o > "So. 

Brest , loç). 

Bretagne (le duc de). Traite tantôt avec les Anglais, tantôt 
avec les Français, 3; , 38, ^t » 4^ > 49 . i55 ; autres faits , 3 , 
110 , 125 , i55. 

6â'/^/?û^A/>/-; nécessite' pour l'histoire, 100 , 271. 

Capeluche , bourreau, 26. 

Capoue. Apparition de la croix , 289. 

Cartes du siège d'Orle'ans, 246etsulv. ; du théâtre dé la guerre 
et des voyages de Jeanne , aSi et sulv. 

Casti'tte, alliée de la France , 2 ; attaquée par le duc de Lcn- 
castre ,110. 

Castillon ^ bataille, 222. 

Cauchon , évêque. V . Beauvais. 

Chabanes , officier , 161 , 269. 

Chabot , officier tué à Rouvray , 173. 

Ctiahet , professeur d'histoire à Grenoble; éloge et mort, 292. 

Champeaux ^ ministre des finances; déprédations, i4j. 

Chappe ^ bataille, 93, 238. 

Charles V. Etat florissant de la France à sa mort , 1 à 4 > »« 
à m ; autres faits, 84 et 224. 

Charles VI. Expéditions, administration, caractère, démence, 
dénuement, etc. , 6à 12 , 112 et sulv. ; son nom sert aux di- 
vers partis, 22 et sulv. ; sa mort, 3i et \l^\ ; état affligeant 
de la France Sous son règne, 46- 

Charles VII. Sa naissance, i53 ; se laisse diriger par le comte 
d'Armagnac, 24 et i3i ; est sauvé des massacres, 27 , i34; 
traite avec Jean, duc de Bourgogne ; n'a aucune part à son 
assassinat, 27 et i34; faiblesse de son parti , 2g et i35; il est 
déshérité , 29 et i36 ; état de ses forces à son avènement , 3^1 
et sulv. , 141 et siiiv. ; activité avant cette époque, et apathie 
postérieure, 35 etsuiv.; i45 etsuiv. ( K aussi ci-après Orléans 
et Paris ) ; sa faiblesse pour ses favoris, ministres, etc. , 35, 4^ 
et suiv, , 77 , i4^> "^^ ^^ ^"''^- > ^'9 ' ^'^'^ ^^ ^^^ forces en 
1428 , 4^ et suiv. , i56 et suiv. ; conseillé de se retirer en 
Dauphiné , 56, 174 el 333 ; Jeanne d'Arc ranime son parti et 



DES MATIERES. 355 

delerniine à secourir Orléans, 6i el suiv. , 196; il se ticnL 
d'abord éloigne de l'armée, 73, 77, 208, 2i5; elle l'engage 
à l'expédition du sacre, 77 , 2i5 et suiv. , a5g et suiv. ; divi- 
sions dans sa cour , 80, 214, 219; tableau et éloge de son ad- 
ministration et de sa conduite dans les vingt-cinq dernières 
années de son règne , 8i, 222 et suiv. ; il ne fait rien pour 
délivrer Jeanne d'Arc, 92 et 139; il recouvre la Normandie 
et la Guienne , 3oi , 3oa ; sa dévotion , 3 12 ; il se tient éloigné 
de Paris, 3 16; sa mort , 284, 320. 

C/jar/i'cr^ historien , témoin oculaire, io5. 

Chàteaubrun ^ officier tué à Rouvray , 173. 

Chaumont^ officier, 161. 

Choisy ( l'abbé de ) , opinions citées , etc. , i34. 

Cîarcncc ( le duc de ) , frère de Henri v, défait et tué à Baugé, 

29 et i38. 
Clermont (le comte de ) , envoyé à Orléans , 176. 
CUsson, connétable; sa cruauté; 8 et 116. 
Colombier^ château pris et repris, 322, 324- 
Compagnies ( grandes ). Leur formation et leurs ravages en 

France, 84, 224, 16, 32, 47, etc. 
Compiègne. Choses remarquables, 3i6; se soumet à Charles vit, 

262 , 340. 
Coucy, château du duc d'Orléans, livré par trahison, 3i3 ; sa 

description , 3 12. 
Craon ^ ennemi de Clisson , 8 et 116. 
Crevant, siège et bataille, 37 et 147. 
Croix. Apparitionsà Capoue , 289; à Baïonne , 317. 
Croix-Boissée. Bastille au siège d'Orléans, 167. 
Cuîant ^ amiral , 176; prend Bony, 269. 

Daniel { le P. ) , opinions citées, discutées ou réfutées, i5i, 

166 , 170, 174. 
Daulon j écuyer de Jeanne > 190, 201. 
Dauphinois. Plus de 3oo tués à Verneuil , 322 , 329. 
Dauphins. V. Jean et Louis... id. d'Auvergne, i53. 
Duèelley-Langey , calomnies sur Jeanne réfutées , 241. 
Duguesclin , connétable , 2 et 8. 



356 TABLE ÂLPHAEÉTFQUE 

Du^a///an, culomiiles sur Jeanne réfutées , 241. 

Diinois , ou le bâtard d'Orléans. Sa naissance et regrels de la 
duchesse , ï53; gendre de Louvet, ibid.\ fait lever le siège de 
Montargis, i55; va dans Orléans, 161, 176 • est blessé à la 
iournée des Harengs , et néanmoins dirige la retraite , 55 
et 174; accompagne Jeanne d'Arc, 6461209; force les Anglais 
à rendre son héraut , gS et aSi) ; dépose dans le procès de ré- 
vision , 24, 206; concourt à la reddition de Paris, 221. 

Ecosse , alliée de la France ; traités , 2 , \Çy\ envoie des secours, 

33,87, ^9» ^^^' '4^' ^4^' ^°" connétable, 173, 176. 
Edouard III, roi d'Angleterre, 2, i8, 20, 109. 
Eglises d'Orléans, brûlées, i63 et sur-tout 247. 
Elisabeth. V. Isabelle. 

Expéditions de la France à l'étranger, 126, i58. 
Expilly, président au parlement de Grenoble , 280. 
Expillfy écrivain; où il a puisé, 107. V. Pollucbe, 

Falapier, château pris et repris, 822, 828. 

Fastol ou Falstol/y général anglais , triomphe à Rouvray , 55 
et 171 ; fuit à Patliay , 76 et 214. 

Facoris àç. Charles vu. F. Beaulieu , Charles vii , Giac, la 
Trémouille. 

Finances. Mauvais état, dissipation, etc. , 34, i44» *4'^- 

Flandre. Expédition, 6 et ii3. 

France. Etat. V. Charles v, Yi et vu, et compagnies; son terri- 
toire et ses richesses, 3i. 

France ( maison de ). Ses branches , m. 

Franquei d'Arras, défait par Jeanne, 79 et 267. 

Frégose ^ doge de Gênes, 290. 

Gale as , duc de Milan , et ses fils , 281 , 3o6, 149. V. Milan. 

Gaucourt ^ gouverneur d'Orléans, 67 et 201 ; vainqueur à An- 
thon , 93 , 288 et 822 ; témoin au procès de révision , 241. 

Gênes. Renvoie et rappelle tour-à-tour les Français ; veut se 
donner à la France , 2 , 49 » 82 , 1 10 , i58 , 228 et 290. 

Gergeau , pris par les Anglais, 160 , 162; repris par Jeanne, 
75 et 212 ; autres faits , 166, 218; 24^' 

G&rmigny, Bataille, 93 et 238. 



DES MATIÈRES. 35; 

Giac ^ favori de Charles vu, 4^ , i53 et i54' 
Glacidas^ "commandant des tournelles , 70, 71 el 208. 
Glocester (le duc. de ). Ses différents avec le duc de Bourgogne 

et 1 evêque de \'N^inchester , 38 à 40, i^i , i5i. 
Gravèrent ( Frère Jean ) , inquisiteur en France , 23o. 
Griffet ( le P. ). Opinions cile'es , etc. , i35, 2i4 , 216. 
Groslée y un des chefs à la bataille d*Anthon, 323 , etc. 
Guan'ni, bisaïeul de l'auteur du Pas for Fido • Sig. 
Gui'e/ine ,Tecou\Yée par les Français, 222 , 3oi. 

Hainaut (Jacqueline de ) , 4o et i5o. 

Harengs ( journées des ) , 54 et suiv. , 171 et suiv. 

Harjleur. Siège et prise , 23 et i3o ; repris, 222. 

Henri IV ^ roi d'Angleterre ; auparavant duc de Lencaslre.. 
Détrône Richard ; sa politique envers la France , sa mort , 
18 à 21 , 125 à 127. 

Henri Vy son fils. Portrait, conduite, -victoires, conquêtes, 21 
3 23, ia8, 129, i32 et i36 ; fait roi de France; voyage, 
29 et i36; retour, conquêtes, mort , 29, i37 à i4o. 

Henri VI , son fils, 3i , 220 , 23o , 240 , 268. 

Hire (la), célèbre capitaine , 69, 161, 167, 176. 

Histoire de la Pucelle ; éloge de cette chronique , 99 et io5. 

Hume ^ historien, opinions citées, discutées ou réfutées, i25, 
129, i35, i5i, i55, i56, i65, 177, 187, 189, 202 , 208 , 
2i4, 221 , 235 , 236. 

Inquisition. Ses formes effrayanlos ont été' employées dans le 
procès de Jeanne d'Arc , 23i. 

Isabelle de Bai>iere ^ 10 à 12, 22, 25, 28, 121 et 182 ; fait dés- 
hériter son fils ; sa mort ,221. 

Isabelle ou Eliiabel/t , sa fille, femme de Richard 11 et de 
Charles, duc d'Orléans, i25 et 319. 

Itinéraire de Jeanne d'Arc, 252 et suiv. 

Jacques /«'', roi d'Ecosse , i43 , i44- 

Jean dauphin, second fils de Charles VI ; sa mort , 24 , i3i , 100. 

Jean-le~Bon , roi de France , i et loB. 

Jean-sans-Peur- V. Bourgogne, 

Jeanne û'Arc. Sa naissance, 3o2; son âge , 177 à 179 et 3c3i 



bO TABLE ALPHABETIQUE 

son pays , ses père , mère et oncle , î8i et i83, n^s i el 6 cl 
3o2 ; son éducation, ses occupalions, sa conduite dans sa 
jeunesse el sa profession , 179, n° 1 et 181 , n^s iet4el3o2; 
petits voyages aux environs de Domrémy , 181 , n^* 3 et 4 > et 
184 no g ; ses re'vélations et son projet de sauver la France , 
i83 , no 7 , et 3oj ; premier voya;;e à Vaucouleurs , où el!e en 
fait part , long-tems avant le sie'ge d'Orléans; elle est rebutée, 
i83 , n'' 7, et 184 , no 8 ; elle est accueillie à un troisième , et 
envoyée en France : toutes ces courses prouvent qu'il n'y eût 
point d'artifice , 184, n^^ g et 10. Voyages à Chinon , à Poi- 
tiers et à Blois ; autres preuves , i85 à 187, et 253 à 256 et 3o3 ; 
opinions des anciens et des modernes sur Jeanne réfutées, 
57 et suiv. ; elle ne fut point formée au rôle qu'elle joua ; ses 
démarches furent uniquement le fruit du civisme et de l'en- 
thousiasme , 5g et suiv., i83 el suiv., 187 , n» i3 , 189 et suiv., 
241 ( poyez aussi ci-après Richart) ; ce qu'on peut penser du 
merveilleux qu'on employa , 5g , 187 , n^ i3 , 190 et suiv. ; sur 
ses révélations, Sg ; sur les examens auxquels elle fut soumise, 
187, 3o4; sur son adresse à l'exercice delà lance et du cheval. 
Go et 193; sur son éloquence, 61 et 194 à 19^ '■> elle se présente 
à la cour , ranime les esprits abattus, promet de faire lever 
le siège d'Orléans et de conduire le roi à Reims, 56 et 62; les 
Français reprennent el les Anglais perdent courage ;, ceux-ci 
la croient magicienne, 63 , 197, 220; elle opère une espèce de 
révolution , 217. — Elle conduit un premier convoi à Orléans, 
reconnaît les bastilles des Anglais et letirfait des sommations, 
64 et 198; elle protège l'entrée d'un deuxième convoi, et est 
d'avis d'attaquer les Anglais, 64 , 199 et 257 ; vole au secours 
des Français repoussés dans une sortie ; repousse les Anglais ; 
attaque et prend la bastille de Saint-Loup, 66 et 67 , 201 à 
2o3 ; conseil ; attaque des Augustins ; les Français se replient 
et sont poursuivis; Jeanne repousse encore les Anglais, et 
ramène les Français à l'attaque ; prise des Augustins , 68 , 69 
et 2o3 à 2o5 ; elle obtient qu'on fera le siège des tournelles ; 
passe la nuit au bivouac; attaque ; elle est blessée; les Fran- 
çais font retraite ; après son pansement , elle les ramène el 
plante sa bannière sur les bords du fossé ; prise du boulevart , 



DES MATIÈRES. 359 

tlîi fort , elc. , 67 à 72 , 2o3 à 207 ; second bivouac de Jeanne ; 
leve'e du sie'ge, 72 et 207 ; voyage à la cour, 70 et 208 ; elle 
rencontre le Roi , 208 a 210; accueil qu'il lui fait, 3o5 ; elle 
insiste pour qu'on aille à Reims ; on arrête de reprendre aupa- 
ravant les places voisines d'OiIe'ans ; sa rcputalion fait accou- 
rir des troupes, 78, 210, 211, 257 et 258 ; attaque de Gergeau; 
deuxième blessure de Jeanne ; elle enhardit les Français ; prise 
de la place , et de Mehun, Beaugency, etc. , 7^ et 75 , 212 et 
2i3; bataille et victoire de Fathay, 75 et 76, 2i3 et 214 : 
voyages ^e Jeanne à la cour; elle sollicite pour la rentrée en 
grâce du conne'iable et pour le sacre ; expe'dition de Reims ; ses 
services, 77, 78, 214 à 216, 259; expe'dition de l'Ile-de-France 
et de la Brie ; Jeanne est au corps des escarmouches ; attaque 
Paris ; est blessée pour la troisième fois ; accompagne toujours 
Parme'e du roi, 78 , 217, 2i8et sur-tout 289 à 2G3 ; attaque et 
prise de Saint-Pierre-le-Moutier ; bravoure de Jeanne , 7g, 
264 et 265 ; siège de la Charité , 264 et 265; ses voyages à Ger- 
geau, Mehun, Bourges, etc.; elle est ennoblie, 265 et 2G6 ; 
expédition de Lagny ; elle défait et prend Franquet d'Arras, 
2663268; expédition de Soissons et Soissy; elle attaque les 
alliés près de Noyon , 2G8 à 270 ; retour à Lagny; expédition 
et sortie de Compiègne , où elle est prise , 270, 271, 79; 
elle se rend au bâtard de Vendôme ; est vendue à Luxem- 
bourg ; détenue dans plusieurs châteaux; joie des alliés et des 
Parisiens, 89, 229. — L'université de Paris et Cauchon deman- 
dent qu'elle soit poursuivie; elle est revendue dix mille francs, 
89, 23o et 23i , nos I et 4 ; analyse de son procès , où Ton a 
employé les formes de l'inquisition, et où préside avec Cau- 
chon un inquisiteur, 23i à 234, ^°* ^ 21 17 > ses juges, 
leur caractère , leurs affreuses manœuvres ; ils commi- 
rent un véritable assassinat , go , qi , 234 à 236 ; son supplice, 
238 ; ses mœurs, ses vertus , etc. , sont attestées unaiiiinemenl, 
92, 236 , 3o4, 3o5; son procès estt revu , et sa condamnation 
cassée, 93 et 240 ; imputations calomnieuses des écrivains pos- 
térieurs réfutées , notamment quant shfrère Ricbart , g4; 241 
à a44; sou éloge ; fêtes et trophées en son honneur, gS, 96, 
2-^4? itinéraire et cartes ; voyages et expéditions, loo, 246 et 



36o TABLE ALPHABÉTIQUE 

suiv. ; résumé de ces voyages et expéditions, 271 ; lettres de 

Jeanne d'Arc au duc de Bourgogne , 334 '•> ^"x Anglais , 337 -, 

nu comte d'Armagnac , 33g. 
Jeanne II , reine de Naples , 28g. 

Journal de Paris. L'auteur est un partisan effréné des Bour- 
guignons , io4, 2^2. 
Jufénal des Ursins , historien , io3. 
Jut>énal , chancelier de France, son frère, 307. 
La Bussière, bataille, Sg et 148. 

La Chapelle , officier bourguignon , tué à Anthon , 33oo 
La Croisette. Bataille , Ç|3 et sSg. 
La Grai>eîle. Bataille , 3g et i48. 
Lancetot ^ général bourguignon, tué au siège d'Orléaiis, 52 et 

208. 
Laon , choses remarquables à /</. , 3i6. 
Lu T remouille ^ favori de Charles vu ; exactions ; divise la cour; 

fait la guerre à Ricbemont ; est arrêté , 44 ? 4^ » ^° > 77 > ^^ » 

2i4, 2ig. 
Laf^erdy (M. de). Ministre d'état; éloge de ses extraits des 

Mss. de Jeanne d'Arc, 107; opinions citées, discutées ou 

réfutées , 202 , 20g , 23g , 256. 
Le Laboureur. Opinion sur son histoire de Charles vi, io3. 
Lencastre (le duc de), oncle de Richard II, fait la guerre à la 

Castille , 10g. 
Lencastre ( le duc de ) , son fils , détrône Ricbard ; est roi sous 

le nom de Henri iv. V. ce mot et p. 18. 
Lenglel{ l'abbt-). Opinions citées, discutées ou réfutées, 106, 

i83, 202, 208, 2i3, 2i5,2i6, 255, 207; a pillé , dit-on , 

Riche r, 107. 
Lescûl , officier , tué à Rouvray , 173. 

Liège (Jean-Sans-Pitié, évêque de). Sa cruauté, 88 et 227. 
Loches , C!iarles VU y résidait souvent , 20g , etc. 
Lore ( Ambroise de ) regarde les expéditions de Jeanne comme 

miraculeuses, 208. 
Lorraine ( le duc de) consulte Jeanne , 184, no g. 
Louis y dauphin, fils aîné de Charles vi ; lieutenant-général ; 

sonparfi, sa mort , etc. j, 16, i8 , 22,23, 129. 



DES MATIERES. 



36 



Louis , duc d'Orléans. . . Voyez ci-aprcs Orléans. 

Louis XL y son éloge, 32o; autres faits, 210, 33o , 333. 

Louf'et y ministre de Charles vu; sa puissance, i53. 

Luchet { le marquis de ). Ses critiques de Jeanne, de son in- 
fluence, etc. , re'fute'es , 174, 177, iqS à igS , 207. 

Lussan (IM"e de ). Opinions citées, discutées ou réfutées, 106, 
i35. 

Luxembourg ^ général bourguignon ; achète et revend Jeanne ; 
89, "go, 229, 23o, 240 ; enseigne à son neveu à tuer les pri- 
sonniers , 226. 

Lyon, choses remarquables, 3i4. 

Magisiri ( frère Jean ) ou Lemaitre , vice-inquisiteur , assiste au 

procès de Jeanne , 23i. 
Marches. Sens de ce mol , 266. 
Meaux^ pris par Henri v , 29 et i38. 
Mehun-sur-Loire y pris par les Anglais ; repris par les Français, 

160 , 75 , 2i3et 258. V. Jeanne. 
Meulan , pris par Bedfort , 37. 

Milan ( duché de ) , assuré au duc d'Orléans , 3o6, 291. 
Milan ( le duc de ) secourt Charles vu , Sg et 14S. V. Galéas, 
Mœurs corrompues , 60 , 289, 
Monnaies. Leurs altérations , 34, ^44» ^'^^• 
Mons-en-Vimeu. V. Saint-Riquier. 
Monstrelet , écrivain bourguignon; opinions citées, discutées 

ou réfutées, io5, iS;, i38, i^o, 146, 166, 176,216, 267; 

est au siège de Compiègne , 267. 
Montereau , pris par Henri v, i36 ; repris par Charles VU , 222. 
Montferrat. V. Paléologue. 
BToulier ( Saint-Pierre-le ). V. Jeanne. 

Naples expéditions, 5, 4y > 1^8 , 228 ; tremblement de terre , 

286. 
Navarre ( roi de ) , 109 , 120 , i56. 
Nimes y assiégé par Charles vil , i45. 
Normandie, conquise par les Anglais, 24, i34, 219; recouvrée 

par Charles VII , 222 , 3o2. 
Noyon , expéditions près de cette ville , 267, 268 ; choses remar- 

cjuables, 3 16. 



362 TABLE AL?HABÉTI<?UE^ 

Orange y pi is par Gaucoarl et Groslec , 332. 

Grange ( prince d' ) , allié des Bour^^'uignons , est battu à An- 
thon, 32 et 238, 32 1 et suiv. 

Orléanais y conquis par les Anglais, 5i et î6o ; repn's par les 
Français , sous Jeanne , ^5 , 212 a 21 j , 258. 

Orléans. Les Anglais prennent \e?, villes voisines, 5i, 160; 
est le boulevarl des e'tats de Charles vil, 5i et i56 ; son 
siège, 52; erreurs <]es historiens sur ce siège, et carte qu'un, 
en a faite , 99, 100, i65, 199,, 2^^; sa garnison nombreuse, 
sa situation , brûle ses faubourgs et leurs églises , 52, 161 à 
165 ; courage he'roïque de ses habltans , 53 et 164 ; circon- 
vallation et fosse's ; leur détresse, 53, i65 et 170 ; ils offrent 
de se rendre au duc de Bourgogne, 55, 174, 170. V. pour 
le reste du siège , Bastilles et Jeanne. Us sont fâche's de ne pas 
voir Charles VII, 77 et 2i5; fête et monument en l'honneur 
de Jeanne , 95 et 244 > choses remarquables , 3x5. 

Orléans ( Louis , duc d' ) , frère de Charles VI , porirait , dé- 
bauches , déprédations, mauvaise administration; est assas- 
siné, ioài5, 117a 121, 3x3. 

Orléans ( Charles , duc d' ) son fils , i6 et 20 ; fait prisonnier à 
Azincourt , 129 et 291; recouvre sa liberté en i^^o» 291; 
avait des droits au duché de Milan, 291, 3oG ; n'obtient que 
le comté d'Ast, 233, 291 , 299; ses poésies, 291 ; il épouse 
Elisabeth, veuve de Richard il , 3i9, et ensuite la bile du 
connétable d'Armagnac, ib. 

Paléologue ( maison ) ou de Monlferrat. Une de ses branches 
cadettes acquiert le Montferrat par les femmes , 293 , 3o7 ; 
Jean-Jacques ( marquis de Montferrat) , Jean , Théodore et 
Bonlface, ses enfans , 293 , 296 à 299 , 285 , 223. 

Papes et antipapes au tems de Jeanne , 339. 

Pâques^ commencement de l'année, tableau des jours de Pâques, 
de i4oi à i43i, p. loi. 

Paquerel (le P. ) , confesseur de Jeanne , 190. 

Paris. Avantages de sa possession , 142; les partis se le dispu- 
tent, 17, 23, 24, 123, 124; est livré aux Bourguignons, 
massacres des prisons , it> et i32 ; attaqué par Jeanne , 79 , 
et 262; joie de ses habifans à la nouvelle de la prise de 



DES MATIERES. 



363 



Jeanne, 90 et i-ag; est rendu à Charles vu, qui n'y vient que 
tard et fort rarement, 81 , 221 et 3iG; choses remarquables, 
008 à 3i I. ♦ 

Parlâment de Paris, sa réputation , 3io. 

Pasquier. Ses erreurs sur Jeanne ,178. 

l^athay , bataille , 76 et 21 3. 

Pe//'/ ( Jean ) , cordelier, apologiste de l'assassinat du duc d'Or- 
léans, i5 et 122. 

Philippe de Valois , roi de France , i , 84 , 108, 

Philippe-le-Hardi ; id. le Bon. V- Bourgogne. 

Pie II ^ pape. V, /Ene'as. 

Pièces justificatives, i» Manuscrit d'Asie zan , 279; 1^ id. de 
Thomassin , 32i ; 3» lettres de Jeanne d'Arc, 334- 

Polluche ^ historien, 108; copié parExpilly, 107. 

Pont-VEvéque , près Noyon , attaqué par Jeanne , 269. 

Prisonniers de guerre massacrés, 86, 227. 

/"/■/jo/jj-... Massacres... Voy. Paris, Bourgogne, etc. 

Procès de Jeanne d'Arc... V . ce mot et Cauchon. 

Propinces de Charles vii , 3i , 4^, i4i) i56. 

Pusignan , château pris et repris , 322 , 324. 

Papin-Thoyras , opinions citées, discutées ou réfutées, 127, 
128 , i3i , i4o , 178. 

Piays ( le maréchal de ) eat à Orléans, 177. 

Pieligues... du duc de Berri , ii4 ; de la Sainte-Chapelle , 3o9; 
de diverses villes, 3ii, 3i5à 317. 

Picims. Expédition et sacre, 56 , 62 , 73, 77, 2i5, 209 

Richard II ., roi d'Angleterre; traités avec la France; est dc- 
. trôné , 2, 17, 109, iio, I24- 

Piichart ( frère ) , cordelier. Il est faux qu'il ait pu inspirer à 
Jeanne le rôle qu'elle joua, puisqu'il ne la vit pour la pre- 
mière fois qu'à Troyes , long-tems après le siège d'Orléans et 
l'expédition pour l'Orléanais, 242 à 244- 

PLichcmont ( le courte de ) , connétable de France; démêlés avec 
les favoris et ministres de Charles VII ; expéditions , elc , i^i à 
43, 5o , 77, 80, i5i, i52, 221. 

Richcr ^ historien ; opinion sur son ouvrage; il a été pillé, dit-on, 
par l'abbé Lenglet , 107; cité, iSq, 



364 TABLE ALPHABÉTIQUE 

Robcrt-Ie-]\Taçon ^ chancelier de Charles vil , \h\. 

Rochecho!jart ( Louis de ) , tué à Rouvray , 173. 

Rosbecq , bataille ,6, 1 13. 

Rouçray ^ idem, ou Journée dos Harengs. V. ce mot. 

Sacre de Charles vu , e'poque véritable , 216 , et sur- tout o3G 

Saint-Denis ^ choses remarv}uables , 3 11. 

Saint Esprit^ assiégé par Cliarles vil , 1^5. 

Saint-Foix. Opinion sur le meurtre de Jean, i35. 

Saint-James de Beuvron ; siège et déroute , l^-x et 44* 

Saint Jean~le-Hlanc , bastille d'Orléans, 69, i66, 168, 2o3, 204. 
Saint Laurent , idem, 167 et 169. 

Saint-Loup , idem, 66 à 68 , 1G6 à 169, 201 et suiv. , aSo. 
Saint-Pot (le comte de) tue des prisonniers, 226. 
Saint- Pouaire , bastille d'Orléans , 168, 202, 249* 
Saint-Priçé , idem , 69 , 70 , 168, i6g , 2o3 à 2o5. 
Saint-Remiy historien, partisan des Bourguignons , io4; opi- 
nions citées ou réfutées, i34, i38. 
Saint-Riçuier, ou Mons-en-Vimeu , bataille, 3o et 139. 
Saint-Romain , château près Colombier, 32i. 
Sainte-Severe^ maréchal de France, 161 , 202. 
Saintrailtes... V. Xainlrailles. 
Salisbury , général anj^lais ; son éloge , ses conquêtes ; assiège 

Orléans, y est tué, 34, 52, 162; autres faits ; 37, i38, i83, 

208. 
Sentis^ origine de son nom, 3i6. 
Sicile (rois de) , Louis m , duc d'Anjou , 142 ; René , son frère ^ 

duc d'Anjou et de Bar, 176, i35 , 289, 290. 
Smollett. Opinions, citées, discutées ou réfutées^ i25 , 120, 

140 , ï66, 211. 
Soissons , vendu à Philippe-le-Bon , 270... F", aussi 268 , 317. 
Sommerset , général anglais, 34- 
Sommière. Assiégée par Charles vu, i45- 
Suffolk y général anglais, éloge, 34; victoire à Crevant, 38; 

remplace Salisbury à Orléans, 52, 162, 166; est pris à Ger- 

geau , 75 , 2i3 et 214 ; autres faits, i55. 
Superstition au tems de Jeanne, 191 , 197. 

Tables.., 1° des lieux indiqués dans la carte du siège d'Orléans , 



DES MATIERES. 365 

248 el suiv. ; 2.^^ alphabétique des villes, bourgs, etc., de la 
:2e carie , 27^ et suiv.; 3° chronologique des principaux faits 
de notre ouvrage, 34i et suiv. ; 4° alphabétique des matières 
(ou présente table) 35i et suiv. ; 5^ des matières selon l'or- 
dre de ce volume, ^67. 
TalLot y général anglais, son éloge , 34 et i44; un des comman- 
dans au siège d'Orléans, Sa , 67, 202 ; défaite! pris à Pathay, 
76; échangé , 23g ; prend le Mans et Laval , i55 ; est tue à 
(^aslilhon , 222. 
Tannegui Duchâlcl , ministre et favori de Charles vu, le sauve, 

27 et i34; se retire de la cour, 4- et i53, 221. 
Témoins au procès de révision de Jeanne, profession, noms, 

etc. , 180 , 241. 
Thomassin , historien , io5 ; suffrage de grand poids, 175 et 333 ; 
opinions citées , etc., i3o , i3i , 190; notice sur sa vie, ses 
emplois, son ouvrage , 333 ; fragment que nous en avons tiré , 
321 et suiv. 
Tournelles (les ) , boulevart et fort d'Orléans, situation, 82, 161, 
168 et 2o3 ; force, 70, i65, 2o5, 208; pris par les Anglais, 
53 , i63 à i65 ; attaqués et repris par Jeanne d'Arc , 69 à 72 , 
2o5 à 207. 
Tours ^ choses remarquables , 3iG; Charles y réside souvent, il.; 

Processions pour Jeanne d'Arc, 229. 
Traités, alliances, etc.; Arras, 81, 221; Bretigny, i36; Delft, 
i5o ; Troyes , i36; avec l'Ecosse , i43; autres , 17 , 20 , 23 , 
126, 129, i3o, i39 , 142, 263. 
Transtamare ( Henri ) , roi de Castille ,2. 
Trêves ^ i^, 78, 125, 217, 263. 
Tripaut , chroniqueur, son éloge , 99, io6." 

Université de Paris ; persécute Jeanne d'Arc, 90, 229 et suiv. j 
justifie sa condamnation , 232 ; est réformée par Charles vu, 
83, 224. 

Valentine àe. Milan, 149, 253, 291, 3o6. 
Vaudemont ( le comte de ) , i85. 
Vendôme ( le bâiard de ) , vend Jeanne d'Arc , 229. 
Verneuil , bataille, Sg et l^o , 149. 



366 TABLE ALPHABÉTIQUE , etc. 

Viîlandras , chef de partisans , prend part à la balaille d'Anthon , 
323 el siiiv. 

Villaret ^ continuateur de l'histoire de Fiance de Velly, io3; 
opinions cite'es, discutées ou réfutées, io3, io4, ii3, 116, 
120 , 128 , i2f), i3o , i3i, 134, i37, iSg , i4o ? ^49' i^i , 162 , 
i57, 162, 166, 167, 172, 173, 175, 20g, 216, 220, 222, 
263 , 268. 

Visconti y duc de Milan , i49' • ^ Gale'as. 

Voltaire f opinions citées, discutées ou réfutées, i35, 177, igS 
242. 

T'farçvick , général anglais; éloge, 34; Dunois lui fait lever le 
siège de Montargis , i55. 

Winchester {^ le cardinal de) , divisions heureuses avec Glocestcr, 
4i et i5i ; amène à Bedford une armée levée pour une croi- 
sade, 78 et 217 ; est au nombre des juges de Jeanne , 235. 

Xaintrailles ( Poton de ) , valeureux capitaine français , 03 , 167, 
176, 191, 239, 269. 

York ( le duc d' ) , oncle de Richard , 109. 



FIN DE LA TABLE ALPHABETIQUE. 



TABLE DES MATIERES 



SELON l'ordre de CE VOLUME, 



J Pages. 

EANNE d'arc , OU Coup-d'Œil sur les révolutions de 

France au tems de Charles vi et de Charles vii , et sur- 
tout de la Pucelle d'Orle'ans... Discours ou texte. ... i 
Note première du Coup-d Œil, etc. , où il est question du 
plan de l'ouvrage, des citations, abre'viations, calendrier, 

ouvrages cite's , etc tj7 

Note deux et suivantes io8 

Explication des cartes jointes à l'ouvrage 24*^ 

Carte première ou carte visuelle du sie'ge d'Orle'ans , ^ i , 
observations ; § 2 , bastilles ; § 3 , de'signations ; § 4 > 
églises brûle'es ; § 5 , explication des n»* de la carte vi- 
suelle 248 

Carie deuxième, ou carte du théâtre de la guerre, au 
tems de Charles VI et de Charles Yii , et sur-tout de 

Jeanne d'Arc aSi 

Article I«r. Observations générales ih 

Article II. Itinéraire des voyages ou expéditions de Jeanne 
d'Arc , § I , voyages aux environs de Domrémi ; § 2 , à 
la cour de Charles vil ; 5 3 , expédition d'Orléans ; 5 4 » 
idem, des environs d'Orléans; § 5, idem, du sacre; 
5 6, de riIe-de-France, Brie, etc. ; § 7, du Berri, etc; 

§ 8, de Lagny et Compiègne ; §9, résumé 271 

Article III. Table alphabétique des villes, bourgs, villages 
et châteaux désignés dans la 2^ carte , avec leurs degrés 

de longitude , latitude, etc 273 

Piemière pièce justificative. Notice d'un nianuscrit inédit 
d'Astezan . où il est question de Jennne d'Arc et de di- 
vers person nattes ou événemens mentionnés dans le 
Coup-d'Œil et les notes 279 



368 TABLE DES MATIÈRES. 

Pages . 

Deuxième pièce justificative. Fragment d'un manuscrit 
inédit de Thomassin , où il est question des mêmes ob- 
jets, et sur-tout de la bataille d'Anthon 32i 

Troisième pièce justificative. Lettre de Jeanne d'Arc au 
duc de Bourgogne, jusqu'à pre'sent inédite; suivie de 
ses Lettres aux Aiîglais et au comte d'Armagnac. . . 334 

Table chronologique à^% principaux faits dont il est ques- 
tion dans le coup-d'œil , etc 34 1 

Table alphabe'tiqiie des matières 35 1 



^^* Voir, au mot Jeanne d'Arc, ci-devant pages 357 ^ 
36o , un sommaire chronologique de la vie de notre he'roïne. 

Erratum. Page 6o , ligne 2 , au lieu du i4^ , Usez du iS^. 



FIN. 



Extrait du Catalogue des Livres de fonds qui se 
trouvent chez PlLLET, imprimeur-libraire^ me 
Christine , is» 5. 



i<'HERMiTE de la Chaussée-d'Antin, ou Observations 
sur les Mœurs et Usages des Parisiens au commence- 
ment du 19e siècle ; avec cette épigraphe : 

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Mœurs et Usages Parisiens au commencement du 
19e siècle , faisant suite à THermite de la Chaussée- 
d'Antin , et par le même auteur. Deux vol. in-12, 
ornés de quatre jolies gravures et de fleurons 7 f 5o 
Le même, 2 vol. in-S» 12 o c. 

L'Hermite delà Guiane, ou Observations sur les Mœurs 
françaises au commencement du 19*^ siècle; faisant 
suiteàl'Hermite de la Chaussée-d'Antin et au Franc- 
Parleur , et par le même auteur. Trois vol. in- 12 , 
ornés de jolies grav. et de fleurons. Prix. 11 f a5 
Le même, trois vol. in-S». Prix 18 oc. 

Nota. Chaque çolume se vend séparément. Il y en a de 
diverses reliures dans les deux formats. 

On trouve dans cet ouvrage ,• dont le succès va toujours crois- 
sant, une peinture fidèle des mœurs, des usages et des habitudes 
des Français de toutes les classes. Tous les journaux de la capitale 
ont rendu compte avec éloge de ce livre , qu'ils placent sur la li- 
gne du Spectateur Anglais. Les premiers volumes sont à leur Lui-» 
tième édition. Il en a paru des traductions en Angleterre , en Al- 
lemagne, en Russie, en Ita'ie. 



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sovie en 1812 ; par M. de Pradt , archevêque de 
Malines, alors ambassadeur à Varsovie, avec cette 
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France au tems de Charles VI et de Charles VII , et 
sur-tout de la Pucelle d'Orléans; ouvrage composé 
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commentateurs, et desObservalions nouvelles. Edition 
plus complète que toutes celles qui ont paru jusqu'à 
ce jour, ornée d'un portrait de La Fontaine, d'un 
fac simile àe son écriture , d'une vignette représentant 
la maison du célèbre fabuliste à Château-Thierry, 
telle qu'elle existait en i8i4, et de i5 gravures pour 
les fables. Un vol. in-80 de 1000 pages, divisé et pou- 
vant être relié en deux parties. Prix pour les souscrip- 
teurs 12 f. o c. 

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Il en a été tiré quelques exemplaires papier vélin sa- 
tiné. Prix 3o f. o c. 

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toire de France , considérée sous le rapport des 
arts et des sciences, des mœurs, usages et institu- 
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l'oii^ine des Gaules jusqu'au règne de Louis XV ; 
suivi d'une Notice sur les Grands Capitaines qui se 
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et de Statistique, à l'usage des jeunes personnes et 
des maisons d'éducation. Par M. Graberg de Hemso. 
Un volume in-i2. Prix. . . .- . . . . 2 fr. o c. 

Le Guide des Epoux et des Epouses, ou des Moyens 



d'être heureux en mariage dans toutes les classes de la 
socle'te'; où l'on indique les causes qui produisent les 
mauvaises unions, amènent e\ entretiennent la dis- 
corde , le trouble et le desordre dans les ménages ; où 
Ton pre'sente en même tems les moyens de bien as- 
sortir les e'poux et les e'pouses; de les rendre fidèles; 
de les pre'server et gue'iir de la jalousie , etc. , et de les 
faii e jouir de la pnix et du bonheur dans le mariage. 
Ouvrage utile non-seulement aux personnes nouvelle- 
ment et anciennement marie'es, mais encore aux 
veufs, A'^euves, et à tous les jeunes gens d'âf;;e à con- 
tracter le mariage. Par M. Léopold, ancien avocat. 
Un vol. in-i2. Prix i fr. 5o c. 

Le Rideau levé , ou Coup-d'Œil général sur les prisons 
de Paris, offrant un grand nombre d'anecdotes sur 
les prisonniers de toutes classes qui y ont été détenus 
depuis 20 ans. Un vol. in- i 2 , grav. Prix . 2 fr. o c. 

Lettres de Ninon de Lenclos au marquis de Sévigné ; 
Correspondance de cette femme célèbre avec Saint- 
Evremont ef madanie de Maintenon ; Notes histo- 
riques et explicatives sur chaque lettre, par M. G. 
des H. ; Histoire de Ninon. Trois v. in-i8 , bien 
imprimés, et ornés de trois jolis portraits de Ninon, 
de Saint-Evremont et de Marion de Lorme. Prix 4 f 

Lettres du comte de Chesterfield à son fds Philippe 
Stanhope, envoyé extraordinaire à la cour de Dresde, 
avec quchjues pièces diverses. Nouv. édit. Quatre v. 
in-i2. Pj^x 10 fr. o c. 

Manuel de Santé , ou Description alphabétique et rai- 
sonnée des maladies les plus communes , et des di- 
vers accidens auxquels on est exposé; suivie àe& 
moyens les plus prompts, les plus sûrs, les plus fa- 
ciles de les prévenir , ou d'y remédier avec succès ; 
oiivrage où la médecine-pratique est mise à la por- 
tée de tout le monde , et devient très-utile aux 
pères de famille , aux mères qui nourrissent . aux 
curés , aux cliefs des lycées , des maisons d'édu-, 
cation , des comités de bienfaisance , aux voyageurs 
et à tous ceux qui se consacrent au soulagement de 
l'humanité. Un vol. in- 18, Prix 3 fr. o c. 







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